|
Dossier(s) : Pays > Afrique > Zimbabwe anciennement Rhodésie du Sud © Hachette Livre et/ou Hachette
Multimédia

© Intercarto
Etat de l'Afrique australe limitrophe
de la Zambie au nord, du
Mozambique à
l'est, de
l'Afrique du
Sud au sud, et du Botswana à l'ouest ; il
s'étend sur 389'360 km
2
.
Des premiers occupants à la
colonisation
Les ruines retrouvées près de
Masvingo attestent l'arrivée de peuples bantous à
partir du V
e
siècle de notre ère
- le pays tire son nom des mots bantous zimba
(«maison») et mabgi («pierres»). Cette vague a
repoussé les Bochimans vers le désert. Parmi les traces
laissées par les anciennes
civilisations, les
plus importantes ont été retrouvées sur le site de
Zimbabwe, d'où rayonna l'empire du Monomotapa, fort du
commerce du cuivre, de l'or et de l'ivoire.
L'attitude des
Portugais
(arrivés au XVI
e
siècle), dans un premier
temps pacifique, va vite se durcir; les Européens
supplantent les musulmans swahilis qui tenaient les rênes du
commerce des minerais et de l'or. En 1855, l'Anglais
David Livingstone découvre les chutes Victoria. Quatre ans
plus tard, Robert et John Moffat fondent le premier
établissement européen.
L'installation massive de Blancs
remonte à 1890, avec l'arrivée de la Pioneer
Column - conduite par Leander Starr Jameson -,
branche de la British South Africa Company de Cecil Rhodes.
Venant d'Afrique du Sud, les
Britanniques
étaient à la recherche d'or et de terres,
qu'ils vont acquérir parfois par traités, la
plupart du temps par vagues de conquête.
Des «réserves africaines»
sont légalisées en 1908. En 1911, la
Rhodésie du Nord (future Zambie) se détache de ce qui
deviendra la Rhodésie du Sud en 1923 (actuel Zimbabwe).
Toutefois, pour toutes les affaires constitutionnelles et les
problèmes relatifs à la population africaine, les
décisions étaient prises en dernier ressort par les
Britanniques.
En 1953, la Rhodésie du Sud
fut réunie à la Rhodésie du Nord et au Nyassaland,
formant la Fédération de Rhodésie et Nyassaland
avec Salisbury (qui deviendra Harare en 1982) pour capitale.
En 1961, le dirigeant nationaliste Joshua Nkomo crée la
Zimbabwe African People's Union (ZAPU); l'année
suivante est constituée la Zimbabwe African National Union
(ZANU) de Robert Mugabe. En 1963, après
l'instauration de gouvernements noirs en Rhodésie du
Nord et au Nyassaland (futur Malawi), la Fédération fut
dissoute.
Devant l'impossibilité de
parvenir à un accord avec les Britanniques sur le
problème de la participation des Noirs au gouvernement en
cas d'accession à l'indépendance, Ian Smith,
Premier ministre rhodésien, proclama unilatéralement
l'indépendance (11 novembre 1965). Une
Constitution garantissant aux Blancs le contrôle du
gouvernement fut alors adoptée.
L'Afrique du
Sud fut le seul pays à reconnaître la colonie
sécessionniste, qui pouvait également compter sur le
soutien indirect du Portugal de Salazar, présent au Mozambique
et en Angola. En 1969, après un nouvel échec des
négociations avec les Britanniques, une Constitution excluant
toute idée d'accession des Noirs au pouvoir fut
adoptée, et une République de Rhodésie, sur le
modèle de l'Afrique du Sud, fut proclamée en
mars 1970.
De la République de
Rhodésie au Zimbabwe
Tout au long des années 1960 et 1970,
en dépit de l'exil ou de l'emprisonnement de leurs
principaux dirigeants, les groupes nationalistes ont continué
à lutter pour qu'une plus grande place leur soit faite
dans les affaires du pays. Au milieu des années 1970, surtout
après l'indépendance et l'accession au pouvoir
d'un régime progressiste au
Mozambique, la
guérilla, dirigée contre les fermes blanches et les
nœuds de communication, s'est intensifiée.
En 1978, Ian Smith, souhaitant
mettre fin à la guerre civile, entama des négociations.
Avec trois représentants nationalistes -
l'évêque Abel Muzorewa, le révérend
Ndabaninge Sithole et le chef Jeremiah Chirau -, il forma
un gouvernement transitoire de coalition. Le principe du scrutin
au suffrage universel fut retenu pour la première fois
à l'occasion des élections d'avril 1979,
et Mgr Muzorewa devint le premier chef de gouvernement noir
du pays.
Les chefs nationalistes Joshua Nkomo et
Robert Mugabe, qui s'étaient unis pour former le Front
patriotique, refusèrent de participer à l'accord de
règlement interne, ce qui entraîna une poursuite de la
guérilla. A l'automne 1979, les dirigeants des
différentes factions, réunis à Londres,
parviennent à un accord sur le principe d'une nouvelle
Constitution, prévoyant la réduction du nombre de
sièges réservés aux Blancs. Le gouvernement
Muzorewa abrogea la déclaration unilatérale
d'indépendance de 1965.
Le territoire s'est alors
retrouvé sous administration britannique provisoire du
12 décembre 1979 au 18 avril 1980,
date à laquelle le Zimbabwe a accédé à
l'indépendance totale et définitive.
Le tournant des années 1980
A l'indépendance, le nouveau
gouvernement se devait de résoudre de nombreux problèmes,
à commencer par celui des populations déplacées par
la guerre (près d'un million de personnes). Robert Mugabe
engagea une politique de rapprochement avec la population blanche
et prit des mesures visant à améliorer
l'éducation
et la santé; il releva les salaires les plus bas. Mais le
succès de sa politique était rendu incertain par des
tensions croissantes entre ses partisans et ceux de Joshua Nkomo.
La ZANU-PF et la ZAPU fusionnèrent en 1988,
réduisant les tensions dans le Matabélé, le fief des
Ndébélés.
En 1990, l'état
d'urgence, en vigueur depuis vingt-cinq ans, fut levé.
Face au népotisme du président Robert Mugabe
(réélu en mars 1996), à la corruption
généralisée, à la stagnation de la croissance
(4,5 %) <1994> et à la remontée de l'inflation
(22 %) <1994>, le mécontentement social croissant se
traduisit dès 1996, par de violents mouvements de
protestation. Gagnant progressivement toutes les couches sociales,
il connut son point culminant en juillet-août 1997 avec
la « révolte » des anciens combattants qui
réclamaient le paiement de leurs pensions. Afin d'apaiser
le malaise général, R. Mugabe décida, dans un
premier temps, d'augmenter les avantages financiers des anciens
combattants.
Cependant, l'incidence qu'aurait
pu avoir cette mesure sur le déficit budgétaire global,
eut pour conséquence le report du prêt accordé par
le FMI. Le président R. Mugabe dut alors faire face à une
situation de plus en plus critique.
En 1999, le Zimbabwe, impliqué dans
l'exploitation des richesses minières du Katanga,
demeura, après le retrait du Tchad et du Soudan, et le
faible engagement de l'Angola et de la Namibie, le seul
allié du président congolais, Laurent-Désiré
Kabila, dans le conflit qui l'opposait aux rebelles soutenus
par le Rwanda et l'Ouganda. Toutefois, l'enlisement du
processus de paix, depuis la signature des accords de Lusaka, et
le maintien sur le territoire congolais de plus de 11'000
hommes, menaçaient de précipiter le pays dans une
nouvelle crise économique. En effet, la révélation
du coût réel de la guerre en République
démocratique du Congo, estimé à un million de
dollars (six millions de francs) par jour, soit près de 5,5
% du PIB, dissuada une nouvelle fois le FMI de verser l'aide
financière (193 millions de dollars) qu'il avait
décidé d'accorder au pays quelques mois auparavant,
position également adoptée par la Banque mondiale, qui
gela le versement de 140 millions de dollars (840 millions de
francs).
Enfin, une épidémie de
choléra, la progression constante du chômage, de
nouvelles affaires de corruption touchant les plus hautes
sphères du pouvoir, de mauvaises conditions climatiques
responsables de mauvaises récoltes et une tardive
réforme agraire, ravivèrent le mécontentement
social déjà latent. Ainsi, pour la première fois
en vingt ans de pouvoir et à quelques semaines des
élections générales, le président Mugabe
essuya un échec électoral lors du référendum
sur la nouvelle Constitution, organisé en février
2000.
Malgré la promesse d'une
redistribution des terres, dont les plus fertiles demeuraient aux
mains des agriculteurs blancs, 54,6 % des votants rejetèrent
le nouveau texte destiné à consolider les pouvoirs
présidentiels. A deux ans du prochain scrutin
présidentiel (avril 2002), la National Constitution
Assembly, soutenue par une opposition mieux structurée, les
Eglises et les syndicats, dont le Mouvement du changement
démocratique (MDC), fondé et dirigé par le
principal rival du président Mugabe, Morgan Tsvangirai,
apparaissait comme une possible alternative politique.
En avril, l'adoption d'une loi
permettant l'expropriation sans dédommagement des fermiers
blancs toujours propriétaires de 70% des terres de
l'ex-Rhodésie encouragea les anciens combattants de la
guerre d'indépendance à s'approprier ces terres
en les occupant par la violence. Onze personnes, deux fermiers
blancs et onze Noirs y perdirent la vie. A quelques mois des
prochaines élections, le durcissement du régime à
l'égard des opposants et plus particulièrement
l'attitude du président Mugabe, qui encourageait ces
expropriations, furent dénoncés par la communauté
internationale.
Pour en savoir plus |
|