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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Bismarck, Otto von Schönhausen (Brandebourg), 1815 - Friedrichsruhe (Hambourg), 1898 Source Encyclopédie Wikipédia
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Otto von Bismarck
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Sa jeunesse Une influence croissante L'artisan de l'unification de l'Allemagne Au sommet de sa puissance La chute Œuvres Hommages Bibliographie
Otto Eduard Leopold von Bismarck-Schönhausen, comte de Bismarck, puis prince de Bismarck-Schönhausen et duc de Lauenburg en 1890 est né à Schönhausen le 1er avril 1815 et est décédé le 30 juillet 1898 à Friedrichsruh. Il fut à la fois ministre-président de Prusse de 1862 à 1890, chancelier de la Confédération de l'Allemagne du Nord de 1867 à 1871 avant de devenir le premier chancelier fédéral de d'Allemagne en 1871, poste qu'il occupera jusqu'en 1890. Il a eu un rôle déterminant dans l'unification de cette dernière.
Politiquement, au début de sa carrière il se fait un nom en défendant les intérêts des Junkers, petite noblesse prussienne dont il fait partie, depuis les bancs conservateurs. Il est nommé ministre-président de Prusse en 1862. Dans le conflit constitutionnel prussien il lutte contre les libéraux pour maintenir la primauté de la monarchie. Également ministre des affaires étrangères, il déclenche la guerre Guerre des Duchés puis la Guerre austro-prussienne entre 1864 et 1866 et impose par là même la suprématie de la Prusse en Allemagne. La guerre franco-allemande de 1870 permet de résoudre la question allemande en retenant la solution petite-allemande, défendue par la Prusse, et entraine l'unification allemande en 1871.
Il accède au poste de chancelier dans le nouvel Empire allemand, poste qu'il occupe jusqu'à son retrait en 1890, tout en conservant sa place de ministre-président de Prusse. Sur le plan de la politique extérieure, il essaie d'établir un équilibre entre les grandes puissances européennes grâce à un système d'alliance.
Sur le plan de la politique intérieure à partir de 1866, on peut distinguer deux phases. Il s'allie tout d'abord au libéraux modérés. Cela conduisit au vote de nombreuses réformes, tel la mise en place du mariage civil, qui rencontre la résistance des catholiques. Bismarck lutte d'ailleurs contre ces derniers avec la politique de la Kulturkampf. Puis, à la fin des année 1870, Bismarck se sépare des libéraux. Durant cette phase sont votées les lois pour le protectionisme et l'interventionnisme étatique. Elle voit également la création d'un système de sécurité sociale. Les années 1880 sont surtout marquées par les lois antisocialistes. En 1890, ses divergences de point de vue avec le nouvel empereur Guillaume II conduisent à son départ.
Après son retrait, Bismarck continue de jouer un rôle politique, en critiquant l'action de son successeur. Il écrit également ses mémoires, qui influencent fortement l'image qu'a l'opinion publique allemande de lui.
Jusqu'au milieu du 20e siècle, les historiens allemands jugent en grande majorité son action de manière positive, celle-ci étant, dans cette période nationaliste, associée à l'unification de l'Allemagne. Cependant après la seconde guerre mondiale les critiques s'accentuent : il serait responsable en tant que fondateur de l'empire allemand, de l'échec de la démocratie en Allemagne. Des approches plus modernes de l'Histoire tentent de remettre l'action de Bismarck, avec ses forces et ses manques, dans le contexte de son époque avec la structure politique qui était alors en place.
Sa jeunesse
Bismarck à 11 ans. Otto von Bismarck est né le 1er Avril 1815 à Schönhausen, dans l'ouest du Brandebourg (bien qu'habitant à Kniephof en Poméranie). Son père, Ferdinand von Bismarck, est officier militaire et propriétaire terrien prussien et sa mère Wilhelmine Menckence, est la fille d'un homme politique. Son grand-père paternel est un disciple de Jean-Jacques Rousseau.
Après avoir reçu sur l'insistance de sa mère une instruction secondaire classique et non par précepteur comme cela se fait à l'époque, il étudie le droit à Göttingen et Berlin, où il fait preuve de peu d'assiduité ; il n’en sait pas moins se cultiver lui-même : Alexandre de Hohenlohe reste stupéfait devant le nombre de livres qu’il a lu dans sa jeunesse et les citations qu’il est capable de faire dans la langue originale : Bismarck cite en particulier Byron et Shakespeare et parle évidemment couramment français, langue de l'aristocratie européenne. Il est ensuite nommé à la préfecture d'Aix-la-Chapelle, où il connait diverses aventures.
À la mort de sa mère en 1839, seul, il se dévoue à la gestion du domaine familial, mais s'ennuie. Il trouve un poste d'intendant des digues, où il fait preuve d'un rare engagement. En 1843 il rencontre Marie von Thadden, mariée à un de ses amis, avec laquelle il entretient une amitié intense et sous l'influence de laquelle il devient luthérien piétiste mais celle-ci meurt en 1846. Par amour pour Marie et à sa demande, Bismarck épouse sa meilleure amie Johanna von Puttkamer en 1847. De leur longue et heureuse union naquirent trois enfants. Toutefois Johanna s'intéresse peu aux mondanités et à la politique, qui accapare de plus en plus son mari, et c'est la sœur de Bismarck, Malwina, qui finit par jouer le rôle de conseillère.
Une influence croissante
Délégué à l'assemblée des États Provinciaux de Prusse, il se heurte de plein fouet aux mouvements nationalistes et révolutionnaires qui embrasent l'Europe. Ils atteignent la Prusse le 18 mars 1848, et le 19 le roi Frédéric-Guillaume IV, après hésitation, refuse de réprimer le mouvement et se joint aux révolutionnaires pour qu'ils forment un gouvernement libéral. Bismarck l'apprend, sa réaction est si violente qu'il va jusqu'à obtenir une entrevue avec Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, la reine mère, afin d'assurer la Régence et pour mettre par l'intrigue le jeune neveu du roi, futur Frédéric III d'Allemagne sur le trône. Augusta refuse, il en résulte une inimitié réciproque qui dure jusqu'à la mort de celle-ci. A la suite de cet épisode où Bismarck s'est mis en porte-à-faux avec le pouvoir, il est écarté de la politique temporairement. Déjà il fait preuve de cet attachement à la Prusse, mais pas à la monarchie absolue, qui dirige toute sa politique.
Il s'éloigne progressivement des ultra-conservateurs tels que son mentor Leopold Von Gerlach et cherche l’alliance française à partir de 1856 pour empêcher la France de se rapprocher de la Russie et pour menacer l'Autriche. Le rapprochement avec Napoléon III hérisse les conservateurs qui considèrent l'empereur français comme un arriviste, celui-ci soutenant de surcroit les mouvements révolutionnaires à travers l'Europe.
Bismarck devient ambassadeur de Prusse en Autriche, puis en Russie, en 1859 puis à Paris en 1862, où il rencontre de nombreuses fois Napoléon III. Le 26 juin 1862, invité à un déjeuner par ce dernier, l'empereur lors de la promenade dans le parc lui suggère une alliance, entre la France et la Prusse, il se dérobe et écrit dans ses mémoires : « Avant-hier, chez l'empereur, je me suis trouvé dans la situation de Joseph avec la femme de Putiphar. Il avait sur la langue les propositions les plus impudiques ; si je l'avais un peu encouragé dans cette voie, il se serait exprimé plus nettement. C'est un fervent champion de l'unité allemande, réalisée à l'exclusion de l'Autriche.»
Le Parlement et le roi Guillaume de Prusse se méfient de lui comme de la France. En 1862, le roi Guillaume de Prusse lui confie les postes de Premier ministre et de Ministre des Affaires étrangères de Prusse, à la suite du conflit entre le Parlement, de plus en plus libéral, et le roi, déclenché par une réorganisation de l'armée. Pendant quatre ans, après dissolution, Bismarck gouverne en ignorant l'absence de vote du budget au mépris de la constitution de 1850, jusqu'à ce qu'une chambre plus conciliante soit élue.
L'artisan de l'unification de l'Allemagne Bismarck réussit à unifier l'Allemagne en menant une série de guerres. Pour que ces guerres ne dégénèrent pas, Bismarck développe une politique de rapprochement avec la Russie, qu'il juge indestructible du fait de sa grandeur, la France du Second Empire et l'Angleterre. À l’intérieur il doit lutter dans un premier temps contre l’assemblée hostile à sa politique étrangère, mais aussi contre son souverain, qu’il domine. Il résume sa pensée dans cette phrase : "Nous serons plus forts si et seulement si nous agissons ensemble". Ainsi, il veut unifier l'Allemagne pour la rendre plus forte.
Lors de la guerre de Crimée, Bismarck a été alarmé par l'isolement de la Prusse alors que l' Autriche, la France et le Royaume-Uni s' allient contre la Russie. Il analyse toutefois avec justesse que c'est l'Autriche qui a affaibli sa position : en se coupant de son alliance traditionnelle avec la Russie, l'Autriche s'expose aux revendications italiennes et allemandes sans pouvoir invoquer l'aide de la Russie, permettant les attaques de la France et de la Prusse. La stratégie autrichienne a détruit la triple-alliance légitimiste construite et maintenue désespérément par Metternich.
En premier lieu, en coopération avec l'Autriche, le Schleswig et le Holstein sont pris au Danemark, c'est la guerre des Duchés. Un traité de paix est conclu à Vienne le 30 octobre 1864. Dès 1865, il fait pression sur l'Autriche afin de laisser la Prusse s'occuper de ces terres du Nord.
Puis, en 1866, prétextant la dénonciation du traité d'attribution des duchés, Bismarck provoque la Guerre austro-prussienne. La Prusse attaque l'Autriche et l'emporte rapidement à la bataille de Sadowa, annexant Hanovre, Hesse-Cassel, Nassau et Francfort à la Prusse et créant la Confédération d'Allemagne du Nord. Le 26 juillet, quelques jours après la victoire prussienne à la bataille de Sadowa, l'empereur Napoléon III confie à l'ambassadeur de Prusse à Paris qu'il ne voit aucune objection à l'annexion du Hanovre et de la Hesse « jusqu'au chiffre de quatre millions d'habitants ». Mis au courant, Edmond Drouyn de Lhuys, le ministre français des Affaires étrangères, confie à ses proches : « Maintenant, il ne nous reste plus qu'à pleurer. » Bismarck s'oppose en effet à l'achat par la France du Luxembourg.
Après avoir provoqué la France par la dépêche d'Ems, document diplomatique trafiqué, la guerre franco-prussienne est déclenchée en 1870 et les États de l'Allemagne du Sud, considérant la France comme l'agresseur, soutiennent militairement la Confédération d'Allemagne du Nord. La France subit une défaite humiliante et Guillaume Ier se fait acclamer Empereur d'Allemagne à Versailles en 1871. Le traité de paix signé permet à l'Allemagne d'annexer l'Alsace (hors Belfort) et la Moselle, qui deviennent terre d'empire (Reichsland) d'Alsace-Lorraine, bien commun à l'ensemble des États allemands. Cependant l'annexion, à laquelle Bismarck s'est personnellement opposé pour ne pas s'aliéner la France définitivement, provoque une grande réaction patriotique française, .
Bismarck est donc le principal artisan, avec Helmuth Karl Bernhard von Moltke et Albrecht von Roon de la création de l'Empire allemand de 1871, dirigé par la Prusse et excluant l'Autriche.
Au sommet de sa puissance
Bismarck en 1875
Bismarck en 1880
Bismarck-Monument, à Hambourg Acclamé comme un héros national, rendu populaire par ses victoires sur les puissances étrangères, Bismarck devient le premier Reichskanzler (chancelier impérial) du nouvel empire. Dans sa politique extérieure, il se consacre alors à maintenir la paix entre les grands empires (France, Autriche, Allemagne et Russie). Il est particulièrement habile à manœuvrer pour empêcher tout rapprochement entre ses ennemis. À cet effet il tente de recréer l'alliance avec l'Autriche et la Russie. Les contemporains de l'époque se moquent de ces alliances à répétitions, et de sa « politique de cabinet ». Ses systèmes d'alliances sont nommés Systèmes bismarckiens. Profitant de la crise diplomatique opposant le Portugal, le Royaume-Uni et la France pour le contrôle des deltas du Congo et du Niger, Bismarck convoque la Conférence de Berlin (14 novembre 1884), se pose en médiateur de la crise, et affirme un peu plus le rôle central de l’Allemagne dans le concert des nations. Cette conférence présente un ordre du jour plus large que la question congolaise : on y parle principalement de la liberté de navigation et de commerce ainsi que des modalités d'installation sur les côtes. Finalement, la conférence établit une liberté de commerce élargie dans les bassins du Congo et du Niger. La France se voit aussi attribuer le Haut-Niger dont le Royaume-Uni contrôle le delta. Du côté allemand, on espère que les concessions territoriales faites à la France atténueront le ressentiment né de la perte de l’Alsace-Lorraine à la suite de la guerre franco-allemande de 1870.
Intérieurement, Bismarck est confronté à la montée en puissance de deux nouveaux partis : le Parti du centre catholique (Zentrum) et le Parti social-démocrate (SPD), sans oublier les Lorrains et les Alsaciens protestataires. Le Kulturkampf — campagne de mesures législatives contre les catholiques, que Bismarck estime trop loyaux au pape, et la minorité polonaise catholique qui démarre en 1872 — est un énorme échec. Il combat les sociaux-démocrates sur deux plans : le parti et ses organisations sont interdits, alors que les classes ouvrières sont calmées par une législation très progressiste garantissant la retraite et une assurance contre maladies et accidents. Il met en place une politique économique protectionniste, fonde le Mark en 1873, réorganise l’armée d’Empire et la justice d’Empire.
La chute La chance de Bismarck tourne brusquement. « Le moment vint, écrit Alexandre de Hohenlohe, où « rien ne voulait plus réussir à l’homme d’État vieillissant » ; il est caractéristique que Jacques Bainville, qui nous présente Bismarck comme l’homme d’État n’ayant connu que des succès, s’abstient de nous parler de lui après 1880. Dans ces années pourtant, Guillaume 1er, affaibli, le laisse gouverner à sa guise, et sa place de chancelier n’est plus menacée ; elle pourrait l’être sous le règne de son successeur à qui son mariage avec une princesse anglaise a entretenu des idées libérales ; mais le futur Frédéric III n’est pas si hostile qu’on le dit ; n’écrit-il pas en 1886 à Bismarck ces lignes caractéristiques :
La lettre, écrite à Portofino, date du 28 septembre 1886 et on imagine mal que le futur Frédéric III se serait ainsi confié à un homme qu’il aurait haï.
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Le commandant Bismarck quitte le navire sous l'œil de Guillaume II, caricature de John Tenniel dans Punch (1890) Frédéric III meurt après quatre-vingt-dix-neuf jours de règne et c’est Guillaume II qui lui succède, impatient de gouverner lui-même. Les jours de Bismarck à la chancellerie sont donc comptés bien qu’il ne s’en rende pas compte ; il aurait voulu, a-t-on dit, que son fils lui succédât. Vrai ou faux, le bruit arrive aux oreilles de l’empereur qui confia au prince Chlodwig de Hohenlohe au cours d’une chasse : « Il s’agit de la question suivante : dynastie Hohenzollern ou dynastie Bismarck ».
L'occasion est donnée par les élections de 1890 où le centre catholique et les sociaux-démocrates réalisent tous deux une percée ; Bismarck doit se retirer sur les instances du Kaiser Guillaume II, monté sur le trône en 1888. Cette retraite libère une politique étrangère plus agressive, défaisant la realpolitik de Bismarck en poussant la France à nouer des liens plus étroits avec la Russie et le Royaume-Uni. Bismarck passe les dernières années de sa vie à écrire ses mémoires, et à s’opposer à la politique de Guillaume II, qui tente une réconciliation, que Bismarck repousse. Il s'éteint en 1898 à Friedrichsruh. Sa mort est toutefois troublée par une tentative de récupération par la propagande de Guillaume II.
Bismarck est l’homme de l'unification, doté d'une analyse remarquable du problème que pose cette dernière et soucieux de préserver la puissance nouvellement acquise, mais la guerre de 1870 donne à l'Empire un ennemi obstiné, la France, ce qui limite les options des successeurs de Bismarck quand celui-ci a toujours cherché à en créer et conserver le maximum, impliquant autant que possible la Prusse en dernier dans chaque conflit.
Œuvres Pensées et souvenirs livre rédigé par Bismarck lors de sa retraite - éd. Calmann-Lévy
Jacques Bainville, Bismarck et la France, Nouvelle librairie nationale, 1907. Réédition, Godefroy de Bouillon, 1996, ISBN|2841910024. Utile, à condition qu'on n'y cherche pas de renseignements exacts sur le Chancelier (on trouvera cependant d'intéressants extraits de ses Mémoires) ; on y verra surtout la façon dont Bainville (et après lui de très nombreux Français) ont compris le personnage de Bismarck et sa politique.
Bismarck : De la Prusse à l’Allemagne, Jean-Paul Bled, éd. Alvik, 2005
Dans L’Empire allemand de l’unité du Reich au départ de Bismarck (1871-1890), ouvrage collectif paru aux Éditions du Temps, 2002. On trouvera une intéressante étude de Françoise Knopper, intitulée Otto von Bismarck, le « chancelier de fer ». On y lira cette opinion : « Bismarck a gouverné à un moment qui fut propice à l'unification mais il n'avait en fait envisagé que l'hégémonie prussienne et il s'est rapidement trouvé dans la posture de l'apprenti sorcier qui enclenche un processus qu'il ne peut plus arrêter.» C'est aux antipodes de Bainville.
De nombreuses biographies sont consacrées à Bismarck, dont celle de l'historien allemand Werner Richter, traduite en français. Il y expose un point de vue partagé par de nombreux historiens allemands, pour qui la séparation de la Prusse et de l'Autriche eut des conséquences néfastes.
Remarquons d’ailleurs que l’historiographie actuelle est plus sévère à l’égard de Bismarck que jadis. François Knopper (op. cit.) n’écrit-elle pas : « En particulier depuis 1945, historiens et biographes veillent à combattre le « mythe » bismarckien, à signaler ses échecs à l’intérieur (vis-à-vis du Zentrum et des socialistes) et à l’extérieur (lors du congrès de Berlin), à relativiser ses choix. » Ajoutons que de telles idées sont loin d’être passées dans l’imaginaire allemand où l’on se représente encore Bismarck comme un génie et où l’on attribue les désastres qui ont suivi au fait qu’on n’a pas été capable de continuer sa politique.
On trouvera cependant des prémonitions intéressantes dans les chapitres que le prince Alexandre de Hohenlohe a consacrés à Bismarck dans ses Souvenirs parus chez Payot en 1928. Il écrit notamment : « On pourrait être tenté de se demander si mon père n’a pas eu tort d’appuyer la politique de Bismarck dans la création du nouvel empire d’Allemagne et on pourrait de nouveau, comme on le fit jadis, lui reprocher d’être intervenu en faveur du rattachement de la Bavière à la Prusse au lieu de poursuivre en Bavière une politique de la grande Allemagne. » Mais dans le climat de l’époque cet homme intelligent qu'était Alexandre de Hohenlohe fut considéré comme un traître, un des responsables du « coup de poignard dans le dos ».
KESSLER, H., Souvenirs d'un européen : de Bismarck à Nietzsche, Paris, Plon, 1936.
La guerre franco-prussienne (septembre 1870-mars 1871), et de La Commune (mars- juin 1871), Perrin, de Pierre Milza
Hommages
Timbre poste allemand datant de 1965 à l'effigie d'Otto von Bismarck. Le nom de Bismarck a été donné en l'honneur du chancelier allemand au :
cuirassé de la Kriegsmarine Bismarck, fierté de l'Allemagne national-socialiste, qui après avoir coulé le Hood, emblème de la Royal Navy, fut pris en chasse et coulé en Atlantique nord par la flotte britannique en 1941, quelques mois seulement après sa mise en service.
la ville de Bismarck, capitale du Dakota du Nord et à différentes autres villes américaines où ont émigré des communautés allemandes.
l'archipel Bismarck (un archipel de la Papouasie-Nouvelle-Guinée), colonie de l'empire colonial allemand et à la mer de Bismarck proche (est de la mer des Salomon et sud de la mer de Corail).
Bibliographie Serge Berstein, Histoire de l'unification allemande, Paris, Flammarion, 2003
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