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Dossier(s) : Personnages > Personnages Antiquité > Thucydide Athènes, v. 460 - ?, après 395 avant J.-C. © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Thucydide Musée royal de l'Ontario
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Historien grec. Thucydide en grec
Thoukudidês.
La famille de Thucydide, très riche,
possédait ou gérait des mines d'or en Thrace. Elle
était apparentée aux Cimonides. Après avoir
reçu une éducation classique marquée par
l'influence de rhéteurs comme Gorgias ou Antiphon,
Thucydide participa activement à la vie politique et
diplomatique de son temps.
La guerre du Péloponnèse
Thucydide intervint pendant la guerre du
Péloponnèse (431-404) et fut élu stratège
en 424 av. J.-C. En partie responsable du
désastre d'Amphipolis, il fut bientôt contraint
à l'exil. De 423 à 404, date de son retour à
Athènes, il
vécut en Thrace, fit de nombreux voyages, et mit à profit
ses loisirs forcés pour commencer l'Histoire de la guerre
du Péloponnèse. Il laissa son œuvre inachevée.
L'Histoire de la guerre du
Péloponnèse n'a pas été écrite
d'un seul jet (la division actuelle de l'ouvrage en huit
livres est commode mais artificielle). Elle s'arrête
en 411, avant la fin effective des hostilités, et
s'ouvre par une courte préface où l'auteur expose
sa méthode, suivie d'une «Archéologie»
où il rappelle le développement de l'histoire grecque
depuis les origines (livre I). Le récit des luttes
fratricides entre Athéniens et Lacédémoniens se
déroule en trois temps: jusqu'à la paix de Nicias
(livres I à V), l'expédition de Sicile
(livres VI et VII), diverses opérations jusqu'en
411 (livre VIII).
La méthode historique de
Thucydide
L'histoire, selon Thucydide, ne
saurait être que celle du temps présent, que l'on
peut autopsier (au sens étymologique de «voir de ses
propres yeux»), et non pas celle que l'on entend dans les
récits de mémoire. Sur ce point, il s'inscrit en faux
contre son aîné
Hérodote
(vers 484 - vers 420 av. J.-C.), qu'il traite
de logographe, c'est-à-dire de «raconteur
d'histoires».
Le sens de l'analyse
rationnelle
Eliminant de son récit le merveilleux et les
explications providentialistes, Thucydide tente plutôt de
démonter le mécanisme de la guerre, d'en comprendre
le déclenchement («Les deux peuples étaient
arrivés au sommet de leur puissance», L. I, 1) et
les multiples péripéties. Son analyse de
l'impérialisme athénien, même si elle exclut
les déterminations proprement économiques, fait encore
aujourd'hui l'admiration des historiens. Elle n'est
pas totalement impartiale (malgré son exil, Thucydide reste
athénien et s'avoue proche des aristocrates
modérés), mais elle s'efforce de se dégager
des explications passionnelles.
La composition
Une chronologie rigoureuse, l'utilisation non seulement
de ses propres souvenirs mais aussi de témoignages et de
documents variés et précis, leur confrontation sont les
fondements de sa méthode historique. Son ouvrage
apparaît, à bien des égards, comme un
véritable «manifeste rationaliste» (J. de
Romilly). C'est aussi une œuvre d'art dont la
composition d'ensemble, simple et structurée,
s'organise autour de récits denses et vigoureux (celui
de la peste d'Athènes, qui
en 429 av. J.-C. allait emporter
Périclès,
est resté très célèbre) et de discours
fictifs où éclate la puissance oratoire de
l'élève des sophistes. Ce dernier procédé
d'exposition lui permet de présenter de façon
vivante à la fois les hommes et leurs programmes politiques.
L'historien n'intervient directement que par de courts
jugements où il dégage le sens des événements
qu'il vient de relater.
Le style
Le style de Thucydide a subi l'influence des
rhéteurs: il utilise constamment l'antithèse,
n'hésite pas à se servir de néologismes, et
son souci de la concision l'a parfois fait accuser
d'obscurité (Cicéron déjà le trouvait
difficilement intelligible). Ces obscurités, ces ruptures de
construction, ces phrases abruptes sont pourtant les
manifestations les plus claires du difficile travail de
l'historien, qui cherche sans cesse à préciser,
à expliquer rationnellement, et se refuse à simplement
divertir.
Thucydide donne à l'histoire un
statut autonome, parvient à l'éloigner du mythe, il
en fait, comme lui-même le dit, «
un trésor pour toujours
», c'est-à-dire une base de
référence, une véritable science.
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