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Dossier(s) : Pays > Amérique > Pérou © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

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Bien que situé dans la zone
équatoriale, ce pays de 1'285'220 km
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, dispose donc d'une gamme variée
d'écosystèmes. Depuis la destruction de l'Empire
inca, le Pérou a connu une histoire marquée par la
violence. Pillé par les conquistadores, victime des ambitions
de caudillos puis de celles de ses voisins, le pays - jadis
synonyme de richesse - s'enlise dans un conflit sanglant
opposant l'Etat et les mouvements révolutionnaires, qui
restent parmi les plus actifs d'Amérique latine.
Les civilisations précolombiennes
Bien que
les Incas soient
le peuple le plus connu de l'époque précolombienne,
ils ne furent que les héritiers
des brillantes
civilisations qui les précédèrent. Les vestiges
archéologiques témoignent d'une occupation humaine
remontant à 26'000 ans avant notre ère. A partir
de 2500 av. J.-C., des temples sont
érigés. La première
civilisation,
celle de Chavín de Huantar, s'épanouit vers 1500
et couvre la moitié du Pérou. De 300 av. J.-C.
à 300 apr. J.-C. se développe la civilisation
de Paracas (centre et sud), à laquelle succéda celle des
Chinchas.
Du VIII
e
au XII
e
siècle, la civilisation de
Tiahuanaco (sur les bords du lac Titicaca), qui fusionna avec
l'empire de Huari, marque de son empreinte le centre du
Pérou. A partir du XII
e
siècle s'affirme
l'empire des Chimús, qui s'opposent aux Incas,
désireux d'imposer leur hégémonie.
L'origine de ces derniers demeure controversée, leur nom
même étant sujet à polémiques (il signifie
«souverain» en langue quechua).
Vers 1200, les Incas fondent Cuzco,
étendent leur domination sur les peuples voisins et assimilent
les cultures des peuples conquis. Au début du XVI
e
siècle, leur Empire
s'étend de la Colombie au Chili. Fortement structuré,
il étonne les conquistadores. A la tête de l'Etat,
outre l'Inca, prêtres, chefs guerriers et fonctionnaires
assurent la gestion du royaume. L'ayllu, constitué de
petites communautés villageoises, forme l'unité de
base. La propriété privée de la terre n'existe
pas (les fonctionnaires se chargent de la répartition des
productions). Le système du quipu (cordes nouées) permet
le recensement régulier des hommes et des biens. Les voies de
communication quadrillent remarquablement l'Empire
(11'000 km de pistes). Privée de toute liberté
individuelle, la population est soumise aux corvées,
lesquelles ont permis d'édifier les grandes cités
(Machu Picchu, Písac...).
L'époque coloniale
Francisco Pizarro commence la conquête du Pérou en 1531 avec 180 hommes; il se rend maître, par traîtrise, du souverain inca Atahualpa à Cajamarca (1532). L'avidité provoque des querelles entre les conquérants (Pizarro est assassiné en 1541). Pedro de La Gasca, envoyé de Charles Quint, rétablit l'ordre et crée la vice-royauté du Pérou, dont Lima est la capitale. Dès lors commence l'exploitation des hommes et des richesses minières (or, argent de Potosí).
Parqués dans des réserves, convertis de force au christianisme, contraints de verser tribut en hommes et en denrées diverses, les Amérindiens se révoltent maintes fois. Le heurt des deux civilisations se traduit par l'effondrement démographique de la population andine, victime du choc microbien et des travaux forcés, c'est ce qui amène les Espagnols à importer des esclaves noirs. Progressivement les fractures sociales s'exacerbent entre les créoles, qui contrôlent la vie économique, et les métropolitains, qui disposent du pouvoir politique et administratif.
Indépendance et évolution politique récente
Influencés par
les idées
révolutionnaires européennes, des mouvements
insurrectionnels se manifestent et mettent à profit
l'occupation de l'Espagne par
les troupes
napoléoniennes. De 1809 à 1824, les
révolutionnaires, qui reçoivent l'appui de Simón
Bolívar et de José de San Martín, combattent les
royalistes. En décembre 1824, ces derniers sont
définitivement vaincus à Ayacucho.
Mais, alors que les vainqueurs se
disputent le pouvoir, le Pérou traverse une longue
période rythmée par des coups d'Etat et des
conflits territoriaux avec ses voisins (Bolivie, Equateur,
Chili). A partir de 1854, le pays retrouve une certaine
prospérité grâce à la valorisation du guano
et à la création des voies ferrées reliant Lima
aux villes minières andines. La suppression de
l'esclavage entraîne l'importation d'une
main-d'œuvre chinoise.
La guerre du Pacifique (1879-1883),
perdue contre le Chili, révèle la fragilité de la
jeune nation. La bourgeoisie liménienne pactise avec
l'occupant, tandis que se développent des mouvements de
résistance dans les Andes. Le Pérou s'engage
ensuite dans la voie de la prospérité: croissance des
exportations de guano, de produits miniers et de caoutchouc;
investissements des firmes britanniques et américaines.
Mais la situation sociale se durcit,
notamment dans les campagnes. Dans ce contexte de tensions, les
partis d'opposition se développent (création de
l'Alliance populaire révolutionnaire américaine
en 1924, et du parti communiste en 1930).
Jusqu'en 1980 se succèdent coups d'Etat et
gouvernements démocratiques.
La démocratie menacée
Après une longue période de
gouvernement militaire (1968-1980), le Pérou renoue avec la
démocratie. Le président Fernando Belaúnde Terry
tente sans succès une expérience libérale.
En 1985, Alan García, candidat de l'APRA, remporte
l'élection présidentielle. Il fait adopter des
mesures sociales en faveur des plus démunis, refuse la
«potion» libérale préconisée par le FMI et
limite le remboursement du service de la dette (ce qui
entraîne l'isolement du Pérou sur la scène
internationale). La crise économique et politique
s'aggravant, García doit revenir en 1988 à une
politique d'austérité; source d'hyperinflation,
celle-ci ampute de 40 % le pouvoir d'achat des
Péruviens. En outre, le Pérou est le foyer d'une
épidémie de choléra qui se répand dans toute
l'Amérique latine.
Parallèlement, l'activisme des
guérilleros du Sentier lumineux et du Mouvement
révolutionnaire Tupac-Amaru (MRTA) fait régner un
climat d'insécurité. En juillet 1990, Alberto
Fujimori est élu président. En janvier 1995, un
conflit éclate avec l'Equateur à propos d'un
territoire de la cordillère du Condor, déjà
disputé entre les deux pays en 1941. En avril de la
même année, le président en exercice, qui a
remporté d'importantes victoires contre la
guérilla, est réélu dans un contexte
économique plus favorable mais sur fond de crise sociale. De
plus, la prise d'otages de l'ambassade du Japon à
Lima par le MRTA (décembre 1996-avril 1997) et la
persistance du narcotrafic conduisent à moduler le bilan de
l'ère Fujimori.
Le 5 janvier 1999, le
président Fujimori nomme Víctor Joy Way Rojas à la
tête du gouvernement. En octobre, ce dernier est remplacé
par José Alberto Bustamante Belaunde. Sur le plan
diplomatique, l'année est marquée par la signature
avec l'Equateur, d'un accord fixant définitivement les
frontières respectives des deux pays en Amazonie. Après
plus d'un siècle et demi de différends diplomatiques
et de conflits armés avec l'Equateur, le Pérou prend
ainsi le contrôle des 200'000 km
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de l'Amazonie auparavant
revendiqués par l'Equateur. En contrepartie, l'enclave
de Tiwinza, d'une superficie de 1 km
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, est rétrocédée à ce
dernier, qui obtient également le droit de créer deux
centres de commerce et de navigation de 150 hectares chacun,
sur les fleuves Marañón et Amazone.
Réélu en mai 2000 malgré
des accusations de pratiques frauduleuses invoquées par son
principal adversaire Alejandro Toledo, Alberto Fujimori est
destitué par le Congrès en novembre alors que
d'autres accusations de corruption sont portées contre
lui. La présidence par intérim est assurée
jusqu'aux prochaines élections, prévues en
avril 2001, par le président du Congrès, Valentin
Paniagua, tandis que Javier Perez de Cuellar, ancien
secrétaire général des Nations unies, a
été nommé Premier ministre.
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