Il est le fils de Lucrèce Chaillet et de Jean-Pierre Pury, un explorateur aventureux qui court le monde – David sera surtout élevé par ses oncles – et fondera Purrysburg, en Caroline du sud. David à l’âge de dix-sept ans part, à pied, pour Marseille, où il se forme au commerce maritime.
C’est auprès du négociant Isaac Tarteiron qu’il apprendra pendant trois ans et demi la tenue des livres de comptes, l’engagement des matelots, les produits de l’import-export et enfin, la maîtrise d’une entreprise maritime au long cours.
En 1730, il se rend à Londres, engagé par la South Sea Company (SSC), où ses services sont appréciés. La SSC pratique le commerce des esclaves, mais elle assied sa fortune surtout sur les accès qu’elle se crée aux ports africains, américains et européens, s’ouvrant ainsi de nombreuses voies de commerce.
L’expérience londonienne de David de Pury, le fait aussi entrer dans un réseau de riches marchands et de notables. Joseph Mellish, le gendre de John Gore, le directeur de la SSC, sera son associé dans l’entreprise qu’il fondera à Lisbonne en 1736 et qui sera aussi financée avec l’aide d’autres proches de John Gore.
Dans cette ville portuaire, il négocie l’extraction, le transport et la vente du diamant brésilien, comme aussi des bois rares venus des forêts d’Amazonie. A la tête de trois sociétés successives, il constitue une fortune considérable. S’étant attiré les faveurs du marquis de Pombal, de Pury parvient à acheter à la maison royale du Portugal la ferme, c’est-à-dire l’exclusivité de l’exploitation de tous les gisements de diamants brésiliens pendant trois ans, soit de 1750 à 1752.
Le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, ne le touche pas directement puisqu’il est alors en déplacement à Londres, mais lui fait perdre environ les trois-quarts de ses biens. C’est sans doute beaucoup, mais c’est à partir du quart restant qu’il va reconstruire sa fortune. Estimée à 30 contos reis (7'500 £ sterling), elle aura plus que doublé en 1763 pour se monter, en 1766, à la somme colossale de 190 contos reis (45'700 £ sterling).
Très fortuné, devenu banquier des rois, il sera anobli par Frédéric II, peu avant sa mort :
Sa Majesté le Grand Roi de Prusse m’a fait la grâce du titre de Baron de Pury dans son Royaume et dans tous ses Etats, honneur que j’estime infiniment, et cependant je n’ai point changé ma signature, parce que les capitaux que je possède dans les fonds publics du gouvernement d’Angleterre et de France y sont inscrits sous le nom de David Pury.
David de Pury, Codicille de son testament, 22 mai 1786
Demeuré célibataire : « je déclare être garçon libre, dit-il dans son testament, n’ayant jamais été marié et n’avoir point d’enfants ni d’héritiers forcés », il lègue une partie de sa fortune à sa famille et des privés pour un total de 129'040 crusades sur une fortune qu’il estime être de 475'000 crusades «non compris ce qu’il me reviendra de ma société actuelle».
Après avoir institué la ville et bourgeoisie de Neuchâtel comme son héritier universel, il lui lègue le reste de sa fortune, à utiliser pour l’entretien des bâtiments religieux et publics. Après ce testament daté du 30 janvier 1777, «mes biens étant si fort augmenté», David de Pury fait un codicille en 1786. Il ne change rien sur le fond, mais ce codicille permet de savoir d’une part que David de Pury a offert à la ville de Neuchâtel, qui compte alors environ 2000 habitants, plus que les 70% de sa fortune prévus en 1777, et d’autre part, qu’il ne savait pas quelle somme il léguait à sa ville.
Cette somme permettra de réaliser, entre autre, le détournement du Seyon, la construction de l’Hôtel de Ville et du collège latin.
Bibliographie :
Louis-Edouard Roulet, éd., David de Pury, Hauterive 1986.