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Colombie

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La Colombie (1'138'900 km 2 ) présente trois ensembles géographiques distincts: les côtes, les plateaux et plaines orientales, et les Andes, qui s'étendent sur le quart du pays et se divisent en trois branches: les Cordillères occidentale, centrale (la plus élevée) et orientale. Avec son riche passé amérindien à l'époque coloniale puis à l'indépendance, l'histoire colombienne s'inscrit dans l'ensemble hispano-américain.


Epoque précolombienne
L'actuel territoire colombien regroupait environ un million d'habitants, répartis en tribus, à l'arrivée des premiers conquistadores. Certains groupes avaient développé de brillantes civilisations, comme l'attestent leur statuaire et leur orfèvrerie, que l'on peut découvrir au musée de l'Or à Bogotá.

L'arrivée des Espagnols signifia la disparition ou l'assimilation de la grande majorité des cultures indigènes, réparties entre les influences chibcha, caribe et arawak. La culture chibcha - connue par sa céramique et son orfèvrerie - dominait le centre de la Cordillère orientale. Les Taironas, dans le Nord, comptaient également des orfèvres et de brillants potiers; depuis la découverte, dans les années 1970, des «cités perdues» - sur les flancs de la sierra Nevada de Santa Marta - avec leur réseau complexe de terrasses, escaliers et chemins empierrés, on connaît mieux l'organisation sociale, très élaborée, de ces peuples. Au sud, à San Agustín, de grandes statues stylisées, humaines ou animales, conservent un certain mystère.


De la conquête à l'indépendance
Motivés par la soif de l'or, les Espagnols rencontrent une forte résistance de la part des «Indiens» dans leur progression de la côte caraïbe vers l'intérieur; Santa Fe de Bogotá, la future capitale, est fondée en 1538 par Jiménez de Quesada. Si la première moitié du XVI e  siècle est une période de conquête, la seconde sera plutôt celle de la colonisation. La nouvelle colonie espagnole, riche de ses mines d'or, prend le nom de Nouvelle-Grenade. Elle développe au XVII e  siècle l'agriculture et l'élevage, en exploitant la main-d'œuvre africaine, amenée pour compenser la diminution de la population indigène.  

La colonie espagnole devient vice-royaume en 1717. Une bourgeoisie «créole» - c'est-à-dire née sur place - émerge et se sensibilise aux idées des Lumières: vers la fin du XVIII e  siècle, entre autres sous l'influence de la Révolution française, le pouvoir de la métropole espagnole est contesté. Le soulèvement des «comuneros del Socorro» contre de trop lourds impôts, en 1781, déclenche un processus qui aboutira, en 1810, à la première déclaration d'indépendance. Les Espagnols lancent la reconquête en 1815, provoquant ainsi la guerre d'indépendance et la campagne de libération menée par Simón Bolívar, le «Libertador», en 1819.


La naissance d'une nation
Bolívar donne le nom de Grande-Colombie - en l'honneur de Christophe Colomb - à l'Union formée par le Venezuela, la Nouvelle-Grenade, rejoints par l'Equateur et le Panamá. Malgré le désir du Libertador de voir les pays du continent rester unis, les appétits de pouvoir suscitent des querelles qui auront raison de l'Union. Le Venezuela et l'Equateur s'en séparent en 1830. De nombreuses guerres civiles éclatent (52 au total) au cours du XIX e  siècle; elles sont attisées par l'opposition exacerbée entre les deux grands partis (libéral et conservateur) et leurs chefs, locaux et nationaux; l'importance de cette opposition se traduit par l'alternance des régimes, tantôt fédéraux, tantôt à vocation centralisatrice. La guerre des Mille Jours (1899-1902) établit une certaine tradition de violence.  

Au cours des premières années du XX e  siècle, l'influence des Etats-Unis commence à se faire sentir, avec notamment l'appui apporté par les Américains à l'indépendance du Panamá (1903). Après la Première Guerre mondiale, le pays connaît une période de croissance économique rapide, avec développement corrélatif de l'industrie et des zones urbaines. Mais ces progrès s'accompagnent d'inégalités et de conflits sociaux; l'armée n'hésitera pas à massacrer les ouvriers des compagnies bananières nord-américaines.


L'ère des violences
La seconde moitié du XX e  siècle commence par un coup de tonnerre: le chef de file populiste Jorge Eliecer Gaitán est assassiné à Bogotá le 9 avril 1948, ce qui entraîne une violente insurrection populaire. La période de guerre civile larvée (appelée «Violencia») qui s'ensuit fera près de 200'000 morts en dix ans. Cette violence, qui se poursuivra sous diverses formes, provoque la formation de mouvements de guérilla et suscite un important exode rural, qui contribue à gonfler les bidonvilles ceinturant les grandes agglomérations.

En 1953, la Colombie connaît l'un des rares coups d'Etat militaires de son histoire, avec l'arrivée au pouvoir du général Rojas Pinilla. Pour s'opposer à son régime populiste, les deux partis traditionnels s'allient et forment, en 1958, un Front national qui prévoit l'alternance au pouvoir pendant seize ans d'un président libéral et d'un conservateur. Depuis 1974, libéraux et conservateurs continuent à assumer le pouvoir.  

Les années 1970 sont marquées par l'activité croissante des mouvements de guérilla et par celle des trafiquants de la drogue (marihuana dans les années 1970, cocaïne ensuite). Les années 1980 voient les gouvernements tenter de négocier avec la guérilla, notamment avec le Mouvement du 19 avril (M 19), qui signe des accords de cessez-le-feu.  

C'est également dans les années 1980 que, sous la pression des pays occidentaux, où la consommation de drogue est devenue un fléau, le gouvernement, avec l'aide des Etats-Unis, engage la lutte contre les mafias, qui culmine avec la mort, en 1993, du principal «parrain», Pablo Escobar, l'une des dix plus grosses fortunes au monde.  

Les différences entre les deux partis - le libéral laïque et social s'oppose au conservateur, plus traditionaliste et attaché à l'ordre - se sont peu à peu estompées, le recrutement se faisant dans la même classe dirigeante. Aussi ces partis ont-ils réussi à surmonter leurs divisions pour gérer le pays en commun pendant la période du Front national, puis dans les années 1970. Ce monopole des partis traditionnels a contribué à maintenir corruption, népotisme et clientélisme.


L'effondrement du bipartisme
Au début des années 80, le pouvoir démocratique est affaibli par l'omniprésence des contre-pouvoirs: trafiquants de drogue, guérilla, groupes paramilitaires liés à l'armée. Des scissions traversent les deux partis traditionnels; ainsi, Luis Carlos Galán, qui sera assassiné en 1989, lance le « nouveau libéralisme ».

Son héritier politique, César Gaviria Trujillo, est élu président en 1990. Un président conservateur, Belisario Betancur, «plus libéral que les libéraux», élu dès 1982, avait auparavant entamé les négociations avec les mouvements de guérilla. Le plus important d'entre eux, le M 19, qui accepte l'amnistie, se constituera en parti politique

Les libéraux remportent les élections législatives de mars 1994, marquées par un taux d'abstention record (31 % de votants), et, le 19 juin de la même année, Ernesto Samper est élu président de la République. Quatre ans plus tard, E. Samper, dont la présidence a été paralysée par les accusations de corruption par les narco-trafiquants dont il était l'objet de la part des Etats-Unis, est battu aux élections présidentielles par le candidat conservateur Andres Pastrana qui lui succède à la tête de l'Etat (1998).

 
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