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Dossier(s) : Epoques > Antiquité > Grèce antique > 

La peinture et la sculpture dans la Grèce antique


© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 La période géométrique
 La période archaïque
 La période classique
 La sculpture
 La peinture  
 La période hellénistique
 Le portrait
 La peinture et la mosaïque

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Vénus de Milo
2e siècle av. J.-C. Musée du Louvre
© Photos12.com - ARJ

On situe l'essor et l'âge d'or de l'art de la Grèce antique entre environ 1'000 av. J.-C. et le I er  siècle av. J.-C ., en Grèce continentale et dans les colonies de la Méditerranée orientale, ainsi que dans le sud de l'Italie, en Sicile et dans la mer Egée.

La première date fait référence à la période transitoire qui suit le déclin des civilisations minoenne et mycénienne; le déclin de l'art grec intervient à des dates différentes d'un royaume hellénistique à l'autre, au gré de la conquête romaine, à laquelle le royaume lagide est le dernier à succomber, après la bataille d'Actium, en 31 av. J.-C. 

Les ordres dorique, ionique et corinthien, qui laisseront une profonde empreinte dans l'histoire de l'architecture, se manifestent à travers les monuments grecs tant religieux que publics. La sculpture, largement marquée à ses débuts par le hiératisme de la statuaire égyptienne, évolue vers un naturalisme aux formes assouplies, dont les proportions maîtrisées constitueront des canons de la beauté auxquels l'art occidental fera fréquemment référence.

L'art pictural, quant à lui, est parvenu jusqu'à nous sous deux formes, la peinture monumentale et la peinture sur poterie. Les vestiges du premier type sont restés assez rares jusqu'à la découverte des peintures des tombes lyciennes de Poseidônia (la Paestum romaine) et des tombes macédoniennes, si bien que les archéologues se sont longtemps appuyés essentiellement sur les poteries pour reconstituer l'évolution de la peinture grecque. L'art grec donnera lieu, dès l'époque romaine, à nombre de copies, qui sont parfois de précieux témoignages d'œuvres disparues, et, à travers les artistes italiens, exercera une influence considérable sur l'essor de l'art et de l'architecture de la Renaissance.  
 


La période géométrique
VIIIe siècle av. J.-C.
Les débuts de l'âge du fer en Grèce coïncident avec le déclin des civilisations préexistant dans cette région. L'héritage matériel de la nouvelle civilisation est plutôt limité: il ne subsiste que peu de vestiges de l'architecture monumentale, principalement représentée par des temples primitifs, sans aucune peinture murale ou sculpture de taille importante, les rares œuvres de ce type étant, pour l'essentiel, des statuettes en bronze - fondu, puis travaillé au martelé -, en terre cuite et en ivoire, dédicaces, ex-voto ou offrandes funéraires. En revanche, on trouve en abondance des poteries de grande qualité, surtout en Attique. Cette période tient d'ailleurs son nom des motifs géométriques ornant les céramiques. Les décors en bandeaux, dessinés en noir ou rougeâtre sur fond d'argile claire, grisâtre ou beige, puisent dans un vaste répertoire de méandres, svastikas et chevrons. Les figures animales envahissent progressivement les décors abstraits, et les figures humaines apparaissent au VIII
e  siècle sous forme de silhouettes stylisées, danseurs, processions de cavaliers et de chars, scènes de combat, ou hommes et femmes dans l'attitude de la déploration, comme sur le vase du Dipylon (VIII e  siècle), grande urne primitivement utilisée comme monument funéraire.

La période archaïque
VIIe -VIe siècle av. J.-C.
On donne parfois au commencement de la période archaïque le nom de «phase orientalisante», en raison de l'influence marquée du Proche-Orient sur les arts figuratifs. La polis, ou cité-Etat, parvient à maturité au cours de la période archaïque. Par l'intermédiaire de la colonisation et du commerce, les cités s'ouvrent au travail égyptien de la pierre dure et aux arts décoratifs d' Assyrie et de Mésopotamie.  

Les motifs orientaux, probablement empruntés à la ferronnerie et aux textiles venus d'Orient, donnent naissance à un style pictural qui supplantera le style géométrique dans les décorations de céramiques. C'est ainsi que les vases géométriques, sur lesquels représentations humaines et animales restent subordonnées à la forme générale, perdent leur caractère abstrait. Les figures humaines interviennent dans des compositions narrant une histoire, souvent un épisode célèbre de la mythologie grecque, des inscriptions peintes sur le vase livrant l'identité des héros et des divinités représentés.  

Au cours des VII e et VI e siècle, Corinthe, principal centre de fabrication des céramiques, exporte en grande quantité divers types de poteries, depuis des récipients miniatures destinés à recevoir de l'huile parfumée jusqu'à des vases de grande taille. Au milieu du VIe siècle, Athènes la supplantera cependant dans ce rôle.

Les potiers athéniens s'essaient à différentes techniques, telles que la silhouette, les lignes incisées et l'utilisation du blanc pour la peinture des vases. Ils se mettent progressivement à utiliser le procédé «à figures noires», emprunté au style animalier corinthien. Dans cet art de la silhouette, des figures sont peintes en noir sur fond clair, et les détails dessinés par incision dans l'engobe noir, à l'aide d'un instrument effilé. Les vases à figures noires s'ornent de scènes tirées tant de la mythologie que de la vie quotidienne. De nombreux artistes excellent dans ce style, particulièrement bien adapté à un support ornemental tel que les céramiques. Plusieurs d'entre eux signent leurs vases, comme Clitias, peintre du Vase François (vers 570). Quant à Exékias, le maître de la figure noire, il peint de délicates scènes, parfois empreintes de mélancolie, sur des plaques de terre cuite, des vases et des amphores, telle celle représentant Achille et Ajax jouant aux dés (vers 550-540).  

La fin de la période archaïque, vers 530, voit apparaître le procédé «à figures rouges». Dans cette technique, le fond de la représentation, et non la figure en elle-même, est enduit d'une glaçure noire. Les figures restent de la teinte de l'argile, les détails étant peints, et non incisés, sur ce fond clair. Cette technique donne aux peintres une plus grande latitude pour affiner leur rendu de l'anatomie et de la perspective.  

La sculpture monumentale en calcaire et en marbre fait son apparition en Grèce au cours de la période archaïque. Si une école de sculpture dite «dédalique» est encore attestée à la fin du VI e siècle, celle-ci est bientôt remplacée par un style marqué par l'influence de la sculpture égyptienne, dont il existe déjà une longue tradition au VII e siècle. Toutefois, alors que la sculpture égyptienne n'évolue guère, en l'espace d'un siècle les sculpteurs grecs dépouillent de sa stylisation le type original, frontal et hiératique, de la statue en pied, une jambe en avant et les mains collées au corps, pour lui conférer naturalisme du rendu et subtilité du modelé. Ce type de figure, qu'illustre l'Ephèbe de Critios (vers 490-480), communément appelé kouros («jeune homme»), est représenté nu. Son équivalent féminin, la korê , est généralement revêtu de riches draperies rehaussées par des incisions et des couleurs. Des couleurs recouvrent également les cheveux et les traits du visage tant des statues féminines que masculines. Selon toute vraisemblance, ces figures ne représentent pas une divinité et ne sont pas non plus des portraits, mais plutôt des images idéales du corps féminin ou masculin.  

Les grands artistes de la période créent également d'autres types de sculptures; le Cavalier de Rampin (vers 560) - conservé au musée de l'Acropole d'Athènes, la tête étant au Louvre, à Paris - est un exemple archaïque d'une composition alliant l'animal à l'homme. Les sculptures réalisées en relief ou en ronde bosse, pour l'ornement des temples de pierre, sont encore plus complexes. Les premiers frontons dénotent une prédilection pour les monstres; une statue en calcaire figurant un monstre à trois têtes (vers 560-550), dont les couleurs vives ont été étonnamment bien conservées, ornait un de ces frontons. Les scènes de combat, comme celles des frontons du temple d'Aphaia sur l'île d'Egine, sculptées à la fin du VIe siècle ou au début du Ve siècle, s'imposent peu à peu. Sont ainsi ornées de scènes de combat les frises des trésors de marbre dédiés au sanctuaire d'Apollon dans la cité-Etat insulaire de Siphnos (vers 525). A l'instar des statues en pied, ces reliefs présentent des contours à la netteté surprenante, caractéristiques de la sculpture archaïque.  

Les débuts de la sculpture monumentale coïncident avec ceux de l'architecture monumentale, innovation de la période archaïque. C'est au cours de cette période que se constituent le style dorique et le style ionique, qui atteindront leur apogée en Attique au Ve siècle.  
 
La période classique
Ve -IVe siècle av. J.-C.
Les tendances esquissées dans tous les domaines artistiques au cours des siècles précédents parviennent à maturité pendant la période classique qui commence au sens étroit du terme avec les guerres médiques, c'est à dire au début du V
e  siècle av. J.-C., et se termine à la mort d'Alexandre le Grand (323 av. J.-C.). Contrairement à l'époque précédente, les artistes grecs ne s'inspirent plus des modèles artistiques de leurs voisins. Au contraire, ils les influencent: ils partent travailler pour les monarchies perses, fabriquent des bijoux pour les Scythes (aujourd'hui le sud de la Russie), et orientent l'évolution des arts autochtones en Italie, notamment en Etrurie et dans la jeune Rome.  

Athènes est la capitale artistique de la Grèce classique: elle se distingue des autres cités par sa richesse. Sa suprématie politique lui permet de jouer un rôle de défenseur des arts, comparable à celui des riches mécènes.  

La notion d'art pour l'art, inconnue jusqu'au V e  siècle av. J.-C., commence à voir le jour, et les artistes, qui sortent de l'anonymat (les auteurs de l'Antiquité évoquent fréquemment la réputation de tel ou tel créateur), trouvent dans la poursuite de leur carrière une satisfaction personnelle qui les stimule autant que les commandes extérieures. Toutefois, dans le contexte politique et artistique de la Grèce classique, l'artiste demeure un artisan qui répond, le plus souvent, à la demande d'une clientèle ; il n'est pas le géant social qu'il deviendra dans l'histoire de l'Occident.

L'artiste est au service de la communauté. Il exerce ses fonctions dans deux sphères bien différentes. Tout d'abord, il décore des ustensiles ou fabrique des bijoux, pour l'usage personnel des citoyens. Dans ce domaine, la production en série est pratiquement inconnue ; il est rare qu'un artiste de second rang tente d'imiter des techniques ou des styles qui dépassent ses capacités. Ainsi, même les ouvrages les plus modestes ont une «justesse» qui s'explique par l'adéquation entre la fonction de l'objet, les matériaux et les techniques utilisés, et le talent du créateur.  

L'artiste joue également un rôle essentiel dans la sphère publique: il contribue à la construction et à la décoration des temples, édifices destinés à servir ou à apaiser les dieux. Ces monuments religieux sont extrêmement importants pour la cité: ils lui permettent d'afficher sa fierté et sa richesse, sa force et son assurance. L'artiste participe également à la réalisation des tribunaux ou des autres bâtiments administratifs. Il réalise aussi des statues qui sont exposées dans les monuments religieux, commémoratifs ou funéraires: elles font parfois usage d'ex-voto, privés ou publics, dans les sanctuaires.  

Les sujets abordés changent peu par rapport à l'époque archaïque: l'art animalier est encore présent, mais c'est surtout la représentation des hommes et des dieux qui retient l'attention des artistes. Les créatures monstrueuses, quant à elles, disparaissent ou gagnent en vraisemblance.  
 

La sculpture
La première période
Même si Athènes a été par le centre de l'art grec, ce n'est pas dans cette ville que naît le style classique. Au cours des trente années qui suivent les guerres médiques, aucun édifice majeur, aucun monument funéraire n'y est sculpté. C'est dans d'autres régions de la Grèce que se développe l'art qui fait suite au style archaïque. Vers 480 environ av. J.-C., les sculpteurs abandonnent la symétrie rigide de leurs couros fermement campés sur leurs jambes et s'orientent vers des études de jeunes gens debout, aux poses détendues, le poids porté sur la jambe fléchie, les bras, le torse et la tête légèrement inclinés. La vie imprègne soudain des figures restées, jusqu'ici, figées ; de nouveaux champs s'ouvrent sur la représentation de l'action, du repos et de l'émotion. Les sculpteurs représentent les dieux à l'image des hommes et inversement. C'est d'ailleurs plus l'Homme que les artistes cherchent à atteindre qu'un individu particulier: il est rare que les statues illustrent un âge ou des caractères raciaux. Cette démarche explique que l'on parle en histoire de l'art «d'idéalisation classique».  

Les débuts de l'art classique trouvent une expression aboutie dans les sculptures du temple dorique de Zeus, à Olympie, achevé en 456 av. J.-C. Enterrées à la fin de l'Antiquité à la suite d'une inondation ou, pour certaines d'entre elles, réutilisées ultérieurement pour construire des murs, elles sont relativement bien conservées. Les compositions des deux frontons et des métopes régnant sur les portiques intérieurs sont caractéristiques du style dit «sévère» des débuts du V e siècle, marqué par des formes rigides plutôt simples, de lourdes draperies, la recherche de l'émotion et de la caractérisation ainsi que par les contrastes de texture et d'âge. Sur le fronton est de l'édifice, sont figurés les préparatifs de la course de char entre Pélops et Onomaos ; Zeus en occupe le centre. Sur le fronton ouest, Apollon assiste à un violent combat entre les hommes et les centaures qui enlèvent des jeunes filles lors des noces de Pirithoos. Les douze métopes intérieures du temple représentent les travaux d'Héraclès (Hercule).  

Le sculpteur d'Olympie demeure anonyme, tout comme les auteurs de l'aurige en bronze de Delphes ou du Zeus en bronze retrouvé au large d'Artémision, qui datent de la même époque. Comme le bronze est facile à réutiliser, il reste peu d'œuvres majeures réalisées dans ce matériau. L'une des figures essentielles de la sculpture grecque de cette période est Myron, surtout connu pour son Discobole et pour son groupe Athéna et Marsyas.  

L'apogée: Phidias et le Parthénon
Le Parthénon représente le point culminant de la sculpture grecque. Ses figures mythologiques finement sculptées sont empreintes d'un idéalisme serein. La frise ionique retrace la procession de la grande fête des Panathénées, procession des citoyens d'Athènes en l'honneur d'Athéna, déesse protectrice de la ville. Un des frontons figure sa naissance, l'autre sa lutte avec Poséidon. Le sujet est plutôt profane pour un temple, mais le Parthénon était autant un monument public qu'un édifice religieux. Si les exécutants en sont de toute évidence multiples, la conception est le fait d'un seul artiste, probablement Phidias, l'éminent sculpteur athénien qui dirige le programme architectural de l'Acropole et crée pour le Parthénon la colossale statue cultuelle chryséléphantine d'Athéna.  

Les autres œuvres de Phidias et de ses contemporains, comme Polyclète d'Argos, Alcamène, Crésilas ne sont connues que par des répliques ou des textes. Souvent, il n'est pas même possible d'identifier les auteurs des sculptures, ainsi que la date à laquelle les œuvres ont été réalisées. Polyclète, dont les athlètes sont plus lourdement bâtis que ceux de Phidias, nous a laissé un jeune garçon nouant ses cheveux (le Diadumène) et un autre portant une lance (le Doryphore).  

La sculpture classique à son apogée se caractérise par une attitude plus souple du corps humain, une composition équilibrée, une idéalisation des traits du visage et un amincissement du corps. Comme à l'époque archaïque, c'est dans les études de nus masculins que les artistes expriment le mieux cette recherche des proportions idéales, plus importante selon eux que la recherche d'une représentation réaliste des corps. Cependant, les sculpteurs peuvent aussi choisir de réaliser des personnages vêtus. Les draperies qui, à l'époque archaïque, étaient rendus par de simples motifs de plis et de zigzags sont représentés, au début de la période classique, par des plissés plus réalistes, qui soulignent le mouvement. Les personnages rassemblent les pans de leur vêtement sur leurs genoux - captant les ombres dans les plis profonds de l'étoffe - ou les ramènent sur leur poitrine ou leurs jambes en laissant deviner les lignes de leur corps. Cette façon de révéler le corps à travers le vêtement se développe dans le courant du Ve siècle, comme en témoigne la frise qui orne le parapet du temple d'Athéna Nikè sur l'Acropole.  

Le IVe siècle
La sculpture du IV e siècle av. J.-C. n'expérimente guère dans le domaine de la représentation de l'action ou du rendu des vêtements, mais elle présente quelques innovations importantes. Pour la première fois, le sculpteur accorde une place majeure au nu féminin, qui gagne en sensualité: en effet, les rares études réalisées auparavant présentaient des femmes aux formes athlétiques et masculines. Les visages s'individualisent: ils expriment l'âge et les émotions.

Praxitèle, Scopas et Lysippe sont les trois grand sculpteurs du IV e  siècle qui ont marqué l'histoire de l'art. Le style de leurs œuvres - originales ou connues par les répliques qui en ont été faites - est facilement identifiable. Il existe aussi d'autres sculptures importantes dont les auteurs restent inconnus.  

Praxitèle
Il est connu pour la douceur, la souplesse de ses nus et la grâce voire la langueur de ses figures qui révèlent une connaissance parfaite de l'anatomie humaine. On doit au sculpteur la célèbre Aphrodite de Cnide, souvent copiée et adaptée, ainsi que l'Apollon sauroctone dont nous ne possédons que la réplique antique. Cette dernière œuvre représente le jeune Apollon qui s'apprête à tuer un lézard. C'est une version presque efféminée mais totalement humanisée de la rencontre du dieu avec un animal à Delphes. Le musée d'Olympie possède un Hermès tenant Dionysos enfant dans ses bras, peut-être un original du sculpteur.  

Scopas
Il a travaillé au temple d'Athéna Aléa, à Tégée. Les statues qui nous sont parvenues révèlent un style vigoureux d'où se dégage une grande émotion ; les visages, aux yeux profondément enfoncés, annoncent l'art hellénistique.  

Lysippe
Sculpteur de la seconde moitié du IV e siècle, favori d'Alexandre le Grand, élabore un nouveau canon artistique: il diminue la proportion occupée par la tête et rompt avec la tradition de la représentation frontale en ne privilégiant aucun point de vue particulier, même dans ses figures isolées. Ses nouvelles préoccupations artistiques s'expriment de façon significative dans l'Apoxyomène (ou Athlète au strigile).

Parmi les sculptures originales du IV e siècle, il faut également citer celles qui ornaient la tombe de Mausole d'Halicarnasse, en Carie (le premier «mausolée»), auquel auraient travaillé les Grecs Scopas, Bryaxis, Léocharès et Timothéos. De cette période datent aussi la Déméter de Cnide assise (British Museum, Londres) et les bronzes récupérés au large des côtes grecques dans des épaves: les navires qui transportaient ces trésors faisaient probablement route vers l'Italie.  

Les monuments funéraires
Entre le milieu du V e et la fin du IV e siècle, les sculptures des tombes athéniennes fournissent un autre éclairage sur les styles de cette période. Les stèles rectangulaires, qui ont généralement la forme d'une niche, surmontée d'un décor architectural et d'un fronton, représentent des scènes simples et énigmatiques, souvent composées d'une à trois figures. Au IV e siècle, un grand nombre de ces hauts-reliefs expriment avec beaucoup de sobriété les émotions profondes du deuil. Mais d'autres représentent des scènes de batailles. Les archéologues ont également mis au jour, notamment dans l'est de la Grèce, de très beaux sarcophages en pierre de la fin du V e et du IV e siècle, dont les flancs sont décorés de reliefs. Le plus magnifique d'entre eux est le sarcophage dit d'Alexandre, trouvé à Sidon et conservé aujourd'hui à Istanbul: il figure Alexandre le Grand au combat et à la chasse.


La peinture  
La peinture de vases
Aux V
e  et IV e  siècles, la peinture de vases est dominée par le style athénien à figures rouges et la technique sur fond clair pour les offrandes funéraires. Il existe également d'autres écoles dans le sud de l'Italie.  

Le «peintre de Pan», le «peintre de Niobide», le «peintre d'Achille» comptent parmi ceux qui ont opéré la transition du style archaïque vers l'art classique. Les peintres de vases affinent la technique du rendu de l'anatomie et enrichissent leur palette de couleurs, introduisant ainsi les nuances. Au IV e  siècle, la qualité de la peinture décline très nettement ; à la fin du siècle, le style des figures rouges est abandonné, tout comme la représentation de personnage sur les céramiques. Les scènes peintes sur les vases s'inspirent essentiellement de la mythologie ; on y trouve aussi des sujets religieux et des scènes de genre, mais rarement des événements de la vie de tous les jours.  

Les possibilités d'expression de la peinture sur vases sont limitées, car le fond entièrement noir rend difficile la représentation de la profondeur. Aussi, le développement de la fresque murale qui permet de jouer sur la perspective a progressivement relégué cette technique dans une position subalterne.  

Les fresques
Aucune trace de l'œuvre des peintres de la période classique, Apelle, Micon, Parrhasios, Polygnote et Zeuxis, ne nous est parvenue. Il ne nous reste que les descriptions qui en ont été rapportées par des contemporains. Les fresquistes sont des artistes renommés, qui exécutent dans les temples ou les bâtiments publics de vastes compositions d'inspiration mythologique. Parmi les œuvres les plus célèbres, il faut citer le Sac de Troie par les Grecs ou la Descente d'Ulysse aux Enfers, exécutées à Delphes au V
e  siècle par le peintre Polygnote et dont le style de composition a sans doute été imité par de nombreux peintres postérieurs. Les fresques sont peintes sur un fond clair en plâtre ce qui permet aux artistes de jouer sur les ombres et la perspective, puis d'ouvrir la voie au IV e  siècle à la réalisation d'œuvres au style plus réaliste. Les fresquistes ornent également les tombes et réalisent des décors de scène, qui représentaient probablement des motifs de paysages et des formes élémentaires de perspective. A l'époque, la mosaïque ne connaît encore que les galets, et sa palette de couleurs demeure restreinte.  
 

La période hellénistique
Fin du IVe -IIe siècle av. J.-C.
Par ses conquêtes, Alexandre le Grand réunit la Grèce et les régions orientales en un empire unique, qui éclate à sa mort en plusieurs royaumes, dont les plus riches et les plus puissants ne sont pas en Grèce mais en Asie Mineure (Pergame), en Syrie et en Egypte (la dynastie des Ptolémées à Alexandrie). A l'époque hellénistique et jusqu'à la domination romaine, les cours de ces nouvelles monarchies deviennent de grands foyers culturels et artistiques. Les cités grecques se retrouvent alors fréquemment en position de parents pauvres, respectées mais tributaires des dons ou du mécénat de monarques lointains.  

Il est difficile de définir des styles locaux associés à une cour ou une autre car les communications deviennent de plus en plus faciles et les artistes se déplacent très souvent. En outre, aucune innovation majeure n'intervient dans le domaine artistique puisque les problèmes de technique, d'anatomie et de composition ont pratiquement tous été résolus avant le IV e  siècle. En fait, les artistes cherchent surtout à explorer les possibilités qu'offre l'art figuratif pour pouvoir y exprimer des sentiments plus subtils ou des émotions plus fortes.

La période hellénistique voit le portrait prendre son essor: les nombreux monarques, soucieux d'affirmer leur pouvoir et leur caractère divin, font de plus en plus appel aux peintres pour qu'ils réalisent leur portrait. Mais on trouve également des représentations de paysages qui sont traités comme des éléments décoratifs annexes. En revanche, la peinture de vase perd de l'importance. Quant à la sculpture - connue par des répliques mais aussi grâce à quelques originaux - elle subit plus qu'avant des influences étrangères, notamment celle de l'Empire romain.  
 

Le portrait
Les artistes du V e  siècle ont occasionnellement réalisé des têtes masculines mais c'est seulement au IV e  siècle que le portrait devient un genre artistique à part entière, entraînant parfois l'utilisation de moulages sur des modèles vivants. Cependant, en raison du goût hérité de l'époque classique pour l'idéalisme et les types universels, les portraits demeurent souvent des études de caractères, où les peintres se soucient moins de reproduire fidèlement les traits d'un homme que de révéler sa personnalité dans son rôle d'homme d'Etat, de général ou de philosophe. Les premiers portraits connus représentent d'ailleurs des hommes morts depuis longtemps, tels Socrate ou Périclès. En outre, les pièces de monnaie contribuent à populariser les portraits de monarques.


Compositions de groupe
Dans la statuaire, les scènes comportant plusieurs personnages ne sont d'abord guère présentes que sur les frontons, mais ces compositions de groupe - représentant généralement des figures en train de lutter ou de s'étreindre - gagnent progressivement la sculpture en ronde-bosse, comme en témoigne le célèbre groupe de Laocoon. Il existe aussi des scènes figées, plus complexes, qui semblent traduire en trois dimensions la peinture murale. On connaît également les répliques de groupes originaires de Pergame représentant la défaite des Barbares. Les plus réputés d'entre eux sont le Gaulois tenant sa femme morte et se tuant, et le Gaulois (ou le Galate) mourant. Le relief de l'autel de Zeus, conservé aujourd'hui à Berlin est également une autre œuvre pergaménienne majeure. Il représente une gigantomachie (bataille entre les dieux et les géants) qui témoigne du talent du sculpteur à rendre la violence de l'action et l'intensité des émotions.  

Figures isolées
Les figures isolées révèlent cette même maîtrise du mouvement ; c'est le cas de la Victoire de Samothrace, sculpture anonyme aujourd'hui au Louvre, qui ornait jadis une proue de navire surplombant le bassin d'une fontaine en commémoration d'une victoire navale.  

Au IV e  siècle, des sculpteurs hellénistiques inconnus font évoluer le nu féminin en accentuant leur sensualité. Les diverses statues d'Aphrodite se baignant ou essorant ses cheveux, La Vénus de Milo illustrent bien ce courant, qui entraîna la production de nombreuses œuvres dérivées ou copiées à l'époque romaine. Au II e  siècle, à la fin de la période hellénistique, la féminité est soulignée par une exagération de la courbe des épaules, par la représentation de petites têtes et de hanches amples. Ces œuvres contrastent avec les études de modèles masculins réalisées à la même époque parce que celles-ci sont caractérisées par la mise en valeur de la musculature. Avec l'invention des figures hermaphrodites, un compromis satisfaisant est trouvé entre les traits les plus admirés des anatomies masculine et féminine. A cette époque, les sculpteurs commencent déjà à reproduire ou à adapter librement les statues les plus célèbres de l'âge classique, comme s'ils avaient le sentiment d'avoir atteint les limites de ce qu'il était possible d'exprimer par leur art.

La peinture et la mosaïque
Il subsiste peu de peintures de l'époque hellénistique ; la connaissance que nous en avons repose en grande partie sur les répliques réalisées à l'époque romaine, qu'on a trouvées, entres autres, sur les murs de Pompéi et d'Herculanum. Comme les copistes ne travaillaient pas directement d'après les modèles, contrairement aux sculpteurs, leurs peintures sont des adaptations approximatives des œuvres originales ; elles donnent surtout des indications sur les types de compositions utilisés par les artistes grecs et sur l'emploi que ces derniers faisaient de certains détails (l'utilisation de paysages en arrière-plan, par exemple). Plusieurs peintures - comme Persée délivrant Andromède ou les Trois Grâces - ont dû être extrêmement célèbres, car elles ont été souvent reproduites. Les mosaïques hellénistiques, composées de tesselles carrées, parfois minuscules, présentent une très riche palette de couleurs et de teintes. Elles nous renseignent aussi indirectement sur les styles picturaux de l'époque.

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Pour en savoir plus
Grèce antique
L'époque archaïque
L'époque classique
L'époque hellénistique
Les colonies grecques
L'art gothique




 
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