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Dossier(s) : Epoques > Moyen Age > Les Vikings > 

Les expéditions vikings


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Sommaire

 L'Europe occidentale
 L'Europe orientale
 L'Atlantique Nord

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Les invasions aux IXe et Xe siècles


Le terme «Vikings» s'est imposé internationalement pour désigner les Scandinaves qui, entre la fin du VIII e  siècle et le courant du XI e , ont quitté leur terre d'origine pour l'Europe occidentale, les plaines russes, les îles de l'Atlantique Nord, et même le continent nord-américain, afin de s'y livrer au pillage, au commerce et, parfois, pour s'y installer massivement.

L'Europe occidentale
La Chronique anglo-saxonne mentionne à l'année 793 le premier raid viking que l'Histoire ait jamais enregistré: «Cette année-là des phénomènes inquiétants se manifestèrent en Northumbrie (le principal royaume du nord de l'Angleterre) et terrifièrent les habitants; de brusques lueurs apparurent dans le ciel, de féroces dragons traversèrent les nuées, une famine s'abattit sur le pays, et, le 8 juin, des pillards païens détruisirent l'église de Lindisfarne, ravageant et massacrant tout ce qui passait à leur portée.» Alcuin, religieux anglais devenu le principal conseiller de Charlemagne, s'en fit aussitôt l'écho sur le continent: «Jamais personne n'avait ressenti en Angleterre une terreur comparable à celle que viennent d'y semer les païens: nul n'imaginait qu'une pareille incursion de gens venus de la mer fût possible.»  

Les premiers raids
Le premier raid avait été entrepris par des Norvégiens, qui, ayant contourné l'Ecosse, commencèrent en 795 à agresser les populations des côtes d'Irlande, et apparurent en 799 au large du littoral vendéen, avant de pénétrer en Méditerranée par le détroit de Gibraltar.
Les Danois, quant à eux, atteignirent la Frise en 810; forts du tribut de cent livres d'argent en échange duquel ils vendirent leur départ, ils revinrent peu après, en Frise de nouveau et sur les côtes sud-orientales de l'Angleterre, puis dans la Manche; ils remontèrent alors les rivières, cherchant du butin à l'intérieur des terres, aussi bien en Grande-Bretagne que dans le vaste empire franc. Le phénomène viking allait durer deux siècles.  

Les raids de pillage
Plusieurs étapes dans les modes d'exploitation des pays occidentaux par les Vikings se sont succédé à des rythmes variés suivant l'origine des protagonistes et les régions concernées.  Il y eut d'abord les raids de pillage, dont les principales cibles furent les lieux où s'accumulaient les richesses: les ports (Dorestad, à la tête du delta du Rhin, plusieurs fois ravagé entre 834 et 863, Quentovic, sur l'estuaire de la Canche, et Hamwich, à l'emplacement de l'actuelle Southampton, dévastés en 842); les monastères (Lindisfarne en 793, Noirmoutier en 835, Saint-Wandrille et Jumièges en 841); les faubourgs des vieilles cités qui cumulaient la fonction monastique et la fonction portuaire (Cologne, Trèves, Londres, York, Rouen, maintes fois visités, ou Paris, attaqué en 845, 857 et 885-886). Au pillage pur et simple des trésors d'églises, des fortunes de marchands, à la capture du bétail ou des êtres humains, emmenés en esclavage, se substitua la mise à tribut, parfois instituée en un véritable racket, comme en Angleterre, où fut régulièrement prélevé à partir de 865 le danegeld, «or des Danois».

Les types d'installations
Les Vikings s'installèrent d'abord pour un simple hivernage dans des réduits côtiers, ensuite à demeure, par exemple dans les îles de la Seine - Oissel face à Rouen, Jeufosse face à Mantes - d'où leurs opérations, qui perdaient le caractère strictement saisonnier qu'elles avaient eu jusqu'alors, devenaient beaucoup plus imprévisibles et du même coup plus redoutables. La vulnérabilité de leurs victimes les encouragea à se fixer dans des villes (York, à partir de 876), à en fonder de nouvelles (dès 900, Dublin et les autres villes du littoral irlandais).  

Un processus de fusion
A partir de petites capitales, de véritables principautés dotées d'institutions monarchiques prirent forme, parfois d'ailleurs avec l'accord des puissances locales à bout de ressources. C'est ainsi qu'en 911, au traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi de Francie occidentale, Charles le Simple, donna le comté de Rouen, noyau de la future Normandie, au chef viking Rollon, contre la promesse de son baptême et l'engagement de faire la police en basse Seine sur les autres Vikings. Ainsi put être engagé, comme d'ailleurs dans le «royaume d'York» ou dans telle ou telle enclave des côtes de Frise ou de Saxe, un véritable processus de fusion qui permit d'intégrer à plus ou moins long terme cette immigration d'origine nordique dans le peuplement de l'Europe occidentale. Mais ces nouvelles entités politiques excitèrent bientôt la convoitise des monarques scandinaves, notamment danois, qui, jusque dans la première moitié du XI
e  siècle, prétendirent au trône d'Angleterre.

L'Europe orientale
La reconnaissance de nouveaux itinéraires de commerce détermina les Scandinaves à s'aventurer vers l'est.  

L'attrait commercial
Les Norvégiens eurent leur part dans ces voyages de découverte: on a gardé le témoignage du Norvégien Ottar, qui, dans les dernières décennies du IX
e  siècle, longea les côtes scandinaves jusqu'au cap Nord et à la mer Blanche pour y imposer des tributs aux Lapons, et surtout pour y chasser les mammifères marins, de préférence les morses et les baleines, sources de matières premières -ivoire, os, peaux, graisse -très prisées des artisans et des consommateurs européens du temps. Ce sont les Suédois qui furent les plus audacieux dans cette quête de nouveaux contacts commerciaux. Dès le début du IX e  siècle, ils s'aventurèrent sur les rivages orientaux de la Baltique, puis, atteignant les cours supérieurs du Dniepr et de la Volga, ils parvinrent à la mer d'Azov en 839, et à la mer Caspienne en 864, sur les rives de laquelle ils se heurtèrent aux musulmans. Bien que l'on signale des attaques de Varègues sur Constantinople en 860 puis en 941, les Suédois s'adonnèrent surtout à l'exploitation marchande de ces routes.  

L'empreinte «russe»
Les Suédois s'installèrent de préférence dans les bourgades fortifiées (les goroda) - Staraïa Ladoga, Novgorod, Kiev - où avait commencé de se développer une véritable activité économique. Certains d'entre eux, tel le fameux Riourik, prince de Novgorod, mentionné vers 860, y occupèrent bientôt des postes de pouvoir. Le qualificatif de «russes», qui leur était attribué, fut même donné aux grandes principautés des plaines slaves de l'Est (la question de l'origine slave ou normande des premières formations étatiques russes reste très disputée entre historiens «normannistes» et historiens «slavisants»). Ils contribuèrent surtout à établir une connexion directe - esquivant l'intermédiaire méditerranéen - entre les peuples islamisés des steppes du Sud-Est européen, côtoyés depuis les bords de la mer Noire jusqu'aux rivages de la Caspienne, et ceux des mers de l'Europe du Nord. La quantité de monnaies originaires du Proche-Orient musulman enfouies sur les bords de la Baltique montre l'importance acquise au cours des IX
e -XIe siècles par la route commerciale des plaines «russes».

L'Atlantique Nord
L'aventure atlantique fut avant tout l'affaire des Norvégiens. Ceux-ci, ayant utilisé les Shetland et les Orcades comme autant de bases en direction de la Grande-Bretagne, furent, dès l'aube du IXe  siècle, attirés vers les Faerøer (Féroé), puis, dès les environs de 860, vers l'Islande. Les premières colonies de peuplement y furent établies à partir de 870. Une société restée originale jusqu'au XXe  siècle est née en Islande.

C'est de là qu'Erik le Rouge partit en direction du Groenland, atteint en 981, et où s'installèrent bientôt quelques communautés; de là encore que Leif Eriksson («fils d'Erik») le Rouge embarqua à la découverte du mythique Vinland: les découvertes archéologiques faites à l'Anse-aux-Meadows, dans le nord de Terre-Neuve, paraissent confirmer que les Vikings furent les premiers découvreurs occidentaux de l'Amérique, même si leurs établissements n'y connurent qu'une vie précaire et éphémère. En revanche, c'est à eux que les archipels du nord de l'Ecosse, les Faerøer et surtout l'Islande, durent l'essentiel de leur peuplement. Cette dernière, qui, suivant le Landnámabók, ou Livre de la colonisation, compilé à la fin du XIIe  siècle, reçut peut-être une vingtaine de milliers d'immigrants au cours du siècle qui suivit sa découverte par les Norvégiens, devint un des plus vivants foyers de la culture scandinave du Moyen Age.  


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Pour en savoir plus
Les motivations de la colonisation
Le temps des Vikings
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