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Gozzadini, Bettisia

Bologne, 1209 – Bologne, 1261
© Commune de Bologne


 


Bettisia Gozzadini
© "Sua Eccellenza Bologna", 2005, Edizioni L’inchiostroblu


Professeur

 

Bettisia Gozzadini naquit à Bologne en 1209, d'Amadore Gozzadini et d'Adelasia de Pegolotti, dans une famille noble depuis plusieurs générations, qui devint prééminente au siècle suivant à partir du célèbre Nanne.



Les études et l'enseignement

Elle se sentit dès l'enfance prédisposée à l'étude ; c’est avec grande ferveur qu’elle s'y consacra dans les écoles publiques, toujours vêtue comme un homme (disposition prise pour éviter les entraves ou les préjudices sarcastiques de l'époque), où elle approfondit la connaissance du Droit et de la Philosophie. Ses maîtres furent Giacomo Baldavino et Tancredi Arcidiacono qui avait une autorité suprême à l'Université. Dès le début, ils s'étonnèrent devant l'intelligence extraordinaire de leur jeune élève. Ils allèrent jusqu'à l'appeler “monstre exceptionnel de l'Université”. C'est ainsi que, en accord avec Odofredo le jeune, ils la poussèrent à obtenir le doctorat, elle obtint la note maximale.

 

Bettisia Gozzadini commença à enseigner chez elle, comme le voulait l'usage de l'Université. En voyant sa renommée grandir et surtout le nombre de ses élèves augmenter, l'Évêque de la Fratta lui proposa la chaire de lectrice à l'Université. Dans un premier temps, elle refusa cette charge, mais par la suite elle l'accepta et la conserva jusqu'à sa mort.

 

Elle avait un grand talent oratoire ; grâce à cette qualité, elle fut désignée par l'église San Petronio et les gouvernants de Bologne, pour prononcer le discours des funérailles solennelles de l'Évêque de la Fratta afin de célébrer au mieux la vie intègre du Pasteur. Ce dernier avait aussi fait ériger le haut portique dans la Via Altabella, pour soutenir la nouvelle salle des diplômés, où furent consignés les diplômes universitaires pendant de nombreux siècles (comme dans la cathédrale de Saint Pierre).



Son rapport avec Bologne

Pompeo Delfi, lui aussi, écrivit beaucoup au sujet de Bettisia qui, diplômée en Droit le 3 juin 1236 “enseigna sans interruption chez elle au titre de l'institution universitaire pendant deux ans et à partir de 1239 dans les écoles publiques (...) avec la participation de la ville”. Delfi confirma ensuite comment “en 1242, vêtue en veuve fit l'oraison funèbre aux obsèques d'Enrico della Fratta Évêque de Bologne”, et comment elle périt en novembre 1261 à cause de l'effondrement de la maison où elle s'était réfugiée, située à côté de la rivière Idice, qui déborda entre Riccardina et Mezzolara ; en rappelant aussi comment “Odofredo, un de ses anciens maîtres, l'accompagna jusqu'à la sépulture à chaudes larmes” avec la ville entière privée de l’immense valeur de Bettisia.

 

Cherubino Ghirardacci à son tour parla de “Bettisia qui ne voulut jamais utiliser l'aiguille pour coudre et fut toujours vêtue comme un homme. Elle se diplôma pour la grande joie de toute la ville de Bologne”. Il confirma lui aussi qu'en 1239, “la renommée de la doctrine de Bettisia s’accroissait, avec l'étonnement de presque toute l'Italie. Enrico Évêque de Bologne avec la participation du Sénat et des Lauréats de l'Université préférèrent qu'elle enseignât publiquement dans les écoles le livre de l'Ordinario au matin. Ce qu'elle fit avec l'approbation de toute la ville et avec tant participation des élèves, que le lieu où elle enseignait comptait autant de personnes qu'il pouvait en contenir”.

 

Cela peut paraître étrange que l'Église, la Commune et l'Université aient demandé officiellement à une femme de parler au nom de la communauté entière à l'occasion solennelle des obsèques de l'Évêque Enrico, mais cela certifie le niveau indiscutable qu'eut atteint Bettisia dans l'estime générale.




 
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