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Dossier(s) : Pays > Amérique > Mexique © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

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Limité au nord par les
Etats-Unis, au sud
par le Guatemala et le Belize, le Mexique s'étend sur
1'972'547 km
2
. Si le pays porte la profonde empreinte
de son brillant passé amérindien et colonial, les
événements des deux derniers siècles ont puissamment
contribué à façonner paysages et mentalités.
Le Mexique précolombien
Le passé
amérindien du Mexique témoigne d'une grande
diversité de
civilisations. A
l'instar du reste du continent américain, les premiers
habitants du pays furent probablement des chasseurs asiatiques qui
traversèrent le détroit de Béring à
l'époque des grandes glaciations.
La première civilisation
méso-américaine qui s'épanouit sur le sol
mexicain est celle
des Olmèques,
qui, au cours du I
er
millénaire av. J.-C., édifient
un empire dans la région du golfe du Mexique, entre Veracruz
et Tabasco. Bien que leurs vestiges soient peu nombreux (têtes
olmèques de La Venta), on estime que leur influence sur les
autres civilisations du pays fut décisive.
Au cours du I
er
millénaire apr. J.-C.,
trois grandes
civilisations se développent: celle de Teotihuacán,
sur le plateau de l'Anáhuac; celle des Zapotèques,
à Monte Albán, dans l'actuel Etat d'Oaxaca; celle
des
Mayas, du sud du
Mexique jusqu'à l'actuel Salvador. Ces derniers
édifièrent une centaine de cités-Etats (Tikal,
Palenque), chacune étant dirigée par une théocratie.
Les vestiges architecturaux témoignent de leurs qualités
de constructeurs. Cette civilisation, qui a aussi donné de
brillants mathématiciens et astronomes, fut enrichie au
IX
e
siècle par les apports
des
Toltèques; de ce syncrétisme culturel naquirent les
cités d'Uxmal et de Chichén Itzá
(presqu'île du Yucatán). A partir du XII
e
siècle, victime de luttes
fratricides, elle périclite.
Lorsque
les Espagnols
firent la conquête du pays au XVI
e
siècle, seul subistait
l'Empire aztèque. Venus du Nord,
les
Aztèques se sont sédentarisés et ont
fondé Tenochtitlán (l'actuelle Mexico)
vers 1325. Ils conquirent progressivement le Mexique central
en soumettant divers peuples (Otomis, Totonaques,
Huaxtèques, Mixtèques...), qui devaient payer un tribut
en nature et en vies humaines (les Aztèques croyaient que
leur dieu principal, Huitzilopochtli, se nourrissait de sang
humain).
En dépit de cette sanglante coutume,
les Aztèques n'en développèrent pas moins une
brillante civilisation; les Espagnols furent d'ailleurs
séduits par la beauté et la taille de Tenochtitlán,
qui comptait de 50'000 à 60'000 individus
en 1519. Outre les techniques et cultures (maïs,
haricots, courges) communes aux civilisations amérindiennes,
les Aztèques mirent au point le système des chinampas
(jardins flottants), qui permettait de mettre en valeur les marais.
Mais ce puissant empire ne résistera pas aux Espagnols, qui
trouveront des alliés parmi les peuples soumis à la loi
aztèque.
L'époque coloniale
Ceux qui deviendront les «conquistadores» sont, dans un premier temps, accueillis avec crainte et respect. Les Amérindiens voyaient en eux les descendants du dieu Quetzalcóatl («Serpent à plumes»), venus restaurer l'empire de leur illustre ancêtre.
L'empereur aztèque Moctezuma reçoit avec éclat ces visiteurs que la richesse des autochtones attire. Leur brutalité provoque la révolte de la Noche Triste (30 juin 1520): les Aztèques massacrent la garnison espagnole. Cortés reprend Tenochtitlán, en août 1521, et fait exécuter Cuauhtémoc, le successeur de Moctezuma.
Dès lors, les Espagnols se lancent à la conquête d'un vaste empire colonial allant de la Floride à la Patagonie. Colonie de peuplement et d'exploitations, le Mexique devient la vice-royauté de Nouvelle-Espagne. Les richesses du sous-sol et du sol seront mises en valeur à grande échelle, pendant trois siècles, au profit de la métropole.
Une fois les trésors pillés, les Espagnols, grâce à la main-d'œuvre indienne réduite en esclavage, exploitent les mines d'or et d'argent de Guanajuato, Zacatecas et San Luis Potosí. Les principales villes mexicaines sont fondées dès le XVI e siècle: Mexico (sur les ruines de Tenochtitlán), Guadalajara, Puebla et Monterrey.
Dans le même temps, Bartolomé de Las Casas s'insurgera contre le sort réservé aux Indiens et à leurs civilisations, les conquistadores détruisant systématiquement les temples et les manuscrits, imposant la religion catholique et les valeurs occidentales, confisquant les terres des communautés pour doter les Espagnols de vastes latifundia. Les paysages se transforment, les Espagnols introduisent de nouvelles cultures (canne à sucre, blé, café, vigne), de nouveaux animaux (porcs, chevaux, bovins, ovins, caprins) et de nouvelles techniques, notamment en matière de transport (les Amérindiens n'utilisaient pas la roue).
Le bilan de cette période est très controversé: d'aucuns soulignent la saignée démographique des Amérindiens, victimes de la cruauté des Espagnols et des épidémies (la chute démographique aurait atteint de 70 à 80 % de la population initiale); d'autres estiment que les innovations introduites par les conquistadores préparèrent l'insertion de l'Amérique latine dans l'économie mondiale.
De l'indépendance à la Révolution
De 1810 à 1910, le Mexique
connaît une période fertile en événements.
En 1810, le curé Miguel Hidalgo y Costilla, héritier
spirituel de Las Casas, indigné par la misère indienne,
lève une armée d'Indiens: elle sera écrasée
en 1811. Morelos, un curé métis qui affrontera le
peloton d'exécution en 1815, relance une insurrection
qui sera également écrasée: l'idée
d'indépendance a germé. Les gachupines (Espagnols de
la métropole), qui détiennent l'appareil politique,
se heurtent aux créoles, détenteurs du pouvoir
économique.
Progressivement, la volonté
d'indépendance rapproche créoles et insurgés.
C'est ainsi qu'Agustín de Iturbide reçoit
l'appui des «rebelles», conduits par Guerrero, et
entre en libérateur à Mexico (1821). Sacré
empereur en 1822, il est renversé par l'armée,
un an plus tard, et la république est proclamée par le
général Antonio López de Santa Anna.
Deux clans s'affrontent: les
centralistes, conservateurs, cléricaux et partisans d'un
exécutif fort et centralisé à Mexico; les
libéraux, anticléricaux et partisans d'une
république fédérale. Santa Anna parvient à
s'imposer de 1823 à 1855, s'appuyant tour
à tour sur les conservateurs et les libéraux. Le
nationalisme mexicain se renforce au cours de la guerre
désastreuse contre les Américains, qui se solde par la
perte du Texas (1836), puis de la haute Californie et du
Nouveau-Mexique (1847-1848).
Les libéraux s'emparent du
pouvoir en 1855 et mènent une politique de
réformes: ils suppriment la propriété collective
foncière, les terres du clergé et les ejidos (terres
communales). Ces mesures provoquent la «guerre de la
réforme», ou «guerre de trois ans»
(1858-1861), qui voit les libéraux, conduits par Benito
Juárez, prendre Mexico en 1861. Juárez doit
affronter le corps expéditionnaire de
Napoléon III,
qui installe au pouvoir
Maximilien
d'Autriche (1864). Alors qu'en Europe la situation est
tendue à Paris et à Berlin, le retrait français
conduit à la chute de l'empereur Maximilien. Juárez
reprend le pouvoir en 1867.
A sa mort (1872), après quelques
vicissitudes, Porfirio Díaz prend les rênes du pays
(1876-1911). Conseillé par des technocrates positivistes, il
modernise le pays et l'ouvre aux investissements
américains. Mais, alors que l'industrie et le commerce se
développent, les inégalités sociales, avec surtout
la misère rurale, se renforcent et provoquent la
révolution de 1910.
La Révolution institutionnalisée
Ayant fait emprisonner son rival Francisco
Madero, Díaz est réélu à la présidence
en 1910. Mais les madéristes le renversent, et le pays va
connaître, pendant dix ans, une période instable. Madero,
fils d'un grand propriétaire foncier, ne s'attaque
guère aux problèmes agraires alors que les campagnes
forment une véritable poudrière: 1 % de la
population possède 97 % des terres, et 90 % des
ruraux sont exploités sur les grands domaines.
Dès 1911, Emiliano Zapata
proclame le plan d'Ayala (expropriation des grands
propriétaires). Les troupes paysannes de Zapata et de Pancho
Villa sont devenues la principale force révolutionnaire.
Mais la bourgeoisie est un puissant obstacle aux réformes
(Villa et Zapata seront assassinés). En 1917 est
adoptée la Constitution.
De 1920 (année de
l'assassinat de Venustiano Carranza) à 1934, deux
généraux, Alvaro Obregón et Plutarco Elías
Calles, dominent le pays. Corruption et assassinats sont monnaie
courante. L'anticléricalisme de Calles débouche sur
la révolte des Cristeros (1926-1929). Le climat s'apaise
lorsque Lázaro Cárdenas prend le pouvoir (1934-1940).
Personnage resté très populaire pour avoir mené
réformes agraires et nationalisations, il intervient
énergiquement pour relancer la production et résorber
le chômage.
De 1940 à 1970, le pays
connaît une phase de croissance au cours de laquelle
l'industrialisation, l'essor des exportations et
l'apport des investissements étrangers soutiennent le
décollage économique. Mais le Mexique
n'échappe pas à la crise du début des
années 1970. Hausse du prix de l'énergie (le pays
est importateur de pétrole jusqu'en 1974),
déficit public et inflation plongent le pays entier dans un
profond marasme.
José López Portillo,
président de 1976 à 1982, rétablit la
confiance des milieux d'affaires, tempère les
revendications syndicales et met sur pied un premier plan
quinquennal (1978-1982), l'essor des exportations
pétrolières devant soutenir le financement de multiples
programmes socio-économiques. Miguel De la Madrid
(1982-1988), puis Carlos Salinas de Gortari (1988-1994) adoptent
une politique économique libérale, marquée par une
vague de privatisations.
Alors que le pays s'apprêtait
à entrer dans le grand marché de libre-échange
nord-américain, l'Alena (ratifié par les Etats-Unis
le 22 novembre 1994), et qu'il était admis
à l'APEC (coopération économique de la zone
Pacifique) et à l'OCDE (avril 1994), éclate
une double crise politique (insurrection du Chiapas en
janvier 1994, qui après une longue période de
négociations amènera l'intervention de
l'armée en février 1995) et financière
(le 20 décembre 1994, le peso chute de 40 %,
ce qui conduit les Etats-Unis et le Canada à mettre 10,5
milliards de dollars à la disposition du Mexique, aide
portée à 18 milliards par la communauté
internationale).
Le nouveau président Ernesto
Zedillo, élu en août 1994 à la place de Luis
Donaldo Colosio, assassiné le 23 mars, doit alors faire
face à la double fragilisation de l'économie et du
système politique. Plus encore que la victoire du Parti
démocratique (PRD, opposition de gauche) qui obtient la
majorité des sièges à l'Assemblée
nationale, à l'issue des élections
législatives du 6 juillet 1997, la nomination de
son candidat, Cuauhtémoc Cardenas, à la mairie de
Mexico, marque la fin de l'hégémonie du Parti
révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir depuis
1929.
En dépit de l'amélioration
des indicateurs macroéconomiques (hausse du PIB, baisse de
l'inflation et du taux de chômage), les Mexicains ont
voulu sanctionner l'écart toujours plus grand entre les
riches et les pauvres. Marquée par un nouveau massacre
d'Indiens au Chiapas, la fin de l'année 1997 l'est
aussi par les résultats de l'enquête qui mettent
directement en cause l'un des membres du gouvernement.
Cherchant une issue au conflit, le président Ernesto Zedillo,
propose quelques mois plus tard (mars 1998), une révision
des droits des peuples autochtones, en matières juridique,
culturelle et économique, en soumettant au Parlement plusieurs
amendements à la Constitution. Contre toute attente, le
2 juillet 2000, le candidat du Parti d'action nationale
(PAN), Vicente Fox remporte les élections et succède
à Ernesto Zedillo à la présidence du pays.
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