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Dossier(s) : Pays > Afrique > Tanzanie © Hachette Livre et/ou Hachette
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La République unie de Tanzanie
(945 090 km
2
), constituée en 1964 par la
réunion du Tanganyika et de Zanzibar, est bordée au nord
par le Kenya et l'Ouganda, à l'est par
l'océan Indien, au sud par la Zambie, le Malawi et le
Mozambique, à
l'ouest par le Rwanda, le Burundi et le
Congo
démocratique (ex-Zaïre), dont elle est séparée
par le lac Tanganyika.
La côte tanzanienne a été,
au même titre que celle du
Kenya,
marquée par la présence de comptoirs commerciaux, où
dès le début de notre ère s'étaient
développés les échanges entre l'Afrique, le
monde arabe et l'Asie, et où s'épanouit la
civilisation
swahilie.
L'héritière de Zanzibar
L'irruption des
Portugais, au
XVI
e
siècle, perturba ce commerce
sans le faire disparaître. Au XIX
e
siècle, l'influence
swahilie se renforça dans le pays avec l'essor de
l'empire commercial de Zanzibar où, en 1840, vint
s'établir le sultan d'Oman Seyyid Saïd. Sous son
égide se développa dans les îles la production de
girofle, tandis que les caravanes commerciales
pénétraient de plus en plus loin vers
l'intérieur, à la recherche de l'ivoire et des
esclaves. Le long des routes des caravanes se
développèrent des comptoirs, noyaux de centres urbains,
comme Tabora. L'interdiction de la traite internationale, suite
à une alliance avec la
Grande-Bretagne,
conduisit à utiliser les esclaves dans des plantations et
grandes exploitations qui s'étendirent sur la côte.
La Tanzanie actuelle est en quelque sorte l'héritière
de l'empire de Zanzibar.
La période coloniale
Des traités de protectorat
(1884-1885) signés par Carl Peters au nom de la Deutsche
Östafrikanische Gesellschaft, conduisirent l'Empire
allemand à occuper l'Afrique-Orientale allemande,
comprenant, outre le Tanganyika, les actuels Rwanda et Burundi. Une
active colonisation agricole allemande fut entreprise, notamment
dans les massifs montagneux du Nord et du Sud.
Le contrôle du territoire ne se
réalisa pas sans violence, notamment lors de la
répression de la révolte maji-maji (1905-1906) qui
dépeupla en partie les hautes terres du Sud. A l'issue de
la Première
Guerre mondiale, où les troupes allemandes
résistèrent jusqu'à l'armistice de
novembre 1918, l'Afrique orientale allemande fut
divisée: le «Rouanda-Ouroundi» fut confié en
mandat à la Belgique par la SDN, cependant que la
Grande-Bretagne administrait le reste du territoire sous le nom de
Tanganyika. Ce mandat fut la cendrillon des territoires
britanniques d'Afrique de l'Est: des efforts
d'investissement ne furent consentis qu'à partir
de 1945, avec l'extension du coton en pays sukuma et un
grandiose plan de développement de culture mécanisée
de l'arachide (Groundnut Scheme) dans le centre du pays, qui
fut un échec.
La lutte pour l'indépendance
La lutte nationaliste fut conduite par la
Tanganyika African National Union, dirigée par Julius Nyerere
dans un climat d'union entre tribus, voire entre races, car la
TANU acceptait dans ses rangs les Asiatiques. Le pays devint
indépendant en 1961. L'indépendance de Zanzibar
ayant débouché sur des troubles violents opposant aux
descendants d'Arabes les populations d'origine africaine,
Nyerere, soucieux notamment d'éviter qu'un régime
aligné sur l'Union soviétique se mît en place
dans l'archipel, parvint à réaliser l'union du
Tanganyika et de Zanzibar pour constituer la Tanzanie
(avril 1964); Nyerere en devint le président, et le
président de Zanzibar, Abeid Karume, le vice-président.
L'expérience Nyerere
Les premières années, Nyerere
pratiqua une politique de développement assez éclectique,
appuyée sur l'aide étrangère. Mais ses positions
en politique étrangère (conflits avec l'Allemagne
fédérale en raison des rapports de Zanzibar avec
l'Allemagne de l'Est, comme avec la Grande-Bretagne qui ne
s'opposait que mollement à la déclaration
unilatérale d'indépendance des Blancs
rhodésiens) l'ayant coupé de ses principales sources
de financement, il prit en 1967, par la déclaration
d'Arusha, une orientation socialiste utopique: le socialisme
Ujamaa tentait de combiner des principes de solidarité
tirés de la civilisation africaine et un idéal de
progrès
technique inspiré par la science moderne.
Une nationalisation des banques, des
grandes compagnies d'import-export, des principales
plantations et usines devait donner à l'Etat les moyens
de sa politique. Le regroupement de la population,
jusqu'alors dispersée en hameaux, dans des
«villages Ujamaa» devait à la fois permettre un
développement du travail communautaire, la réalisation
d'infrastructures, notamment en matière
d'éducation et de santé, et l'encadrement du
pays par le parti unique - la TANU, devenue en 1977 la Chama
Cha Mapinduzi (CCM), à la suite de sa fusion avec
l'Afro-Shirazi Party de Zanzibar. Le regroupement en villages
devint obligatoire en 1974 (leur taille moyenne atteignit
1700 habitants), mais l'idéal d'un socialisme à
la base s'était déjà effacé au profit
d'une simple modernisation sous l'étroit
contrôle de l'Etat.
Malgré des aides internationales
importantes, l'inefficacité des structures d'Etat,
notamment dans l'industrie et le commerce, la corruption, le
coût d'une politique étrangère ambitieuse
(soutien aux mouvements de libération en Afrique australe,
guerre contre l'Ouganda d'Idi Amin Dada en 1978)
conduisirent le pays à la faillite. Il a fallu négocier
avec les instances financières internationales et accepter une
politique de libéralisation économique
La Tanzanie aujourd'hui
La retraite politique de Nyerere (qui
abandonna la présidence en 1985) et l'instauration du
multipartisme ont marqué la fin d'une époque. Ali
Hassan Mwinyi, successeur de Nyerere, était loin d'avoir
son charisme, et Benjamin Mkapa, élu président
en 1995, se définit comme
«social-démocrate». La Tanzanie est
«rentrée dans le rang». La libéralisation
s'est accompagnée d'un développement de la
corruption, mais, malgré le retour au multipartisme (1992), la
contestation politique est absente de la Tanzanie continentale; il
n'en va pas de même à Zanzibar, où beaucoup
rêvent sinon d'indépendance, du moins d'une
autonomie encore plus grande.
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