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Bosnie-Herzégovine

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Etat enclavé de la péninsule balkanique, la République de Bosnie-Herzégovine (51'130 km 2 ) est limitée au nord et à l'ouest par la Croatie, au sud et à l'est par la Serbie et le Monténégro (République fédérale de Yougoslavie).


Antiquité à l'époque moderne
Peuplé à l'origine de Thraces, puis d'Illyriens, le pays, annexé à Rome dans le cadre de la province d'Illyricum, fut si romanisé qu'il donna naissance à une série d'empereurs qui furent d'énergiques défenseurs de l'Empire, et dont le plus illustre fut Dioclétien. Après le passage des Wisigoths, l'ancien Illyricum fut intégré au royaume ostrogoth de Théodoric et, après l'effondrement de celui-ci, pénétré successivement aux VI e et VII e  siècles par des tribus de Slaves, principalement des Croates venus du nord.

Christianisés à partir de 900, ces Slaves bosniaques, sous l'autorité de leurs bans, s'opposèrent à l'expansion byzantine et, contre l'orthodoxie de Constantinople, adhérèrent largement du XII e  au XIV e  siècle à un mouvement hérétique manichéen dont les adeptes furent souvent assimilés aux Bogomiles de Bulgarie.  

Monarchie indépendante au XIV
e  siècle, la Bosnie connut un certain essor sous le règne de Tvrtko Ier (1353-1391), avant de tomber sous le joug des Turcs (1463). L'Herzégovine, qui avait été constituée en duché autonome (1435), fut conquise à son tour en 1482. L'occupation ottomane entraîna la conversion de nombreux Slaves à l'islam, en raison des avantages qui y était associés (obtention de postes importants dans l'administration ottomane, réductions fiscales). La conversion n'était pas forcée mais volontaire. Les Turcs parvinrent ainsi à contrôler une région très éloignée du centre de l'Empire, sans avoir à y envoyer de colons. Au XVI e  siècle, une importante communauté juive d'Espagne s'implanta en Bosnie. Elle fut anéantie par les Oustachis et les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.  
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Un destin européen
Au XIX e  siècle, se développa en Bosnie un fort mouvement de contestation contre l'Empire ottoman. Des révoltes éclatèrent. En 1875, la plus importante d'entre elles, celle des paysans serbes d'Herzégovine se propagea dans les régions bulgares, provoquant l'entrée en guerre de la Serbie et du Monténégro (1876). Le combat, inégal, aboutit à la défaite des Slaves. La Russie intervint à son tour après avoir signé avec l'Autriche un pacte (janvier 1877) garantissant la neutralité habsbourgeoise en échange de la Bosnie-Herzégovine. En quelques mois, les troupes russes vinrent à bout de la résistance ottomane et, au congrès de Berlin (1878), il fut décidé, conformément à la convention austro-russe, d'accorder à l'Autriche-Hongrie le droit d'administrer la Bosnie-Herzégovine à titre provisoire.  

En 1908, le chancelier autrichien Aerenthal, en accord avec le chef d'état-major général, décida l'annexion pure et simple de la Bosnie-Herzégovine, provoquant ainsi une crise diplomatique européenne, et contrariant les projets de panslavisme russe. Si la Russie ne déclara pas la guerre, c'est parce qu'elle était mal remise de sa défaite de 1905 face au Japon et que son allié français refusa de la suivre. Cette domination fut mal acceptée par les Bosniaques tant serbes que croates ou musulmans, et le pays devint un foyer de tensions aigues : en 1914, l'assassinat à Sarajevo du prince héritier autrichien François-Ferdinand constitua l'étincelle qui déclencha la Première Guerre mondiale.  

A la fin du conflit mondial, les populations des deux provinces (Bosnie et Herzégovine) se rallièrent à l'idée yougoslave et acceptèrent leur incorporation dans le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes.  

Après l'effondrement de la monarchie serbe et l'occupation du pays par les Allemands (1941), l'Etat indépendant de Croatie allié aux puissances de l'Axe et dirigé par chef ultranationaliste des Oustachis, Ante Pavelic, annexa la Bosnie-Herzégovine où il mena une politique d'extermination des populations serbes, tziganes et juives. La résistance était composée de deux mouvements : celui des tchetniks (serbes), mené par Draza Mihailovic et de tendance royaliste, celui des Partisans de Tito, communiste.  

D'abord unis, les deux mouvements divergèrent très rapidement. La Bosnie-Herzégovine, surtout l'Herzégovine au sud, devint avec le Monténégro un des principaux bastions montagneux des partisans de Tito, qui y livrèrent sur les bords de la Neretva une de leurs plus dures batailles contre les nazis, les oustachis croates et les tchetniks serbes coalisés. C'est dans cette région que se tint, dans la clandestinité, le second congrès des partisans (Jajce, novembre 1943) annonçant la naissance de la future Fédération yougoslave.


La Bosnie-Herzégovine socialiste (1945-1992)
De 1945 à 1991, la Bosnie-Herzégovine fut l'une des six républiques fédérées de Yougoslavie. Elle était caractérisée par le fait qu'aucune des nationalités représentées n'y était majoritaire. Le recensement de 1948 dénombra 44,3 % de Serbes, 24 % de Croates et 30,7 % de musulmans. La Bosnie-Herzégovine constituait ainsi une sorte de Yougoslavie miniature au sein de la Fédération. Mais seuls les Serbes et les Croates avaient le statut de «nationalités» ; pour désigner les musulmans, les recensements utilisaient d'autres formules: «Croates ou Serbes de religion musulmane» ou «musulmans sans appartenance déclarée» en 1948, «Yougoslaves indéterminés» en 1953. Les dirigeants de Belgrade espéraient ainsi qu'au fil du temps, les musulmans finiraient par s'assimiler soit aux Serbes soit aux Croates; vaine aspiration puisque de leur côté, les musulmans firent de la reconnaissance de leur nationalité spécifique leur principale revendication.

Mais, plus que sur la composante religieuse de leur identité, les responsables musulmans, qui comptaient de nombreux laïcs, insistaient sur son aspect culturel et politique. Ce n'est qu'en 1968 qu'ils obtinrent satisfaction. Le recensement de 1971 leur offrit la possibilité de se définir comme «Musulman», le «M» majuscule désignant une nationalité et non une pratique religieuse (dans ce cas, on écrivait «musulman» avec un «m» minuscule). Le terme fut critiqué, et progressivement abandonné au profit de «Bosniaque» (officialisé dans la constitution de la République en 1994). Toutefois, une confusion demeurait entre la dimension confessionnelle ou culturelle et l'appartenance nationale.  

A partir des années 1960, la Bosnie qui était, à l'origine, l'une des Républiques les moins développées de la Fédération, connut un certain essor économique. Elle s'urbanisa et fut dotée d'industries lourde (chimie, électrotechnique) et d'armement, ainsi que de nouvelles infrastructures. L'organisation des jeux Olympiques d'hiver à Sarajevo, en 1984, fut symbolique de cette «réussite» économique bosniaque. Mais au cours des années 1980, l'état général de l'économie se dégrada (clientélisme, corruption, scandales politico-financier, inflation).  
 


Le renouveau nationaliste
Les années 1980 furent également marquées par la montée des nationalismes. Mais, à l'inverse de la Croatie ou de la Slovénie, la Bosnie, ne manifesta que tardivement ses velléités d'indépendance. Le changement survint en 1990 avec la dégradation de la situation en Slovénie et en Croatie et la formation, après la légalisation du pluripartisme, de partis «nationaux», représentant chaque communauté. Le SDA (Parti de l'action démocratique) du Musulman Alija Izetbegovi0, le HDZ (Communauté démocratique croate) du Croate Stjepan Kljuic et le SDS (parti démocrate serbe) du Serbe Radovan Karadui0, obtinrent 84 % des sièges au parlement, acquis jusque là aux communistes, et formèrent un gouvernement de coalition.

Après les sécessions de de la Slovénie et de la Croatie (juin 1991), se posa la question du sort de la République de Bosnie dans une fédération yougoslave désormais entièrement dominée par les Serbes. La question était d'autant plus difficile à résoudre que toutes les tendances étaient représentées au sein du gouvernement bosniaque. Les Musulmans étaient favorables à la formation d'un Etat bosniaque multiculturel et indépendant, les Serbes penchaient pour la dislocation de la Bosnie et le rattachement des régions serbes à la Serbie. Quant aux Croates, ils étaient divisés. Certains souhaitaient l'indépendance, d'autres la réunion à la Croatie.


L'indépendance
A partir de septembre 1991, les Serbes de Bosnie, comme leurs semblables de Krajina (Croatie), proclamèrent six régions autonomes, et firent appel à l'armée fédérale qui se déploya dans la région et s'en servit de base pour ses opérations militaires en Croatie. Le 15 octobre, le Parlement bosniaque répliqua en prenant deux résolutions, l'une annonçant la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine, l'autre sa dissociation d'avec la fédération yougoslave. Les députés serbes boycottèrent ce vote et formèrent, de leur côté, un parlement indépendant de la nation serbe. La rupture entre Serbes et Croato-Musulmans était officiellement consommée.

Restait la question de la reconnaissance internationale du nouvel Etat. Un référendum sur l'indépendance, organisé à la demande de la Communauté européenne, eut lieu les 22 février et 1er mars 1992. Les Serbes ayant boycotté le vote, le «oui» obtint 99 % des suffrages et, le 6 avril, le nouvel Etat fut reconnu par la Communauté européenne. Le lendemain, l'Assemblée du peuple serbe proclamait l'indépendance de la «République serbe de Bosnie-Herzégovine» avec pour capitale provisoire Pale, une banlieue proche de Sarajevo. Aussitôt, les premiers incidents armés opposant forces serbes et croato-musulmanes éclatèrent à Sarajevo. Ainsi débutait une guerre civile qui allait ravager la région pendant plus de trois ans.


La guerre (1992-1995)
Au début des hostilités, les milices bosno-serbes, soutenues par l'armée fédérale yougoslave et les organisations paramilitaires de Serbie (les Aigles blancs de Vojislav Seselj et les Tigres d'Arkan), et bien mieux équipées que les forces croato-musulmanes, pénalisées par l'embargo sur les armes décrété en septembre 1991 par le Conseil de sécurité de l'ONU, remportèrent des succès significatifs. Au mois de mai, les Serbes s'étaient emparés des villes de Bosnie occidentale (Bijeljina, Modrica, Banja Luka, Gradiska) majoritairement musulmanes, et occupaient 60 % du territoire bosniaque où elles se livrèrent aux pires exactions : exécutions sommaires, massacres, pillages, viols collectifs et expulsion de tous les non-Serbes en vue de constituer des régions «ethniquement pures».  

Ces atrocités suscitèrent l'indignation de la communauté internationale, sans pour autant provoquer une intervention directe de celle-ci dans le conflit. Le Conseil de sécurité de l'ONU se contenta de prendre des sanctions contre la Serbie et le Monténégro (30 mai 1992), et de voter en juin l'envoi de casques bleus à Sarajevo (FORPRONU), destinés au strict maintien de la paix.  

Face aux succès serbes, le camp croato-musulman commença à se fissurer. Dès novembre 1991, les Croates avaient, à l'instar des Serbes, formé des régions autonomes ; en juillet 1992, ils proclamèrent la «Communauté croate d'Herceg Bosna» qui devint en août la «République croate d'Herceg Bosna». La rupture entre les deux parties intervint à l'hiver 1992-1993, et la guerre embrasa la Bosnie centrale autour de Vitez, Mostar et Travnik. Au printemps 1993, les Musulmans, victimes de nouvelles offensives serbes en Bosnie orientale d'une part (Srebrenica, Gorazde, Foca et Visegrad), et des assauts croates en Herzégovine occidentale et sur une partie de la Bosnie centrale d'autre part, se trouvaient dans une situation tellement critique qu'elle conduisit l'ONU à instituer en mai six «zones de sécurité» (Sarajevo, Tuzla, Zepa, Gorazde, Srebrenica, Bihac) où les casques bleus étaient chargés de leur protection.

Pendant près d'un an, néanmoins, de mai 1993 à février 1994, les combats redoublèrent d'intensité, notamment dans l'enclave musulmane sécessionniste de Bihac, proclamée province autonome fin 1993 par Fikret Abdic, et prise d'assaut par l'armée bosniaque de Sarajevo, entre Vitez et Mostar (combats croato-musulmans), en Bosnie orientale dans les enclaves musulmanes de Srebrenica, Zepa et Gorazde (attaques serbes) et au nord de la Bosnie centrale, à Sarajevo, Tuzla et Travnik.  

Début 1994, la situation évolua en faveur des Musulmans. A la suite d'un bombardement particulièrement meurtrier d'un marché à Sarajevo en février, l'ONU lança un ultimatum et obtint des Bosno-Serbes qu'ils reculent leurs armes lourdes à 20 km de Sarajevo. Le mois suivant, les anciens ennemis, Croates et Musulmans, renouèrent leur alliance, et signèrent, sous la pression américaine, un accord instituant une Fédération croato-musulmane de Bosnie-Herzégovine et une confédération de celle-ci avec la Croatie. L'isolement des Serbes de Bosnie s'accrut lorsqu'ils refusèrent le plan de paix proposé par le groupe de contact prévoyant le partage de la Bosnie en deux entités autonomes, 49 % du territoire revenant aux Serbes, 51 % à la Fédération croato-musulmane. Cette proposition avait été acceptée par les Croates, les Musulmans et même par Belgrade, soucieuse de faire mettre fin aux sanctions économiques dont elle était l'objet depuis le début du conflit et d'apparaître sous un meilleur jour sur la scène internationale. Ce revirement de la capitale yougoslave provoqua la rupture des relations de la république de Serbie avec les Serbes de Bosnie (proclamation en juillet d'un embargo de Belgrade sur les Serbes de Bosnie).  

Sur le plan militaire aussi, les Bosno-Serbes perdirent du terrain. Après quelques premiers succès partiels, notamment la reprise entre août et octobre 1994 du nord de la région de Bihac (région qui tomba cependant à nouveau sous les coups des Serbes de Pale et de Krajina en novembre-décembre 1994), les Croates lancèrent du1er au 3 mai 1995 une offensive éclair sur la Slavonie occidentale, dont il expulsèrent tous les habitants serbes. Les forces bosno-serbes répliquèrent par la reprise de leurs bombardements sur les «zones de sécurité», Sarajevo, Bihac, Tuzla, Srebrenica, Gorazde et Zepa, provoquant, en retour, le pilonnage par la FORPRONU d'un dépôt d'armement à Pale (25 et 26 mai). Pour protéger leurs sites stratégiques, les Bosno-Serbes prirent alors 400 casques bleus en otage et s'en servirent comme boucliers humains. Après leur libération, le Conseil de sécurité créa début juin une Force multinationale de réaction rapide (FRR), destinée à soutenir la FORPRONU.  

En juillet, les Bosno-Serbes s'emparèrent des «zones de sécurité» de Srebrenica et de Zepa, où ils se livrèrent à des atrocités. Mais ce furent leur dernière offensive victorieuse. Après le désenclavement de Bihac, les Croates s'emparèrent de la Krajina (4-8 août 1995), où ils se livrèrent à leur tour à une «purification ethnique», exactement comme ils l'avaient fait en Slavonie au mois de mai; 200'000 Serbes furent chassés d'une région où ils étaient établis depuis le Moyen Age. Les frappes occidentales sur les infrastructures militaires bosno-serbes suite au bombardement meurtrier d'un marché de Sarajevo (28 août 1995) et la reconquête par les Croato-musulmans de la Bosnie occidentale et centrale vinrent ainsi à bout de la résistance serbe. Ainsi s'acheva, à l'automne 1995, ce conflit long et sanglant qui avait fait plus de 280'000 morts et provoqué l'exode de plus de 2,6 millions de personnes.  
 

Une reconstruction difficile (1995-2000)
Vaincus, les Serbes de Bosnie mandatèrent Miloqevic, président de la République de Serbie (Yougoslavie), pour négocier en leur nom. Au mois de novembre, Miloqevic retrouva Alija Izetbegovic et Franjo Tudjman, ses homologues bosniaque et croate, à Dayton, où fut conclut «l'accord global de paix» prévoyant la partition de la Bosnie en deux entités autonomes, la Fédération croato-musulmane (51 % du territoire) et la République serbe de Bosnie (49 %), disposant chacune de sa constitution, de sa police, de son armée, et du droit d'établir des relations avec les voisins. L'accord de Dayton établissait aussi des institutions communes aux deux entités : une présidence collégiale, une assemblée parlementaire composée de deux chambres, une cour constitutionnelle et une banque centrale, aux compétences limitées. Une nouvelle force, l'IFOR (lmplementation Force) chargée de veiller à l'application de l'accord, devait succéder à la FORPRONU. Ses troupes furent déployées sur le terrain début 1996.  

Si la mise en œuvre du volet militaire de Dayton se solda par un succès - la paix semble désormais établie en Bosnie-Herzégovine -, celle du volet civil, toutefois, s'avéra difficile. Le retour des victimes des «purifications» ethniques dans les zones minoritaires est limité (30'000 retours seulement en 1999), les institutions communes fonctionnent mal, le processus de reconstruction piétine, l'économie stagne malgré l'aide internationale (4 milliards d'euros de 1996 à 1999), et les principaux criminels de guerre, comme les Serbes Radovan Karadui0 ou Madlie, quoique recherchés par le Tribunal pénal international de La Haye, n'ont toujours pas été arrêtés.  

Les formations nationalistes dominent le paysage politique des deux entités, malgré la lente émergence de forces modérées soutenues par la communauté internationale. A l'issue du scrutin présidentiel organisé en 1996, la présidence collégiale de la Bosnie-Herzégovine fut assurée par Alija Izetbegovi0 (SPA, Musulman) puis par Momcilo Krajisnik (SDS, Serbe) et Kresimir Zubak (HDZ, Croate). Un timide revirement fut toutefois opéré aux élections municipales 1997 avec la perte par le SDS de Banja Luka, l'agglomération la plus importante de la République serbe de Bosnie, au profit des candidats de Biljana Plavsic, présidente de la République serbe depuis septembre 1996 et favorable à l'application des accords de Dayton. Les ultranationalistes de Pale virent leur isolement s'accroître lorsqu'en janvier 1998 le président de la République fédérale de Yougoslavie, S. Miloqevi0, qui les avait soutenus jusque-là, dut, en raison des pressions de la communauté internationale, reconnaître officiellement la légitimité du gouvernement des partisans de Biljana Plavsic, dirigé par Milorad Dodik, ce dernier ayant obtenu par ailleurs le transfert de son gouvernement de Pale à Banja Luka.  

 En septembre 1998, de nouvelles élections générales organisées en Bosnie se soldèrent également par un léger recul des partis nationalistes, avec l'obtention de la présidence collégiale par le Serbe Zivko Radisic (socialiste modéré), Ante Jelavic (Croate, HDZ) et Alija Izetbegovi0 (SDA, Musulman). Au Parlement, la coalition nationaliste regroupée autour du SDA (Parti d'action démocratique) d'Alija Izetbegovic arriva en tête, mais sans disposer à nouveau de la majorité absolue. En revanche, en République serbe, c'est l'ultranationaliste Nikola Poplasen qui fut élu à la présidence, à la place de la modérée Biljana Plavsic. Poplasen fut destitué en mars 1999 par le haut représentant civil de l'ONU pour ne pas avoir reconduit dans ses fonctions le Premier ministre sortant, Milorad Dodik, et refusé de nommer à sa place un homme susceptible de gagner le soutien du Parlement.  

En octobre 2000, invoquant des raisons de santé, le représentant Musulman Alija Izetbegovic quittait la présidence tripartite deux ans avant la fin officielle de son mandat, tandis que la construction d'une Bosnie multi-ethnique devenait de plus en plus difficile après la victoire des partis nationalistes aux élections générales de novembre, en République serbe et dans la Fédération croato-musulmane

 
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