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Dossier(s) : Pays > Amérique > Uruguay © Hachette Livre et/ou Hachette
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Séparé de
l'Argentine
par le río Uruguay à l'ouest, limité au nord par
le Brésil,
bordé au sud par le Río de la Plata et à l'est
par l'océan Atlantique, l'Uruguay est le plus petit
des Etats indépendants de l'Amérique du Sud avec une
superficie de 176'210 km
2
.
La période coloniale
A la suite des voyages de Juan Días
de Solís (qui débarqua le premier sur le sol uruguayen
en 1516), de Magellan et de quelques autres grands
navigateurs, Espagnols et Portugais - toujours à la
recherche d'une voie d'accès vers les Indes orientales
- décident de poursuivre l'exploration des terres
découvertes par leurs illustres marins. Malgré leur
farouche résistance, les tribus indigènes qui occupent le
territoire de l'actuel Uruguay sont exterminées.
Vers la fin du XVII
e
siècle,
les Portugais
fondent le port de Colonia del Sacramento pour mettre un frein
à l'expansion des Espagnols installés à
Buenos Aires, de l'autre côté du Río de la
Plata. Cette lutte d'influence pour la colonisation du pays se
poursuivra au cours du siècle suivant.
Les Espagnols,
cependant, vont prendre l'avantage: en 1726, ils fondent
Montevideo, peuplent la région située à l'est du
río Uruguay, la Banda oriental, et se font céder
Sacramento par les Portugais en 1777. Ils sont alors les
maîtres du territoire formant l'actuel Uruguay, qui
devient une colonie espagnole.
La marche vers
l'indépendance
Cependant, au début du XIX
e
siècle, les répercussions de la
guerre d'Indépendance des Etats-Unis, l'exemple de
l'Argentine qui se soulève contre l'Espagne et
proclame son indépendance (1710) sont à l'origine
d'un mouvement nationaliste et de la révolte de
l'Uruguay contre l'Espagne; mais le pays est
immédiatement en butte aux convoitises de ses deux puissants
voisins: le Brésil et l'Argentine.
Le Libertador José Artigas,
attaqué sur deux fronts, réussit à décourager
les Argentins, mais, trahi par certains de ses lieutenants, il ne
peut repousser les Portugais, qui annexent l'Uruguay à
l'empire brésilien; Artigas s'exile alors au Paraguay,
mais la lutte est reprise, avec l'appui du gouvernement
argentin, par un groupe de rebelles, les «Trente-Trois»,
auxquels se sont joints de nombreux volontaires. Finalement,
grâce aux pressions de la Grande-Bretagne sur le Brésil
et l'Argentine, ces deux pays reconnaissent
l'indépendance de la république de l'Uruguay
(1828) qui se donne une Constitution unitaire.
Une puissance latino-américaine
Les deux premiers présidents du
nouvel Etat sont le général Fructuoso Rivera, fondateur
du parti colorado, et le général Manuel Oribe, chef du
parti blanco. Oribe, chassé du pouvoir par Rivera,
assiège Montevideo défendue par Garibaldi, Rivera et un
corps expéditionnaire franco-anglais.
Cette longue guerre (1839-1851) et les
luttes intestines entre partis entravent longtemps
l'accession de l'Uruguay à la maturité
politique. A partir de 1910, et sous l'impulsion du
président José Batlle y Ordóñez, le pays
connaît cependant une période de stabilité
marquée par l'adoption d'une série de lois
sociales, et une prospérité économique fondée
sur l'exportation de la viande et de la laine.
En 1919, une nouvelle Constitution
remplace celle de 1830. Elle prévoit le partage du
pouvoir exécutif entre un conseil de neuf membres (dont
trois doivent appartenir au plus puissant parti minoritaire) et
le président de la République, élu pour quatre
ans, mais non immédiatement rééligible. Ce
système, inspiré de la Constitution helvétique,
vaut à l'Uruguay la stabilité politique, alors que
la plupart des nations sud-américaines vivent une succession
de pronunciamientos.
La crise mondiale de 1930, cependant,
amène au pouvoir Gabriel Terra, qui suspend la Constitution et
revient à un régime présidentiel. Mais en 1951,
la collégialité gouvernementale est rétablie et un
amendement constitutionnel supprime la charge de président de
la République.
L'Uruguay depuis 1960
Dans les années 1960,
l'économie uruguayenne traverse une période difficile
due à la mévente de la laine et de la viande, qui
succède à l'augmentation massive de la demande
mondiale provoquée par la guerre. Les faiblesses du
système économique apparaissent alors: le manque de
rentabilité de l'agriculture et l'insuffisance du
développement industriel entraînent la
nécessité absolue d'importer des produits
manufacturés, ce qui déséquilibre la balance
commerciale.
On peut aussi mentionner les lourdes
charges financières que doit supporter le pays, rançon
d'une politique sociale très développée. Ces
difficultés paralysent le fonctionnement du système
collégial, et une nouvelle Constitution, promulguée
en 1966, rétablit le régime présidentiel. La
crise financière et la politique d'austérité
suscitent une forte agitation. L'état d'exception
est proclamé en 1968. Un nouveau parti (Frente amplio),
plus dynamique que les partis blanco et colorado, se forme. La
révolte des Tupamaros, d'extrême gauche, est
violente.
En 1973, les militaires
s'emparent du pouvoir mais gardent le président
Bordaberry, qu'ils limogent trois ans plus tard. Ils continuent
à gouverner le pays jusqu'aux élections de
novembre 1984 que remporte Julio Maria Sanguinetti. Luis
Lacalle lui succède en novembre 1989. Toutefois Julio
Maria Sanguinetti est réélu en décembre 1994.
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