Compositeur allemand.
Fils d'un corniste, Richard Strauss étudie le violon et l'écriture tout en poursuivant des études universitaires. Sur les conseils de Hans von Bülow, il inaugure une carrière de chef d'orchestre qui sera longue et prestigieuse : Meiningen (1885), Weimar (1889), Munich (1894), Berlin (1898). En 1908, il devient directeur général de la musique de l'Opéra royal de Berlin et, en 1919, il est nommé directeur de l'Opéra de Vienne. Influencé par Schumann et Brahms dans ses œuvres de jeunesse, Strauss affirme ensuite une personnalité nourrie par l'amour du théâtre et la quête d'un idéal philosophique.
La première partie de son œuvre comporte principalement des poèmes symphoniques comme Don Juan (1889), Macbeth (1890), Tod und Verklärung (1890) Till Eulenspiegel (1895), Also sprach Zarathustra (1896), Don Quichotte (1898), Ein Heldenleben (1899). De grande dimension, Eine Alpensymphonie (1915) revient à la conception descriptive. A travers les œuvres de cette première période se fixent les éléments d'un langage caractérisé par l'originalité et la richesse mélodiques, la richesse harmonique et l'extraordinaire portée de l'orchestration.
La seconde période est plus particulièrement consacrée au théâtre. La Tragédie de Salomé (1905) et Elektra (1908) débutent cette série d'ouvrages destinés à la scène. Cet amour pour le théâtre, art essentiellement baroque, ramène Strauss à l'esprit du XVIIIe siècle auquel il adapte son propre langage et un procédé de déclamation personnel, inspiré du recitativo arioso de Wagner. De cet amalgame musical naîtra un art néo-baroque : Der Rosenkavaliert (1911), Ariane und Naxos (1912) où l'illusion est portée à son comble par la combinaison de l'opera seria et de l'opera buffa. Suivront Daphné (1938), Die Liebe der Danae (1940) et Capriccio (1942), entre autres.
D'autres tendances sont perceptibles dans son œuvre : Die Schweigsame Frau est inspiré de Rossini et l'Intermezzo peut être rattaché au vérisme. Dans ce retour au passé, il faut encore évoquer les pièces instrumentales dans l'esprit français, à la manière de Lully ou de Couperin. Musicien éclectique, Strauss s'est laissé séduire par la musique ancienne sans tomber dans le passéisme ; sa manière est restée unique et son œuvre apporte une fraîcheur toute personnelle et presque intemporelle.