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Dossier(s) : Pays > Moyen-Orient > Israël © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Israël occupe la partie
méridionale du Levant, façade orientale de
la
Méditerranée. Son territoire
(20'770 km
2
), bordé au nord par
le Liban, au
nord-est par
la Syrie, à
l'est par
la Jordanie et au
sud-ouest par
l'Egypte.
La terre d'Israël est
considérée comme le berceau du peuple juif, dont
l'histoire antique a été marquée par
l'alternance de dominations extérieures et d'exodes,
puis par la dispersion (diaspora) à la suite de la
conquête romaine. L'histoire moderne remonte aux
débuts de l'immigration sioniste, qui a façonné
l'identité du pays. Elle a été marquée,
depuis la proclamation de l'Etat, par les rapports conflictuels
entre Israël et ses voisins arabes.
La première immigration sioniste
Le milieu du XIX
e
siècle voit l'intrusion du
progrès occidental dans
l'Empire
ottoman déclinant. En
Palestine, outre
la modernisation des communications, il prend deux formes: des
missions d'études bibliques et archéologiques;
l'arrivée d'immigrants juifs d'Europe, qui
créent en 1861 les premiers quartiers hors des murs de
Jérusalem, où ils seront majoritaires
dès 1880.
Le sionisme politique, aspiration au
retour des Juifs en terre d'Israël, se développe en
réponse à la persistance de la discrimination en Europe
occidentale et surtout aux persécutions en Europe orientale.
Il va se manifester par plusieurs vagues d'immigration
successives, dites aliyah («montée»), qui
commencent avec la création de Petah Tikvaen en 1878,
première communauté agricole juive. Ce mouvement, qui
s'amplifie à la suite des pogroms en Russie, se heurte
bientôt à l'hostilité de l'administration
ottomane.
Après la création de
l'Organisation sioniste mondiale par Theodor Herzl, au
congrès de Bâle en 1897, et l'échec de la
révolution en Russie en 1905, les immigrants de la
seconde aliyah, inspirés par l'idéologie socialiste,
créent les premiers kibboutzim sur des terres achetées
par le Fonds national juif. En 1914, 85 000 Juifs sont
installés en Palestine.
La Palestine sous mandat britannique
Au cours de
la Première
Guerre mondiale, les
Britanniques
s'efforcent de libérer le Proche-Orient de la tutelle
ottomane. Le général Allenby entre à Jérusalem
en décembre 1917 à la tête d'une unité
comprenant trois bataillons de la Légion juive, alors que, par
la déclaration d'Arthur Balfour, la Grande-Bretagne vient
de proclamer son soutien à la fondation d'un «foyer
national juif» en Palestine.
En juillet 1922, la Société
des Nations confie mandat à la Grande-Bretagne sur
l'ensemble de la Palestine. La Transjordanie, attribuée
à l'émir hachémite Abdallah, en est peu
après détachée. L'immigration juive se poursuit
avec la troisième et la quatrième aliyah (1919-1923
et 1924-1930). La cinquième aliyah (1933-1939),
déclenchée par l'arrivée
des nazis au pouvoir
en Allemagne, porte l'effectif de la communauté juive
de Palestine, le Yishouv, à 400'000 personnes
en 1936. Des heurts nombreux opposent les colons juifs et la
population arabe; la puissance mandataire, empêtrée dans
des promesses contradictoires, se montre incapable de les apaiser.
La création de l'Etat d'Israël
Durant
la Seconde Guerre
mondiale, la Shoah fait périr plus de cinq millions de
Juifs dans les camps de concentration, ce qui accentue, malgré
les mesures restrictives des Britanniques, la venue de populations
juives en Palestine.
L'idée d'un partage entre
un Etat juif et un Etat arabe est entérinée le
29 novembre 1947 par une résolution de
l'Assemblée générale de l'ONU, à
laquelle tente de faire face le Conseil de la Ligue arabe. Le
14 mai 1948, veille de l'expiration du mandat
britannique, le Conseil national juif proclame
l'indépendance d'Israël; David Ben Gourion en
devient le premier Premier ministre.
Le nouvel Etat est aussitôt envahi
par les armées égyptienne, jordanienne, irakienne,
syrienne et
libanaise, qui sont repoussées au prix de lourdes pertes:
cette première guerre israélo-arabe aboutit à la
fixation des frontières le long des lignes d'armistice
de 1949 et au départ de la majorité de la
population arabe vers la bande de Gaza, sous administration
égyptienne, ou vers la Cisjordanie, rattachée à la
Jordanie.
Le nouvel Etat, en même temps
qu'il mettait en place ses institutions, a dû faire face
à l'afflux d'immigrants, particulièrement ceux
venus d'Afrique et d'Asie. La population juive double en
quatre ans pour atteindre 1'300'000 personnes en 1952.
En octobre 1956, Israël lance une campagne dans le
Sinaï contre l'armée égyptienne, de concert avec
les Franco-Britanniques qui mènent une expédition contre
la nationalisation du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser. Le pays
bénéficie ensuite d'une période de consolidation
et de croissance économique, malgré les attaques de
groupes palestiniens; ceux-ci vont constituer l'Organisation de
libération de la Palestine (OLP).
Les guerres des Six-Jours (1967) et de Kippour (1973)
En mai 1967, l'
Egypte exige le
départ des unités de l'ONU du Sinaï, y
transfère d'importantes forces militaires et impose le
blocus du détroit de Tiran. La
Jordanie, la Syrie
et l'Irak massent leurs troupes à l'est du Jourdain.
Le 5 juin, l'armée israélienne, menée par
le général Moshe Dayan, déclenche une attaque
préventive. Après une guerre éclair, Israël
occupe le Sinaï, la bande de Gaza, Jérusalem-Est, la
Cisjordanie et les hauteurs du Golan. L'Etat hébreu se
trouve alors à la tête d'un territoire agrandi
qu'il a placé sous administration militaire (hormis
Jérusalem réunifiée).
Des premières implantations juives
ont lieu aux emplacements stratégiques. Israël place
sous sa tutelle la population arabe. En novembre est adoptée
la résolution 242 du Conseil de sécurité de
l'ONU: document de référence pour toute tentative
de règlement du conflit, elle vise à établir une
paix équitable et durable, assurant des frontières
sûres et reconnues à tous les Etats de la
région.
Deux autres guerres suivront: la
«guerre d'usure» menée par l'Egypte
d'avril 1969 à août 1970 sur le front du
Sinaï; la guerre du Kippour lancée par l'Egypte et
la Syrie le
6 octobre 1973, jour du Yom Kippour, point de départ
du premier choc pétrolier déclenché par les pays
arabes producteurs de pétrole.
La paix séparée avec l'Egypte (1979)
Les élections de 1977 portent au
pouvoir le Likoud, bloc de partis de la droite libérale. Le
Premier ministre, Menahem Begin, répond positivement à
l'initiative de paix engagée par le président
égyptien Anouar el-Sadate, successeur de Nasser, qui se rend
à Jérusalem en novembre 1977. Les négociations
menées à l'initiative du président
américain Jimmy Carter aboutissent aux accords de Camp
David.
La signature d'un traité de paix
en mars 1979 conduit à la restitution progressive du
Sinaï à l'Egypte. Mais le Likoud, soucieux de
satisfaire les tenants du «Grand Israël», annexe le
Golan (1981), lance l'opération «Paix en
Galilée» (1982) pour déloger l'OLP du
Liban, et implante
des colons juifs dans les Territoires occupés.
De l'Intifada à un processus de paix incertain
De 1948 à 1973, le conflit israélo-arabe avait été essentiellement un affrontement entre Israël et les Etats arabes. A partir du milieu des années 1970 et après la guerre du Kippour, ce conflit retrouva progressivement sa dimension originelle de confrontation entre juifs et Palestiniens. Deux facteurs contribuèrent à ce changement : la réémergence des Palestiniens comme force politique (création de l'OLP en 1964, développement des groupes de fedayins) et le fait qu'Israël se trouva, dans les territoires occupés depuis 1967, face à une société palestinienne qui refusait d'être dominée et s'insurgea contre l'implantation de colonies juives.
Après avoir annexé le Golan (1981), le gouvernement israélien dirigé par Menahem Begin lança une vaste offensive militaire au Liban où l'OLP avait ses bases principales (opération «Paix en Galilée», en juin 1982). Si Yasser Arafat fut chassé de Beyrouth, la guerre ne fit pas disparaître la question palestinienne. Celle-ci se posa au contraire avec une force nouvelle, à partir de décembre 1987, en Cisjordanie et à Gaza avec le déclenchement de l'Intifada, vaste mouvement de protestation contre l'occupation militaire israélienne. Dans le contexte né de la défaite irakienne dans la guerre du Golfe (1991), les Etats-Unis parvinrent finalement à relancer un processus de paix destiné à mettre définitivement fin au conflit israélo-arabe, y compris dans sa dimension palestinienne (conférence de Madrid, octobre 1991). Très vite, cependant, ce processus s'enlisa. Israéliens et Palestiniens engagèrent alors des négociations secrètes en Norvège qui aboutirent à la reconnaissance mutuelle entre l'OLP et Israël et à la signature d'une «déclaration de principes sur l'autonomie des territoires occupés» (septembre 1993).
Cette «révolution copernicienne» permit la constitution sur une fraction de la Cisjordanie et de la bande de Gaza d'une Autorité palestinienne élue, dotée de certains pouvoirs. Elle favorisa aussi un certain rapprochement entre Israël et les Etats arabes dont la manifestation la plus spectaculaire fut la conclusion d'un traité de paix avec la Jordanie (octobre 1994). Toutefois, le processus d'Oslo rencontrait de nombreuses résistances, aussi bien chez les Palestiniens (islamistes) que chez les Israéliens (colons, droite). Cette opposition prit une tournure dramatique avec l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin par un fanatique religieux israélien, le 4 novembre 1995, qui fragilisa un processus de paix pourtant bien engagé (accord de Taba, dit aussi Oslo II) mais que rendit plus incertain le retour aux affaires du Likoud après l'élection de Benyamin Netanyahou en mai 1996 aux dépens de Shimon Peres, et la reprise de l'implantation des colonies de peuplement dans les zones palestiniennes. Le début de l'année 1998 fut marqué par l'échec des tentatives de négociations initiées une nouvelle fois par les Etats-Unis pour relancer le processus de paix au Proche-Orient et par la fermeté de la politique de Benjamin Netanyahou, qui autorisa la construction de nouveaux logements destinés à abriter des colons juifs à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Ainsi, après une période de léthargie sous Benyamin Netanyahou (1996-1999), la victoire d'Ehoud Barak laissait espérer que le processus de paix retrouverait un nouvel élan. Le sommet de Camp David (juillet 2000) convoqué sous la houlette des États-Unis avait pour ambition de parvenir à un règlement définitif du conflit. Son échec eut l'effet inverse : il le relança. Fin septembre, après une visite controversée d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées, une nouvelle Intifada recommençait, qui, en l'espace de trois ans, allait faire près de 3?500 morts (dont 2?612 palestiniens et 822 israéliens), gravement affecter les économies régionales et conduire à une formidable régression politique.
Après l'échec de nouvelles tentatives de relance du processus de paix, entreprises en septembre 2001 entre le président de l'Autorité palestinienne et le chef de la diplomatie israélienne, à l'issue d'une année ponctuée par les attentats-suicides palestiniens et marquée par les actes terroristes perpétrés aux États-Unis, la poursuite de la violence faisait, une nouvelle fois, reculer les perspectives d'un accord durable. En mars 2002, après que les médiations internationales se furent soldées elles aussi par des échecs successifs, l'Onu adoptait, lors d'un vote historique, la résolution 1397, mentionnant pour la première fois, «la vision d'une région dans laquelle deux Etats, Israël et Palestine, vivent côte à côte à l'intérieur de frontières reconnues et sûres». Cette résolution n'empêcha cependant ni les actes terroristes palestiniens ni la perpétuation de l'occupation des territoires par l'armée israélienne.
En juin 2004, toutefois, le gouvernement approuvait le principe du plan de désengagement des territoires occupés par le démantèlement de colonies juives qui y sont implantées. Ce plan implique le retrait des 21 colonies de la bande de Gaza (environ 8500 personnes), tout en maintenant la présence israélienne en Cisjordanie (environ 230’000 personnes), et ce malgré le transfert sécuritaire aux forces palestiniennes des villes de Tulkarem et de Jéricho.
Mais l'opposition, dans les rangs du Likoud, au plan de retrait de Gaza, rend la position d'Ariel Sharon en porte-à-faux avec la ligne traditionnelle de son parti privilégiant la force : en novembre 2005, il décide de quitter le Likoud pour fonder un nouveau parti centriste, Kadima, et convoque des élections législatives anticipées pour mars 2006.
Cependant, en janvier 2006, alors que Sharon, victime d'un grave accident cérébral, laisse le pouvoir vacant, une nouvelle période d'incertitude s'ouvre dans tout le Proche-Orient, accentuée par la victoire inattendue du Hamas lors des élections visant à renouveler le Conseil législatif palestinien. Ehoud Olmert, vice-premier ministre, a été désigné chef du gouvernement par intérim. Emportant une courte victoire aux élections législatives, marqués par un taux de participation historiquement bas (63,2 %), le parti Kadima (28 sièges), emmené par Ehoud Olmert, devance le Parti travailliste (20 sièges) et le parti orthodoxe séfarade Shass (13 sièges). Quant au Likoud, il n'obtient que 11 sièges et voit son effondrement consacré.
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