Peintre français. Les influences et les rencontres - dont celle de Picasso en 1907 - détermineront l'évolution de Georges Braque jusqu'à ce qu'il participe à l'une des plus grandes révolutions picturales du début du XXe siècle, le cubisme.
La jeunesse de Georges Braque fut laborieuse : après de courtes études au lycée du Havre, il entra comme apprenti dans le bâtiment et tout semblait le destiner au métier de son père, modeste entrepreneur. Celui-ci, qui occupait ses loisirs à peindre, avait initié son fils aux joies de l'art, et l'avait autorisé à suivre des cours du soir de peinture.
Son service militaire terminé, Georges Braque se consacre entièrement à la peinture, s'installe à Paris, entre à l'académie Humbert où il se lie avec Marie Laurencin et Picabia, puis à l'Académie des beaux-arts (dans l'atelier de Bonnat) où il rencontre Othon Friesz et les frères Dufy. Dès 1904, il loue un atelier. Son premier envoi au Salon des indépendants date de 1906. Attiré par les recherches modernes plus que par le classicisme, il subit l'influence de l'impressionnisme (Vue d'un jardin, 1904), de Matisse et de Derain, puis celle des fauves, aux dogmes desquels l'initie Othon Friesz. L' Estaque, l'Embarcadère (1906), La Ciotat (1907) ou le Port d'Anvers sont les exemples de cette période de jeunesse qui ne représente qu'une brève étape dans son évolution.
L'épanouissement de sa véritable personnalité, qui s'exprimera par le refus du réalisme et par le cubisme, s'élabore à partir des œuvres de Cézanne, découvertes en 1907, lors d'une grande rétrospective au Salon d'automne. Braque renonce alors à la perspective géométrique et à toute sensualité expressionniste pour traduire, uniquement, la structure absolue des choses (Maisons à l'Estaque, 1908).
Sa première exposition personnelle, organisée par Kahnweiler en 1908 (à la suite du refus de son envoi au Salon), déchaîne les foudres du public et de la critique officielle. Elle marque le début de l'amitié qui le liera à Picasso.
Le cubisme se formule et s'épanouit grâce à la collaboration de Braque et de Picasso qui, de 1909 à 1914, se rencontrent chaque jour pour confronter leurs travaux et leurs recherches, passant même leurs vacances ensemble (à Céret). De toute cette période, l'on retient les œuvres suivantes : le Château de La Roche-Guyon (1909), le Violon et la cruche (1910), le Portugais (1911), Nature morte ovale (1914).
Braque fut gravement blessé et trépané pendant la guerre de 1914-1918. Son art conservera toutefois sa vigueur et gagnera en solidité : série des Guéridons, à partir de 1919 (dont Café-bar), des Cheminées (Nature morte à la guitare I, ou Valse, ou Cheminée, 1920-1921), etc. L'évolution de la couleur et des lignes se ressent dans la Guitare bleue et rouge (1930) et la Nature morte à la mandoline (1936-1938). En 1937, le peintre recevra le premier prix de la fondation Carnegie. Son style pictural s'enrichit encore avec la série des Ateliers (de 1950 à 1956 environ) et des Oiseaux, qui sont également le thème central de la décoration du musée du Louvre (plafond de la salle étrusque, 1952-1953). Braque s'illustra également comme sculpteur (Tête de cheval, 1943) et composa des modèles de bijoux, dont certains furent exposés sous l'égide d'André Malraux au pavillon de Marsan (1963).
La peinture contemporaine est redevable à Braque de la majeure partie de ses innovations. Il élabora, seul et avant Picasso, le cubisme dont il est le vrai précurseur. Il a réalisé le premier papier collé (Compotier et verre, 1912). On lui doit : les clous en trompe-l'œil (1909-1910), l'introduction des chiffres et lettres d'imprimerie au pochoir, les imitations de matières (faux marbre, faux bois, etc.), l'enrichissement des pigments en y incorporant des matières diverses (sable, limaille de fer, sciure de bois, gravillons, etc). Il a renouvelé le répertoire thématique tout en le limitant à des sujets d'étude déterminés. Son œuvre abondante multiplie les peintures d'un même sujet. Mais la richesse sensuelle de sa palette, où dominent les bruns et les gris, renouvelle chaque expérience.