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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Balthus Paris, 29.02.1908 – Rossinière (Vaud), 18.02.2001 Source Encyclopédie Wikipédia
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Balthus à Rossinière en 1999 Photographie Martine Franck
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Biographie L'œuvre La « légende Balthus » Biblio-filmographie Sélection bibliographique Filmographie
Balthasar Klossowski (de Rola), dit «Balthus» (Paris, 29 février 1908 - Rossinière, Suisse, 18 février 2001) est un peintre figuratif français d'origine polonaise. Il est le frère de l'écrivain Pierre Klossowski.
Biographie« La meilleure façon de commencer est de dire, Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant, regardons les peintures », telle est la réponse laconique que le peintre adresse à la Tate gallery, qui, organisant une exposition de ses œuvres, souhaitait également agrémenter le catalogue de quelques éléments biographiques.
Le Roi des chats — titre d’un de ses autoportraits — a en effet toujours souhaité s’entourer d’une aura de mystère, ce qui a sans aucun doute contribué à occulter sa personnalité et son œuvre aux yeux du grand public.
Rare et discret, il l'est dès sa naissance, un 29 février ; un anniversaire qui fait aussi partie de la « légende Balthus » et que son « grand ami » Rilke (amant de sa mère Baladine) ne manquait jamais de souhaiter avec une lettre. D'ascendance polonaise par son père, Erich Klossowski, historien de l’art, peintre et décorateur de théâtre, et russe par sa mère Baladine Klossowska (mais tous deux ressortissants prussiens), Balthus nait à Paris mais sa famille, du fait de ses origines, se réfugie en Suisse lors de la Première Guerre mondiale. Ses parents se séparent peu après et Balthus passe son enfance dans la région de Genève, près de sa mère et de Rilke.
Baladine rencontre le poète Rilke en 1919 : le jeune Balthasar a alors 11 ans. Le garçon publie son premier livre de dessins, Mitsou, sous l'impulsion de ce mentor. Il signe le recueil du surnom de « Baltusz », qu'on lui donnait à l'époque, et qu'il transformera en « Baltus » puis en « Balthus » par la suite. Durant son adolescence, il rencontre les nombreuses relations de sa mère qui viennent lui rendre visite : André Gide, Maurice Denis, Pierre Bonnard.
Balthus part pour Paris avec sa mère et son frère en 1924 et suit l'enseignement de Bonnard et de Vlaminck. Il peint ses premiers tableaux, copie des œuvres au Louvre. En 1926, il va en Italie étudier les peintres de la Renaissance, en particulier les fresques de la Légende de la Vraie Croix de Piero della Francesca à Arezzo, ainsi que celles de Masaccio à Florence.
En 1929, il expose pour la première fois à Zurich, sans grand succès.
L'atelier de Balthus, Cour de Rohan. Balthus s'installe à Paris en 1933, dans un premier temps rue de Furstemberg puis, à partir de 1936, Cour de Rohan (quartier de Saint-Germain-des-Prés) où il résidera plusieurs années. Il entre en contact avec le mouvement surréaliste par l'intermédiaire de Pierre Lœb mais il ne se sent guère de point commun avec la mouvance d'André Breton.
Il expose en 1934 une série de tableaux mettant en avant des jeunes filles à la pose équivoque, thème qui fera sa célébrité.
Il se marie en 1937 avec Antoinette de Watteville 1912-1997. Cette dernière lui sert de modèle dans plusieurs toiles, dont La Toilette (1933, Centre Pompidou, Paris) et Jeune fille en costume d'amazone (1932, collection Stanislas Klossowski).
Balthus est mobilisé en Alsace au début de la Seconde Guerre mondiale mais est rapidement démobilisé pour des raisons mystérieuses. Il s'installe alors à Champrovent en Savoie, puis à Fribourg en Suisse, où naissent deux de ses fils, et Cologny près de Genève. Il y achève Les Beaux Jours (Washington DC, Smithsonian Institute) en 1946. Cette même année, il se sépare de sa femme et retourne à Paris.
Il y réalise les décors et les costumes d'une pièce d'Albert Camus, L'État de siège et peint La Chambre (Washington DC, Smithsonian Institute) en 1947-1948).
En 1950 il effectue les décors de l'opéra Cosi fan tutte de Mozart au festival d'Aix-en-Provence.
En 1953, Balthus quitte Paris pour le château de Chassy, en Bourgogne, où il reste près de huit ans. Il y achève La Chambre et Le Passage du Commerce-Saint-André (1952-1954, collection particulière). Il y fait plusieurs paysages, vus de ses fenêtres. Il se crée un personnage de dandy et d’aristocrate « féodal », ainsi qu’il se décrivait, son appartenance à la noblesse restant non établie.
En 1961, Balthus est nommé directeur de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, par André Malraux. Setsuko Idata, jeune étudiante japonaise dont il est amoureux, l'y rejoint. Elle lui sert de modèle dans plusieurs tableaux dont La Chambre turque (1963-1966, Paris, Centre Georges Pompidou). Il l'épouse en 1967 au cours d'un voyage au Japon.
Le Grand Chalet de Rossinière en Suisse. En 1977, à la fin de son mandat romain, le peintre prend le thé au Grand Chalet de Rossinière, en Suisse, s'en éprend et l'achète. Il y vivra jusqu'à sa mort avec son épouse et sa fille Harumi. Il présente ses toiles à de nombreuses expositions de par le monde et il est encensé par la presse et les critiques.
Autour du peintre
Balthus a été président des Amis de Courbet de 1992 à 1998.
L'auteure chinoise Shan Sa a écrit son premier roman, Porte de la paix céleste, alors qu'elle faisait office de secrétaire du peintre, chez lui en Suisse.
L'œuvre Son œuvre peint est relativement peu abondant puisqu'on ne compte qu'environ 300 peintures, dont beaucoup ne sont pas datées. Balthus est un artiste méticuleux, certains tableaux nécessitant plusieurs années pour être achevés et après avoir fait de nombreuses études préparatoires.
Il est resté célèbre pour ses tableaux de jeunes filles nubiles, souvent peintes dans des poses ambiguës, jouant sur l'idée de l'innocence perdue à l'adolescence. Il reste un artiste figuratif à une époque où l'abstraction est reine.
Quelques tableaux
La Leçon de guitare (1934) est sans doute son œuvre la plus célèbre, qui provoqua d'intenses controverses par son exposition d'une scène sexuellement explicite. - « Je vois les adolescentes comme un symbole. Je ne pourrai jamais peindre une femme. La beauté de l’adolescente est plus intéressante. L’adolescente incarne l’avenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. Une femme a déjà trouvé sa place dans le monde, une adolescente, non. Le corps d’une femme est déjà complet. Le mystère a disparu. »
La rue (1933)
La Toilette de Cathy (1933)
Alice dans le miroir (1933)
La Caserne (1933)
Le roi des chats (1935)
Thérèse rêvant (1938)
Paysage de Champrovent (1941-1943)
La « légende Balthus » Au cinéma Dans le film de François Truffaut Domicile conjugal (1970 ; scène reprise in extenso dans L'Amour en fuite, 1979), les deux personnages principaux, Antoine Doinel (interprété par Jean-Pierre Léaud) et sa femme Christine (Claude Jade), se sont quelque peu disputés et vivent séparément. À un moment donné, Christine décroche du mur un petit dessin d'environ 25 x 25 cm et le tend à son mari qui est venu voir leur enfant Alphonse. Christine : – Tiens, prends le petit Balthus. Antoine : – Ah, le petit Balthus, je te l'ai offert, il est à toi, garde-le.
Ce dessin présente au premier plan un personnage sombre (de dos ?), dans une allée avec des arbres sur la gauche. Il ne ressemble à rien de ce que Balthus aurait dessiné et ne figure pas dans le catalogue raisonné (cf. Bibliographie), mais les recherches continuent pour l'identifier...
En littérature Dans le roman Hannibal de Thomas Harris, il est sous-entendu que Balthus serait le cousin du Dr Hannibal Lecter : « son cousin qui vivait en France, le célèbre peintre Balthus » (ch. 54).
Biblio-filmographie
Sélection bibliographique Balthus. Portraits privés, éd. Noir sur Blanc, 2008 ; dans ce livre sont regroupés des témoignages de sa famille, de sa femme Setsuko, de sa fille Harumi, des amis...
Aubert, Raphaël, Le Paradoxe Balthus, Paris, La Différence, 2005
Fox Weber, Nicholas, Balthus, une biographie, Paris, éd. Fayard, 2003, 785 pages
Balthus, catalogue de l'exposition au Palazzo Grassi à Venise du 9 septembre 2001 au 6 janvier 2002 (dates non mentionnées dans le catalogue), sous la direction de Jean Clair, Paris, éd. Flammarion, 2001, 496 pages
Balthus, Correspondance amoureuse avec Antoinette de Watteville, Paris, Buchet-Chastel, 2001
Clair, Jean, et Monnier, Virginie, Balthus, Catalogue raisonné de l'œuvre complet, Paris, Gallimard, 1999
Lequime, Jérôme, L'Imprenable (Balthus et le paysage), Nièvre, éd. du Pas, 1999
Clair, Jean, Les Métamorphoses d'Eros, Paris, Réunion des musées nationaux, 1996
Roy, Claude, Balthus, Paris, Gallimard, 1996
Balthus, et Zeki, Semir, Balthus ou la quête de l'essentiel, Paris, Les Belles Lettres-Archimbaud, 1995
Rilke, Rainer Maria, Lettre à un jeune peintre. Balthus, Paris, éd. Archimbaud, 1994
Balthus, catalogue de l'exposition au Musée des Beaux-arts de Lausanne du 29 mai au 29 août 1993, sous la direction de Jörg Zutter, Genève, éd. Skira, 1993
Leymarie, Jean, Balthus, Genève, éd. Skira, 1990
Davenport, Guy, A Balthus Notebook, New York, Ecco Press, 1989
Klossowski de Rola, Stanislas, Balthus, peintures, Paris, éd. Hermann, 1983
Balthus, catalogue de l'exposition au Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, 1983 ; commissaires : Dominique Bozo et Gérard Régnier, avec une préface de D. Bozo, et des textes d'Antonin Artaud, Pierre Jean Jouve, Jean Starobinski, René Char, Paul Éluard, Albert Camus, Pierre Klossowski, Yves Bonnefoy, Jean Cassou, Gaëtan Picon, Jean Clair, Federico Fellini
Filmographie Balthus de l'autre côté du miroir (1996) de Damian Pettigrew, long-métrage documentaire produit par Olivier Gal et Planète (France). Plusieurs fois primé, le film éclaire surtout la démarche du peintre. Tourné en Super 16 pendant quatre saisons en Suisse, en Italie, en France, et en Angleterre (dans les landes désolées du Yorkshire).
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