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Dossier(s) : Personnages > Personnages Moyen Age > Henri IV du Saint-Empire Goslar, 1050 - Liège, 1106
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Henri IV, roi de Germanie et empereur
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Roi de Germanie (1056-1105) et empereur romain germanique (1084-1105). Henri IV, élu roi de Germanie en 1054, du vivant de son père Henri III, n'avait que six ans à la mort de ce dernier (1056) ; sa mère, Agnès de Poitiers, puis les archevêques de Cologne (Annon) et de Brême (Adalbert) assurèrent la régence jusqu'en 1065.
Les débuts de la crise intérieure
Les princes allemands et certains prélats profitèrent de cette minorité pour secouer la tutelle monarchique et obtenir des privilèges. Devenu majeur, Henri IV dut s'employer à restaurer le pouvoir royal : il rassembla un domaine important en Thuringe et imposa à la haute aristocratie de restituer terres et droits régaliens usurpés, ce qui provoqua le mécontentement des princes. Une révolte, partie de Saxe, éclata en 1073. Pour y faire face, Henri chercha des appuis du côté de la petite noblesse et des villes naissantes.
Par ailleurs, il lui fallait maintenir son autorité sur l'Eglise allemande, c'est-à-dire non seulement conserver le droit de nommer les évêques - investiture laïque - mais surtout continuer de disposer des bénéfices ecclésiastiques, ce qui le conduisit à s'opposer fermement à la réforme ecclésiastique en cours.
La querelle des Investitures
En 1073, l'élection au trône pontifical du violent et passionné Grégoire VII précipita les événements. Le nouveau pontife voulait réformer l'Église et la libérer de la tutelle impériale. Cela impliquait l'idée de la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, ce qu’Henri IV ne pouvait admettre.
L'excommunication
Le pape interdit l'investiture laïque (1075), coup sévère porté au pouvoir du souverain germanique : le conflit, connu sous le nom de «querelle des Investitures», s'engagea alors. Après avoir maté un soulèvement des Saxons et réduit la révolte aristocratique en Allemagne, Henri IV, qui, en dépit de l'interdiction pontificale, continuait à nommer des titulaires aux sièges épiscopaux vacants, en Allemagne comme en Italie, fit déposer le pape (synode de Worms, 1076). La réaction de Grégoire VII - excommunication et déposition du roi (synode de Rome, 1076) - fut si vive que les évêques allemands, ébranlés, se soumirent. Comme les princes allemands, à la diète de Tibur, exigèrent qu'Henri IV se réconciliât avec le pape, l'empereur, par ailleurs aux prises avec une révolte des Saxons, dut céder lors de l'entrevue de Canossa.
L'absolution
A la fin de l'année 1076, Henri IV se rendit compte qu'il était dans une impasse et se résolut donc à faire la paix avec le pape. Grégoire VII venait de quitter Rome pour se rendre en Allemagne ; en janvier 1077, il fit étape dans le château de Canossa, possession de la comtesse Mathilde, fidèle alliée du Saint-Siège, mais également favorable à une réconciliation du pape et du roi de Germanie. C'est là que Henri IV vint demander son absolution. Le récit du chroniqueur Lambert de Hersfeld montre le roi, vêtu en pénitent, pieds nus dans la neige, implorant pendant trois jours entiers la clémence du pape. En réalité, les trois jours se passèrent en négociations, au cours desquelles Mathilde et l'abbé de Cluny, notamment, jouèrent un rôle important. Le 28 janvier, Henri IV fut introduit auprès du pape ; à genoux, il fut relevé de l'excommunication qui le frappait. Cette humiliation apparente profitait cependant au roi : il brisait ainsi préventivement l'alliance qui menaçait d'unir la papauté aux princes allemands révoltés.
La prise de Rome
Cependant, si l'excommunication avait été levée, le pape ne revint pas sur la déposition et refusa de condamner l'antiroi, Rodolphe de Souabe, que les princes allemands avaient élu à la diète de Forchheim, en mars 1077. Henri dut donc lutter sur deux fronts. Après avoir vaincu Rodolphe aux batailles de Mellrichstadt (1078) et de Flarchheim (octobre 1080), il résolut de porter en Italie la lutte contre la papauté réformatrice. Une nouvelle fois excommunié, il convoqua les assemblées épiscopales de Bamberg, de Mayence et de Brixen (mars-mai 1080) qui déposèrent Grégoire VII et élirent un antipape, Clément III (Guibert de Ravenne) ; après s'être fait couronner roi d'Italie à Pavie (1081), il parvint à s'emparer de Rome (février 1084) où il fit consacrer Clément III, par qui il se fit sur-le-champ couronner empereur.
La déposition de l'empereur
En Allemagne, cependant, de rébellions à demi vaincues en révoltes - révolte de la Bavière en 1086 ; révolte de son fils Conrad, duc de Lorraine, qui se fit élire roi de Germanie en 1087 ; nouvelle révolte de Conrad en 1093, et formation de la Ligue lombarde groupant les villes hostiles à l'empereur ; en 1099, élection de son fils Henri V comme roi de Germanie -, l'empereur s'était peu à peu aliéné toute la noblesse allemande ; par ailleurs, la réforme grégorienne progressait et les évêques allemands se détachaient de l'empereur. Une nouvelle expédition en Italie (1090-1092) contre la comtesse Mathilde s'acheva par un échec. Sur ce plan, Henri avait définitivement perdu la partie : en 1093, le nouveau pape, Urbain II, appuyé par les Normands, regagna Rome et, sans plus s'occuper de Henri IV et de son antipape, prépara la croisade.
En 1104, son fils Henri V - qui en 1100 avait déjà déposé son frère Conrad d'Italie -, prit la tête de l'aristocratie allemande et, aidé du parti grégorien, écarta son père du pouvoir : après l'avoir fait prisonnier, il l'obligea à abdiquer (diète de Mayence, 1105). Déchu, Henri IV tenta une dernière fois de reprendre la lutte, mais, le 7 août 1106 la mort le surprit à Liège, où il s'était réfugié. Par l'effet de l'excommunication, qui ne fut levée qu'en 1111, son corps resta cinq ans sans sépulture, avant d'être finalement enseveli dans la cathédrale de Spire.
Rien cependant n'était encore réglé. Face aux ambitions des princes allemands, le pouvoir royal avait déjà perdu la partie, mais les germes du conflit entre la théocratie pontificale et l'Empire étaient encore présents.
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