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Dossier(s) : Pays > Europe > Slovaquie © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

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Etat de 48 630 km
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, en Europe centrale, limité au nord
par la République
tchèque et la
Pologne, à
l'est par l'Ukraine, au sud par la
Hongrie et à
l'ouest par l'
Autriche, issu de
la partition de la Tchécoslovaquie en 1993.
Le Moyen Age
Les premiers Slaves slovaques,
succédant
aux Germains,
s'établissent sur l'actuel territoire slovaque au
VI
e
siècle. Unis aux Tchèques
dans l'Etat de Grande-Moravie au IX
e
siècle et
christianisés
par les missions franques encouragées par
l'évêché de Salzbourg et de Passau, puis celles
du grec Méthode (Nitra fut à cette époque un
évêché, qui dépendait de Méthode,
archevêque de Moravie), les Slovaques doivent subir au
XI
e
siècle l'invasion des
Magyars (
Hongrois). Sous le
règne du roi hongrois Matias Corvin (1458-1490), la Slovaquie
entra en contact avec l' humanisme de
la
Renaissance.
En 1465, à l'initiative de
l'archevêque d'Estergom d'origine croate, Jan
Vitez de Sredna, fut fondée l'Academica Istropolitana
(Istropolis était le nom grécisé de Bratislava),
sur le modèle de l'université de la Sorbonne. Cette
période vit également le développement de villes
d'extraction minière (or à Kremnica, cuivre à
Banska Bystrica, argent à Banska Stiavnica) et du commerce.
Les Slovaques sont refoulés dans les monts
métallifères et les meilleures terres de plaine sont
colonisées par les Magyars.
Plusieurs siècles après, la
pression
turque sur la
grande plaine hongroise, permanente après la victoire turque
de 1526, contraint l'aristocratie magyare à
s'installer en Slovaquie et à transférer la capitale
de Budapest à Pozony, nom hongrois de Bratislava (appellé
dès le XIII
e
siècle Presbourg par les marchands
allemands, et Presporok par les Slovaques). Elle devient la ville
de la Diète hongroise et la métropole religieuse de la
Hongrie avec Trnava.
La Réforme
Les armées hussites avaient pénétré en
Slovaquie en 1428, mais c'est autour des
années 1520, à travers d'abord la bourgeoisie
allemande des villes hongroises restée en contact avec son
pays d'origine, puis par des étudiants de Slovaquie qui
fréquentaient les universités allemandes que se fit la
diffusion des idées de
la Réforme.
Dans les régions habitées par les Slovaques, des
prédicateurs encouragés par des seigneurs et des
généraux de l'Empire magyar propagèrent la
doctrine de
Luther et les
grandes villes slovaques devinrent rapidement des foyers du
protestantisme.
Si, au début,
les Habsbourg
prétendant au trône apportèrent leur appui au
mouvement de la Réforme afin de se concilier la noblesse et la
population des villes, ils soutinrent sans condition, dès la
fin du XVI
e
siècle, une reconquête
catholique souvent
brutale, dans laquelle les jésuites représentaient
l'élément central. La Slovaquie connut pendant des
décennies de violents conflits religieux.
La force de l'emprise hongroise
A partir du XVIII
e
siècle, quand la pression
ottomane se
desserra, l'emprise
hongroise ne cessa
de progresser en plaine, «magyarisant» les populations en
place qui ne pouvaient compter sur aucun appui extérieur. Se
met alors en place une structure agraire duale, opposant les
immenses propriétés aristocratiques, agricoles ou de
chasse aux microfundia paysans.
Dans le même temps, la Slovaquie
prend conscience de son particularisme culturel et linguistique,
grâce à la création d'universités par les
catholiques. En 1848, à l'occasion des graves
difficultés que connaît l'
Autriche à
la nouvelle de
la Révolution
française, le nationalisme slovaque s'exprime
ouvertement en réclamant vainement l'autonomie au sein
de la Hongrie. Aussi, lorsque les Magyars font sécession,
sous la direction de Kossuth, en 1848, les Slovaques se
rangent-ils du côté de l'Autriche.
En 1861, par un mémorandum
adressé à la Diète, les Slovaques réclament
que l'on reconnaisse l'existence de la nation slovaque et
la délimitation d'une région slovaque de
Haute-Hongrie où le slovaque serait la langue de
l'enseignement et de l'administration. Le texte
reconnaît le hongrois comme langue de la diplomatie et
langue courante à l'intérieur du pays.
En 1863, la principale association
culturelle, la Matica, est fondée à Martin. Mais, avec le
compromis austro-hongrois de 1867, à la suite duquel
François-Joseph, empereur d'Autriche, est couronné
roi de Hongrie (fondation de la double monarchie austro-hongroise),
les Magyars dont l'autorité est restaurée tentent de
réduire la minorité slovaque (10 % de la population
hongroise), en lui imposant leur langue et leur culture et,
en 1875, la Matica est fermée.
Vers l'union avec les Tchèques
Les mouvements nationalistes slovaques se
multiplient alors: ils ont pour objectif l'union avec
les Tchèques,
qui est réalisée après le démembrement de
l'Autriche-Hongrie en novembre 1918. En 1939,
l'action des autonomistes slovaques fournit à Hitler
l'occasion d'intervenir pour la seconde fois en
Tchécoslovaquie: il exige le droit à
l'autodétermination pour les Slovaques.
Une république slovaque est
proclamée en mars 1939, après le
démantèlement de la Tchécoslovaquie par
Hitler. Sous la
présidence de Mgr Tiso (octobre 1939), la
République slovaque se place aussitôt sous la
protection du Toisième Reich et met en œuvre la
politique hitlérienne. Un Conseil national slovaque, qui
rassemble plusieurs groupes de résistance - agrariens,
indépendants, communistes et socialistes - est
créé en décembre 1943 dans le but de préparer
un soulèvement. Le Conseil négocie avec des
représentants de l'armée slovaque son ralliement
à l'opération. Le soulèvement qui éclate
le 29 août 1944 à Banska Bystrica mobilise environ
60'000 soldats commandés successivement par les
généraux Jan Golian et Rudolf Viest, et
18'000 partisans.
L'insurrection est d'abord un
succès, mais l'entrée des troupes allemandes en
Slovaquie provoque l'échec des opérations
militaires. La ville de Banska Bystrica est prise à la fin
d'octobre 1944. La lutte des partisans se poursuit alors dans
les montagnes jusqu'à l'arrivé des troupes
soviétiques qui libèrent Kosice en janvier et
Bratislava en avril 1945.
Après
la Seconde Guerre
mondiale, la Slovaquie retourne à la Tchécoslovaquie.
Avant 1969, dans le cadre de l'Etat tchécoslovaque,
la Slovaquie a bénéficié de certaines institutions
propres, comme le Conseil national et le parti communiste slovaque.
A la suite de l'échec du printemps de Prague et de
l'occupation soviétique, une grande réforme
constitutionnelle se met en place, faisant de la Slovaquie une
nation à part entière au plan administratif et politique
au sein d'une République tchécoslovaque
fédérale.
La Slovaquie depuis 1989
Cette république fédérale ne survivra pas à la «Révolution de velours» de 1989, qui vit la chute du régime communiste, le retour sur la scène politique d'Alexandre DubIek (ancien dirigeant du printemps de Prague) et l'arrivée au pouvoir de l'écrivain Václav Havel (animateur du mouvement de défense des droits de l'homme de la Charte 77). Après six mois de négociation entre dirigeants (c'est-à-dire essentiellement entre les Premiers ministres tchèque et slovaque V. Klaus et V. Meciar) et sans consultation populaire (une grande partie de leurs concitoyens, semble-t-il, n'étaient pas favorables à la «partition»), la République fédérative tchèque et slovaque fait place, le 1er janvier 1993, à deux Etats distincts: la Slovaquie et la République tchèque. La République slovaque est devenue membre de l'ONU le 19 janvier 1993 et a été admise au Conseil de l'Europe le 30 juin de la même année.
Premier président élu en 1993, Michel Kovac a désigné l'artisan de l'indépendance, Vladimir Meciar, à la direction du gouvernement, après la victoire du parti de ce dernier aux élections législatives organisées en septembre 1994. En mars 1998, V. Meciar a succédé au président Kovac à la tête de l'Etat et a cumulé cette fonction avec celle de Premier ministre. Cependant, sa politique autoritaire et anti-démocratique (notamment vis-à-vis des minorités hongroise et tsigane), rendue responsable par l'opposition et par l'opinion de la disqualification du pays dans le processus d'intégration à l'OTAN et à l'Union européenne (en 1997), a été sanctionnée par les électeurs qui ont largement cautionné la candidature du chrétien-démocrate, Mikulas Dzurinda.
En 1999, si la restauration d'un Etat de droit et un retour à plus de démocratie semblent acquis, le Premier ministre et son gouvernement demeurent confrontés à une grave crise économique, illustrée notamment par une aggravation du chômage et un déficit du commerce extérieur persistant. Cependant, les améliorations notables apportées dans le domaine politique et l'élection, pour la première fois au suffrage universel direct, du président Rudolf Schuster en mai 1999, semblent jouer en faveur du dossier slovaque déposé auprès des instances de l'OTAN, de l'Union européenne et de l'OCDE. Cette dernière a d'ailleurs accepté l'adhésion de la République slovaque en septembre 2000.
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