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Euripide

Salamine, 480 av. J.-C. - Pella, Macédoine, 406 av. J.-C.
Source Encyclopédie Wikipédia


 


Statuette d'Euripide assis avec la liste de ses œuvres
IIe siècle ap. J.-C., musée du Louvre


Sommaire

     Éléments biographiques
     Œuvres
         Tragédies
         Drame satyrique
         Pièce apocryphe
         Tragédies fragmentaires
         Musique

 


Euripide (en grec ancien ????p?d?? / Euripídês), né à Salamine en 480 av. J.-C., mort en Macédoine en 406 av. J.-C., est un poète tragique grec.

Éléments biographiques

La vie d'Euripide est mal connue, les sources anciennes étant tardives et reprenant sur son compte des éléments douteux, souvent colportés par les poètes comiques dont il fut la cible. On possède ainsi une Vie anonyme mêlant de nombreuses légendes à des faits crédibles ; le chapitre XV, 20 des Nuits attiques d'Aulu-Gelle, consacré à Euripide ; trois épigrammes funéraires de l’Anthologie palatine. L'article de la Souda et les notices de Thomas Magister et de Moschopoulos sont bien plus tardifs.

Selon la tradition, Euripide naît à Salamine le jour même de la bataille du même nom, en 480 av J-C, d'une famille athénienne réfugiée sur l'île pour échapper aux Perses. Son nom viendrait de l'Euripe, canal où se joue la bataille qui voit la Grèce se délivrer de ses ennemis. Aristophane insinue à de nombreuses reprises dans ses pièces qu'il est de basse extraction, ce que confirme Théophraste. Néanmoins, sa culture montre une éducation coûteuse, auprès de sophistes comme Prodicos de Céos ou Protagoras, ce qui n'aurait guère été possible si sa mère avait effectivement vendu des herbes. Il se serait constitué une riche bibliothèque, une des premières dont il soit fait mention. Euripide participe également à des jeux gymniques, et est couronné aux jeux théséens.

Contemporain de Socrate, il est aussi son ami. Il se lance publiquement dans la tragédie à partir de 455. Les femmes dans ses tragédies décrivent la passion physique et morale, à l'exception d'Oreste dans Andromaque. Médée, Sthénébée, Pasiphaé et Phèdre ont fait scandale dans le public athénien qui estimait que le théâtre devait représenter la solennité religieuse et non les drames humains. Racine a été inspiré par ses tragédies. Sa première pièce, les Péliades, remporte un troisième prix. Il devient rapidement assez populaire. Plutarque, dans sa Vie de Nicias, raconte qu'en 413, après le désastre naval de Syracuse, les prisonniers athéniens pouvant réciter des tirades d'Euripide sont relâchés.

Après Oreste, produit en 408, Euripide décide de se retirer en Macédoine, à la cour d'Archélaos. En chemin, il s'arrête quelque temps en Magnésie où on l'honore d'une proxénie. Parvenu à la cour d'Archélaos, il écrit deux pièces, Les Bacchantes et Archélaos (aujourd'hui perdu). Il y meurt au début de l'année 406. Les Athéniens lui dressent en 330 une statue de bronze dans le théâtre de Dionysos.

Œuvres

Tragédies

Héraclès furieux, cratère d Astéas probablement inspiré de   La Folie d Héraclès   d Euripide
Héraclès furieux, cratère d'Astéas probablement inspiré de La Folie d'Héraclès d'Euripide

Euripide aurait, selon la tradition, écrit 90 pièces. Il ne nous reste que 19 tragédies (une sélection de 10, retenues pour l'enseignement, plus 9, issues d'une partie d'un classement alphabétique, de E à K), dont une très vraisemblablement apocryphe, et un drame satyrique :

 Alceste (????st?? / Álkêstis) en 438 ;
 Médée (??de?a / M?deia) en 431 ;
 Les Héraclides (??a??e?da? / Hêrakleidai) en 430 ;
 Hippolyte porte-couronne (?pp???t?? stefa??f???? / Hippólytos stephanophóros) en 428 ;
 Andromaque (??d??µ??? / Andromákhê) en 426 ;
 Hécube (????? / Hekábê) en 424 ;
 La Folie d'Héraclès (??a???? µa???µe??? / Hêrakl?s mainómenos) en 424 ;
 Les Suppliantes (???t?de? / Hikétides) en 424 ;
 Ion (??? / Íôn) en 418 ;
 Les Troyennes (????de? / Tr?iádes) en 415 ;
 Iphigénie en Tauride (?f????e?a ? ?? ?a????? / Iphigéneia hê en Taúrois) en 414 ;
 Électre (????t?a / Êléktra) en 413 ;
 Hélène (????? / Hêlénê) en 412 ;
 Les Phéniciennes (F????ssa? / Phoiníssai) v. 410 ;
 Oreste (???st?? / Oréstês) en 408 ;
 Iphigénie à Aulis (?f????e?a ? ?? ????d? / Iphigéneia hê en Aulídi) en 406 ;
 Les Bacchantes (????a? / Bákkhai) en 405.

Drame satyrique

 La pièce satyrique est le Cyclope (?????? / Kýklôps), relatant le célèbre épisode de Polyphème, dans l’Odyssée.

Pièce apocryphe

 Rhésos (??s?? / Rh?sos) est très vraisemblablement apocryphe.

Tragédies fragmentaires

À noter un nombre important de tragédies fragmentaires (qui forment un total d'environ 3000 vers, dont 1000 pour la seule Hypsipyle).

 Télèphe (???ef?? / Têlephos) en 438
 Les Crétois (???t?? / Krêtés) en 435
 Égée (???e?? / Aigeús) avant 431
 Sthénébée (S?e?????a / Sthenéboia) avant 429
 Bellérophon (?e??e??f??t?? / Bellerophontês) en 430-425 qui comporte seulement 90 vers conservés mais est célèbre pour cette tirade : « Si les dieux commettent un acte non respectable, ce ne sont pas des dieux. ».
 Cresphontès (??esf??t?? / Kresphóntês) vers 425
 Érechthée (??e??e?? / Erekhtheús) en 422
 Phaéton (Fae??? / Phaethôn) en 427-404, 200 vers conservés dont une centaine par Plutarque. Goethe en a tenté une reconstitution.
 Mélanippe la Sage ou Mélanippe la Philosophe (?e?a??pp? s?f? / Melaníppê sophê) vers 420
 Alexandre (????a?d??? / Aléxandros) en 415
 Palamède (?a?aµ?d?? / Palam?dês) en 415, 43 vers conservés (dont une dizaine incomplets). La pièce multipliait les innovations.
 Sisyphe (S?s?f?? / Sísyphos) en 415
 
Mélanippe enchaînée (?e?a??pp? desµ?t?? / Melaníppê desmótis) en 412
 
Andromède (??d??µ?da / Androméda) en 412 avec Euripide
 
Antiope (??t??p? / Antiópê) vers 410
 
Archélaos (?????a?? / Arkhélaos) vers 410
 
Hypsipyle (???p??? / Hupsipulê) en 412-405, la plus importante en taille car de larges extraits en ont été retrouvés sur papyrus. Mais, par ce même fait, la lecture en est difficile. D'autre part subsiste un trou de 500 vers ce qui rend les reconstitutions toujours problématiques.
 
Philoctète (F????t?t?? / Philoktêtês) vers 410
 
Hippolyte voilé (?pp???t?? ?a??pt?µe??? / Hippólutos kaluptómenos)
 
Plisthène (??e?s????? / Pleisthénès)

Musique

Euripide est le seul des trois « grands tragiques » auxquels on puisse attribuer, avec quelque vraisemblance, une œuvre musicale. Un extrait de son
Oreste (v. 338-344), inscrit sur papyrus, daterait de 200 av. J.-C. , soit « seulement » 200 ans après sa mort. Dès lors, en tenant compte de l'académisme de l’Athènes d'alors, il semble plausible qu'il en soit le compositeur. La musique en elle-même est un chromatisme d'une grande pureté sonore (la, sol?, si, si, la?, la) ce qui la rend plus agréable à l'écoute que les autres productions musicales conservées de l'antiquité. L'usage de ce chromatisme est par ailleurs bien caractéristique d’Euripide, si l'on en croit les quelques sources que nous avons sur le sujet.

Une autre « composition » d’Euripide extraite d’
Iphigénie à Aulis nous est également parvenue, mais l'attribution est cette fois beaucoup plus incertaine et la musique (un simple accompagnement de lyre) d'un bien moindre intérêt.


 
Pour en savoir plus
La littérature et la philosophie dans la Grèce antique
Littérature et philosophie : époque classique
La mythologie grecque



 

 
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