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Dossier(s) : Pays > Afrique > Congo (République démocratique du) anciennement Congo belge et Zaïre de 1971 à 1997 © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

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Etat d'Afrique centrale imité à l'ouest par la République du Congo, au sud par l'Angola et la Zambie, à l'est par la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, l'Ouganda, au nord par le Soudan et la Centrafrique, au sud-ouest par l'océan Atlantique.
Avant d'être touché par la grande migration des peuples de langue bantoue, le pays a d'abord été habité par des Pygmées. Le brassage de populations qui a résulté de ces mouvements explique la grande diversité des peuples et des langues de la République démocratique du Congo, appelée ausi le "Congo-Kinshasa".
Les royaumes traditionnels
Les formations étatiques ont
été très nombreuses avant la colonisation. Ces
royaumes
présentaient des caractéristiques communes : la
succession au trône se faisait plutôt en descendance
matrilinéaire et donnait lieu à une élection ou
à une compétition des concurrents, qui
dégénérait parfois en querelles fratricides. Les
écrits des voyageurs européens nous ont
révélé le faste de la cour des souverains et la
rigueur du cérémonial.
De tels royaumes fondaient leur richesse
sur un commerce très actif. Dans les régions
forestières, les fleuves permettaient des échanges par
relais: les produits de la côte passaient de main en main et
remontaient sur des centaines, voire des milliers de
kilomètres; ceux de l'intérieur effectuaient le
chemin inverse.
A partir du XVI
e
siècle, les produits
importés d'Europe et surtout d'Amérique se sont
implantés à l'intérieur du continent: la
culture du manioc, du tabac, du maïs s'est
développée dans une grande partie de l'Afrique
centrale. Dans les zones de savane, le commerce se faisait, par
caravanes, avec l'ouest puis avec l'est du continent. A
partir du XVI
e
siècle, la traite des
esclaves a ravagé l'ensemble du pays, entraînant
des razzias meurtrières, des guerres incessantes entre
tribus et entre royaumes, et finalement la dislocation de ces
systèmes étatiques.
Après 1860, la traite atlantique
disparut mais elle fut relayée par la traite orientale et
australe, sous l'impulsion des Swahilis. Cette traite arabe,
qui perdura jusqu'à la fin du XIX
e
siècle, provoqua des
migrations de populations (Lubas) qui expliquent la présence
de minorités musulmanes dans l'est du pays.
Le royaume du Kongo
Le plus ancien Etat connu dans la région est
le royaume du
Kongo, dont le partage colonial a ultérieurement
réparti les populations entre les Etats de la
République démocratique du Congo, de la République
du Congo et de l'Angola.
Le royaume kouba se constitua dans le
Kasaï occidental et le Lulua. Ses origines remonteraient,
elles aussi, au XV
e
siècle, mais il ne prit
réellement son essor qu'au XVII
e
siècle, sous le règne de
Chamba Bolongongo. Ce souverain «moderniste» encouragea
les nouvelles cultures et répandit le tissage du
raphia.
A la fin du XVII
e
siècle, les Lubas envahirent
le royaume kouba. Celui-ci perdura néanmoins
jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904. Le royaume
luba aurait été fondé dans le Katanga par Kongolo,
venu de l'est au XVI
e
siècle. A la fin du
XVII
e
siècle, l'un de ses
successeurs, Kumwinbu Ngombé, étendit le territoire
jusqu'au lac Tanganyika. L'histoire du royaume se
caractérisa par d'intenses querelles de pouvoir et des
luttes fratricides qui ne lui permirent pas de trouver la
stabilité.
Au XIX
e
siècle, il devint la proie de
ses voisins (Chokwé, Tétéla, Bayéké). A
l'arrivée des Belges, en 1892, son territoire se
limitait à une petite enclave à la source de la Lomani.
Le royaume lunda serait né, au XVI
e
siècle, de l'union de
diverses chefferies localisées dans le sud-ouest du
Katanga.
Vers 1660, le souverain Mwata Yamvo
(dont le nom devint le titre dynastique) agrandit le territoire
jusqu'au Kasaï et au Zambèze. Au
XVIIIe siècle, le royaume s'étendit encore
à l'est et au sud. En 1885, les Chokwés envahirent
l'est du royaume. Ils en furent chassés en 1887 par deux
frères, Mushiri et Kawelé, au cours de la «guerre
de la flèche de bois».
D'autres royaumes s'étaient
établis dans les savanes du Nord-Est parmi les populations
zandés et mangbetus. Les petits groupes ethniques
disséminés dans les régions forestières de la
cuvette, regroupés sous le nom de Mongos, n'étaient
pas, quant à eux, politiquement organisés.
Le renouveau du
XIXe siècle
Au XIX
e
siècle, de nouveaux royaumes
se constituèrent sous la houlette des «princes
marchands». Msiri, originaire du Tanganyika, s'enrichit
dans le commerce de l'ivoire, du cuivre et des esclaves, au
Katanga, vers 1850. Puis il entreprit de se tailler un
véritable empire, nommé le Garangazé. Vers 1880,
son pouvoir s'étendait sur tout le sud de la
République démocratique du Congo actuelle.
Marchand originaire de Zanzibar,
Tippoo-Tip eut un itinéraire semblable, à l'ouest du
lac Tanganyika, dans les années 1860. Son Etat devint solide
et prospère grâce au commerce mais aussi à la
création de grandes plantations et d'un réseau
routier menant vers la côte. D'autres Etats se
constituèrent à la même époque: le royaume
zandé, fondé à la fin du XVIII
e
siècle ou au début du
XIX
e
sur le plateau de l'Oubangui et
jusqu'à l'Uélé; le royaume mangbetu,
fondé par Nabiembali en 1815, dans la pointe nord-est de la
République démocratique du Congo actuelle.
La période précoloniale
En 1482, les Portugais qui
reconnurent l'embouchure du fleuve Congo
révélèrent à l'Europe l'existence
d'un «royaume de Kongo». Durant des siècles, les
Portugais limitèrent leur implantation à la région
littorale, en Angola. Les véritables explorations ne
débutèrent qu'à la fin du XVIII
e
siècle, et c'est seulement
dans les années 1870 que les Européens, avec en
tête sir Henry Morton Stanley, le premier à avoir
parcouru l'ensemble du cours du fleuve Congo, levèrent le
voile sur les terrae incognitae du continent noir.
Le roi des Belges,
Léopold II, qui rêvait d'un empire en Afrique,
créa en 1876 l'Association internationale du Congo (AIC),
nom adopté en 1883, et chargea Stanley de mission. Au
début des années 1880, celui-ci entra en rivalité
avec Pierre Savorgnan de Brazza (au service de la
France).
En 1881, le grand explorateur
britannique remonta le fleuve Congo sur sa rive gauche et y
établit la domination de l'AIC, en fondant, en
l'honneur du roi des Belges, Léopoldville, à
proximité du village de pêcheurs de Kinshasa.
En 1885 fut créé par les puissances européennes
réunies à la conférence de Berlin l'«Etat
indépendant du Congo» (EIC), propriété
personnelle du roi des Belges, Léopold II.
Le Congo léopoldien
Léopold II fit mater avec
brutalité les nombreuses résistances. Sous le
prétexte de lutter contre la traite des esclaves, les
colonisateurs brisèrent les Etats des princes marchands. Mais
les résistances se poursuivirent longtemps. Les
Tétélas étaient toujours invaincus en
1907.
Quant à Kasongo Niembe, souverain
du royaume luba, il demeura insaisissable jusqu'en 1917.
Léopold II confia à des compagnies à charte
le soin d'exploiter les richesses de la colonie: le
caoutchouc et l'ivoire, principalement. Un décret de
1889 établit que les terres «vacantes»
appartenaient de droit à l'Etat: dans une économie
de chasse, de cueillette et de nomadisme agricole (culture sur
brûlis), ce système retirait aux peuples leurs sources
de revenus.
Des populations entières se
trouvèrent donc contraintes de travailler pour le compte de
l'EIC. L'impôt, le travail forcé, les mauvais
traitements, les corvées, la répression souvent
d'une brutalité inhumaine, les exactions commises par
les compagnies ont valu à cette période de
l'histoire de la République démocratique du Congo
le nom de «temps des exterminations».
En 1888, Léopold II créa
une Force publique chargée de maintenir l'ordre. La
convention signée par l'EIC et le Saint-Siège à
Rome, en 1906, accorda aux missionnaires des concessions de terres
qui leur permirent de vivre et, souvent, de s'enrichir.
La colonisation belge
En 1908, Léopold II,
discrédité par les scandales soulevés en Belgique
par la révélation des atrocités commises sous son
autorité par les compagnies coloniales, fut contraint
d'abandonner l'EIC à la Belgique.
Avec le Congo belge, l'exploitation
coloniale, toujours dominée par de grandes
sociétés agricoles ou minières, changea de nature.
Les Belges, s'employant à effacer le système
léopoldien, rétablirent la liberté de commerce en
1910 et supprimèrent le monopole du caoutchouc et de
l'ivoire. L'exploitation des ressources minières
connut un nouvel essor avec des entreprises comme l'UMHK
(Union minière du Haut-Katanga) et la Société
générale de Belgique.
Pendant
la Première
Guerre mondiale, la violation de la neutralité belge (en
Europe), puis les incursions des Allemands dans le Kivu et à
l'ouest du Tanganyika précipitèrent les Belges dans
le conflit. Ils mobilisèrent 18'000 soldats, mais
surtout 200'000 porteurs, qui participèrent à
la conquête du Cameroun allemand (Kamerun), assistèrent
les Britanniques de Rhodésie aux prises avec les forces
allemandes du Tanganyika, et envahirent le Rwanda et le Burundi,
puis le Tanganyika.
Caractérisée par un paternalisme caricatural,
n'excluant pas une répression féroce de tout
mouvement revendicatif, l'exploitation coloniale se
poursuivit après le conflit. Le droit coutumier fut
codifié et l'Administration renforcée. Les
populations furent réparties en ethnies, la colonie
divisée en provinces, districts et territoires ou secteurs.
Une intense urbanisation entraîna la création de
centres extracoutumiers dans les villes, confiés à des
chefferies artificielles. La colonisation belge fut
également marquée par la discrimination raciale.
L'enseignement, presque en totalité confié à
des instituts religieux, était limité au primaire,
selon l'adage en vigueur «Pas d'élite, pas
d'ennuis !». Seule une infime catégorie
d'«évolués» avait quelques
privilèges.
La colonie bénéficia d'une
industrialisation peu importante mais qui, lors de
l'indépendance (1960), lui donnait une certaine avance
sur ses voisins: savonneries, margarineries, industries textiles,
fabriques de chaussures, brasseries, briqueteries... Elle
disposait également de 30 centrales
hydroélectriques, d'un réseau ferroviaire (mis en
place à partir de 1898), d'un réseau routier et de
trois aérodromes internationaux.
Durant
la Seconde Guerre
mondiale, la colonie participa aux combats en Ethiopie.
Certains soldats furent ensuite envoyés en
Extrême-Orient. Au Congo belge, les journées de
corvée augmentèrent pour intensifier la production de
minerai, de caoutchouc et d'huile de palme.
Entre 1945 et 1960, le Congo
belge connut ainsi une période de réel développement
économique. Plus de 100'000 Européens (Belges,
Portugais, Grecs) géraient l'administration et les grands
secteurs de l'économie. Après la guerre, les Belges
demeurèrent longtemps hostiles à l'évolution de
leurs colonies. En 1956, le professeur Van Bilsen publia un Plan de
trente ans pour l'émancipation de l'Afrique belge. Le
livre fit scandale. Pourtant, dès 1946, quelques syndicats
furent autorisés, mais sous la surveillance étroite de
l'Administration.
Vers l'indépendance
La liberté d'expression
étant inexistante, l'opposition prit longtemps un tour
religieux, sous l'égide d'Eglises syncrétiques:
celle de Simon Kimbangu, à partir de 1921, celle de la
Kitawala (Watchtower), à partir de 1923, parmi d'autres.
Mais le paternalisme qui régissait les rapports entre
Européens et Congolais ne résista pas à
l'émancipation des populations indigènes.
Dans les années 1950,
l'opposition se politisa. En 1956 parut le Manifeste de
Conscience africaine, rédigé par un groupe
d'«évolués» qui réclamait
l'indépendance. L'exemple des colonies françaises
qui, tels le Sénégal et, plus près, le Gabon,
accédèrent à la souveraineté en 1960,
entraîna rapidement le Congo belge dans la bourrasque
d'une indépendance qui n'avait pas été
préparée.
En 1957, l'Abako (Association des Bakongos), premier
parti politique créé au Congo, remporta les
élections municipales de Léopoldville. Un fait
décisif se produisit le 4 janvier 1959: les habitants de
la capitale déclenchèrent une émeute. Soudain
conscients de l'inévitable, les Belges
précipitèrent la décolonisation. Le 20 janvier
1960, une table ronde se réunit à Bruxelles pour
organiser l'indépendance. Après des négociations
bâclées, l'indépendance fut fixée au
30 juin 1960.
Les troubles de l'indépendance
Joseph Kasavubu devint président.
Quelques jours plus tard, le Congo-Léopoldville (renommé
peu après Congo-Kinshasa) s'enfonça dans le
désordre, avec la mutinerie de la Force publique; en juillet,
sous la conduite de Moïse Tschombé, la riche région
minière du Katanga fit sécession.
Ainsi commençait une période
chaotique, embrasant plus de la moitié du territoire,
notamment le Kwilu, le Kivu et la ville de Kisangani. Le 14
septembre 1960, profitant des rivalités personnelles qui
opposaient le chef du gouvernement, Patrice Lumumba, et le
président de la République, Joseph Kasavubu, le colonel
Mobutu «neutralisa» les deux hommes.
Patrice Lumumba, l'une des grandes
figures du nationalisme africain, devenu Premier ministre
en 1960, fut incarcéré, puis, après avoir
été atrocement torturé, livré au nouveau
Premier ministre, le dirigeant katangais Moïse
Tschombé. La crise congolaise prit alors une dimension
internationale, le Congo ex-Belge devenant même le premier
terrain d'intervention des Casques bleus de l'ONU en
Afrique (ceux-ci mirent fin à la sécession katangaise
en 1963).
En 1963, des disciples de Lumumba
lancèrent une guerre révolutionnaire dans le Kwilu;
Laurent-Désiré Kabila figurait parmi eux. Les tentatives
de sécession et les désordres en tous genres se
multiplièrent. Après les forces de l'ONU, les Belges,
l'URSS et les Etats-Unis intervinrent.
Du Zaïre de Mobutu au Congo démocratique de Kabila
En octobre 1965, Tschombé fut
à son tour écarté et contraint à l'exil;
puis Mobutu se débarrassa de Kasavubu : le 24 novembre
1965, il s'empara du pouvoir par un coup d'Etat et se
proclama président de la République du Congo. La
Constitution fut supendue, le Parlement dissous.
Le 30 juin 1966, la capitale,
Léopoldville, changea de nom pour devenir Kinshasa; un an
plus tard, Mobutu instituait un parti unique, le MPR (Mouvement
populaire de la révolution), support de son régime
despotique. Le 27 octobre 1971, la République du Congo
changeait à son tour de nom pour devenir la République
du Zaïre. Enfin, en 1972, la politique de
l'«authenticité» amena l'africanisation de
tous les noms d'origine européenne (toponymes et
état civil) : donnant l'exemple, Mobutu se gratifia
lui-même du nom de Sese Seko Kuku Ngebendu wa za Banga
(«Intrépide guerrier terreur des léopards»).
Cette «zaïrisation»
conduisit, en 1974 à la nationalisation des grandes
compagnies minières étrangères qui exploitaient
les immenses richesses du pays (cuivre, cobalt, manganèse,
zinc, or, argent, diamants, uranium...). Mais cette politique ne
profita pas à la masse miséreuse des Zaïrois. Le
mobutisme, largement fondé sur le népotisme, la
corruption généralisée et le détournement des
richesses nationales au profit des proches du pouvoir (là
résidait ce qu'on appela «le mal
zaïrois»), conduisit peu à peu à une
décomposition de l'Etat. En 1977-1978, une nouvelle
tentative de sécession du Shaba (nouveau nom du Katanga) ne
put être arrêtée que par une intervention des
forces
marocaine et
française, appelées par Mobutu.
Mais, avec la fin de la guerre froide,
le Zaïre cessa d'être un bastion anticommuniste.
Après le départ des soldats cubains d'Angola, les
Américains quittèrent à leur tour les bases
militaires qu'ils utilisaient pour soutenir l'UNITA
(Union nationale pour l'indépendance totale de
l'Angola). Dans le même temps, les minerais du Shaba,
pour le contrôle desquels Français et Belges
étaient militairement intervenus en 1978 à Kolwezi,
perdirent de leur importance stratégique. La crise politique
éclata au grand jour en 1990.
Comme tous les pays africains, le
Zaïre fut saisi par les revendications de liberté et de
démocratie qui se manifestèrent après
l'effondrement du bloc communiste. Une Conférence
nationale donna aux forces vives du pays l'occasion de
s'exprimer, et le multipartisme dut être restauré.
Quelques jours plus tard, l'armée tua plus de 500
étudiants qui manifestaient à Lubumbashi.
Une nouvelle Conférence nationale,
en 1991, amena la création de l'Union sacrée de
l'opposition et Mobutu dut nommer Premier ministre le chef de
l'opposition, Etienne Tshisekedi; mais l'affrontement
entre l'opposition, menée par Tshisekedi, et le chef de
l'Etat, qui s'appuyait sur l'armée et sa garde
prétorienne, conduisit à une paralysie politique du
pays; Tshisekedi, mis dans l'impossibilité de gouverner,
fut limogé en 1993.
Face à la décomposition de
l'Etat et à l'effondrement de la monnaie, le peuple
zaïrois tentait de survivre en déployant des
trésors d'ingéniosité.
L'insécurité croissante provoqua le départ de
la plupart des Européens qui résidaient encore au
Zaïre (septembre 1990).
Les troubles, en outre,
réveillèrent un tribalisme latent. Le Shaba fut le
principal théâtre des violences ethniques: les
autochtones lundas chassèrent quelque
400 000 Lubas originaires du Kasaï, région
où ils tentèrent de se réinstaller. Le nord du
Kivu connut lui aussi son lot de massacres tribaux.
Le 14 novembre 1992, une
conférence nationale adopta un texte prévoyant que le
Zaïre devait se transformer en une République
fédérale du Congo. Ce texte devait en principe être
soumis à référendum en 1997. Mais les
événements allaient se précipiter. En 1994, le
nouveau chef du gouvernement, Léon Kengo wa Dondo, eut à
faire face aux contrecoups des troubles du Rwanda : en juillet
1994, un million de Hutus fuyant les massacres qui se
déroulaient au Rwanda (désormais gouverné par des
Tutsis) avaient trouvé refuge dans l'est du Zaïre,
où ils erraient dans des conditions sanitaires
abominables.
En octobre 1996, tandis
qu'après trois décennies de pouvoir, Mobutu,
s'étant entre-temps proclamé maréchal,
refusait de se retirer de la scène politique, une
rébellion armée massivement soutenue par le Rwanda et
l'Ouganda éclata dans le Sud-Kivu. Composées en
majorité de Banyamulenges (Tutsis d'origine rwandaise
installés dans l'est du Zaïre), soutenus par les
pouvoirs en place au Rwanda et en Ouganda, les troupes de
l'Alliance des forces démocratiques du Congo-Zaïre
(AFDL) dirigées par Laurent-Désiré Kabila,
attaquèrent les camps de réfugiés (hutus)
rwandais, puis s'emparèrent progressivement de toutes
les grandes villes de l'Est du pays. L'AFDL progressa
ensuite vers le nord. Dépourvue de solde et mal
équipée, l'armée zaïroise ne lui opposa
qu'une faible résistance et se livra à des
pillages.
Entré le 17 mai 1997 à
Kinshasa, Kabila se proclama le chef de l'Etat, qu'il
rebaptisa République démocratique du Congo, et se fit
attribuer les «pouvoirs suprêmes» en matière
de défense, de législatif et d'exécutif.
En février 1998, il fit arrêter le chef de
l'opposition, Etienne Tshisekedi, puis l'assigna à
résidence dans son village natal de Kabeya-Kamwanga
(Kasaï oriental). Tout en s'engageant auprès de
l'ONU (le 26 mars) à organiser des élections
pluralistes en 1999, il constitua un nouveau gouvernement
dans lequel il cumulait les fonctions de Premier ministre, de
ministre des Armées et de ministre de l'Intérieur.
Ayant pris conscience du danger
représenté aux frontières du Congo par des
gouvernements «tutsis» en Ouganda et au Rwanda, et par
les armées banyamulenges présentes au Kasaï,
Kabila, entouré d'un personnel politique principalement
issu de son ethnie (Luba, ou Baluba, au Katanga et au
Kasaï), à qui il avait réservé les emplois
les plus lucratifs, se retourna alors contre les Tutsis qui
l'avaient aidé à renverser Mobutu.
En août 1998, devant la
rébellion du Kasaï, soutenue par le Rwanda et
l'Ouganda, Kabila ne dut la sauvegarde de son pouvoir
qu'à l'intervention de troupes envoyées par les
gouvernements de l'Angola et du
Zimbabwe.
Le 18 avril 1999, alors que le pays
s'engageait dans une guerre civile qui semblait sans issue,
le président Kabila signa avec le président ougandais,
Yoweri Kaguta Museveni, un accord de cessez-le-feu,
prévoyant le déploiement d'une force de paix
africaine en RDC et le retrait des troupes étrangères
qui s'y trouvaient depuis 1998. Cet accord fut
entériné, le lendemain, par la signature d'un pacte
de paix avec le Tchad, l'Ouganda et
l'Erythrée.
Le 31 août, les dirigeants du
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), principal
mouvement de la rébellion contre le régime de
Laurent-Désiré Kabila, signèrent à Lusaka, en
Zambie, l'accord de paix conclu le 10 juillet, par les six
Etats impliqués militairement dans le conflit en
République démocratique du Congo. Toutefois, le premier
semestre 2000 fut marqué par une reprise des combats, qui
provoqua un nouvel exode des populations et augmenta le nombre de
victimes de la guerre civile sur tous les fronts congolais.
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