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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Mandela, Nelson Umtata, Transkei, 1918 - … Source Encyclopédie Wikipédia
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Nelson Mandela
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Biographie Famille et études Lutte contre l'apartheid Résistance non-violente Campagne de sabotage et préparation à la lutte armée Arrestation et procès de Rivonia Emprisonnement Robben Island Prison de Pollsmoor et premières négociations Libération, prix Nobel et négociations constitutionnelles Président d'Afrique du Sud Commission de la vérité et de la réconciliation Réconciliation nationale Reconstruction économique Politique intérieure et internationale Lutte contre le Sida Autres événements de la présidence Après la présidence Santé et retrait progressif Organisations caritatives et lutte contre le SIDA Conseil des Global Elders Politique intérieure Politique internationale Médiateur pour la paix au Burundi Opposition à la guerre en Irak et à George W. Bush Zimbabwe et Robert Mugabe Conflit israélo-palestinien Commercialisation de son image et litige juridique Autres événements La pensée de Nelson Mandela Inspirations : de la résistance non-violente à la lutte armée Le pouvoir du dialogue et de la réconciliation Ubuntu, « nous sommes les autres » Lutte contre la ségrégation raciale, l'oppression et la pauvreté Héritage Hommages Partisans et influence Polémiques sur l'héritage Famille Premier mariage Deuxième mariage Troisième mariage Œuvres Influence dans la culture populaire Musique Cinéma Bibliographie
Nelson Rolihlahla Mandela (« Madiba », de son nom tribal), né le 18 juillet 1918 à Mvezo en Afrique du Sud est un homme politique et un chef d'Etat d'Afrique du Sud qui fut l'un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid avant de devenir président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non-raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre le Congrès national africain (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non-violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaire. Arrêté par le gouvernement sud-africain, avec la collaboration de la CIA, il est condamné lors du procès de Rivonia à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient au cours des années une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale.
Après vingt-sept années d'emprisonnement dans des conditions souvent très dures, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin pacifique du régime d'apartheid et pour avoir jeté les bases d'une nouvelle Afrique du Sud démocratique.
Après une transition difficile où De Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l'apartheid, ceux de l'ANC et ceux de l'Inkhata à dominante zoulou, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994. Il mène avec succès une politique de réconciliation nationale entre blancs et noirs et de lutte contre les inégalités économiques, mais néglige la lutte contre le Sida, en pleine expansion en Afrique du Sud. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active mais continue à soutenir publiquement le congrès national africain tout en condamnant ses dérives.
Il continue la lutte contre la pauvreté mais aussi de la lutte contre le sida au travers de plusieurs associations, surtout après la mort de l'un de ses fils suite à cette maladie. Il est une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme et est salué comme le père d'une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de « nation arc-en-ciel », même si le pays rencontre toujours de graves problèmes d'inégalités économiques, de mixité sociale et de replis communautaires.
Biographie
Famille et études Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le village de Mvezo, au bord de la rivière Mbashe au Transkei, dans la province de l'actuel Cap-Oriental en Afrique du Sud. Le prénom de Mandela, Rolihlahla signifie « enlever une branche d'un arbre » ou plus familièrement « fauteur de troubles ».
Il est le fils d'une famille royale Thembu de l'ethnie Xhosa, qui règne sur ce territoire. D'après le généticien Luigi Cavalli-Sforza, il est pour moitié Hottentot, c'est-à-dire un bochiman, une population le plus souvent méprisée par les Xhosas qui font partie des Bantous. Son arrière-grand-père paternel est Inkosi Enkhulu, ou roi du peuple Thembu. Un des fils du roi, qui s'appelait Mandela, est le grand-père du futur Nelson et est à l'origine de son nom de famille. Cependant les descendants de cette branche de la famille n'étaient pas éligibles à la succession du trône Thembu.
Le père de Mandela, Gadla Henry Mphakanyiswa, est chef du village de Mvezo. Cependant, il s'aliène les autorités coloniales qui le déchoient de sa fonction et exilent sa famille dans le village de Qunu. Malgré cela, Mphakanyiswa reste un membre du conseil privé du roi et a un rôle capital dans l'ascension du nouveau régent Jongintaba Dalindyebo au trône Thembu. Dalindyebo se souviendra de son aide en adoptant Mandela de manière informelle à la mort de son père. Le père de Mandela a quatre femmes qui lui donneront 13 enfants. Mandela est né de sa troisième femme (troisième d'après un système de classement royal complexe), Nosekeni Fanny du clan Mpemvu Xhosa, sur les terres duquel Mandela passera la plus grande partie de son enfance.
Rolihlahla Mandela devient le premier membre de sa famille à aller à l'école, où son institutrice lui donne le nom anglais de Nelson, pratique courante à cette époque. Nelson Mandela dira: « Le premier jour d’école, mon institutrice, Miss Mdingane, nous a donné à chacun un nom anglais. C’était une coutume chez les africains à cette époque et était sans doute due au penchant anglais de notre éducation. Ce jour là, Miss Mdingane me dit que mon nom était Nelson. Pourquoi elle m’a donné ce prénom en particulier je n'en ai aucune idée ». Le fait d'aller à l'école méthodiste tout en ayant un enseignement traditionnel lui donne une éducation à la fois africaine et européenne.
Nelson Mandela dans son premier costume offert par le régent, 1937. Son père décède de la tuberculose alors qu'il n'a que neuf ans et le régent Jongintaba devient son tuteur. Il va alors à l’école d'une mission méthodiste située à côté du palais du régent. Suivant la coutume Thembu, il est initié à l'âge de seize ans et va au Clarkebury Boarding Institute. Nelson Mandela passe son Junior Certificate en deux ans au lieu des trois ans habituels. Désigné pour hériter de la fonction de conseiller de son père, Mandela va en 1937 à l'école méthodiste d'Healdtown à Fort Beaufort où étudie la plupart de la famille royale Thembu. À dix-neuf ans, il pratique la boxe et la course à pied dans cette école.
Ancien batiment de l'université de Fort Hare. Diplômé, il rejoint l'université de Fort Hare, la seule université acceptant les noirs pour y entamer des études en droit. Il y rencontre Oliver Tambo qui devient son ami et collègue. Il y découvre le nationalisme africain, n'est pas convaincu par le marxisme diffusé par le Parti communiste sud-africain et adhère à la doctrine de non-violence prônée par Gandhi. Gandhi, qui avait commencé sa résistance non-violente alors qu'il était en Afrique du Sud, influence non seulement les méthodes de Nelson Mandela mais aussi celle de plusieurs générations d'activistes anti-apartheid qui y voient une méthode pour lutter contre l'oppression et le colonialisme. Intéressé par le débat politique concernant le soutien ou la neutralité de l'Afrique du Sud dans le cadre du conflit imminent entre le Royaume-Uni et l'Allemagne nazie, il est partisan du Royaume-Uni et acclame le vice-premier ministre Jan Smuts, principal soutien politique aux Britanniques, lors de sa venue à Fort Hare pour la cérémonie de remise des diplômes. C'est en discutant avec des camarades d'opinions divergentes sur Smuts et les sud-africains blancs qu'il découvre l'existence de l'ANC. Au cours de sa deuxième année, il est désigné malgré lui pour siéger à l'un des six sièges du conseil représentatif des étudiants (CRE) en dépit du boycott des élections, auxquelles il participe, organisé pour obtenir l'amélioration de la nourriture et une augmentation des pouvoirs du CRE. Il démissionne avec ses cinq camarades mais est encore une fois réélu malgré lui avec ses cinq mêmes camarades. Il est le seul cette fois à de nouveau présenter sa démission. Après une discussion avec le principal de l'université de Fort Hare, il est renvoyé de l'université tout en gardant la possibilité de revenir s'il accepte de siéger au CRE, ce qu'il ne fera pas.
Peu après avoir quitté Fort Hare, Jongintaba annonce à Mandela et Justice, son fils et héritier au trône, qu'il a organisé un mariage arrangé pour chacun d'eux. Les deux jeunes hommes, mécontents de cet arrangement, choisissent de s'enfuir à Johannesburg. Nelson Mandela explique sa décision par le fait que ses idées sont alors plus avancées sur le plan social que politique et qu'il était alors prêt, non à se révolter contre les Blancs, mais plutôt contre le système social de son propre peuple et ses coutumes traditionnelles. À son arrivée dans la capitale économique du Transvaal, Nelson Mandela trouve un emploi de garde dans une mine, mais son employeur annule rapidement le contrat quand il s'aperçoit que Mandela est le fils adoptif en fuite du régent. Nelson Mandela travaille ensuite comme employé dans un cabinet d'avocat grâce à ses relations avec son ami et mentor Walter Sisulu. Tout en travaillant, Nelson Mandela termine par correspondance sa licence à l'Université d'Afrique du Sud, et commence ensuite des études de droit à l'Université du Witwatersrand où il rencontre de nombreux futurs activistes anti-apartheid.
Lutte contre l'apartheid
Résistance non-violente
Apartheid et ségrégation raciale : panneau interdisant l'accès d'une plage aux personnes de couleur et aux chiens. C'est en 1944 que Nelson Mandela rejoint le Congrès national africain. L'ANC connait alors une nouvelle vigueur sous la direction d'Alfred Xuma. C'est la même année que Mandela se marie avec Evelyn Ntoko Mase. Le couple aura quatre enfants. En 1945, Xuma introduit pour la première fois l'exigence du suffrage universel non racial (one man one vote) dans les revendications du mouvement faisant évoluer la revendication communautaire du parti de lutte contre les discriminations raciales à une lutte pour le pouvoir politique. Il doit tenir compte de l'influence croissante de la toute jeune et radicale Ligue de jeunesse de l'ANC menée par Anton Lembede, Walter Sisulu et Oliver Tambo, à laquelle adhère Mandela, et qui incite aux actions de masse afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et contre la ségrégation raciale, en cours d'uniformisation sur l'ensemble des quatre provinces sud-africaines.
Depuis la fondation de l'Union d'Afrique du Sud en 1910, le pays connaît une inflation de législations ségrégationnistes ou discriminantes. De 1913 à 1942, une succession de lois interdit aux Noirs d’être propriétaires de terres en dehors des « réserves » indigènes existantes qui représentent 7 % de la superficie totale de l’Union sud-africaine ce qui provoque l’expropriation de nombreux paysans indépendants noirs et la constitution d’un prolétariat agricole, puis introduit la ségrégation résidentielle permettant aux municipalités de créer des quartiers réservés aux Noirs et de limiter leur urbanisation et ensuite supprime les Noirs des listes électorales communes de la province du Cap. Une loi agrandit ensuite les réserves indigènes existantes de 7 à 13 % de la surface du pays, ôtant dans le même temps aux résidents noirs du Cap le droit d'acheter de la terre en dehors des réserves. En 1942, suite à plusieurs discours anti-guerre et par « prévention des troubles », les grèves des travailleurs noirs sont déclarées illégales au titre de l'effort de guerre.
Aux élections générales de 1948, la victoire inattendue du Parti national, parti alors exclusivement afrikaner, entraîne la mise en place d'une nouvelle politique de ségrégation sous le nom d'apartheid, où le rattachement territorial puis la nationalité et le statut social dépendent du statut racial de l'individu, défavorisant largement la population noire et interdisant les mariages mixtes, entre autres. De son côté, la ligue de jeunesse de l'ANC se montre déterminée. En interne, elle parvient à faire écarter Alfred Xuma, jugé trop modéré, pour imposer James Moroka et préparer une grande campagne de défiance.
En 1951, Olivier Tambo et Nelson Mandela sont les deux premiers avocats noirs de Johannesburg. En 1952, Nelson Mandela est élu président de l’ANC du Transvaal et vice-président national. Il mène avec l'ANC, la « defiance campaign » qui prône la désobéissance civile contre les lois considérées injustes, qui culmine avec une manifestation le 6 avril 1952, date du 300 anniversaire de la fondation du Cap et de la première installation de blancs en Afrique du Sud. Sur les 10000 manifestants, 8500 sont arrêtés, y compris Nelson Mandela. La campagne continue en octobre avec des manifestations contre les lois de ségrégation et contre le port obligatoire de laissez-passer pour les Noirs. Le gouvernement Malan modifie alors la loi sur la sécurité publique (public safety act de 1953) autorisant le pouvoir à suspendre les libertés individuelles, à proclamer l'état d'urgence et à gouverner par décrets. Mandela est condamné à neuf mois de prison avec sursis, se voit interdit toute réunion et est placé en résidence surveillée chez lui à Johannesburg où il en profite pour organiser l’ANC en cellules clandestines. Cette campagne de résistance passive, qui a pris fin en avril 1953, permet à l'ANC de gagner en crédibilité, passant de 7000 à 100000 adhérents. Son option non-raciale lui permet de s'ouvrir aux indiens et aux communistes blancs mais les métis restent plus circonspects. Quand James Moroka tente de plaider la conciliation avec le gouvernement, il est renversé par la ligue des jeunes du parti qui impose alors Albert Lutuli à la tête de l'ANC. En 1955 a lieu le congrès du peuple qui adopte la charte de la liberté qui donne les bases fondamentales du mouvement anti-apartheid. Pendant cette période, Nelson Mandela et son ami Oliver Tambo dirigent le cabinet d'avocats Mandela & Tambo qui fournit un conseil juridique gratuit ou à bas coût pour les nombreux Noirs qui ne peuvent payer les frais d'avocats.
Nelson Mandela assouplit son fort anticommunisme chrétien pour demander l’union entre les nationalistes noirs et les blancs du parti communiste sud-africain dans le combat contre l'apartheid. Le Suppression communist act du gouvernement, qui considère comme communiste quiconque « cherche à provoquer un changement politique, industriel, économique ou social par des moyens illégaux », alors qu'il n'existe aucune possibilité pour les Noirs, hormis le système judiciaire, de lutter contre l'apartheid, contraint tous les courants allant du nationalisme au révolutionnaire à s'unir. Au niveau législatif, seuls le Parti uni représentant l'opposition blanche et les métis, et le parti libéral de Margareth Ballinger essayent de lutter contre l'apartheid. Alors qu'ils sont engagés dans une résistance pacifique, Nelson Mandela et 156 autres personnes sont arrêtés le 5 décembre 1956 et accusés de trahison. Un procès marathon qui dure de 1957 à 1961 s'ensuit, où tous les défendants, aidés notamment par des fonds internationaux, exploitent toutes les imprécisions de la législation et sont finalement progressivement relâchés puis finalement acquittés par la justice sud-africaine.
En 1957 Nelson Mandela divorce, et épouse en 1958 Winnie Madikizela-Mandela.
De 1952 à 1959, une nouvelle sorte d'activistes noirs, connus sous le nom d'Africanistes, troublent les activités de l'ANC dans les townships, demandant une action plus drastique contre la politique du gouvernement. La direction de l'ANC, qui comprend Albert Lutuli, Oliver Tambo et Walter Sisulu, pense que non seulement les africanistes veulent aller trop vite, mais aussi qu'ils remettent en question leur autorité. L'ANC renforce donc sa position en faisant des alliances avec des petits partis politiques blancs, indiens et colorés dans une tentative d'apparaître plus rassembleur que les africanistes. En 1959, l'ANC perd son plus grand soutien militant quand la plupart des africanistes, qui ont l'aide financière du Ghana et politique des Basothos, font sécession pour former le Congrès panafricain (PAC) sous la direction de Robert Sobukwe.
Campagne de sabotage et préparation à la lutte armée
Peinture représentant des victimes du massacre de Sharpeville. Le 21 mars 1960 a lieu le massacre de Sharpeville, un township de Vereeniging dans le sud du Transvaal. Lors d'une manifestation du Congrès panafricain contre l'extension aux femmes du passeport intérieur, que les hommes noirs sont obligés de porter constamment sur eux sous peine d'être arrêtés ou déportés, une soixantaine de policiers sur un effectif total de 300 hommes retranchés dans un local de la police et appuyés par des véhicules blindés, tirent sans sommation sur une foule d'environ 5000 personnes dont seuls 300 sont encore à proximité des policiers, le reste de la foule ayant commencé à se disperser. Il y a 69 morts, dont 8 femmes et 10 enfants, ainsi que 180 blessés, dont 31 femmes et 19 enfants. La majorité des blessures par balles sont faites dans le dos sur une foule en fuite et non-armée. Selon les policiers, les tirs ont été dus à la panique et à l'inexpérience suite à des jets de pierre alors que la Commission de vérité et de réconciliation conclura, selon les témoignages de manifestants, que les tirs étaient délibérés. Le gouvernement déclare l'état d'urgence face aux manifestations qui s'ensuivent et interdit l'ANC et le PAC, dont les leaders sont emprisonnés ou assignés à résidence. Le Conseil de sécurité des Nations unies vote le 1er avril la résolution 134 qui condamne le massacre et engage le gouvernement sud-africain « à abandonner ses politiques d'apartheid et de ségrégation raciale ». Albert Lutuli, le président de l'ANC, obtient le prix Nobel de la paix la même année.
Drapeau de l'ANC et du Umkhonto we Sizwe. La stratégie non-violente de l'ANC est abandonnée par Nelson Mandela qui fonde en 1961 Umkhonto we Sizwe (MK), branche militaire prônant l'action armée. En mai 1961, il lance avec succès une grève générale où les grévistes restent à leur domicile, obligeant le gouvernement à faire intervenir la police et l'armée. Il écrit et signe un plan de passage graduel à la lutte armée. Il coordonne des campagnes de sabotage contre des cibles symboliques, préparant des plans pour une possible guérilla si les sabotages ne suffisaient pas à mettre une fin à l'apartheid. Nelson Mandela décrit le passage à la lutte armée comme un dernier recours ; l'augmentation de la répression, les violences policières et de l'État, le convainquent que des années de lutte non-violente contre l'apartheid n'ont apporté aucune avancée.
Nelson Mandela favorise le sabotage, qui « n’entraîne aucune perte en vie humaine et ménage les meilleures chances aux relations interraciales », avant de s'engager dans « la guérilla, le terrorisme et la révolution ouverte ». Un membre de l'ANC, Wolfie Kadesh, explique la campagne de sabotage à la bombe menée par Mandela : « <...> faire exploser des lieux symboliques de l'apartheid, comme des bureaux du passeport interne, la cour de justice pour natifs, et des choses comme ça... Des bureaux de poste et... des bureaux du gouvernement. Mais nous devions le faire d'une telle façon que personne ne serait blessé, personne ne serait tué. ». Mandela dira de Kadesh: « Sa connaissance de la guerre et son expérience de première main du combat m'ont été extrêmement précieuses. ». Entre 1961 et 1963, quelques 190 attaques armées sont répertoriées, principalement à Johannesburg, Durban et au Cap.
Mandela collecte aussi des fonds à l'étranger pour le MK et organise l'entrainement paramilitaire du groupe. Il suit une formation militaire dans l'Algérie nouvellement indépendante et étudie Carl von Clausewitz, Mao Zedong, Che Guevara et les spécialistes de la Seconde Guerre des Boers.
Arrestation et procès de Rivonia
Affiche du documentaire The man who drove with Mandela qui traite de l'arrestation de Nelson Mandela déguisé en chauffeur de voiture et de l'homme qu'il conduisait qui lui servait de couverture, le communiste et activiste homosexuel blanc Cecil Williams.
Hutte à Rivonia où ont été arrêtés les dirigeants de l'ANC en 1963. Le 5 août 1962, Nelson Mandela est arrêté après 17 mois de clandestinité et est emprisonné au fort de Johannesburg. Son arrestation a été rendue possible par la Central Intelligence Agency (CIA), qui a renseigné la police sur la cachette et le déguisement de Mandela en chauffeur de voiture. La CIA donne ses informations en échange de la libération de l'un de ses agents infiltré détenu par la police sud-africaine qui ne voulait pas le relâcher. Mandela est en effet considéré par ces organisations comme terroriste et communiste dans le contexte de guerre froide où dépendante de ses minéraux et métaux (or, platine, chrome, manganèse, uranium, antimoine, diamant ...) et dont l'Afrique du Sud, , est l'un des principaux producteurs mondiaux du monde libre.
Trois jours après son arrestation, les accusations d'organiser une grève en 1961 et de quitter le pays illégalement lui sont lus. Le 25 octobre, Nelson Mandela est condamné à cinq ans de prison. Alors que Mandela purge sa peine de prison, la police arrête plusieurs dirigeants de l'ANC à Rivonia, au nord de Johannesburg, où est situé le quartier général de la direction d’Umkhonto we Sizwe, le 11/juillet/1963. Parmi les 11 personnes arrêtées figurent Walter Sisulu et Govan Mbeki. Nelson Mandela est lui aussi mis en cause et avec ses compagnons, et est accusé par le ministère public de quatre sabotages, de trahison, de liens avec le parti communiste sud-africain, mais aussi de comploter une invasion du pays par l'étranger, ce que Mandela dément.
Le procès de Rivonia débute le 9/octobre/1963 devant la Haute cour de Pretoria présidée par Quartus de Wet, un juge afrikaner nommé durant la période de gouvernement de Jan Smuts et du parti uni et à ce titre considéré par Mandela et les siens comme indépendant du gouvernement nationaliste. Durant le procès, à l'aide des documents saisis à Rivonia, le procureur détaille les commandes d'armes, les liens entre l'ANC et le parti communiste et les plans destinés à renverser le gouvernement.
Dans sa déclaration pour sa défense le 20 avril 1964, devant la Cour suprême de l’Afrique du Sud à Pretoria, Nelson Mandela expose le raisonnement qui l'a fait recourir à la violence comme tactique. Il révèle comment l'ANC a utilisé des méthodes pacifiques pour résister à l'apartheid pendant des années, jusqu'au massacre de Sharpeville, la déclaration d'état d'urgence et l'interdiction de l'ANC par le gouvernement, qui leur a montré que leur seul choix était de résister à travers des actes de sabotage. Faire autrement aurait été pour eux pareil à une capitulation sans condition. Nelson Mandela explique comment ils ont écrit le manifeste du Umkhonto we Sizwe avec l'intention de démontrer l'échec des politiques du Parti National quand l'économie serait menacée par le manque de volonté des étrangers à risquer des investissements dans le pays. Il finit sa déclaration, reproduite intégralement dans le Rand Daily Mail, le grand quotidien progressiste anglophone de Johannesburg, par ces mots :
Les accusés sont jugés coupables pour sédition le 11 juin 1964 et condamnés à la détention à perpétuité le 12 juin, à l'exception de Lionel Bernstein qui est acquitté. Si Mandela et la majorité de ses compagnons sont reconnus coupables des 4 chefs d'accusation, ils échappent à la peine de mort dont ils étaient passibles parce que le juge n'estime pas prouvée l'intervention étrangère invoquée par le ministère public. Selon des sources de l'ANC, d'historien, journalistique ou de juriste, la pression internationale a également influencé le verdict, ce que pense également Oliver Tambo à Londres, mais ce que ne relèvent pas d'autres historiens traitant du procès de Rivonia.
Pour Nelson Mandela, si le ministre de la justice John Vorster souhaitait bien qu'il soit condamné à mort, le juge avait pour sa part peut-être été influencé par les protestations internationales comme celles du syndicat des dockers qui avaient menacé de ne plus charger les marchandises pour l'Afrique du Sud, ou par les protestations d'une cinquantaine de membres du Congrès américain et du parlement britannique. Le fait qu'aucune guerre de guérilla n'avait débuté et que l'ANC et MK avaient été considérées comme des entités séparées par le juge, auraient été aussi, selon l'analyse de Mandela, une raison de la relative du verdict. Le premier ministre Hendrik Verwoerd déclara devant le parlement sud-africain qu'aucune protestation de quelque origine qu'elle fût n'avait influencé le jugement, et encore moins la lettre et les télégrammes que lui-même avait reçus de Léonid Brejnev et des pays socialistes, lesquelles avaient selon sa déclaration finis à la poubelle. Juste avant le verdict, Alan Paton, chef du parti libéral avait déposé auprès du juge de Wet une requête d'indulgence.
Le Conseil de sécurité des Nations unies condamne le procès de Rivonia et commence à s'engager vers la recommandation de sanctions internationales contre l'Afrique du Sud. La résolution 181 d'aout 1963 du Conseil de sécurité de l'ONU condamnait l'apartheid et demandait à tous les États d'arrêter volontairement leurs ventes d'armes à l'Afrique du Sud mais cette demande ne sera jamais contraignante avant la résolution 418 du 4 novembre 1977 imposant un embargo sur les ventes d'armes.
En 1964, la résistance se retrouve décapitée. Les attaques armées de MK en territoire sud-africain cessent et ne reprendront véritablement pas avant 1976. Tandis que les pays du Commonwealth prennent leur distance, le gouvernement sud-africain, loin d'être sanctionné, profite des années de prospérité économique pour encourager l'immigration européenne et développer son industrie et son armement avec l'Allemagne et la France, avec le soutien des États-Unis au nom de la lutte contre le communisme. Verwoerd intensifie l'application de sa politique de séparation forcée en procédant à de nombreuses expulsions de populations noires vers les zones qui leurs sont attribuées afin que de bonnes terres soient développées ou habitées par les blancs. Un système de contrat oblige les salariés noirs de l'industrie à vivre dans des résidences dortoirs au sein des townships loin de leurs familles demeurées en zone rurale. Les conséquences pour ces populations sont souvent catastrophiques au niveau social tandis que la population carcérale atteint 100000 personnes, un des taux les plus élevés au monde. Entre 1960 et 1980, ce sont plus de 3,5 millions de paysans noirs qui sont dépossédés de leurs terres sans aucun dédommagement pour devenir un réservoir de main d'œuvre bon marché et qui ne sont plus des concurrents pour les fermiers blanc.
Emprisonnement
Robben Island
Cellule de Nelson Mandela dans la prison de Robben Island. Nelson Mandela est emprisonné dans l'île-prison de Robben Island, où il restera 18 de ses 27 années de prison. Alors qu'il est en prison, sa réputation grandit et il devient connu de manière internationale comme le plus important dirigeant noir d'Afrique du Sud. Sur l'île, lui et d'autres prisonniers doivent effectuer des travaux forcés dans une carrière de chaux. Les conditions de vie dans la prison sont très rudimentaires. Les prisonniers sont séparés selon leur couleur de peau, les prisonniers noirs recevant les plus petites rations. Les prisonniers politiques, dont fait partie Nelson Mandela, sont séparés des criminels de droit commun et ont encore moins de privilèges. Mandela étant un prisonnier de classe D (la plus basse classe), il n'a droit qu'à un visiteur et une lettre tous les six mois. Quand il reçoit une lettre, c'est souvent après qu'elle a été retardée durant une longue période et rendue illisible par la censure de la prison. Il se lave avec de l'eau de mer froide et dort dans une cellule minuscule.
Mais si Robben Island est un lieu pour briser la volonté des prisonniers, celle de Mandela semble se fortifier avec la détention. Selon le témoignage de Amhed Kathrada, un de ses codétenus, Mandela n'accepte aucun traitement de faveur que ce soit pour le travail ou les vêtements, et mène toutes les actions de contestation avec les autres prisonniers, dont des grêves de la faim. Quand ils ne vont pas à la carrière, Mandela et les autres détenus cassent des cailloux dans une des cours de la prison avec des cadences éprouvantes. Malgré ce régime, Mandela continue de résister de manière non-violente, combattant pour sa dignité et celle des autres détenus et refuse d'appeler les gardes sous le nom de baas (patron) comme ils l'exigent.
Carrière de chaux de Robben Island. Les conditions sont très dures au cœur de la carrière de chaux, où les prisonniers sont victimes de kératite due à la poussière et à la lumière, Mandela devant plus tard se faire opérer du canal lacrymonasal. Ils y échangent néanmoins leurs connaissances dans ce qui devient l'université Mandela, parlant aussi bien politique que de William Shakespeare, Nelson Mandela récitant et enseignant le poème Invictus (Invaincu) de William Ernest Henley afin de les encourager.
Nelson Mandela profite de ces années pour apprendre l'histoire des Afrikaners et leur langue, l'afrikaans, afin de comprendre notamment leur mentalité et d'établir un véritable dialogue avec eux. Défiant le point de vue de l'ANC, qui considérait alors le pouvoir afrikaner comme une version moderne du colonialisme européen, il en vient lui-même à estimer et déclarer que l'Afrikaner est un Africain au même titre que n'importe lequel de ses codétenus noirs, songeant qu'à leur place et dans d'autres circonstances il aurait pu avoir la même vue sur l'apartheid. Cette compréhension des afrikaners lui donne l'esprit de réconciliation nécessaire aux futures négociations.
Menus de la prison : les bantous (ou noirs, menu C) dont faisait partie Mandela recevaient encore moins de nourriture que les autres prisonniers (« asiatiques et coloured (métis)», menu B). En 1971, au bout de 7 ans, il quitte la carrière de chaux et est transféré au ramassage du guano, d'où il peut voir la mer. Le 6 décembre de la même année, l'Assemblée générale des Nations unies en séance plénière déclare l'apartheid crime contre l'humanité. Le 16 juin 1976 éclatent les émeutes de Soweto qui entament une nouvelle étape dans la contestation et la répression. En septembre 1977, Steve Biko, fondateur du Mouvement de Conscience noire meurt torturé en prison par la police. En octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies avec la résolution 417 « condamne vigoureusement le régime raciste sud-africain » et demande la libération de « toutes les personnes emprisonnées au titre de lois arbitraires sur la sûreté de l'État <...> et pour leur opposition à l'apartheid ». En novembre avec la résolution 418, il impose un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud. Nelson Mandela ainsi que d'autres militants sont placés en isolement carcéral, où radio et journaux sont interdits ou bien censurés. En 1979, il revoit après 15 ans sa deuxième femme, Winnie, qui subit aussi la prison ou l'assignation à résidence et le bannissement.
Pendant son emprisonnement, Mandela étudie par correspondance avec l'Université de Londres via son programme externe, et reçoit un diplôme de Bachelor of Laws. Il est même présélectionné pour le titre de Chancelier de cette université, mais perd face à la princesse Anne du Royaume-Uni.
Dans ses mémoires publiées en 1981, l'agent secret Gordon Winter dévoile son implication dans un complot pour faire évader Mandela en 1969 : le groupe des comploteurs avait été infiltré par Winter pour le compte du gouvernement sud-africain. Celui-ci voulait que Mandela s'échappe pour qu'il puisse ensuite être abattu pendant la poursuite. Le complot avait été déjoué par les services secrets britanniques.
Prison de Pollsmoor et premières négociations
Manifestation de solidarité à Nelson Mandela en Allemagne, 1986.
Timbre soviétique (1988) à l'effigie de Nelson Mandela à l'occasion de son 70 anniversaire. En mars 1982, Mandela est transféré, en compagnie des principaux dirigeants de l'ANC à la prison de Pollsmoor, dans la banlieue du Cap. S'il a été envisagé un moment que ce transfert avait été réalisé afin d'éloigner ces dirigeants de la nouvelle génération de noirs emprisonnés à Robben Island, surnommée l' Université Mandela, le ministre de la justice Kobie Coetsee a dit au contraire que ce transfert avait été accompli afin de pouvoir établir un contact discret entre eux et le gouvernement sud-africain.
Pendant les années 1980, le MK relance la guérilla occasionnant la mort de nombreux civils : tentative de sabotage de la centrale nucléaire de Koeberg, poses de mines anti-personnel dans le Northern et Eastern Transvaal tuant une vingtaine de personnes dont des enfants à Chatsworth dans le district de Messina, attentat à la bombe à Pretoria tuant 17 personnes, dans un centre commercial à Amanzimtoti tuant 5 personnes dont 3 enfants ou encore dans un bar de Durban.
En février 1985, le président Pieter Willem Botha offre à Nelson Mandela, contre l'avis de ses ministres, la liberté conditionnelle en échange d'un renoncement à la lutte armée. Mandela rejette l'offre, disant dans un communiqué transmis par sa fille Zindzi : . La même année, Botha abolit les lois sur les laissez-passer et les mariages mixtes. Mais cela est considéré comme trop timide par Nelson Mandela qui réclame toujours avec l’ANC clandestin « un homme, une voix ».
La première rencontre entre Nelson Mandela et le gouvernement a lieu en novembre 1985, quand le ministre de la Justice, Kobie Coetsee, rencontre Mandela à l'hôpital Volks au Cap, où il est opéré de la prostate. Le long des quatre années suivantes, une série de rencontres pose les bases pour de futures négociations, mais aucun progrès réel n'est réalisé. Sa dernière prison en 1986 est une villa avec piscine dans le périmètre du centre pénitentiaire de Paarl. Il est en partie libéré le 7/décembre/1988 et mis en résidence surveillée.
Pendant toute la durée de l'emprisonnement de Nelson Mandela, la pression locale et internationale pour sa libération augmente sur le gouvernement sud-africain, sous le slogan « Libérez Nelson Mandela ! ». En 1985, il est le premier lauréat du prix Ludovic-Trarieux pour son engagement en faveur des droits de l'homme. Comme il est en captivité, c'est sa fille qui reçoit le prix en son nom.
En juin 1988 a lieu le Concert hommage des 70 ans de Nelson Mandela à Wembley, regardé par 600 millions de téléspectateurs dans 67 pays, qui expose au niveau mondial la captivité de Mandela et l'oppression de l'apartheid, et qui, selon l'ANC, force le régime sud-africain à libérer Mandela plus tôt que prévu. En 1989, alors que l'état d'urgence règne depuis 4 ans, Nelson Mandela écrit à Pieter Botha, et tout en précisant que « la question de libération n’en est pas une », « face au spectre d’une Afrique du Sud coupée en deux camps hostiles se massacrant mutuellement », il veut faire négocier « les deux principales organisations du pays », le gouvernement et l'ANC. Il détermine les principaux points à traiter : « premièrement, la revendication de la règle de la majorité dans un État unitaire, deuxièmement, les inquiétudes de l’Afrique du Sud blanche face à cette demande ». Ils ont un entretien le 5 juillet 1989 dans la résidence de Botha. Cette même année, l'Afrique du Sud arrive à un moment décisif lorsque Botha, suite à une attaque cérébrale, est remplacé en tant que président par Frederik de Klerk. Le 15 octobre 1989, De Klerk libère sept dirigeants de l’ANC, dont Walter Sisulu, qui ont chacun passé 25 ans en prison. En novembre, Nelson Mandela dit de De Klerk qu'il est « le plus sérieux et le plus honnête des leaders blancs » avec qui il ait pu négocier. De Klerk annonce la libération de Nelson Mandela en février 1990 au cours d'un discours prononcé au parlement.
Libération, prix Nobel et négociations constitutionnelles
Frederik Willem de Klerk et Nelson Mandela au Forum économique de Davos, 1992.
Le 2 février 1990, F.W. de Klerk prononce la levée de l'interdiction de l'ANC et de plusieurs autres organisations anti-apartheid, et annonce la libération prochaine et sans condition de Nelson Mandela. Nelson Mandela est libéré le 11 février 1990 et l'événement est retransmis en direct dans le monde entier.
Le jour de sa libération, Nelson Mandela fait un discours depuis le balcon de l'hôtel de ville du Cap. Il y déclare son engagement pour la paix et la réconciliation avec la minorité blanche du pays, mais annonce clairement que la lutte armée de l'ANC n'est pas terminée : « Notre recours à la lutte armée en 1960 avec la formation de l'aile militaire de l'ANC était purement une action défensive contre la violence de l'apartheid. Les facteurs qui ont rendu nécessaire la lutte armée existent toujours aujourd'hui. Nous n'avons aucune option à part continuer. Nous espérons qu'un climat propice à une solution négociée existera bientôt, ce qui rendra inutile la lutte armée».
Mandela dit aussi que son objectif principal est de donner la paix à la majorité noire et de lui donner le droit de vote aussi bien aux élections nationales que locales. Il annonce également à la foule : « Je suis là devant vous non pas comme un prophète mais comme un humble serviteur du peuple ». Le 26 février 1990, il demande à ses partisans : « Jetez dans la mer vos fusils, vos couteaux et vos machettes », afin de pacifier les relations entre l'ANC et le gouvernement mais aussi la rivalité entre l’ANC et l’Inkhata zoulou qui a fait de nombreuses victimes. Le 6 août, Mandela confirme les accords avec De Klerk, et l’ANC proclame la fin de la lutte armée. Le 30 juin 1991, le parlement vote la suppression des dernières lois piliers de l'apartheid encore en vigueur qu'étaient la loi sur la classification raciale et celle sur l'habitat séparé.
En 1991, l'ANC tient sa première conférence nationale depuis sa légalisation et Nelson Mandela est élu président de l'organisation. Son vieil ami Oliver Tambo, qui avait dirigé l'ANC en exil pendant la captivité de Mandela, devient secrétaire national. Nelson Mandela mène le parti dans les négociations sur le démantèlement de l'apartheid en Afrique du Sud entre 1990 et 1994. Les négociations sont parfois tendues comme lorsqu'en 1991 Mandela qualifie De Klerk de « dirigeant d'un régime illégitime, discrédité et minoritaire ». Nelson Mandela propose de passer le droit de vote à 14 ans, proposition pour laquelle il est blâmé par ses collaborateurs et à propos de laquelle il dira plus tard avoir fait « une grave erreur de jugement ».
Le président américain Bill Clinton et Nelson Mandela à Philadelphie, États-Unis, le 4 juillet 1993. Au début de 1992, des élections législatives partielles virent au désastre pour le parti national au bénéfice du candidat du parti conservateur opposé à la fin de l'apartheid. Le président de Klerk, qui avait fait de cette élection un enjeu national organise alors pour le 17/mars/1992 un ultime référendum auprès des électeurs blancs par lequel il sollicite leur appui. Mandela intervient pour appuyer De Klerk et calmer les ardeurs et les impatiences des militants de l'ANC. De Klerk obtient sans ambiguïté un soutien de l'ensemble de la communauté blanche avec 68,7 % de oui. Lors de son discours de victoire devant le parlement du Cap, il déclare que les électeurs blancs ont eux-mêmes « décidé de refermer définitivement le livre de l'apartheid ».
Les pourparlers s'arrêtent suite au massacre de Boipatong en juin 1992 où Mandela rompt les négociations accusant le gouvernement de De Klerk de complicité de ces tueries. Les négociations reprennent cependant en juin 1992 après le massacre de Bisho, quand les menaces de confrontations sanglantes rendent clair que les négociations sont la seule issue.
Les avancées de Nelson Mandela et du président Frederik de Klerk sont reconnues mondialement quand ils reçoivent conjointement le Prix Nobel de la paix en 1993 « pour leur travail pour l'élimination pacifique du régime de l'apartheid, et pour l'établissement des fondations d'une Afrique du Sud nouvelle et démocratique ». Pour le comité Nobel, « Le régime de l'apartheid donnait un visage au racisme ». Lors de la cérémonie de remise du prix, Nelson Mandela rend hommage à Frederik de Klerk « qui a eu le courage d'admettre qu'un mal terrible avait été fait à notre pays et à notre peuple avec l'imposition du système de l'apartheid. » Il demande également au gouvernement birman la libération du prix Nobel de la paix 1991 Aung San Suu Kyi, comparant sa lutte à la sienne.
Quand Chris Hani, un des dirigeants du MK et du Parti communiste sud-africain, est assassiné le 10/avril/1993 par un extrémiste blanc, Janus Walusz, avec la complicité de Clive Derby-Lewis, député du Parti conservateur , il y a des craintes que le pays soit à nouveau plongé dans la violence. Nelson Mandela lance un appel au calme au pays par un discours considéré comme présidentiel bien qu'il n'ait pas encore été élu :
Mandela fait ce discours alors que quelques temps auparavant, Chris Hani s'était plaint auprès des soviétiques que Mandela avait « bradé » la lutte armée de l'ANC. Bien que des émeutes aient lieu après l'assassinat, les négociateurs parviennent à un accord pour fixer les premières élections nationales non-raciales du pays à la date du 27/avril/1994, correspondant à l'expiration normale du mandat présidentiel de De Klerk, soit à peine plus d'un an après le meurtre de Chris Hani.
Président d'Afrique du Sud
Le président Nelson Mandela à Brasilia, Brésil, juillet 1998. À la suite des premières élections générales multiraciales du 27 avril 1994 remportées largement par l'ANC (62,6 % des voix), Nelson Mandela est élu président de la république d'Afrique du Sud. Lors d'un discours le 2 mai il prononce le « free at last - enfin libre » de Martin Luther King. Nelson Mandela prête serment aux Union Buildings de Pretoria le 10 mai 1994 devant une grande partie des responsables politiques internationaux, d'Al Gore à Fidel Castro. Il préside au premier gouvernement non-racial du pays, en l'occurrence un gouvernement d'unité nationale entre l'ANC, le Parti National et le parti zoulou Inkatha Freedom Party. Ses deux vice-présidents sont alors Thabo Mbeki (ANC) et Frederik de Klerk (NP). Dans son discours d'investiture, Mandela célèbre la fin de l'apartheid dont « doit naître une société dont toute l'humanité sera fière », le retour de l'Afrique du Sud dans la communauté internationale et l'amour commun du pays et l'égalité raciale seront le ciment de la nouvelle « nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde ». Il évoque les défis de son mandat que sont la lutte contre la pauvreté, les discriminations et « qu'il n'y a pas de voie facile vers la liberté ». La date du 27 avril devient un jour férié en Afrique du Sud, le Jour de la Liberté.
Commission de la vérité et de la réconciliation Conformément aux négociations de la période de transition, une commission de la vérité et de la réconciliation, présidée par l'archevêque anglican et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, est créée pour entendre des exactions et des crimes commis sous l'apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité mais également par les mouvements de libération comme l'ANC. Pour Desmond Tutu, « sans pardon il n'y a pas d'avenir, mais sans confessions il ne peut y avoir de pardon ». La commission entend de nombreux récits sur les violences extrêmes et les injustices commises par les deux camps et offre une catharsis aux personnes et communautés blessées par les événements passés. Il s'agit de confronter le passé afin de tourner la page historique douloureuse, de permettre d'exposer la vérité et aux coupables de se confesser, une amnistie étant offerte en cas d'aveux. En l'absence de confession ou de non-apparition devant la commission, des poursuites judiciaires peuvent être engagées si les autorités ont assez de preuves.
Si des policiers, soldats mais aussi des activistes anti-apartheid ou des citoyens ordinaires confessent des crimes, peu de responsables de haut niveau comparaissent devant la commission. L'ancien ministre de la loi et de l'ordre Adriaan Vlok accepte de comparaître et de se repentir, alors que l'ancien président P.W. Botha et le vice-président Thabo Mbeki refusent. Nelson Mandela admettra plus tard que dans sa lutte contre l'apartheid, l'ANC avait aussi violé les droits de l'homme, et il critiquera ceux de son propre parti qui essayaient de supprimer des éléments des rapports de la commission allant dans ce sens. Le processus de la Commission vérité et réconciliation a parfois laissé un goût amer pour les 20000 victimes de l'apartheid ayant témoigné, des criminels comme Wouter Basson surnommé « Docteur la mort » étant acquitté, et les indemnisations prenant des années.
La commission vérité et réconciliation et la méthode Mandela de « dialogue sans exclusion » font école en Afrique.
Réconciliation nationale Prônant la réconciliation nationale, il se rend à Orania pour rencontrer la veuve d'Hendrik Verwoerd et organise une tea party à Pretoria réunissant les épouses des anciens premiers ministres et présidents du pays avec les épouses des anciens prisonniers de Robben Island. Mandela encourage les Sud-Africains noirs à soutenir l'équipe de rugby des Springboks lors de la coupe du monde de rugby 1995 qui a lieu dans le pays. Après la victoire, Mandela présente le trophée au capitaine de l'équipe Francois Pienaar, un Afrikaner. Mandela porte le maillot avec le numéro de Pienaar, et l'événement est vu comme un grand pas dans la réconciliation entre les Noirs et les Blancs d'Afrique du Sud. Internationalement, Mandela redonne une légitimité à l'Afrique du Sud qui est donnée en exemple en matière de réconciliation nationale.
Des critiques ont été émises pour sa politique de pardon et de réconciliation envers les blancs sud-africains : son soutien des Springboks a été à peine toléré par certains de ses partisans noirs, et ceux-ci n'ont pas accepté sa visite dans le village afrikaner ultra conservateur d'Orania où les Noirs ne sont pas admis, pour visiter la veuve du créateur des lois les plus injustes de l'apartheid. De leur coté, les afrikaners de ce village voyaient dans la réconciliation une façon d'éliminer la culture des boers.
Pour Mandela, aucune autre politique n'était cependant possible, notamment parce que les généraux et l'extrême-droite blanche pouvaient faire dérailler tout le processus de pacification, notamment le scrutin de 1994. Sa politique n'a jamais été remise en cause par l'ANC. Cette réconciliation est considérée comme un succès par la communauté internationale qui a permis d'éviter une guerre civile entre blancs et noirs.
Reconstruction économique
Maisons construites par le programme de reconstruction et de développement (RDP) à Soweto. Nelson Mandela se consacre d'abord à la réconciliation et à la création de la nouvelle identité nationale sud-africaine, laissant l'économie à un ministre et un gouverneur de la banque centrale blancs, avant de la donner à Thabo Mbeki. Le gouvernement d'union nationale entame, dès 1994, le programme de reconstruction et de développement (RDP) pour combattre les conséquences socio-économiques de l'apartheid, comme la pauvreté et le grand manque de services sociaux, des problèmes qui requièrent, selon le gouvernement, un environnement macroéconomique plus fort. L'amplitude du programme est comparée à celle du New deal mis en place par le gouvernement américain lors de la Grande Dépression et il est soutenu par tous les partis politiques.
Entre 1994 et début 2001, selon le gouvernement sud-africain, plus de 1,1 million de maisons à bas coût pouvant bénéficier de l'aide gouvernementale ont été construites, accueillant 5 millions de Sud-Africains sur les 12,5 millions mal-logés. Entre 1994 en 2000, 4,9 millions de personnes, pour la plupart habitant les anciens homelands, bénéficient d'un accès à l'eau potable et 1,75 million de foyers sont raccordés au réseau électrique, la proportion de foyers ruraux avec l'électricité passant de 12 à 42 %. En 1999, 39000 familles ayant bénéficié de la réforme agraire se partagent 3550km|2. Selon le gouvernement, en quatre ans, 250000 personnes ont reçu des terres. D'avril 1994 à fin 1998, 500 nouvelles cliniques donnent un accès aux soins à 5 millions de personnes et un programme de vaccination contre la poliomyélite-hépatite débutant en 1998 immunise 8 millions d'enfants en deux ans. Un programme de l'emploi par les travaux publics pour la construction de routes, égouts ou réservoirs donne du travail à 240000 personnes sur 5 ans. Le RDP est cependant critiqué pour la faible qualité des maisons construites dont 30 % ne respectent pas les normes, un approvisionnement en eau dépendant beaucoup des rivières et des barrages et dont la gratuité pour les ruraux pauvres est couteuse. À peine 1 % des terres envisagées par la réforme agraire a été effectivement distribué.
L'aile gauche marxiste de l'ANC dès 1994 remet en cause les choix économiques pris par le gouvernement Mandela pour rassurer les intérêts économiques nationaux et étrangers. Tout changement économique et social radical avait ainsi été écarté conformément aux négociations constitutionnelles. Les partisans des nationalisations et des redistributions des richesses étaient déçus. Il lui est aussi reproché de ne pas avoir investi massivement dans un programme de travaux publics pour transformer l'économie durant sa présidence, de peur de paraître communiste, et d'avoir opté à la place pour un plan de construction de logements financé par des banques privées sud-africaines. Celles-ci n'ayant pas d'idéal social n'ont pas accordé de financements à des emprunteurs noirs et pauvres.
Politique intérieure et internationale En 1995, la constitution transitoire de 1993, élaborée pendant les négociations pour mettre fin à la domination politique blanche, est remplacée par une nouvelle constitution, adoptée au parlement par la quasi unanimité des députés de l'ANC et du parti national. Peu de temps après, le 30 juin 1996, les ministres du parti national quittent le gouvernement d'union nationale pour entrer dans l'opposition. Des lois établissent la discrimination positive destinée à favoriser l'intégration économique des noirs. En 1997, Mandela quitte la présidence de l'ANC, qui échoit à Thabo Mbeki. La peine de mort est abolie la même année.
Nelson Mandela accepte d'être le médiateur de plusieurs négociations de paix, notamment dans l'Afrique des grands lacs. Dans la première opération militaire post-apartheid, Mandela ordonne aux troupes sud-africaines d'intervenir au Lesotho en septembre 1998 pour protéger le gouvernement du premier ministre Pakalitha Mosisili.
Le président Mandela intervient également pour régler le procès des deux Libyens accusés par les États-Unis et le Royaume-Uni de l'attentat de Lockerbie qui avait fait 270 victimes en 1991. Dès 1992, Mandela propose de manière informelle au président George H.W. Bush de juger les Libyens dans un pays tiers. Bush accepte la proposition, ainsi que le président français François Mitterrand et le roi Juan Carlos Ier d'Espagne En novembre 1994, six mois après son élection, Mandela propose que l'Afrique du Sud soit le pays qui héberge le procès, mais le premier ministre britannique John Major rejette l'idée, disant que son gouvernement n'a pas confiance en une cour de justice étrangère. Mandela renouvelle son offre trois ans plus tard à Tony Blair en 1997. La même année, à la conférence des responsables des chefs de gouvernement du Commonwealth à Edinburgh, Mandela avertit qu' Un compromis est trouvé pour un procès aux Pays-Bas et le président Mandela commence les négociations avec le colonel Kadafi pour la remise des deux accusés Megrahi et Fhimah en avril 1999. Le 31 janvier 2001, Fhimah est acquitté mais Megrahi est jugé coupable et condamné à 27 ans de prison. Nelson Mandela va le visiter en juin 2002 et dénonce ses conditions d'emprisonnement en isolement total. Megrahi est ensuite transféré dans une autre prison et n'est plus soumis à une incarcération en isolement.
Lutte contre le Sida
Taux de personnes contaminées par le Virus de l'immunodéficience humaine en Afrique chez les adultes de 15 à 49 ans, 1999. Nelson Mandela est critiqué pour l'absence d'efficacité de la politique de son gouvernement dans la lutte contre le SIDA par le juge Edwin Cameron . Mandela admet après son mandat qu'il peut avoir manqué à son devoir envers son pays en n'apportant pas plus d'attention à l'épidémie du SIDA. Pendant son mandat, le pourcentage de femmes enceintes séropositives triple, passant de 7.6 à 22.8 %, et le nombre de morts estimé par an dépasse la barre des 100000 en 1999. Mandela fera la préface du livre d'Edwin Cameron Témoins du SIDA en 2005. Le système de santé est impuissant à combattre l'épidémie de sida qui fait baisser l'espérance de vie moyenne des Sud-Africains de 64,1 à 53,2 ans de 1995 à 1998.
Autres événements de la présidence Nelson Mandela est affectueusement surnommé Madiba par les Sud-Africains, son nom du clan Xhosa. Après avoir été élu président, une des caractéristiques de Mandela est l'utilisation de chemises en Batik, connues sous le nom de « chemise Madiba », même lors d'événements officiels, ce qui influence la mode du pays.
Nelson Mandela publie son autobiographie Un long chemin vers la liberté en 1995 et où il raconte son enfance, son engagement politique, ses longues années de prison et son accession au pouvoir.
Après la présidence Comme il s'y était engagé lors de son élection, Nelson Mandela, qui était le plus vieux président élu à l'âge de 77 ans, n'est pas candidat à un second mandat en 1999. Il se met en retrait de la vie politique, laissant la présidence de la République à Thabo Mbeki après la victoire de l'ANC (66,35 % des suffrages) aux élections générales (en progression de 4% par rapport au score de l'ANC en 1994 tandis que le parti démocratique supplante le Nouveau Parti national). Sa retraite n'est cependant pas inactive, il participe à de nombreuses œuvres caritatives et a toujours une forte influence nationale et internationale, prenant position sur de nombreux sujets.
Santé et retrait progressif En juillet 2001, Nelson Mandela est soigné par radiothérapie pendant 7 semaines pour un cancer de la prostate. À l'age de 85 ans, en juin 2004, Mandela annonce qu'il se retire de la vie publique. Sa santé décline et il veut passer plus de temps avec sa famille. Il dit qu'il ne veut pas se cacher du public, mais qu'il veut être dans la posture « de vous appeler pour demander si je suis le bienvenu, plutôt que d'être appelé pour intervenir ou participer à des événements. Ma demande est donc : ne m'appelez pas, je vous appellerai ». À mesure que les années passent, Nelson Mandela prend de moins en moins position sur les problèmes internationaux et nationaux.
Le 90 anniversaire de Nelson Mandela, le 18 juillet 2008, est célébré dans tout le pays avec un concert hommage à Hyde Park dans le cadre de la série de concerts 46664, dont le nom vient du numéro de prisonnier de Mandela. Dans son discours d'anniversaire, Mandela demande aux personnes riches d'aider les pauvres du monde entier.
Organisations caritatives et lutte contre le SIDA
Message de Nelson Mandela au Live 8 en juillet 2005. Pour continuer de lutter pour les valeurs qui lui tiennent à cœur, il crée un fond d'aide à l'enfance en 1994 et la Fondation Nelson-Mandela en 1999 pour favoriser l'éducation, le devoir de mémoire, et l'une de ses priorités, la lutte contre le SIDA. La fondation est financée en partie par une série de concerts internationaux, les concerts 46664.
Nelson Mandela entre en conflit ouvert avec son successeur Thabo Mbeki à propos du SIDA, lui reprochant, en 2002, de « continuer à débattre alors que des gens meurent », quand Mbeki remet en encore en question le lien entre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le SIDA. Il participe à plusieurs conférences internationales contre le SIDA et se prononce plusieurs fois contre la maladie, notamment lors de la mort de son fils le 6 janvier 2005, victime du SIDA. Selon l'Indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement, l'Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement mondial entre 1990 et 2005, principalement à cause de l'épidémie de SIDA.
Mandela devient le porte-parole de nombreuses organisations d'aide sociale ou de défense des droits de l'homme. Il soutient le mouvement international Make Poverty History duquel fait partie la campagne ONE. Le tournoi de golf de charité Nelson Mandela, soutenu par Gary Player, a rapporté plus de 20 millions de rands pour l'aide à l'enfance depuis sa création en 2000. Mandela soutient également SOS Villages d'Enfants, la plus grande organisation mondiale dédiée à l'éducation des enfants orphelins ou abandonnés.
Conseil des Global Elders Le 18 juillet 2007, à l'initiative du milliardaire Richard Branson et du musicien Peter Gabriel, Nelson Mandela, Graça Machel et Desmond Tutu organisent à Johannesburg une assemblée de dirigeants influents du monde entier qui veulent contribuer, à l'aide de leur expérience et de leur sagesse, à résoudre les problèmes les plus importants de la planète. Nelson Mandela annonce la formation de ce conseil des Global Elders (les anciens, ou sages, universels) dans un discours lors de son 89 anniversaire. Desmond Tutu est président du conseil et ses membres fondateurs incluent également Kofi Annan, Ela Bhatt, Gro Harlem Brundtland, Jimmy Carter, Li Zhaoxing, Mary Robinson et Muhammad Yunus.
Mandela explique que « ce groupe peut parler librement et avec audace, travaillant aussi bien de manière publique que de manière officieuse sur toutes sortes de mesures qui doivent être prises. Nous travaillerons ensemble pour soutenir le courage là où il y a la peur, pour encourager la négociation là où il y a le conflit, et donner l'espoir là où règne le désespoir ».
Politique intérieure Nelson Mandela soutient toujours l'ANC après sa présidence. En 2008, il refuse de se prononcer sur les divisions du parti et annonce qu'il ne soutiendra aucun candidat lors des élections générales de 2009, déclarant qu'il « ne souhaitait pas être mêlé aux combines et aux divisions qui pointent au sein de l'ANC ». Dans un premier temps, il ne fait donc pas de campagne publique pour Jacob Zuma, le président de l'ANC candidat à la présidence du pays, qui fut poursuivi en justice pour plusieurs affaires et qui fait face à une opposition revigorée menée par Helen Zille et au congrès du Peuple, une dissidence d'une faction de l'ANC regroupant d'anciens partisans de Thabo Mbeki. Cependant, dans un second temps, Mandela participe finalement à deux reprises à des rassemblements en faveur de Zuma. Le premier de ces rassemblements a lieu en février 2009 dans le Cap-Oriental. Par la voix de son petit-fils, Nelson Mandela y confirme son appartenance et son soutien à l'ANC et concrètement son engagement en faveur de Jacob Zuma, ce que refusera de faire Thabo Mbeki. Le second rassemblement en faveur de Zuma auquel Mandela participe, au côté en l'occurence de son ex-femme Winnie Madikizela-Mandela, a lieu le 19 avril 2009, à trois jours des élections générales. Il s'agit alors du dernier grand meeting public de l'ANC réunissant quelque 120 000 personnes dans un stade de Johannesburg. Dans le discours diffusé qu'il a fait enregistrer, Mandela rappelle au parti ses objectifs principaux qui sont la lutte contre la pauvreté et « la construction d'une société unie et non raciale ».
Politique internationale
Médiateur pour la paix au Burundi Nelson Mandela devient médiateur au Burundi en février 2000, où il remplace le président tanzanien Julius Nyerere mort peu avant et qui avait commencé les négociation en 1998. La guerre civile et le génocide au Burundi avaient fait des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés. Les accords de paix sont signés en août 2000, mais Mandela refuse ensuite d'être médiateur au Kosovo et en République démocratique du Congo mettant en avant son âge élevé face au poids de négociations extrêmement fatigantes.
Opposition à la guerre en Irak et à George W. Bush
Soldat américain à côté d'un puits de pétrole en feu dans le sud de l'Irak, avril 2003. En novembre 2001, Nelson Mandela avait présenté ses condoléances suite aux attentats du 11 septembre et soutenu les opérations en Afghanistan. En juillet 2002, le président Bush l'avait décoré de la Médaille présidentielle de la liberté, l'appelant Mais en 2002 et 2003, il critique la politique étrangère du président américain George W. Bush dans plusieurs discours. En janvier 2003, lors d'un discours au International Women's Forum, Mandela s'oppose fermement à l'attaque des États-Unis et de ses alliés contre l'Irak, déclenchant la guerre du même nom sans l'aval des Nations unies. Il accuse le président George W. Bush de vouloir , l'accusant d'arrogance et de manque de vision et d'intelligence. Il pense que cette action va diminuer l'influence des Nations unies, soulignant que lui-même aurait soutenu une action contre l'Irak si cela avait été demandé par les Nations unies, et encourage le peuple américain à manifester contre la guerre et les pays dotés d'un droit de véto au conseil de sécurité à l'utiliser. Nelson Mandela accuse Bush d'aller en Irak seulement pour le pétrole, et insinue que les attitudes de Georges W. Bush et de Tony Blair, alors premier ministre britannique, négligent les recommandations du secrétaire général Kofi Annan et sont motivées par le racisme, et attaque les États-Unis sur leur passé des violations des droits de l'homme et pour les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki lors de la Seconde Guerre mondiale.
Il accuse aussi Bush « d'être un président qui ne peut pas réfléchir de manière cohérente et qui va plonger le monde dans l'holocauste ». En 2007, comparant la situation en Irak et celle en Afrique du Sud, le président Bush imputa le chaos de la situation irakienne à Saddam Hussein ironisant du fait que celui-ci avait empêché l'émergence d'un leader unificateur comme Mandela. Cependant, en déclarant que « Nelson Mandela est mort parce que Saddam Hussein a tué tous les Mandelas », déplorant ainsi l'absence d'un Mandela irakien, des auditeurs crurent que Nelson Mandela lui-même était effectivement mort ce qui fut démenti par la fondation Nelson Mandela.
Zimbabwe et Robert Mugabe En 2000, Nelson Mandela critique le président du Zimbabwe, Robert Mugabe. Mugabe préside depuis 20 ans aux destinées de l'ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud. Il a été très critiqué internationalement pour sa politique répressive, son népotisme et son administration incompétente responsable de l'effondrement économique du pays.
Mandela lui reproche de s'accrocher au pouvoir après 20 ans de mandat et de favoriser le recours à la violence contre les fermiers blancs, propriétaires de la plus grande partie des terres commerciales du pays. En 2007, Mandela essaie de persuader Mugabe de quitter le pouvoir « plus tôt que plus tard », « avec un minimum de dignité », avant d'être « poursuivi comme l'ancien dictateur Augusto Pinochet ». Il engage les Global Elders avec Kofi Annan comme médiateur mais Mugabe ne fait aucune réponse à ces approches. En juin 2008, au plus fort de la crise des élections présidentielles zimbabwéennes, Nelson Mandela condamne « le tragique manque de leadership » au Zimbabwe.
Conflit israélo-palestinienEn 1999, lors d'une visite en Israël et dans la bande de Gaza, Nelson Mandela demande qu'Israël se retire des territoires occupés mais aussi que les pays arabes reconnaissent le droit à Israël d'exister au sein de frontières sûres. Mandela souligne que « cette visite a été faite pour guérir les veilles blessures causées par les liens entre l'état juif et l'ancien régime de l'apartheid en Afrique du Sud ». Alors qu'il était président en 1997, à l'occasion de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, Nelson mandela avait envoyé un message de soutien officiel à Yasser Arafat et aux palestiniens pour leur autodétermination et l'établissement d'un état indépendant dans le cadre du processus de paix.
En 1990, face aux inquiétudes de la communauté juive américaine, Nelson Mandela avait déjà défendu ses liens avec Yasser Arafat et l'OLP qui avaient historiquement toujours soutenus la cause de l'ANC. Il précise alors son organisation s'identifie à l'OLP parce qu'elle combat comme eux pour l'autodétermination mais que l'ANC n'avait jamais remis en question le droit à l'état d'Israël d'exister, mais en dehors des territoires occupés. Auparavant, Nelson Mandela avait comparé la lutte des palestiniens à celle des noirs sud-africains . Le conseil des Global Elders dont fait parti Mandela condamne comme « complètement inexcusable » l'abordage de la flottille pour Gaza par l'armée israélienne qui a fait plusieurs morts civils le 31 mai 2010 et demande la fin du blocus de Gaza, rappelant que la moitié de ses 1,5 millions d'habitants ont moins de 18 ans et que le blocus est « internationalement illégal et contre productif car favorisant les extrémistes ».
Commercialisation de son image et litige juridique Nelson Mandela fait aussi l'objet d'une commercialisation de son image qui va de la vente de tee-shirts à son effigie, de 500 livres publiés à son sujet, mais aussi d'objets liés à ses fondations contre la pauvreté et le SIDA, que certains Sud-Africains considèrent comme un excès de consumérisme ou une iconisation à la Che Guevara. Mandela a demandé que son visage soit enlevé de tous les produits mis en vente par sa fondation.
En mai 2005, Nelson Mandela demande à Ismail Ayob, son avoué et ami depuis 30 ans, d'arrêter de vendre des lithographies réalisées et signées Mandela et de comptabiliser le produit des ventes. Le conflit mène à des poursuites judiciaires de la part de Mandela. Ayob clame son innocence mais le conflit refait la une en 2007 quand Ayob promet en justice de rembourser 700000 rands au fond d'investissement de Mandela, qu'il avait transféré sans autorisation à un fond pour les enfants et petits enfants de Mandela, et lui fait des excuses publiques.
Autres événements Dans une lettre à Edward Zwick, le réalisateur du film Blood Diamond, Nelson Mandela exprime sa crainte que le public fasse l'amalgame entre les diamants de conflits dénoncés par le film, exploités en temps de guerre et au détriment des populations, et les diamants légalement extraits des mines d'Afrique du Sud, et que cela pénalise les exploitations minières du pays. Le magazine américain The New Republic pense au contraire que cette lettre favorise les producteurs de diamants de conflits, et que la démarche de Mandela est motivée par l'intérêt national et son amitié avec l'ancien directeur de De Beers.
Jusqu'au 1er/juillet/2008, Nelson Mandela ainsi que plusieurs autres responsables politiques de l'ANC ne pouvaient entrer aux États-Unis sans visas spéciaux, puisque l'ANC faisait partie de la liste des organisations considérées comme terroristes par le gouvernement américain. Cette situation remontait aux décennies de violence qu'a connu le pays lors de la lutte de cette organisation – alors considérée communiste – contre le régime de l'Apartheid dans le contexte de la guerre froide, et ce même si les États-Unis avaient de bonnes relations avec l'ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis 15 ans, et Nelson Mandela, lauréat du prix Nobel de la paix.
La pensée de Nelson Mandela
Inspirations : de la résistance non-violente à la lutte armée
Les méthodes non-violentes de Gandhi avaient inspiré Nelson Mandela (face à face d'un policier et de Gandhi alors qu'il mène la grève des mineurs indiens en Afrique du Sud, 1913). Mandela, qui a adhéré dès sa première année d'université à la doctrine de non-violence de Gandhi, continue à lui rendre hommage des années plus tard en se rendant en 1990 à New Delhi, puis en janvier 2007 pour le centième anniversaire de l'introduction de la satyagraha en Afrique du Sud.
Nelson Mandela, dans un essai sur Gandhi, explique l'influence de la pensée gandhienne et son influence sur sa politique en Afrique du sud :
Il cherche un ordre économique, une alternative au capitalisme et au communisme, et trouve cela dans la sarvodaya basée sur la non-violence (ahimsa). Il rejette la survie du plus apte de Darwin, le laissez-faire d'Adam Smith et la thèse de Karl Marx sur l'antagonisme naturel entre le capital et le travail, et se concentre sur l'interdépendance entre les deux. Il croit en la capacité humaine de changer et utilise la satyagraha contre l'oppresseur, non pour le détruire, mais pour le transformer, afin qu'il cesse son oppression et rejoigne l'opprimé dans la recherche de la vérité.
Nous, en Afrique du Sud, avons établi notre nouvelle démocratie de manière relativement pacifique sur la base de ces pensées, que nous ayons été influencés ou non directement par Gandhi.
Pour l'écrivain sud-africain André Brink, qui a rencontré plusieurs fois Mandela, la non-violence de celui-ci est plus un principe qu'une idéologie. Mandela affirme dans son autobiographie que la non-violence est une stratégie, une décision pragmatique après la revue des différentes options.
L'absence de résultats de la lutte non-violente et le massacre de Sharpeville font passer Mandela à la lutte armée, après qu'il eut essayé de suivre la stratégie gandhienne aussi longtemps qu'il le pouvait. Il exécute d'abord une campagne de sabotage puis, si celle-ci ne suffisait pas, il planifie une guerilla comme dernier recours. Le succès de la révolution cubaine et les ouvrages de Che Guevara qu'il a lu l'inspirent, et il admire le personnage. En 1991 lors d'une visite à la Havane, Mandela dit que « les exploits de Che Guevara dans notre continent étaient d'une telle ampleur qu'aucune prison ou censure ne pouvait nous les cacher. La vie du Che est une inspiration pour tous les êtres humains qui aiment la liberté. Nous honorerons toujours sa mémoire. »
Le pouvoir du dialogue et de la réconciliation
« Être libres, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ». Cependant, alors que la violence entre le régime de l'apartheid et l'ANC fait de nombreuses victimes, Nelson Mandela, alors en prison, arrive à une autre conclusion que l'extension de la lutte armée pour faire sortir le pays de l'ornière, est le dialogue et la négociation : « Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé ».
Pour lui, la liberté nouvelle ne doit pas se faire aux dépens de l'ancien oppresseur, autrement cette liberté ne servirait à rien : « Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. »
« La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libre, le droit de ne pas être opprimé <…>. Car être libres, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».
C'est cette garantie donnée aux blancs qu'ils ne deviendront pas à leur tour opprimés une fois que la majorité noire aura pris le pouvoir qui permet aux négociations d'aboutir.
Le dialogue n'implique pas seulement de négocier avec son ennemi mais aussi de ne pas couper le contact avec d'anciens amis souvent condamnés par la communauté internationale. En 1998, Nelson Mandela rappelle au président Bill Clinton qu’à l'époque où les Etats-Unis soutenaient l’apartheid, d’autres pays aidaient la lutte contre la ségrégation raciale. Mandela lui explique que « l’un des premiers chefs d’État que j’aie invités dans ce pays a été Fidel Castro… et j’ai aussi invité le frère Mouammar Kadhafi. Je fais cela à cause de notre autorité morale, qui nous dit que nous ne devons pas abandonner ceux qui nous ont aidé aux moments les plus sombres de notre histoire ».
Ubuntu, « nous sommes les autres »
Nelson Mandela explique la notion d’ubuntu (vidéo en anglais). Nelson Mandela adhère à l'éthique et la philosophie humaniste africaine d'Ubuntu, avec laquelle il a été élevé. Ce mot des langues bantoues non-traduisibles directement, exprime la conscience du rapport entre l'individu et la communauté et est souvent résumé par Mandela avec le proverbe zoulou « qu'un individu est un individu à cause des autres individus » ou comme défini par Desmond Tutu, « mon humanité est inextricablement liée à ce qu'est la votre ». Cette notion de fraternité implique compassion et ouverture d'esprit et s'oppose au narcissisme et à l'individualisme. Mandela explique lui même cet idéal dans une vidéo pour le système d'exploitation libre du même nom : (titres:Respect. Serviabilité. Partage. Communauté. Générosité. Confiance. Désintéressement. Un mot peut avoir tant de significations) C'est tout cela l'esprit d'Ubuntu. Ubuntu ne signifie pas que les gens ne doivent pas s'occuper d'eux-mêmes. La question est donc, est-ce que tu vas faire cela de façon à développer la communauté autour de toi et permettre de l'améliorer ? Ce sont les choses importantes dans la vie. Et si on peut faire cela, tu as fait quelque chose de très important qui sera apprécié.
Ubuntu a marqué la constitution de 1993 et la loi fondamentale de 1995 sur la promotion de l’unité nationale et de la réconciliation. Quand il a créé la ligue de jeunesse de l'ANC en 1944, le manifeste du mouvement souligne « qu'à l'inverse de l'homme blanc, l'africain voit l'univers comme un tout organique qui progresse vers l'harmonie, où les parties individuelles existent seulement comme des aspects de l'unité universelle ».
Ubuntu est considéré par Nelson Mandela comme la philosophie d'aider les autres mais aussi de voir le meilleur en eux, principe qu'il appliquera tout au long de sa vie : « les gens sont des êtres humains, produits par la société dans laquelle ils vivent. Vous encouragez les gens en voyant ce qui est bon en eux ». C'est également pour lui une notion historique, l'invasion des colons blancs qui dépossèdent le peuple Xhosa de ses terres et de sa société démocratique coïncidant avec la perte de l'ubuntu ancestral.
Lutte contre la ségrégation raciale, l'oppression et la pauvreté Toujours opposé à la domination d'une ethnie sur une autre comme il l'avait dit à Rivonia, Nelson Mandela condamne en 2001 certaines personnalités noires qui font des remarques racistes sur la minorités des indiens, et s'inquiète de la « polarisation raciale » de la politique qui provoque la peur des minorités. Appelant l'ANC à régler la situation, il blâme au passage l'organisation, soulignant que « certains commentaires de certains dirigeants de l'ANC n'avaient pas amélioré la situation ». Il condamne également les émeutes contre les immigrés qui ont lieu dans tout le pays en 2008 : « Rappelez-vous l'horreur de laquelle nous venons ; n'oubliez jamais la grandeur d'une nation qui a réussi à vaincre ses divisions et à arriver où elle est ; et ne vous laissez jamais à nouveau entraîner dans cette division destructrice, quels qu'en soient les enjeux ».
Pour Nelson Mandela l'oppression découle du racisme : « Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit ».
Il n'hésite pas à comparer l'injustice de la pauvreté et des inégalités à l'apartheid : « La pauvreté massive et les inégalités obscènes sont des fléaux de notre époque qui ont leur place à côté de l'esclavage et de l'apartheid ». Lors d'un discours pour la réception du prix Ambassadeur de la conscience remis par Amnesty International, Nelson Mandela déclare que « vaincre la pauvreté n'est pas un geste de charité. C'est un acte de justice ».
Héritage
Hommages
Statue de Mandela à Parliament Square, Londres Outre le prix Nobel de la paix qui lui a été décerné conjointement avec Frederik Willem de Klerk en 1993, Nelson Mandela a reçu plus de 250 prix et récompenses nationales et internationales sur plus de 40 ans.
En 1980, il reçoit le prix Nehru pour la Paix et neuf ans plus tard, il est le premier à recevoir le Prix Kadhafi des droits de l'homme.
En 1990 il est le deuxième étranger à recevoir le Bhârat Ratna, la plus haute distinction indienne.
En 1991, c'est pour la fin du régime de l'apartheid qu'il reçoit, avec le président Frederik de Klerk, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix.
En 1992, il refuse le prix Atatürk de la paix décerné par la Turquie à cause des violations des droits de l'homme qui ont été commises à cette époque, puis accepte finalement le prix en 1999.
En 1996, il est distingué au Portugal du grand-collier de l'Ordre de l'Infant Dom Henrique.
En 2001, il est la première personne vivante à être fait citoyen honoraire du Canada.
En 2002, il reçoit la Médaille présidentielle de la liberté de George W. Bushet est fait, la même année, membre de l'Ordre du Mérite par la reine Elizabeth II d'Angleterre.
En 2004, il reçoit le Prix Conscience Planétaire décerné par le Club de Budapest.
En 2006, il reçoit le prix ambassadeur de la conscience d'Amnesty International.
À un moment Nelson Mandela reçoit tellement de récompenses et hommages qu'il décide de ne plus en accepter, considérant que d'autres doivent être maintenant honorés.
Le 10 novembre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies déclare le 18 juillet « journée internationale Nelson Mandela ».
Partisans et influence
Nelson Mandela bénéficie d'une popularité immense en Afrique du Sud et dans le monde entier. En Afrique du Sud, Nelson Mandela bénéficie d'une popularité immense, depuis le président Thabo Mbeki jusqu'au grand public : en septembre 2004, il est plébiscité en tant que première personnalité sud-africaine. Il est une « icône mondiale de la réconciliation » et un « colosse moral », selon Desmond Tutu, également prix Nobel de la paix. L'écrivaine Nadine Gordimer le compare à Gandhi comme « l'un des deux plus indiscutables magnifiques personnages du dernier millénaire... uniques dans leur incroyable combat moral et humaniste ». Le magazine Newsweek, pour illustrer son importance pour les Sud-Africains, écrit qu' . Nelson Mandela est affectueusement appelé par les Sud-Africains « Madiba », son nom de clan, qui est également le nom qu'il préfère que l'on utilise.
Pour le professeur de sciences Dominique Darbon spécialisé sur l'Afrique, Nelson Mandela, « C'est le père de la nation qui fixe les nouveaux standards, pose les balises de la nouvelle nationalité, tranche les conflits ouverts polarisés sur les symboles identitaires ». Ce poids politique et idéologique de Mandela dans la création de l'état peut cependant être un problème pour la jeune nation comme le souligne Robert Schrire, directeur du départment de science politique de l'Université de Cape Town: « L'Afrique du Sud a eu la chance d'avoir Nelson mandela comme premier dirigeant démocratique. Mais aucune société ne peut baser son avenir sur la supposition de la sagesse et de l'altruisme d'un dirigeant. ». Pour le journaliste et professeur spécialiste de l'Afrique Stephen Smith, pendant sa longue retraite, « Mandela restera un recours possible, le père de la nation arc-en-ciel. ».
Dans la communauté internationale, Nelson Mandela est présenté comme une « incarnation de la non-violence à l'échelon planétaire », « un des anciens hommes d'État les plus respecté au monde », et est « considéré comme le père de l'Afrique du Sud moderne ». À l'occasion de ses 91 ans, le président américain Barack Obama déclare à propos de Mandela que et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qu'il est « un citoyen du monde exemplaire » et « l'incarnation vivante des plus hautes valeurs des Nations unies. Son engagement envers une Afrique du Sud démocratique, multiraciale ; sa poursuite tenace de la justice ; sa volonté de se réconcilier avec ceux qui l'ont le plus persécuté – ce sont certaines des caractéristiques d'un homme remarquable ». Pour le président français Nicolas Sarkozy, « Nelson Mandela représente un espoir pour l'humanité. C'est un homme qui est responsable de la réussite exceptionnelle de l'Afrique du Sud, de cette coexistence multi-ethnique. C'est un symbole pour beaucoup d'entre nous. » Pour Abdou Diouf, le président de Organisation internationale de la francophonie Nelson Mandela est « le plus grand homme encore vivant sur terre ».
Polémiques sur l'héritage
Statue de Nelson Mandela dans le quartier de Sandton à Johannesburg inaugurée en 2004. Selon le politologue sud-africain William Gumede, dans les townships qui n'ont pas vu leur situation économique s'améliorer depuis la fin de l'apartheid, . Le fait qu'il continue à s'entourer de Blancs est aussi mal vécu par certains Noirs. En 2005, la redistribution des terres est au point mort et 60000 blancs possèdent toujours 80% des surfaces cultivables. En 2010, même si l'extrême pauvreté a reculé (22% de la population contre 31% en 1995) les inégalités se sont accrues, l'Afrique du Sud devenant un des pays les plus inégalitaires au monde, et se sont surtout les blancs qui se sont enrichis, leur revenus progressant plus de deux fois plus que celui des noirs.
En 2008, après l'assassinat de son neveu à son domicile de Pretoria, l'écrivain sud-africain André Brink déplore également que Mandela n'ait effectué qu'un seul mandat, et, pessimiste pour l'avenir du pays, dénonce l'incompétence des forces de police, mais aussi des dirigeants du pays et la des principaux chefs de l'ANC. En 2009, l'écrivain ancien militant anti-apartheid et compagnon de Mandela Breyten Breytenbach évoque sa déception vis à vis de l'ANC qui a vu depuis son arrivée au pouvoir l'augmentation de la corruption et des inégalités, et de l'identification de celle-ci par les Sud-Africains à Nelson Mandela, même après sa retraite politique.
La politique de discrimination positive initiée sous la présidence de Nelson Mandela et visant à promouvoir une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs économiques du pays a permis la création d'une classe moyenne noire d'un ou deux millions d'individus sur une population de 40 millions. Elle est cependant remise en cause car elle ne favorise que ceux qui sont diplômés, vivant dans des centres urbains et a contraint, avec la criminalité, 16,1 % des Sud-Africains blancs, souvent les plus diplômés et qui en ont les moyens, à quitter le pays entre 1994 et 2006, ceux-ci se sentant à leur tour discriminés. Enfin, une loi sur « l'embauche équitable » votée en 1999 a incité par des primes au départ des milliers de fonctionnaires blancs qualifiés, et a couté plus de 100 millions d'euros à l'Etat. En août 2008, des membres de la nouvelle direction de l'ANC, mise en place par Jacob Zuma, reconnaissent, auprès des entrepreneurs et des représentants de la minorité blanche, les errements pratiqués dans le domaine de la discrimination positive et font la promesse d'infléchir cette politique. Quelques centaines de milliers de blancs, souvent les moins qualifiés et autrefois protégés par les lois du système racial, sombrent dans la misère et la nostalgie de l'ordre ancien. Le taux de chômage des noirs est néanmoins toujours cinq fois plus élevé que celui des blancs qui sont toujours privilégiés. Le politologue Achille Mbembe de l'Université Witwatersrand de Johannesburg nuance en évoquant que l'accès des blancs à la pauvreté est le signe que la société sud-africaine devient de plus en plus démocratique et égalitaire.
En 1995-1996, le nombre d'homicides atteint le chiffre record de 27000 meurtres sur une année. Johan Burger, ancien policier devenu chercheur au South Africa's Institute for Security Studies, déclare que le taux d'homicide toujours très élevé avec 37,3 meurtres pour 100 000 habitants, a baissé de 44% entre 1995 et 2010, et que la plupart des meurtres ont lieu dans les townships pauvres. Mais pour lui . Il regrette l'absence de compromis entre la discrimination positive, à son sens nécessaire, et une sauvegarde des compétences. Cependant, si les crimes reculent avec 16 834 meurtres sur la période 2009-2010, ce n'est pas le cas des cambriolages, alors que les chiffres concernant les aggressions sexuelles et les viols, dont l'Afrique du Sud détient le record mondial, sont difficilement connus.
L'épidémie de sida qui a fait baisser l'espérance de vie moyenne des Sud-Africains de 64,1 à 53,2 ans de 1995 à 1998 pendant la présidence de Mandela a été ensuite très gravement négligée par le président Thabo Mbeki jusqu'en 2008 et en 2010 l'Afrique du Sud est le pays le plus contaminé du monde avec 5,7 millions de séropositifs et 350000 morts ces dernières années. Les noirs ont aussi été défavorisés à cause d'un système de santé inégal hérité de l'apartheid.
En 2010, Winnie Madikizela-Mandela, dans une interview, reproche à son ancien mari d'avoir accepté de partager le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk et l'accuse d'avoir donné son accord à un mauvais arrangement et ainsi . Elle fustige la politique menée lors de sa présidence et l'accuse d'être devenu pendant la période post-présidence « une fondation privée » et « une figure de proue pour sauver les apparences », prenant comme symbole l'érection d'une grande statue de Nelson Mandela au beau milieu du quartier blanc de Sandton, le plus riche de Johannesburg et non à Soweto, lieu symbolique de la lutte contre l'apartheid. Elle critique également la Commission de la vérité et de la réconciliation qu'il avait autorisé et qui avait estimé en 1997 qu'elle avait « commis des violations grossières des droits de l'homme ». Winnie Madikizela-Mandela niera plus tard avoir accordé une interview.
Lorsque Nelson Mandela est élu président de l'Afrique du sud, il fait la promesse de construire une société dans laquelle les gens de différentes races pourraient vivre ensemble en paix et dans l'union. Quinze après, seulement 50% des Sud-Africains estimaient que les relations entre les différents groupes raciaux dans le pays étaient meilleures que durant l'apartheid.
Pour l'hebdomadaire panafricain Les Afriques, la situation de 2010 est loin de l'héritage de Nelson Mandela : alors qu'il ne voulait pas qu'une race domine l'autre, les noirs dominent les blancs politiquement et les blancs dominent les noirs économiquement. Son programme de justice sociale a été abandonné. L'ANC est en proie aux querelles intestines et au populisme jouant sur les rivalités raciales, représenté par la nouvelle génération du parti incarnée par Julius Malema qui oublie les notions de dépassement de soi et de pardon.
En mai 2010 Desmond Tutu déclare que c'est presque un soulagement que Mandela ne soit pas complètement conscient du niveau de corruption et des « discours de caniveau » qui règnent au sein de l'ANC sans quoi il serait très blessé. Il pense qu'ils étaient naïfs de croire que l'altruisme des années de lutte allait se transférer à la jeune démocratie.
Famille Mandela a été marié trois fois, est père de six enfants, a vingt petits-enfants et un nombre croissant d'arrière-petits-enfants.
Premier mariage Mandela se marie, en 1944, avec Evelyn Ntoko Mase, qui est originaire de la même région que lui, mais qu'il rencontre à Johannesburg. Le couple divorce en 1957 après 13 ans de mariage à cause des nombreuses absences de Mandela, sa dévotion à la cause révolutionnaire et le fait qu'elle fasse partie des témoins de Jéhovah, une religion qui prône la neutralité politique. Le couple a deux fils, Madiba Thembekile (Thembi) (1946-1969) et Makgatho (1950-2005), et deux filles, toutes les deux nommées Makaziwe (Maki, nées en 1947 et 1953). Leur première fille meurt à l'âge de 9 mois, et il baptisent leur deuxième fille du même nom en son honneur. Thembi est tué dans un accident de voiture en 1969 à l'âge de 25 ans et Mandela, alors prisonnier, n'est pas autorisé à assister aux funérailles. Evelyn Mase décède en 2004 et Makgatho meurt du SIDA en 2005.
Deuxième mariage Winnie Madikizela-Mandela est aussi originaire du Transkei et ils se rencontrent aussi à Johannesburg, où elle est le premier travailleur social noir. Il l'épouse en 1958. Ils ont deux filles, Zenani (Zeni), née le 4 février 1958, et Zindziswa (Zindzi) Mandela-Hlongwane, née en 1960. Zindzi a seulement 18 mois quand son père est emprisonné à Robben Island. Plus tard, Winnie est très affectée par la discorde familiale qui reflète les conflits politiques du pays, alors que Mandela est emprisonné, son père devient le ministre de l'Agriculture du Transkei. Le mariage se termine par une séparation en avril 1992 et un divorce en mars 1996, à cause de divergences politiques liées à la radicalisation de Winnie.
Bien que sa fille Zindzi ait des souvenirs de son père, les autorités sud-africaines ne lui autorisent aucune visite de l'âge de 4 à 16 ans. Zindzi Mandela-Hlongwane devient célèbre mondialement quand, âgée de 14 ans, elle lit les discours de Nelson Mandela refusant sa liberté conditionnelle en 1985.
Troisième mariage Mandela se remarie le jour de ses 80 ans, en 1998, avec Graça Machel, née Simbine, veuve de Samora Machel, ancien président du Mozambique et allié de l'ANC qui a été tué dans un accident aérien 12 ans auparavant. Le mariage suit des mois de négociations internationales pour établir le montant du prix exceptionnel qui doit être remis au clan de Machel. Les négociations sont conduites par le souverain traditionnel de Mandela, le roi Buyelekhaya Zwelibanzi Dalindyebo.
Œuvres Nelson Mandela, The Illustrated Long Walk to Freedom (Un long chemin vers la liberté), Little, Brown and Company, 1996
Nelson Mandela, No Easy Walk to Freedom, Penguin Classics, 1965 et 1986, réédition 2004 ISBN|0141439300 : Recueil de lettres lorsqu'il était dans la clandestinité, discours, articles et retranscription des procès.
Nelson Mandela, South and Southern Africa into the Next Century, Institute of Southeast Asian Studies, 1997 ISBN|9813055901
Nelson Mandela avec Jennifer Crwys-Williams, In the Words of Nelson Mandela, The Penguin Group , 1999 ISBN|0140270493
Nelson Mandela, Favorite African Folktales, W. W. Norton & Company, 2004 ISBN|0393326241 : Recueil de contes africains sélectionnés par Mandela.
Nelson Mandela, Conversations with Myself (Conversations à moi-même), Macmillan, paru le 15 octobre 2010 ISBN|0230749011
Influence dans la culture populaire
Musique De nombreux artistes ont évoqué Nelson Mandela ou lui ont rendu hommage.
Free Nelson Mandela par le groupe The Specials en 1983.
Stevie Wonder lui dédie en 1985 la chanson I Just Called to Say I Love You qui avait reçu l'Oscar de la meilleure chanson originale. Le titre est interdit à la radio en Afrique du Sud.
En 1986, Youssou N'Dour sort son album Nelson Mandela.
Bernard Lavilliers fait référence à Nelson Mandela dans le morceau Noir et Blanc de l'album Voleur de feu (1986).
Johnny Clegg lui dédie sa chanson Asimbonanga (Mandela) (traduction : Nous ne l'avons pas vu) dans son album Third World Child en 1987.
Hugh Masekela, en exil au Royaume-Uni, chante Bring Him Back Home (Nelson Mandela) en 1987.
En 1988, le concert hommage des 70 ans de Nelson Mandela, à Wembley Stadium, est une date majeure de la lutte anti-apartheid, où de nombreux musiciens soutiennent Mandela : Jerry Dammers des Specials est l'un des organisateurs, les Simple Minds enregistrent la chanson Mandela Day pour le concert qui sortira dans leur album Street Fighting Years en 1989, Carlos Santana créé le morceau instrumental Mandela, Tracy Chapman joue Freedom Now dédié à Mandela et qui sort dans son album Crossroads en 1989 et Whitney Houston joue et lui dédie la chanson gospel He I Believe.
Steel Pulse lui rend hommage dans l'album Victims.
Brenda Fassie avec le titre Black President (1989) qui obtient un immense succès en Afrique du Sud malgré son interdiction.
Michel Fugain évoque la captivité de Nelson Mandela dans sa chanson La liberté demandez-la en 1989.
Jean Ferrat y fait référence dans la chanson Mon amour sauvage en 1991.
En 1991, Juan Luis Guerra dans sa chanson Carta de amor (Libérez Mandela).
Dieudonne Larose & le Groupe Missile 727 dans l'album Rassemble (1992) dont une chanson dédiée à Mandela qui porte son nom.
Salif Keïta qui avait joué au concert de Wembley enregistre la chanson Mandela dans son album Folon en 1995.
De 2003 à 2008, de nombreuses personnalités de la musique ont soutenu la série de concerts 46664 (numéro de matricule de prisonnier de Mandela) afin de sensibiliser la communauté internationale aux problèmes africains et financer la fondation Mandela.
Le groupe Queen + Paul Rodgers à composé Say it's not true, en 2007, au profit de la fondation 46664 contre le SIDA.
Céline Dion dédie une série de concerts en Afrique du Sud, en février 2008, lors de sa tournée mondiale Taking chances, dont les fonds sont directement reversés à l'organisme de Nelson Mandela.
Soprano le cite en 2010 dans sa chanson Hiro
Cinéma Récemment libéré, Nelson Mandela lui-même joue le rôle d'un professeur de Soweto à la fin du film Malcolm X de Spike Lee sorti en 1992 et qui est une libre adaptation de la biographie de Malcolm X. Il récite une partie d'un des discours les plus connus de Malcolm X, dont la citation : . Les célèbres mots de la fin de cette phrase sont . Mandela informe Spike Lee qu'il ne peut pas prononcer cette phrase devant la caméra, craignant que le gouvernement de l'apartheid ne l'utilise contre lui s'il le faisait. Lee est d'accord avec lui et les dernières secondes du film montrent un montage en noir et blanc de Malcolm X lui-même prononçant la phrase.
Le film Mandela and De Klerk (1997) raconte la libération de Mandela dont le rôle est interprété par Sidney Poitier.
Goodbye Bafana (2007), sur son emprisonnement à Robben Island, avec Dennis Haysbert dans le rôle de Mandela, et qui raconte sa relation avec son gardien James Gregory.
Morgan Freeman incarne Mandela dans le film Invictus de Clint Eastwood (2010). Le film est centré sur la Coupe du monde de rugby de 1995 qui s'est déroulée en Afrique du Sud et sur la façon dont Mandela s'en est servi pour désamorcer les tensions raciales.
Bibliographie David Aikman, Great Souls: Six Who Changed a Century, Lexington Books, 2003
Divers auteurs (80: Clinton, Annan, Bono...), Mandela: The Authorized Portrait, 2006
Dominique Darbon, L'après-Mandela: enjeux sud-africains et régionaux, 1999,
Amhed Kathrada, Nelson Mandela (préface), Memoirs, Zebra, 2004
Tom Lodge, Politics in South Africa: From Mandela to Mbeki, David Philip publisher, Cape Town & Oxford, 2003
Georges Lory, L'Afrique du Sud, Karthala, 1998
Anthony Sampson, Mandela: The Authorized Biography, Vintage, 2000 ISBN|0679781781
Charlene Smith, Mandela: In Celebration of a Great Life, Struik Publishers, 2006
Allister Sparks, Tomorrow Is Another Country: The Inside Story of South Africa's Road to Change, University of Chicago Press, 1996
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