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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > 

Bolivar, Simón

Caracas, 1783 - île Santa Marta, Colombie, 1830
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia


 


Simón Bolívar


Général et homme d'Etat sud-américain. Bolívar est incontestablement le plus célèbre des libertadores qui, entre 1810 et 1830, combattirent pour l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique.

Cette gloire, il la doit non seulement à ses talents de chef militaire, qui lui permirent de libérer le Venezuela, la Colombie, l'Equateur et le Pérou, mais surtout à la vision prophétique, exprimée en particulier dans sa Lettre de Jamaïque (1815), d'une Amérique latine unifiée et économiquement puissante, facteur d'un nouvel équilibre entre les grandes puissances mondiales.  

Bolívar naquit le 24 juillet 1783, dans une ancienne famille de l'aristocratie créole. Tout paraissait le pousser à embrasser la cause espagnole.

En 1799, il est lieutenant de l'armée royale et fait un premier voyage en Espagne, où il connaît Maria Teresa de Toro y Alayza, qu'il épouse en 1802. Son évolution postérieure tient sans doute au fait que, son père étant mort alors qu'il n'avait pas trois ans, et sa mère avant qu'il n'en atteigne dix, son éducation a été confiée à Simón Rodriguez, un admirateur enthousiaste de Rousseau et de la philosophie des Lumières. Rodriguez se trouvera à ses côtés à divers moments décisifs de sa vie, et son influence sera prolongée par l'impression que causa à Bolívar, au cours de ses voyages en France (1801 et 1804), le personnage de Napoléon.

Aussi, Bolívar se trouve-t-il, en 1808-1809, parmi les «jeunes-turcs» qui appuient la première junte de Caracas, créée à la suite des victoires de Napoléon en Espagne. Une fois accomplie une mission diplomatique peu fructueuse en Angleterre (1810), Bolívar participe, de 1811 à 1814, sous les ordres de Miranda, à la guerre de libération du Venezuela. Après s'être emparé une première fois de Caracas, où il est proclamé Libertador, il est chassé par les Espagnols et se réfugie à la Jamaïque puis à Haïti. De là, il entreprend, de 1817 à 1821, une seconde campagne.

En juin 1821, il défait les Espagnols à Carabobo, libère le Venezuela et la Colombie, dont le Parlement, le 30 août, le proclame président. Mais son absence de réalisme politique, les oppositions suscitées par son penchant au despotisme l'empêchent de rétablir l'ordre. Il se lance alors dans sa plus audacieuse campagne: son armée traverse les Andes, avec les plus grandes difficultés, et n'est sauvée du désastre que par l'armée du général Sucre (1795-1830), qui prend Quito. Il est bientôt rejoint par les troupes de San Martin (1778-1850), qui viennent de conquérir le Chili. Le général San Martin s'effacera devant Bolívar et prendra le chemin de l'exil, alors que ce dernier est proclamé dictateur du Pérou en septembre 1823.  

Malgré la tuberculose qui le ronge, Bolívar rédige la Constitution du pays (le Haut-Pérou) qui l'honore en prenant son nom: la Bolivie. Mais de fortes oppositions à sa personne, ainsi que les rivalités intestines qui déchirent les vainqueurs, font échouer son rêve de réunir à Panamá, en 1826, un congrès des représentants des pays libérés, premier pas sur le chemin d'une Amérique latine fédérative.

D'autre part, il est de plus en plus contesté dans une Colombie livrée à l'anarchie et à laquelle le Pérou déclare la guerre en 1827. En 1830, le Parlement élit un président libéral et on demande au Libertador de quitter le pays, tandis que l'Equateur proclame son indépendance. Le 8 mai, Bolívar prend le chemin de l'exil pour l'île de Santa Marta.





 
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