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Dossier(s) : Pays > Europe > Chypre © Hachette Livre et/ou Hachett Multimédia

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Chypre est un Etat insulaire de la
Méditerranée orientale scindée en deux parties,
l'une grecque, l'autre turque, s'étend sur
9 250 km
2
.
Par sa position géographique,
l'île a toujours joué un rôle
privilégié dans les relations et les échanges entre
les
civilisations et
les empires de la Méditerranée orientale.
Profondément marquée par leurs multiples influences,
Chypre n'en conserva pas moins son individualité.
La période antique
Habitée dès le VI
e
millénaire, l'île vit
apparaître la céramique vers le milieu du IV
e
millénaire. Les sites
néolithiques
furent abandonnés vers 3000 av. J.-C.
L'âge du bronze, qui débuta vers 2300, fut une
période de prospérité grâce à
l'exploitation des
mines et au
développement du commerce.
Dès 1400 av. J.-C.,
les Achéens s'établirent dans l'île, où
la culture
mycénienne
put subsister jusque vers la fin du II
e
millénaire. Touchée par les
invasions doriennes, Chypre maintint le contact entre
la Grèce,
l'Ionie, Rhodes, et
la Phénicie
et
l'Egypte.
En dépit d'une forte colonisation
phénicienne
au IX
e
siècle, l'implantation
grecque se perpétua jusqu'à la fin de
l'époque hellénistique. Occupée tour à tour
par les
Assyriens, les
Egyptiens et les
Perses,
l'île fut ensuite annexée à l'empire
d'Alexandre
(333), avant d'être un sujet de dispute entre les
Séleucides et les
Ptolémées,
jusqu'à la conquête
romaine
(58 av. J.-C.). Chypre connut un brillant essor à la
fin de l'Antiquité, comme en témoignent les
nombreuses constructions paléochrétiennes nouvellement
dégagées (Paphos, Soli).
2000 ans d'histoire méditerranéenne
Incorporée à l'Empire byzantin, l'île passa provisoirement aux Arabes (IXe -Xe siècle), puis fut conquise par Richard Cœur de Lion (1191), qui la céda à Gui de Lusignan. Celui-ci y fonda, en 1192, un royaume latin sous influence française. Chypre conserve de l'occupation franque de nombreux châteaux, abbayes et églises à Nicosie et à Famagouste notamment.
Occupée par les Vénitiens, en 1489, après une longue période de brillante prospérité, Chypre fut conquise en 1571 par les Turcs.
Vers la partition de l'île
Au lendemain de la guerre russo-turque
de 1877-1878, Chypre passa sous la tutelle de la
Grande-Bretagne, qui l'annexa en 1914 et en fit une
colonie de la Couronne, en 1925. A défaut du rattachement
à la Grèce (Enôsis), réclamé
depuis 1931 par les Chypriotes grecs, Mgr Makários
et le colonel Grivas obtinrent l'indépendance (1959) et la
République de Chypre fut proclamée
en 1960.
Chypre jouit d'un statut
bicommunautaire proche de celui du
Liban. La
Grèce et la Turquie, puissances garantes, devaient maintenir
sur l'île un contingent militaire, tandis que la
Grande-Bretagne conservait sous sa souveraineté deux bases
militaires (Dhekélia et Akrotíri). Cette
indépendance définie par les accords de Zurich et de
Londres fut considérée comme un pis-aller par la partie
grecque qui trouva exorbitantes les concessions qu'elle
devait consentir (droit de veto au vice-président turc,
participation de la communauté turque à 30 % dans
l'administration et à 40 % dans l'armée),
mais aussi par la partie turque qui craignait une remise en cause
du statu quo et une marginalisation progressive de la partie
turque en raison de la prospérité économique de la
partie grecque. L'archevêque-président
Makários tenta effectivement dès 1963 de remettre
en cause le statu quo en proposant une révision
constitutionnelle. La Turquie refusa. La violence des oppositions
entre les deux communautés, grecque et turque, provoqua des
troubles sanglants, que l'intervention des troupes de
l'ONU (1964) ne put apaiser.
En 1974, un affrontement entre
la Grèce et
le gouvernement de Mgr Makários conduisit à un
débarquement des troupes
turques, qui
occupèrent le nord-est de l'île (38 % du
territoire). Quelque 200'000 Chypriotes grecs durent se
réfugier dans le Sud. Depuis lors, Chypre est divisée
en deux Etats, entre lesquels un contingent des forces de
l'ONU s'efforce de maintenir la paix.
En 1983, l'Etat
fédéré chypriote turc a été proclamé
République turque de Chypre du Nord par son président
Rauf Denktash. Les négociations organisées en 1986
entre celui-ci et Spsros Kyprianoú, président de la
République, furent un échec. Après
l'élection à la présidence de la République
de Gheórghios Vassilíou en 1988, les pourparlers
intercommunautaires ont repris, mais le conflit n'est toujours
pas réglé. Glafcos Cléridès, président du
Rassemblement démocratique (droite), principal parti chypriote
grec, élu président de la République
en février 1993, avec 50,28 % des voix, contre
49,72 % à George Vassiliou, président sortant
soutenu par le parti communiste, voit son mandat reconduit
en 1998.
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