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Dossier(s) : Pays > Europe > Serbie © Hachette Livre et/ou Hachette
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La Serbie est, avec
le
Monténégro, l'une des deux républiques
constitutives de la nouvelle république fédérale de
Yougoslavie, fondée le 27 avril 1992. Elle est
limitée au nord par
la Hongrie, à
l'est par
la Roumanie et
la Bulgarie, au
sud par la Macédoine et
l'Albanie,
à l'ouest par le Monténégro,
la
Bosnie-Herzégovine et
la
Croatie.
La Serbie, dont la capitale est Belgrade,
inclut deux provinces à statut spécial : la
Voïvodine au nord, et le Kosovo au sud.
Au Moyen Age
Au début du VII
e
siècle, les premières tribus
slaves venues du nord pénètrent dans les Balkans -
d'abord les Slovènes, puis les Serbes et les Croates.
Serbes et Croates s'établissent alors, avec l'accord
de l'empereur Héraclius, dans la partie nord-ouest de la
péninsule des Balkans. Les Serbes peuplent ainsi non seulement
la Serbie mais également la Bosnie, l'Herzégovine et
le Monténégro, les Croates se répartissant entre la
Croatie, la Slavonie et la Dalmatie. Serbes et Croates ne sont
qu'un seul et même peuple, et ils parlent la même
langue, issue du slavon.
Mais les Croates sont catholiques romains
et emploient l'alphabet latin; les Serbes, eux, ont
été christianisés par les apôtres slaves
Cyrille et Méthode, qui ont utilisé l'alphabet
cyrillique pour traduire l'Ecriture sainte; ils sont donc
orthodoxes grecs et sont vassaux de
l'Empire
byzantin. Ainsi, l'Eglise romaine exercera son emprise sur
le littoral, tandis que Constantinople rayonnera sur les terres
intérieures.
La naissance de la Serbie
En 1159, l'un des chefs locaux, Stefan
(Etienne) Nemanja, parvient à étendre son autorité
sur l'ensemble des groupes slaves et fonde la dynastie des
Nemanja, qui secoue en 1180 la tutelle byzantine; bien que vaincu,
il garde néanmoins le droit de réorganiser son Etat et
son Eglise. En 1217, son fils et successeur, Stéphane, prend
le premier le titre de kral («roi»), tandis que vers
1219, saint Sava, un autre des fils de Stefan Nemanja, devient le
premier archevêque de la nouvelle Eglise orthodoxe serbe.
C'est sous le règne d'Etienne IX Douchan (ou DuUan,
1331-1355) que la Serbie médiévale atteint son
apogée.
En 1346, Etienne IX se proclame empereur
des Serbes et des Grecs à Skoplje, sa nouvelle capitale.
C'est durant cette période que l'art serbe
connaît son âge d'or; de talentueux artistes grecs
travaillent à la construction et à la décoration de
nombreux monastères, comme ceux de Studenica, DeIani ou
GraIanica. C'est aussi l'époque de l'apogée
du port de Raguse. L'empire ne survit pas à son fondateur:
il éclate rapidement en principautés rivales qui
s'affrontent, avec les éléments décomposés
de l'ancienne Byzance, sous le regard des sultans.
La lutte contre les Ottomans
L'Etat serbe devient vassal des Turcs
à la suite de l'invasion de 1370, sanctionnée
par les défaites des Serbes à Maritsa (1371) et à
Kosovo (1389), où le prince serbe Lazare perd la vie,
décapité par les Ottomans; en 1459, la Serbie devient une
province turque. Cependant, la langue et la religion serbes sont
conservées, et constituent la base du nationalisme, qui peut
se développer à la faveur de la décomposition de
l'Empire
ottoman au XIX
e
siècle. Une longue période de
résistance est ouverte par les atrocités des janissaires:
en 1804, Karageorges prend la tête du soulèvement contre
les Turcs, mais il se fait assassiner par son rival, Miloch
Obrenovitch. En 1815, sous la direction de ce dernier, les Serbes
arrachent à la Sublime Porte une semi-autonomie; la Serbie
devient principauté vassale du sultan en 1833 (grâce
à l'intervention diplomatique de la Russie).
En 1844, le ministre serbe de
l'Intérieur, Illija GaraUanin, élabore un
document-programme, le Nacertanije, «l'Esquisse»;
dirigé contre les Ottomans, ce manifeste prévoit le
rassemblement des tous les Slaves du Sud dans un même Etat
placé sous la direction des Serbes. En 1856, le traité
de Paris garantit les privilèges acquis par la Serbie. En
1861, la Serbie, qui était jusqu'alors
théoriquement la vassale de l'Empire ottoman, commence
sa marche vers l'indépendance en organisant sa propre
armée et son propre système éducatif; Istanbul
réplique en bombardant Belgrade en 1862, mais les Ottomans
sont contraints d'abandonner de fait la Serbie en 1867.
Durant cette période, la Serbie,en nouant des contacts avec
ses voisins grecs, monténégrins, roumains et bulgares,
vise à former une confédération balkanique
dirigée contre l'«Homme malade de
l'Europe».
En 1875, des troubles éclatent en
Bosnie-Herzégovine; la Serbie et le Monténégro,
qui souhaitent limiter l'expansion possible des Bulgares
nouvellement libérés, déclarent la guerre à
l'Empire ottoman le 2 juillet 1876. Vaincus, les Serbes,
mettant à profit la guerre russo-turque déclenchée
pour une large part sous l'influence du panslavisme qui
domine alors à Moscou, reprennent les armes, et obtiennent
leur indépendance complète en 1878, par le traité
de Berlin. La poussée nationaliste serbe n'est pas
isolée : partout l'Empire ottoman est contraint de
céder à la fois sous l'influence de ses propres
réformateurs, qui espèrent sauver l'empire en le
faisant évoluer, et sous la poussée des divers
nationalistes, encouragés par la faiblesse de leur suzerain
et par les réformes elles-mêmes, qu'ils
considèrent comme une nouvelle preuve de cette
faiblesse.
En 1912, la Serbie s'allie avec la
Bulgarie et la
Grèce contre
l'Empire ottoman; c'est la première des guerres
balkaniques. Vaincus, les Ottomans doivent abandonner la
totalité de leurs territoires d'Europe, dont le partage
difficile déclenche en 1913 une nouvelle guerre entre les
anciens alliés au terme de laquelle la Serbie, qui
s'impose comme première puissance des Balkans,
élargit son territoire vers le sud.
La lutte contre l'Empire
austro-hongrois
Les activités des Serbes au sein de
l'Empire austro-hongrois sont également déterminantes
dans la naissance d'un puissant sentiment national. Les
difficultés rencontrées par
les Habsbourgs
dans la seconde moitié du XIX
e
siècle, même après
qu'ils eurent maté les soulèvements de 1848, sont en
effet l'occasion pour les Serbes qui vivent dans les limites de
l'empire d'appuyer dans un premier temps les revendications
des Croates, qui cherchent à obtenir soit l'autonomie au
sein de l'empire, soit la création d'un Etat
yougoslave («des Slaves du Sud») rassemblant Serbes et
Croates. Mais le mouvement yougoslave s'affaiblit dans les
dernières années du XIX
e
siècle, ce qui conduit les Croates
à s'opposer peu à peu aux Serbes, au point que se
produisent des heurts violents.
En 1885, la guerre déclenchée
par la Serbie contre la Bulgarie, dans le but de s'opposer
à la montée en puissance de cette dernière, a pour
principale conséquence de renforcer l'influence
autrichienne dans les Balkans; en effet, les Serbes, vaincus,
sont contraints de faire appel à l'Autriche-Hongrie afin
qu'elle intervienne pour mettre un terme au conflit.
Mais le renversement des alliances
consécutif à l'assassinat du roi de Serbie,
Alexandre Ier Obrénovitch, pro-autrichien, par le groupe
nationaliste la Main noire (1903), et l'instauration de la
Triple Entente (France, Grande-Bretagne, Russie, 1904) a pour
effet d'augmenter la tension entre Vienne et Belgrade, qui se
voit à nouveau soutenue par une puissance coalition. Pierre
Ier Karageorges monte sur le trône, tandis que la propagande
pour la Grande Serbie menée par le chef du gouvernement,
Nikola PaUi6, s'intensifie.
Le contexte international est dès
lors extrêmement tendu, et lors de l'annexion de la
Bosnie-Herzégovine par l'Autriche en 1908, la Serbie ne
renonce à la guerre que sur le conseil pressant de la Russie.
Les guerres balkaniques consacrent le rôle de la Serbie comme
fédérateur des aspirations de l'ensemble des Slaves
du Sud, et Belgrade est désormais l'obstacle principal
à la politique de Vienne dans la région.
Le tournant de 1914
L'attentat de Sarajevo, le
28 juin 1914, commis par un nationaliste serbe de la Main
noire, Gavrilo Princip, fournit à l'Autriche le
prétexte d'une intervention militaire en Serbie. La Serbie
rejette l'ultimatum autrichien, notamment la condition qui
exige que Belgrade autorise des enquêteurs impériaux
à effectuer leurs recherches sur le territoire serbe. La
déclaration de guerre de l'Autriche à la Serbie
décide alors la Russie à entrer en guerre,
entraînant par le jeu des alliances la France, la
Grande-Bretagne et l'Allemagne dans le premier conflit mondial.
La lutte entre Serbes et Autrichiens reste indécise,
jusqu'à ce que les Allemands et les Bulgares se joignent
aux forces impériales, et écrasent les Serbes.
En 1916, l'armée serbe doit
faire retraite vers les ports méridionaux où elle est
évacuée, ainsi que nombre de civils, par les navires
français; par la suite, les Serbes reprennent part aux
combats lors de l'attaque anglo-française menée
à partir de Salonique - ces deux épisodes sont
à l'origine d'un sentiment d'amitié
étroite entre la France et la Serbie qui perdurera tout au
long du siècle.
Dans les Balkans, la victoire finale de
l'Entente sur les Empires centraux se traduit le 1
er
décembre 1918 par la
création du royaume des Serbes, des Croates et des
Slovènes, devenu le royaume de Yougoslavie en 1929 et qui
se constitue en 1945 en république socialiste
fédérative de Yougoslavie. Cette Yougoslavie a disparu
entre 1991 et le 27 avril 1992, date à laquelle
la Serbie et le Monténégro constituèrent la
république fédérale de Yougoslavie.
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