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Dossier(s) : Personnages > Personnages Antiquité > César, Jules Rome, v. 101 - id., 44 av. J.-C. © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Gaius Julius Caesar
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L'ascendance
Homme d'Etat et général romain.
Jules César, en latin Caius Julius Caesar. L'a rchétype du conquérant, du dictateur et de tout prétendant à l'empire - son nom a donné kaiser et tsar -, César devint, dès le lendemain de son assassinat, un triple mythe: politique, moral et littéraire.
Caius Julius Caesar est issu d'une famille patricienne qui prétend descendre d'Enée, le fils de Vénus et le fondateur indirect de Rome: une telle affirmation n'a impressionné que les plus crédules de ses contemporains.
Son grand-père a eu une fille et deux fils: Julia, qui épousa Marius, le vainqueur de Jugurtha, des Cimbres et des Teutons, consul à sept reprises; l'aîné, le père de Jules César, qui mourut peu après l'exercice de la préture (vers 86-85?), alors que son unique fils n'avait que seize ans, et Sextus, le cadet, qui devint consul en 91.
L'ascension politique
Rome est déchirée entre la faction des partisans de Marius, qui contrôle tout l'Occident romain, et celle de Sylla, qui guerroie en mer Egée contre le roi du Pont, Mithridate Eupator, et ses alliés.
L'engagement «marianiste» Marius mort, c'est Cinna qui lui succède. Consul de 87 à 84, il donne sa fille Cornelia en mariage à Jules César, promu au sacerdoce très honorifique de flamine de Jupiter. Mais le retour de Sylla et l'établissement de la dictature obligent Jules César à s'exiler. Parce qu'il refuse de répudier sa femme, Jules César perd sa prêtrise, la dot de Cornelia et la plus grande partie de ses héritages. De ce premier engagement politique, il conserve la fidélité au souvenir de Marius et trouve un modèle en Sylla, qui avait marché deux fois sur Rome à la tête de son armée, s'était fait nommer dictateur et avait réformé la république.
César part faire ses premières armes en Asie et, lors de la prise de Mytilène, est décoré pour sa bravoure. Après la mort de Sylla, il revient à Rome, en 73, où le collège des pontifes l'a coopté en remplacement d'un cousin décédé.
Sa carrière politique se déroule normalement jusqu'en 63: malgré ses opinions «marianistes», qui le rangent dans le parti populaire, il est successivement élu tribun militaire, questeur, édile et préteur. Il se fait aimer de la plèbe en organisant des jeux fastueux et en lui donnant des œuvres d'art lors de son édilité, mais aussi en militant pour des mesures d'amnistie, une loi agraire et le rétablissement des pouvoirs des tribuns de la plèbe diminués par Sylla.
Ses alliances le placent aux côtés des hommes les plus influents, Crassus, le plus riche des Romains, et Pompée, le plus prestigieux, dont il appuie les prétentions à de grands commandements orientaux. Devenu veuf, il épouse Pompéia, la petite-fille de Sylla.
De la questure à la préture Durant sa questure, il visite la Gaule padane, où il encourage les cités à réclamer l'octroi de la citoyenneté romaine, et l'Espagne, considérée comme une des extrémités du monde.
En 63, sous le consulat de Cicéron, César réussit son premier exploit contre d'illustres concurrents: être élu par le peuple comme grand pontife, grâce aux fonds fournis par Crassus. Comme ce dernier, il reste extérieur au complot fomenté par Catilina contre Cicéron, mais il plaide en faveur de la clémence pour les complices et marque son hostilité à la mise en état de siège (senatus consultum ultimum), qui suspend les garanties judiciaires.
L'année suivante, couvert de dettes, Jules César part gouverner l'Espagne Ultérieure; il guerroie contre les Lusitaniens au nord du Tage et pousse une reconnaissance jusqu'au cap Finisterre, près de La Corogne. Sa propréture hispanique lui permet de payer en partie ses créanciers, d'améliorer l'administration de cette province tout en y développant ses clientèles et d'y recevoir le titre d'imperator décerné par ses soldats.
De retour à Rome, il trouve Pompée couvert de gloire, mais en butte à l'hostilité des sénateurs, qui refusent de ratifier ses décisions prises en Orient, et de donner des terres à ses soldats démobilisés.
Le consulat
Le premier triumvirat est
réalisé à la suite d'une alliance secrète;
il est composé de Pompée, Crassus et César. Ce
dernier en obtient le consulat, à charge pour lui
d'exécuter le programme commun. Ce premier consulat est
d'emblée révolutionnaire.
Devant l'obstruction pratiquée
par les sénateurs en réponse à ses propositions de
lois, César fait publier les comptes rendus des séances
du sénat et s'adresse directement au peuple pour
approbation. Sa loi agraire distribue des terres aux
vétérans de Pompée; il confirme le roi
d'Egypte sur son trône, moyennant le versement d'une
énorme somme aux triumvirs; une autre loi réduit
d'un tiers les sommes dues par les fermiers
généraux dans les provinces; une autre encore aggrave
les peines des gouverneurs de province concussionnaires.
Bibulus, occupant avec César la
charge de consul, est réduit à l'impuissance et
prépare les procès en nullité des lois
votées. César fait ratifier l'œuvre de
Pompée en
Orient et lui donne sa fille unique en mariage. Lui-même
divorce pour épouser Calpurnia, la fille d'un
préteur.
Comme province, le sénat lui
destine, par pure provocation, la surveillance de la transhumance
en Italie; un tribun de la plèbe lui fait attribuer, pour
cinq ans, la Gaule Cisalpine et l'Illyricum avec trois
légions. Pour l'éloigner, le sénat y ajoute la
Gaule Transalpine avec une quatrième légion; le
commandement de César s'étend des
Pyrénées centrales jusqu'au-delà de Trieste.
Ayant neutralisé ses adversaires
avec l'aide du tribun de la plèbe, Clodius, il quitte
Rome. Son absence dure neuf ans, mais, grâce à ses
courriers, il garde des contacts permanents et revient souvent
passer l'hiver en Gaule padane.
Cela lui permet de renouveler, à
Lucques en 56, son accord avec Pompée et Crassus, qui
obtiennent un deuxième consulat en 55, le gouvernement des
provinces ibériques pour le premier, le commandement d'une
guerre contre
les Parthes pour
le second. Le gouvernement de César est prolongé pour
cinq ans et de nouvelles légions lui sont attribuées.
La conquête des Gaules
De 58 à 57,
les campagnes en
Gaule sont couronnées de succès:
les
Helvètes, qui voulaient s'établir en Saintonge,
sont repoussés à
Genève et
fait détruire le pont sur le Rhône, coupant ainsi le
passage aux Helvètes dans leur migration vers le
sud.
Sur le plateau suisse, et
les Germains
d'Arioviste outre-Rhin. Les peuples gaulois, de Besançon
à Arras et à Angers, se rallient. L'année
suivante, le pays est totalement soumis, de l'Adour à la
mer du Nord. En 55, César essaie de passer en Bretagne, mais
il doit abandonner ce projet pour combattre
les Germains: il
traverse pour la première fois le Rhin.
La «guerre des Gaules»
Dès l'automne 54, les Gaulois se révoltent de
l'Orléanais à
l'Escaut, et
César perd les effectifs d'une légion et demie. A
peine la situation rétablie dans le nord-ouest, la
rébellion se déplace vers le sud en 52, de Sens et
Paris jusqu'en Auvergne -Velay, de la Mayenne à la
Bourgogne, menaçant directement la Cisalpine par les
Cévennes. César s'empare de Bourges, échoue
à Gergovie, mais réussit à fixer à
Alésia le chef des coalisés,
Vercingétorix,
qu'une imposante armée gauloise ne peut délivrer.
En 51, la chute de cette place permet une reconquête
méthodique du pays jusqu'au Quercy. Affaiblie par la
perte d'un million d'hommes et d'autant de captifs,
la Gaule est contrainte de se soumettre.
Le passage du Rubicon
A Rome, la position politique de César s'est
dégradée en raison de la mort de sa fille, épouse de
Pompée, et de celle de Crassus en Orient. Les violents
troubles de 52 et l'assassinat de Clodius par Milon procurent
à Pompée un consulat sans collègue. César
demande à se présenter aux élections consulaires
en 49 pour 48, sans perdre entre-temps la protection que la
fonction de consul confère contre d'éventuels
procès politiques, que ses ennemis ne manqueraient de lui
intenter. Après deux années d'escarmouches,
l'accord est réalisé entre Pompée et la
majorité des sénateurs, et César relevé de son
commandement: dans la nuit du 11 au 12 janvier 49, il
franchit le Rubicon en s'écriant "
Alea jacta est
" (Le sort en est jeté), pour
marcher sur Rome, que
Pompée lui
abandonne.
La dictature césarienne
Exposé aux mêmes dangers que les
marianistes trente-cinq ans auparavant, César va réussir
à les surmonter et à bouleverser définitivement la
république. Cette double action est cependant difficile à
saisir, car elle s'inscrit de manière fragmentaire dans le
temps et l'espace, et est de plus restée inachevée.
Les campagnes militaires
César est souvent absent de Rome. En 49, il doit
assiéger et prendre Marseille, puis s'emparer de la
péninsule Ibérique. L'année suivante,
franchissant difficilement l'Adriatique avec son armée,
il écrase Pompée à Pharsale. Ce dernier est
assassiné en
Egypte.
En 47, César triomphe d'une
révolte à Alexandrie avant de goûter quelques mois
de repos en compagnie de Cléopâtre tout en soumettant
l'Egypte, puis il se précipite pour vaincre le roi du Pont
à Zéla.
De retour en Italie, il passe en Afrique
et écrase une armée des partisans de Pompée à
Thapsus. Caton se suicide à Utique.
Après ce quadruple et fastueux
triomphe, il doit repartir en Espagne méridionale pour
anéantir, en mars 45, une autre armée pompéienne.
La politique intérieure
A Rome même, certains de ses partisans suscitent des
troubles presque chaque année et ses soldats, fatigués,
refusent parfois de le suivre. La nature de ses pouvoirs varie, car
il alterne dictatures et consulats avant, finalement, d'obtenir
l'inviolabilité tribunicienne et la dictature à vie.
Il augmente le nombre des magistrats afin d'être mieux
secondé, multiplie les consuls remplaçants et nomme des
préfets. De cette manière, Jules César étoffe
les cadres administratifs, comble d'honneurs et de ressources
ses partisans, rallie des mécontents et fabrique un sénat
plus docile qu'il porte à huit cents membres, en y faisant
entrer jusqu'à des Gaulois de Cisalpine.
Ses appuis sont, outre son armée
civique, la plèbe de Rome et les notables des provinces
occidentales. La première bénéficie
d'assignations de terres (Carthage, Narbonne, Arles, Urso en
Bétique, dont la charte est conservée) et de
distributions d'argent; la deuxième de banquets, de
divertissements, de grands travaux (grand cirque, forum, place
comitiale), d'assignations de terres pour les pères de
famille nombreuse, d'un moratoire des dettes. De plus,
César, en ramenant le nombre des bénéficiaires
à 150'000, tente d'assurer des distributions gratuites
de céréales aux plus nécessiteux.
Le sol civique de l'Italie, repoussé
au-delà du Pô, atteint le pied des Alpes, et des lois
poursuivent l'unification juridique de la péninsule,
où César veut limiter le nombre des bergers de condition
servile. Dans les provinces, il distribue généreusement
le droit de cité à des individus, parfois même
à des cités entières (Cadix, Lisbonne), pour
favoriser l'homogénéité de la domination
romaine.
Vis-à-vis des sénateurs, ses
pairs, sa politique a pour mot d'ordre la clémence, afin
d'obtenir des ralliements (notamment celui de Cicéron) et
de s'assurer une légitimité plus conforme aux
traditions. Il fait dissoudre les associations populaires
génératrices de troubles.
L'assassinat
Une conspiration s'organise contre
lui, regroupant moins de vingt-cinq sénateurs, mais qui sont
assurés de l'accord de la plupart de leurs pairs, y
compris de quelques césariens fatigués. Dirigés par
Brutus et Cassius, les conjurés décident d'agir
à Rome, où le dictateur est peu protégé, avec
pour but la mort du tyran et la restauration de la république
oligarchique, en fait un partage du pouvoir. Le 15 mars 44
(ides de mars), César est assassiné, en pleine
réunion du sénat, au pied même de la statue de
Pompée.
Le legs de César est très
important: ses successeurs vont poursuivre pendant une trentaine
d'années son œuvre administrative et politique.
Auguste tire sa légitimité de son adoption par le
dictateur: il conservera le nom de César et le transmettra
à ses successeurs.
La personnalité de César
Cet homme au teint blanc, aux membres bien
faits, au visage un peu trop plein, aux yeux noirs et vifs, au
crâne dégarni, qui souffrait d'épilepsie,
cherche sans cesse à séduire; il a de nombreuses
aventures féminines, notamment avec les épouses de tous
ses alliés, ainsi qu'une longue liaison avec Servilia, la
mère de Brutus, son protégé. Ses ennemis soulignent
surtout ses amours masculines.
Un véritable culte de son
génie se développe; à l'occasion de sa
réforme du calendrier, le mois de sa naissance est
nommé juillet. Dans les processions, sa statue est
portée avec celle de la Victoire, et il reçoit le titre
de divus, divin. Cherche-t-il à devenir roi ? Il est
probablement tenté par une royauté à
l'orientale (basileia). A l'imitation d'
Alexandre, il
prépare dans ce but, au début de 44, une grande
expédition contre
les Parthes,
afin d'effacer les souvenirs de la guerre civile.
Ce personnage complexe, politique
ambitieux et capitaine de génie, grand seigneur et
démagogue, ne négligea jamais les lettres, même
aux époques les plus actives de sa vie militaire ou
politique. Il s'essaya dans divers genres avec talent;
excellent orateur, au dire de ses contemporains, il
s'intéressa en outre aux problèmes de linguistique,
de grammaire et de philologie.
Ses poèmes, son traité de
grammaire théorique (Sur l'analogie, dédié en
52 à Cicéron) et l'Anticaton (45), un pamphlet
contre Caton d'Utique, sont aujourd'hui perdus, mais la
plus importante de ses œuvres, et la seule qui nous soit
parvenue en entier, est un ouvrage d'histoire, les
Commentaires, formés de deux parties : Sur la guerre des
Gaules (De Bello Gallico), que Cicéron admirait beaucoup, et
Sur la guerre civile (De Bello Civili).
Ce sont des mémoires, écrites
avec un souci apparent d'objectivité, où César
ne se met jamais en scène directement, mais qui, en dépit
de cette attitude volontairement effacée, ont été
clairement conçues dans une intention d'apologie
personnelle. Chacun des livres de la Guerre des Gaules est
consacré à l'une des sept campagnes de César en
Gaule; l'histoire de la Guerre civile relate ses luttes contre
Pompée, qui se terminèrent par la défaite de ce
dernier à Pharsale. Ces deux parties de l'œuvre
historique de César sont du reste de valeur très
inégale, la seconde étant de beaucoup inférieure
à la première.
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