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Zeus

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Zeus, fils de Cronos et Rhéa


Dieu suprême du panthéon grec. Avatar du dieu du ciel indo-européen, Zeus, qui trouve des homologues aussi bien dans le Dyauh des Indiens védiques que dans le Jupiter de la mythologie romaine, est la grande divinité apportée par les populations achéennes qui envahirent la Grèce vers 2'000 av. J.-C.


Uranien et chthonien
C'est un dieu de la voûte lumineuse du ciel, des précipitations atmosphériques, de la foudre, mais aussi - et surtout - un dieu roi, dont l'empire s'étend sur la société des dieux de l'Olympe, comme sur celle des hommes, qu'il ordonne et commande. Tout au long de son évolution, Zeus restera le dieu de la fonction de souveraineté, garant de l'unité de l'Etat, dieu qui inspire les assemblées, et à qui s'adressent, avant leurs délibérations, les membres du peuple de l'assemblée athénienne, la Boulè: sa statue, signe de cette attribution, se dressait sur le lieu même des séances politiques. Zeus est aussi le dieu justicier et bienveillant, le dieu qui n'oublie jamais et frappe les coupables jusqu'à la deuxième ou troisième génération. Il a pour fille Dikê, la Justice, à qui rien ni personne ne peut échapper.

Mais, avant d'occuper cette position privilégiée et tutélaire, l'image du dieu souverain s'est peu à peu élaborée : des éléments crétois sont en effet venus se greffer sur le dieu indo-européen de la voûte étoilée, et le mythe ultérieur qui s'est peu à peu constitué en a gardé des traces : Zeus était, disait-on, né en Crète, sur le mont Ida, où sa mère Rhéa, après avoir empêché son vorace époux, Cronos, de le dévorer, le fit élever par une chèvre-nymphe, Amalthée, tandis que les Courètes exécutaient autour de lui une danse armée. Les Grecs imaginèrent que cette danse était destinée à couvrir les vagissements du bébé. En réalité, c'était un moyen pour ces génies de la fertilité de réveiller les forces souterraines (chthoniennes). Ainsi, le maître de l'Olympe, dieu uranien du ciel par excellence, et le jeune dieu chthonien des mystères de la grotte du mont Ida se sont peu à peu fondus en une personnalité unique, à l'image de la fusion des deux civilisations achéenne et crétoise.  
 



Le dieu suprême
Devenu adolescent, Zeus détrône Cronos et s'empare de son pouvoir souverain; mais il doit, auparavant, lutter contre plusieurs adversaires, surtout contre les Titans et les Géants. Après ses victoires, il installe sa résidence dans l'Olympe, demeure située au plus haut des cieux, fermée par des portes éthérées, et qui est parfois confondue avec la cime du mont Olympe de Thessalie. Désormais, Zeus apparaît comme le dieu suprême, à la puissance incontestée.  

L'universalité de son culte explique la multitude des légendes auxquelles il est associé: il n'est guère de régions où ne se situe l'une des aventures amoureuses et des unions (parfois sous des formes d'emprunt, humaines ou animales) avec des déesses ou des mortelles, qui peuplèrent la Grèce héroïque de ses descendants multiples. Depuis l'époque d'Homère au moins, son épouse légitime est Héra: le lien qui les unit est le type des unions saintes consacrées par la religion. Héra, d'après la cosmogonie grecque, est la propre s|oe|ur de Zeus, née, comme lui, de l'union de Cronos et de Rhéa.

Mais il avait d'abord pris pour femmes Mêtis, Thémis, Dione et Mnémosyne. Le Zeus hellénique a été assimilé à un certain nombre de divinités étrangères, et il n'est pas toujours facile de faire la part des deux dieux originaux avant leur assimilation; ainsi, le culte de Zeus Amon (Amon était le «roi des dieux» égyptiens) finit par devenir véritablement hellénique, puisqu'on voit son oracle intervenir dans tous les grands faits de l'histoire nationale. En Syrie, le culte de Zeus paraît avoir eu beaucoup d'analogies avec celui de Sabazios. De même, des dieux sémites comme Dolichenos de Doliché en Commagène (province séleucide au nord de la Syrie), Elagabal d'Emèse (à l'ouest de la Syrie) et le grand dieu solaire d'Héliopolis (Baalbek) furent identifiés à Zeus. Des faits analogues se rencontrent en Asie Mineure et en Thrace.  

En Occident, la principale assimilation est celle que les Romains établirent avec Jupiter, lui aussi dieu souverain de la Justice et de l'Etat.  
 


Les représentations du dieu
Père de tous les dieux et des hommes, Zeus apparaît, dans la mythologie des Grecs, comme le maître de l'Univers. A ce titre, il fut l'objet, durant l'Antiquité, d'un nombre considérable de représentations. La plus célèbre, la statue chryséléphantine (c'est-à-dire d'or et d'ivoire) de Phidias (le Zeus assis du temple d'Olympie), ne nous est connue que par les descriptions de Pausanias, les reliefs de certaines monnaies d'Elide et quelques copies médiocres.  

Sculpture découverte en mer près du cap Artémision, le Zeus d'Histiaia (bronze, V e siècle avant J.-C., musée national d'Athènes) est à coup sûr la plus remarquable de toutes les effigies du dieu sous son aspect juvénile et athlétique. Les apparences d'un homme en pleine force de l'âge caractérisent également plusieurs images de la divinité suprême, peintes sur de nombreux vases grecs, amphores ou lécythes.  

Le Zeus d'Otricoli (IV e siècle av. J.-C., musée du Vatican) et celui de Mylasa (II e siècle av. J.-C., musée de Boston) sont deux |oe|uvres caractéristiques de l'art hellénistique. Les Romains, qui attribuèrent à Jupiter les innombrables mythes rattachés à Zeus, s'inspirèrent abondamment de l'iconographie du plus puissant des dieux de la Grèce.


 
Pour en savoir plus
La religion de la Grèce antique
La mythologie grecque
La mythologie romaine
La religion de l'Egypte antique
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