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Le rococo


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 Le baroque donne naissance au style rococo
 Caractéristiques stylistiques
 Extension du rococo

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Basilique rococo à Ottobeuren (Bavière)

Le baroque donne naissance au style rococo

Au début du XVIIIe siècle, en France, puis en Allemagne, et enfin dans le reste de l'Europe, le baroque donne naissance au style rococo. D'abord utilisé dans un sens péjoratif – comme «baroque» –, le terme «rococo» vient du mot «rocaille», employé pour qualifier un aspect du style Louis XV, qui utilise des motifs à base de rochers et de coquillages.

 

Les premières formes du rococo apparaissent à Versailles, à la fin du règne de Louis XIV, en opposition au formalisme contraignant du style classique français. Des graveurs ornemanistes et des artistes (Bérain, Lepautre, Oppenord, Vassé) élaborent peu à peu des formes à la base de ce style.

 

En 1701, Pierre Lepautre se voit chargé de redécorer dans un style plus léger plusieurs pièces, dont la chambre du roi. Le style rococo se développe pendant la Régence et le règne de Louis XV, comme en témoigne la décoration de demeures parisiennes : l'hôtel de Toulouse (1718-1719), par François Antoine Vassé ; l'hôtel de Lassay (vers 1730), par Jean Aubert, et l'hôtel de Soubise (1735-1740), par Germain Boffrand.

 

Cependant, certaines réalisations architecturales échappent à l'emprise de ce style alors dominant (Héré de Condigny à Nancy et à Lunéville).


Caractéristiques stylistiques

La décoration intérieure rococo est caractérisée par des formes plus aplaties que dans les modèles baroques, les surfaces lisses n'étant interrompues que par les embrasures de fenêtres et les cheminées. Murs et portes se couvrent de boiseries aux motifs sculptés et dorés ou peints en blanc ivoire. Sur les cimaises et les voussures apparaissent des motifs faits d'assemblages de rubans, puis de feuilles, de fleurs, de coquillages ou d'oiseaux réalistes ou chimériques, de concrétions minérales, voire de batraciens ou de reptiles.

 

Les formes tardives du rococo sont souvent asymétriques, en particulier dans les consoles, objets de table ou candélabres, notamment dans ceux que l'on doit à Juste Aurèle Meissonnier. La décoration s'enrichit de miroirs et de peintures insérés dans les boiseries, entre les fenêtres, au-dessus des portes. L'effet général, tout en caprices et facettes, convient à la vie sociale intense de l'aristocratie du XVIIIe siècle.

 

Les rythmes puissants, les couleurs sombres et les sujets héroïques de la peinture baroque font place aux mouvements rapides et délicats, aux couleurs claires et aux sujets illustrant l'amour : de l'amour poétique des «fêtes galantes» d'Antoine Watteau à l'amour polisson de Jean Honoré Fragonard ou franchement érotique de François Boucher.


Extension du rococo

Autour de 1725, le rococo déborde les frontières françaises, en particulier vers l'Allemagne où fleurit le concept de Gesamtkunstwerk (architecture, sculpture, peinture et arts décoratifs s'intègrent dans une même œuvre) ; les princes allemands suivent les modes parisiennes et emploient souvent des artistes et des architectes formés en France, qui créent un rococo plus fantaisiste, privilégiant les motifs dérivés de la nature, comme dans la salle des Miroirs de l'Amalienburg (1734-1740), pavillon du parc de Nymphenburg, près de Munich, due à François de Cuvilliés.

 

En Allemagne et en Autriche (mais aussi en Italie), où le style baroque s'est épanoui plus librement qu'en France, de légers ajustements stylistiques suffisent à faire glisser les formes décoratives du baroque au rococo. Celui-ci se répand tant dans les châteaux que dans les églises, comme celle du Christ-Flagellé (1745-1755) à Wies (Bavière), construite par Dominikus Zimmermann, et ornée de stucs et d'une voûte peinte en trompe l'œil par son frère Johann Baptist.

 

Le rococo rayonne surtout dans le sud de l'Allemagne (église de Rott am Inn, abbaye d'Ottobeuren : ces édifices sont aussi considérés comme des illustrations du baroque). Les architectes J.M. Fischer, B. Neumann, D. Zimmermann, F. de Cuvilliés et les Dientzenhofer en furent les principaux artisans. Voûtes, plafonds et murs des édifices furent décorés grâce aux peintres et aux stucateurs (J.-B. Zimmermann, F.A. MaSulbertsch, les Asam, M. Günther, H.E. Holzer, P. Troger).

 

Le style rococo s'exprime en particulier dans les objets de porcelaine, après que la mode de la porcelaine chinoise a relancé, vers 1710, la production de manufactures, comme celle de Meissen, en Saxe, dont les sujets remportent un grand succès ; en France, la manufacture royale de Vincennes (transférée à Sèvres en 1756) se lance dans la fabrication de porcelaine «façon Saxe».

 

Au Portugal, le rococo, comme l'art baroque, marqua surtout le nord du pays (Porto, Braga) ; l'esthétique «pombaline», qui fit suite au tremblement de terre de Lisbonne (1755) et marqua la reconstruction de la capitale, en fixa la fin. Au Brésil, le rococo connut de belles réalisations grâce à l'Aleijadinho. Tiepolo, Juvara, Piazzetta, Zuccarelli et M. Ricci illustrent le rococo italien qui, comme ailleurs en Europe, présente une grande diversité.

 

Vers 1760, avec le retour au classicisme, commence le déclin du rococo, considéré désormais comme un style décadent. En une vingtaine d'années, le néoclassicisme balaie le rococo et, avec lui, les dernières manifestations du baroque.


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