|
|
|
Histoire |
|
Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Géricault, Théodore Rouen, 26.09.1791 - Paris, 26.01.1824 © Hachette Multimédia/Hachette Livre
|

Autoportrait de Théodore Géricault
|
Peintre français
La vie de Théodore Géricault fut courte, mais le rôle joué par cet artiste dans l'histoire de l'art en France eut un profond retentissement.
En effet, reprenant avec plus de force et d'audace les tentatives de Gros pour arracher la peinture à l'emprise néoclassique de David, Géricault introduira le mouvement, la couleur, les thèmes empruntés à la réalité, bref, toutes sortes d'éléments essentiels qui permettront, après lui (très exactement à compter de Delacroix, son héritier spirituel), de parler d'une nouvelle école : le romantisme.
Les œuvres de jeunesse
Géricault passe son enfance à Rouen, au sein d'une famille de la bourgeoisie royaliste, puis il suit son père à Paris pour y terminer ses études. Il entre, dès 1806, dans l'atelier de Carle Vernet. Peu après, il travaillera comme élève de Guérin. Son tableau intitulé Officier de chasseurs de la garde impériale chargeant ne passe pas inaperçu au Salon de 1812, à une époque où le néoclassicisme et l'académisme sévissent. Ce premier succès n'aura guère de suites dans l'immédiat et le Cuirassier blessé quittant le feu (1814) n'est guère remarqué. Il est vrai que ces deux peintures, l'une et l'autre exécutées antérieurement au voyage de l'artiste en Grande-Bretagne, sont encore de facture très conventionnelle.
Les œuvres majeures
Avant de voyager outre-Manche, Géricault séjourne en Italie, où il étudie très attentivement Michel-Ange, qui devient, avec Rubens, son véritable maître. De retour en France, il peint le Radeau de la Méduse, accueilli avec indifférence au Salon de 1819. Il organise, au cours de l'année 1820, une exposition itinérante de ce tableau en Grande-Bretagne. L'œuvre y plaît davantage; Géricault demeure deux années dans ce pays, où il pratique l'équitation; avec la même passion, il prend pour thème chevaux et cavaliers dans un ensemble d'œuvres admirables, qu'elles relèvent du dessin, de la gravure ou de la peinture à l'huile (le Derby d'Epsom, 1821).
Une vie désordonnée
On ignore les raisons qui poussent Géricault à rentrer en France à la fin de l'année 1821. Peut-être a-t-il le projet d'exposer au Salon. Si c'est le cas, il ne donne pas suite à ce projet et sa vie prend très vite un tour désordonné. Il perd de grosses sommes d'argent à la Bourse et dans des opérations financières malheureuses. Il dépense sans compter pour maintenir un train de vie qui prévoit l'entretien de plusieurs chevaux. Il sort et travaille beaucoup, apportant à tout ce qu'il fait une sorte de hâte fiévreuse. Au cours des années 1822-1823, prenant pour modèles des aliénés mentaux, il exécute une série de dix portraits : la Monomane du jeu, l'Aliéné kleptomane, la Monomane de l'envie, etc.
Sa santé s'altère. Peu de temps après son retour de Grande-Bretagne, il avait fait une chute de cheval. Un abcès qui s'était formé du côté gauche est traité, mais une lésion à la colonne vertébrale passe inaperçue. Deux nouveaux chocs, l'un consécutif à un accident de voiture, l'autre à une nouvelle chute de cheval, entraînent une aggravation de son état. Géricault s'alite en février 1823 pour ne plus se relever. Il mourra l'année suivante. Ses dernières esquisses pour le projet de deux grandes toiles, l'Ouverture des portes de l'Inquisition et la Traite des Noirs, sont le terme d'une œuvre qui se fonde sur une technique où le dessin, parfaitement maîtrisé, intégrant les formes à la couleur, est à la base d'un art qui traduit une hantise de la substance dramatique du réel.
|
|
|
|
|
|