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Venezuela

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Situé dans le nord-est de l'Amérique du Sud, le Venezuela (912'050 km 2 ) est limité par la Colombie à l'ouest, le Brésil au sud, le Guyana à l'est et la mer des Antilles au nord . Les Espagnols ne s'intéressèrent guère à ce pays faiblement peuplé et ne recelant pas de métaux précieux. Pourtant, dès le début du XIX e  siècle, le Venezuela s'affirme comme pionnier dans la lutte pour l'indépendance.


La période coloniale
Faiblement peuplé par les Arawaks et les Caraïbes, qui ne laissèrent pas d'héritage comparable à ceux des grandes civilisations amérindiennes, le Venezuela, découvert par Christophe Colomb en 1498, intéresse si peu les Espagnols que Charles Quint concède en 1528 la valorisation du pays à la compagnie bancaire allemande des Welser. Si quelques colonies sont créées dans le Nord-Ouest, les colons ne font guère fortune. Lorsque la concession est résiliée, en 1556, l'Espagne reprend possession d'un territoire faiblement exploité.

Fondée en 1567, Caracas ne connaît pas le même essor que les autres villes coloniales; à la fin du XVII e siècle, la cité compte à peine 2300 âmes. Fruit de la mise en valeur opérée sous l'égide de la Compagnie du Guipúzcoa (constituée en 1728), l'exploitation des perles puis les plantations de canne à sucre, de tabac, de cacao, de café, de coton et d'indigo sont les principales activités de la colonie. Le développement de l'agriculture de plantation explique le recours à l'importation d'esclaves noirs.

Ainsi naît, comme en Colombie, une société coloniale originale dans le contexte andin. La bourgeoisie créole, supportant de plus en plus difficilement le monopole des échanges par les compagnies royales, se lance dans les activités de contrebande. En 1777, la fondation de la capitainerie générale du Venezuela ne peut désamorcer les tendances indépendantistes.


L'indépendance et le XIXe siècle
A la tête d'une troupe de révolutionnaires recrutés aux Etats-Unis, Francisco de Miranda débarque en 1806 au Venezuela. Bien que repoussé, il reprend la lutte en avril 1810. Le Congrès proclame le 5 juillet de l'année suivante une indépendance qu'il ne parvient pas à concrétiser.

Dix ans plus tard, l'armée conduite par le Libertador, Simón Bolívar, inflige une sévère défaite aux loyalistes (bataille de Carabobo). Cette victoire, qui a un énorme retentissement dans toute l'Amérique du Sud, est suivie de la libération de la Colombie, du Pérou et de la Bolivie. Le Venezuela fait dans un premier temps partie de la République de Grande-Colombie - fédération constituée par le Venezuela, la Colombie, Panamá et l'Equateur -, qui éclate à la mort de Bolívar (1830).  

Le Venezuela, avec Caracas pour capitale, devient un Etat à part entière, fort de 750'000 h. Le général José Antonio Páez, qui a mené la guerre dans les Llanos, devient président de la République. Il gouverne en s'appuyant sur les notables. Les conservateurs (José Antonio Páez, José María Vargas, Carlos Soublette) restent au pouvoir jusqu'en 1847. Un «intermède» libéral, assuré par la famille Monagas, s'achève par une période troublée, la «guerre de la fédération». Diverses rébellions épuisent le pays de 1858 à 1863.  

Le Venezuela connaît une phase de prospérité sous la présidence du général Antonio Guzmán Blanco. Surnommé l'«autocrate civilisateur», il lance la revolución azul, imprégnée de positivisme et d'esprit laïque. Il supprime les couvents, crée l'enseignement primaire gratuit et obligatoire, instaure le mariage civil, organise l'administration, protège et stimule les arts, les sciences et les lettres, fait construire routes et voies ferrées. Le XIX e  siècle s'achève dans le bruit de bottes; la guerre civile ébranle le pays, et Caracas est prise par le caudillo Cipriano Castro en octobre 1899.


De la dictature à la démocratie
Le Venezuela entre dans le XX e  siècle sous le signe de la dictature. Au cours des neuf années d'exercice du pouvoir, Cipriano Castro s'aliène les Européens - lesquels réclament en vain le paiement de la dette du pays - et résiste à un blocus maritime qui s'achève grâce à l'intervention des Etats-Unis. Juan Vicente Gómez impose de 1908 à 1935 un régime de fer. Parallèlement, l'économie se transforme avec la découverte, en 1922, d'importants gisements de pétrole. Le dictateur vénézuélien octroie de larges facilités aux compagnies étrangères. Dès 1926, l'or noir devient le premier poste d'exportation du pays.  

Ne bénéficiant guère des retombées économiques de cette richesse et victimes d'un régime implacable, ouvriers et intellectuels se révoltent en 1928. Si leur insurrection ne provoque pas la chute du régime en place, elle favorise cependant l'émergence de la «génération de 1928», qui sera amenée à jouer un rôle important dans la vie politique du pays.

Lorsque Gómez meurt, en 1935, il ne laisse guère de regrets. Son ministre de la Guerre et de la Marine, Eleazar López Contreras, lui succède. Celui-ci libéralise progressivement le régime (réglementation du travail, création d'assurances sociales...) et stimule le développement industriel, alors que le pays reste largement rural et sous-développé. La démocratisation se poursuit sous la présidence du général Isaías Medina Angarita (légalisation du Parti communiste, établissement de relations diplomatiques avec l'URSS) avant que le parti de l'Action démocratique (AD) ne le renverse en 1945: une junte présidée par Rómulo Betancourt, qui appartient à la «génération de 1928», assume dès lors le pouvoir. Le parti de l'Action démocratique se propose de lutter contre l'impérialisme et l'oligarchie.

Une nouvelle Constitution est élaborée: le président de la République sera dorénavant élu au suffrage universel direct et secret. L'élection présidentielle de 1947 marque le succès de l'écrivain Rómulo Gallegos, candidat de l'Action démocratique. Sa politique progressiste (vote des femmes, réforme agraire...) effraie la bourgeoisie, et l'armée reprend le pouvoir en novembre 1948. Le colonel Pérez Jiménez exerce la dictature à partir de 1952; un soulèvement regroupant militaires, étudiants et ouvriers le chasse du pouvoir en 1958.  

De 1958 à 1978, la démocratie se fortifie dans un climat de prospérité. L'Action démocratique, avec Rómulo Betancourt et Raúl Leoni, puis les démocrates-chrétiens, au sein du COPEI (Comité d'organisation politique électorale indépendant), se succèdent au pouvoir. Mines de fer et compagnies pétrolières sont nationalisées en douceur.  


Le Venezuela dans la crise
Devenu un riche Etat pétrolier, le Venezuela s'affirme comme le cinquième producteur mondial en 1978. La rente pétrolière, qui assure le revenu annuel moyen par habitant le plus élevé d'Amérique latine, a permis aux gouvernements de pratiquer une politique généreuse de subvention à l'agriculture, à l'industrie et aux services. Assuré de la confiance des banques étrangères, le pays a pu mener un grand train de vie et s'endetter.

Mais lorsque la crise touche de plein fouet le pays, sous le gouvernement démocrate-chrétien de Herrera Campins (1979-1984), la baisse des exportations pétrolières remet en cause le développement, et les fragilités du système d'assistance sont mises au jour. En 1984, le social-démocrate Jaime Lusinchi remporte l'élection présidentielle. Il mène une politique de substitution des importations et dévalue le bolívar de 74 % (ce qui permet de stimuler les entreprises nationales). Cependant l'effondrement du prix du pétrole (- 55 % en 1986) compromet le redressement, et la dette extérieure atteint 30 milliards de dollars (50 % du PNB).

En 1988, le nouveau président, Carlos Andrés Pérez Rodríguez, fait sienne une politique économique libérale et met sur pied un plan d'austérité. Toutes les subventions sont supprimées, et le contrôle des prix est abandonné. Une vague de privatisations touche les entreprises d'Etat. Des émeutes populaires qui éclatent en février 1989 sont sévèrement réprimées (de 500 à 1 200 morts). Si la situation financière s'améliore quelque peu par la suite, le climat social et politique se dégrade. De 1992 à 1993, la proportion de pauvres passe de 15 % à 41 %. Tandis que les militaires s'agitent à nouveau (une série de putschs échouent), la corruption prend une place de plus en plus importante.

Le 21 mai 1993, le président Pérez Rodríguez est suspendu de ses fonctions pour malversations. Le 5 décembre, Rafaël Caldera (déjà président de 1969 à 1974) le remplace. L'année 1999 est marquée par l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez Frias, qui a recueilli 56,2 % des suffrages lors des élections présidentielles organisées en décembre 1998, et dont le parti remporte également la majorité des sièges à l'Assemblée constituante, face aux partisans des deux grands partis traditionnels, l'Action démocratique social-démocrate, et la Copei chrétienne-démocrate, lors des élections générales organisées en juillet.

Jouissant d'une grande popularité, le nouveau chef de l'Etat est toutefois confronté à une sérieuse crise politique, engendrée par la décision des membres de la nouvelle Assemblée constitutante de priver le Congrès vénézuélien de ses fonctions législatives, de s'arroger le droit de réorganiser le pouvoir judiciaire et de révoquer les magistrats impliqués dans des affaires de corruption. Entérinée par la Cour suprême de justice, cette décision provoque, en effet, un conflit ouvert entre partisans du président Hugo Chavez, majoritaires à l'Assemblée et membres des autres partis traditionnels, dominant le Congrès. Un accord conclu en septembre, entre les deux parties et sous l'égide de l'Eglise catholique, met un terme à cette crise poliltique.

Appelés à se prononcer par référendum, les Vénézueliens approuvent ainsi la nouvelle Constitution, préalablement votée par l'Assemblée et le chef de l'Etat, disposant de droits étendus, annonce la tenue, en l'an 2000, d'élections générales destinées à renouveler l'ensemble du personnel politique et dont les membres siègeront, selon le nouveau texte, au sein d'une assemblée monocamérale, le Sénat ayant été aboli. Parallèlement, le gouvernement doit faire face aux nouvelles difficultés économiques engendrées par les inondations, qui ravagent le pays (décembre), provoquent la mort de plus de plus de 30'000 personnes et en laissent quelque 300'000 autres sans abri, obligeant le chef de l'Etat à décréter l'«état d'économie de guerre».

A l'aube de l'an 2000, de nombreux signes témoignent de la récession qui touche le pays : faiblesse du secteur sidérurgique, chute de la consommation des ménages, crise de l'aluminium. Seule, la baisse de près de 20 % de la production de pétrole, ordonnée par le président Chavez en pleine crise économique et alors que ce poste représente près de la moitié des recettes budgétaires (70 % des exportations), permet, en contribuant à stopper l'effondrement des cours du brut, de redresser un peu l'économie en réduisant de près de moitié le déficit budgétaire. Ainsi le 30 juillet, c'est avec 2,9 millions de voix contre 1,9 million à son principal adversaire, Francisco Arias, que le président Chavez voit son mandat reconduit pour la deuxième fois.

 
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