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Lettonie

© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia. Ajouts de Sergueï Panov, professeur.

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 Le russe en Lettonie indépendante


 



© Intercarto

est un Etat (64 490 km2) sur la Baltique, voisine de l’Estonie au nord, de la Lituanie au sud, de la Russie et de la Biélorussie à l'est. Elle donne sur le golfe de Riga, débouchant lui-même dans la mer Baltique. Entre 3000 et 1000 av. J.-C. s'établissent sur les rives de la Baltique les tribus ouraliennes des Lives et des Estes, ainsi que les tribus protobaltes des Zemgales, des Coures et des Latgales.



La formation d'un Etat balte

Après avoir assimilé les Lives durant deux millénaires, les Zemgales, les Coures et les Latgales - les ancêtres des Lettons - acceptèrent pendant le Xe siècle le christianisme orthodoxe, mais furent convertis ensuite au catholicisme par les chevaliers de l'ordre Porte-Glaive (créé en 1202 par l'évêque Albert de Buxhövden de Livonie), qui s'unirent plus tard aux chevaliers Teutoniques (1237). L'alliance des deux ordres conquiert la Livonie (Lettonie-Estonie) vers 1290 et la garde encore deux siècles.

 

Vers 1523, par le relais de Riga, la Réforme arrive en Lettonie, contribuant à créer la mosaïque religieuse qui perdure : on compte aujourd'hui environ 25 % de protestants (luthériens), 25 % d'orthodoxes et 21 % de catholiques.

 

Suite à la guerre de Livonie, qui opposa la Pologne à la Russie, les duchés de Pardaugava, de Kurzeme et de Zemgale sont annexés par la Pologne. Les conflits avec la Suède (1600-1629) forcèrent la Pologne à céder Riga et une partie du duché de Pardaugava. Par le traité de Nystad (1721) mettant fin à la guerre nordique, la Russie arrache à la Suède une grande partie de la Lettonie, à laquelle va s'ajouter en 1795 le duché de Kurzeme. La politique de russification, dont le vecteur a été dirigé contre la domination germanique dans cette région, fut contrecarrée par le mouvement d'émancipation nationale, actif dans la seconde moitié du XIXe siècle.

 

A la fin de la Première Guerre mondiale, sur la carte apparaît un nouvel Etat – la Lettonie. Son indépendance, proclamée le 18 novembre 1918, est reconnue par la Russie de Lénine le 11 août 1920 et par les pays occidentaux le 26 janvier 1921. Cette nouvelle formation territoriale a réuni en conglomérat des territoires de la Courlande, de la Latgale et de la ville hanséatique de Riga, peuplée majoritairement par les Allemands et les Russes.



La mainmise soviétique

Conformément au protocole secret du pacte Molotov-Ribbentrop (1939), l'URSS conserve la Lettonie dans sa sphère d'influence ; Staline impose le stationnement de ses troupes sur le territoire letton. Après un ultimatum de 24 heures en juin 1940, l'Armée rouge occupe le pays et instaure le pouvoir soviétique. En août 1940, un mois après la proclamation de la RSS de Lettonie, la nouvelle république est intégrée à l'URSS.

 

Le IIIe Reich occupe la Lettonie entre 1941 et 1944. Après la guerre, le pays fait partie de l'URSS et subit une forte répression stalinienne, concrétisée par des déportations massives. Entre 1940 et 1953 la Lettonie perd 34 % de sa population. Or, en 1944-45 « le pays a connu un départ massif de Lettons ayant peur des répressions de Staline à cause de la collaboration : quelque 250'000 personnes sont parties avec les Allemands. Après la guerre, il y a eu des déportations massives : plus de 100'000 personnes ont été exilées dans le Nord et en Sibérie ». Enfin, presque toute la population juive (plus de 60’000) a été exterminée par les nazis et les collaborationnistes.



La Lettonie indépendante

Le tournant de 1985 dans la politique de l'URSS permet à la Lettonie d'affirmer son identité. En 1988 est constitué le Front populaire qui impose au Parti communiste le pluripartisme (1989). La dénonciation de l'annexion de 1940 et la déclaration d'indépendance en mai 1990, votée par le Parlement et annulé par M. Gorbatchev, provoque l'intervention des unités spéciales soviétiques, qui assiègent le Parlement. L'indépendance est, malgré tout, proclamée en août 1991 et reconnue par l'URSS le 6 septembre, juste avant l'admission du nouvel Etat à l'ONU (17 septembre 1991). Depuis 1995, la Lettonie fait partie du Conseil de l'Europe.

 

Aux premières élections de juin 1993, réservées aux citoyens d'avant-guerre et leurs descendants, le parti de la Voie lettone (parti de centre-droit) devient majoritaire au Parlement. Peu après, l'économiste Guntis Ulmanis est élu Président de la République pour 3 ans. Le 21 décembre 1995, le Parlement vote l'investiture d'une coalition de droite (Voix lettone, Mouvement pour le Lettonie, Saimnieks et deux partis paysans), menée par Andris Skele. A l'issue des élections présidentielles organisées en 1996, G. Ulmanis est reconduit à la tête du pays et désigne l'ancien ministre des Finances Guntars Krastsc, nationaliste de l'Union pour la Patrie et la Liberté, à la direction du gouvernement. En 1998, Vilis Kristopans, de la Voie lettone, lui succède à ce poste.

 

La Lettonie affirme sa volonté de s'ancrer à l'Ouest, et le 16 janvier 1998, le président letton G. Ulmanis a paraphé avec les présidents lituanien, A. Brazauskas, et estonien, L. Meri, à Washington, une Charte de partenariat entre les Etats-Unis et les pays baltes qui, si elle n'offre aucune garantie immédiate de sécurité, rappelle également la volonté du chef de l'exécutif américain de voir ces Etats rejoindre un jour l'OTAN, mais celle-ci a refusé pour le moment la candidature des Etats baltes.

 

Les relations avec la Russie, déjà tendues du fait du problème de la minorité russophone, se sont encore envenimées, dans les premiers mois de 1998, à la suite de divers incidents : répression brutale par la police lettone d'une manifestation de retraités russophones, défilé commémoratif de vétérans de la Légion lettone SS, qui avaient combattu aux côtés des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, tentative d'attentat contre l'ambassade de Russie. Percevant ces événements comme des provocations, la Russie a commencé à appliquer des sanctions économiques au printemps 1998.

 

En juin 1999, Vaira Vike-Freiberga est élue présidente par les parlementaires lettons. Peu après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Vilis Kristopans lui remet sa démission. Après avoir rappelé l'ancien Premier ministre Andris Skele pour former le nouveau gouvernement, elle annonce son intention de relancer la politique d'intégration du pays à l'Union européenne et à l'OTAN. En effet, ces instances internationales font du maintien de deux amendements facilitant la naturalisation de la population russophone, une des conditions essentielles à cette adhésion.


 
Pour en savoir plus
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