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Dossier(s) : Personnages > Personnages Antiquité > Divico Vers 130 av. J.-C. - apr. 58 av. J.-C.
. © DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE LA
SUISSE, Berne - Daniel Nerlich
 Divico (chef des Tigurins) et Jules César
Chef des Tigurins qui, à la fin du
II
e
s. av. J.-C.,
pénétrèrent avec les Cimbres, les Ambrons et les
Teutons dans la province de Gaule narbonnaise qui
s'étendait jusqu'à
Genève.
Lors de la bataille d'Agen (107), les Tigurins battirent
l'armée romaine dirigée par le consul Lucius Cassius.
Après une nouvelle victoire commune près d'Orange
(105), les quatre peuples s'avancèrent vers l'Italie.
L'armée romaine de Gaius Marius anéantit cependant
les Ambrons et les Teutons près d'Aix-en-Provence (102)
ainsi que, finalement, les Cimbres près de Verceil (aux
environs de Novare) en 101. Les Tigurins, probablement restés
en position d'attente dans la région du Brenner, se
retirèrent alors vers le nord. Leur destinée et celle de
leur chef demeurent obscures jusqu'aux alentours de 60 av.
J.-C. L'historiographie traditionnelle, s'appuyant sur le
texte de César (De bello gallico, I, 13-14), admet que D. a
participé à la bataille d'Agen aussi bien
qu'à la migration de 58 av. J.-C.
Cette année-là,
les
Helvètes décidèrent d'émigrer vers la
contrée située entre Toulouse et Bordeaux qu'ils
avaient déjà atteinte une première fois. Un des
motifs de cette décision fut la pression croissante
exercée par
les Germains,
mais des problèmes de subsistance pourraient aussi avoir
joué un rôle. On ignore si la totalité des
Helvètes émigrèrent en 58 av. J.-C. ou si une
partie d'entre eux resta dans le Moyen Pays.
César les
empêcha de traverser le Rhône et les obligea à se
détourner vers le nord. Après qu'il les eut
attaqués lors de leur traversée de la Saône,
à Trévoux au nord de Lyon sans doute, Divico entreprit
des négociations à la tête d'une ambassade. Il
proposa de se rendre dans le territoire que
Rome lui
attribuerait en échange de la paix. Il refusa de
dédommager Rome de ses destructions et de lui fournir des
garanties en répondant, selon la phrase citée par
César dans son De bello gallico, que les Helvètes ne
fournissaient pas d'otages, mais avaient l'habitude
d'en prendre. Après la rupture des négociations,
les Helvètes furent battus à plate couture à la
bataille de Bibracte et obligés de se fixer
définitivement dans le territoire situé entre le lac
Léman, le Jura, le Rhin et le lac de Constance.
Au XIX
e
s., les historiens firent des
Helvètes les ancêtres des Suisses. Des peintres
patriotiques comme Charles Gleyre et des écrivains tel
Conrad Ferdinand Meyer célébrèrent le chef des
Tigurins comme le premier héros national. Cette image de
Divico se maintint jusque dans la seconde moitié du
XX
e
s. dans les livres scolaires et
l'historiographie populaire.
Bibliographie
- F. Stähelin, Die Schweiz in römischer Zeit
- L. Flutsch, A. Furger-Gunti, «Recherches archéol.
sur le site présumé de la bataille de Bibracte»
- L. Flutsch, «La localisation de la bataille de
Bibracte»
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