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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Churchill, Winston Woodstock, comté d'Oxford, 1874 - Londres, 1965 © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Winston Churchill
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Homme d'Etat britannique. Winston Leonard Spencer Churchill naquit au château de Blenheim, propriété de sa famille paternelle, celle des ducs de Marlborough, l'une des plus grandes de l'aristocratie anglaise. Son père, lord Randolph Churchill (1849-1895), fut député à vingt-cinq ans et fit carrière dans les rangs conservateurs. Cependant, il souhaitait des réformes démocratiques et une politique extérieure pacifique.
Chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) en 1886, il proposa un programme que ses collègues refusèrent; il démissionna et passa son temps à voyager. Il avait épousé une Américaine et le couple était regardé comme l'un des plus excentriques de la société aristocratique et du monde politique de l'Angleterre victorienne; à cette époque l'un et l'autre étaient largement confondus et la vie publique constitua pour le jeune Winston Churchill une vocation naturelle.
Dans une atmosphère familiale assez bohème, la première éducation de Winston Churchill fut négligée. Envoyé au collège d'Harrow, Churchill y fait des études médiocres; puis il passe par l'école militaire de Sandhurst. Il en sort avec le goût de l'aventure et le désir de se faire rapidement connaître. Winston Churchill part pour Cuba, où les Espagnols combattent des révoltes locales; il accompagne ensuite le général Kitchener au Soudan, et paraît sur le champ de bataille d'Omdourman en 1898. La guerre des Boers l'amène en Afrique du Sud, où il est fait prisonnier par les Boers (1899), mais parvient à s'évader. Dès lors, mi-officier, mi-journaliste, de Cuba, d'Inde ou d' Egypte, il envoie aux journaux londoniens des articles colorés qui sont appréciés et lui ouvrent en 1900 les portes de la Chambre des communes.
Un grand homme d'Etat
Elu député conservateur
d'Oldham, Churchill, par admiration pour le chef libéral
Lloyd George, quitte bientôt son parti pour rejoindre les
libéraux et commencer une brillante carrière
ministérielle. Sous-secrétaire d'Etat aux colonies
(1905), ministre du Commerce (1908) et de l'Intérieur
(1910), il appuie Lloyd George, alors chancelier de l'Echiquier
dans ses projets de réforme sociale. En 1911, à
trente-sept ans, il devient Premier lord de l'Amirauté
(ministre de la Marine). Persuadé que le Royaume-Uni va
être entraînée dans un conflit européen, il
prépare la flotte britannique à la guerre en prenant des
mesures radicales. En 1915, il a l'idée d'une
expédition navale franco-britannique contre la Turquie,
alliée de l'Allemagne, pour occuper les détroits et
rétablir des communications avec la Russie: à la suite
d'erreurs tactiques, après un an de combats et de lourdes
pertes, l'expédition des Dardanelles échoue. Le
ministère tombe. Churchill prend alors le commandement
d'un régiment sur le front français, mais Lloyd
George le rappelle de nouveau au gouvernement et lui confie le
portefeuille de l'Armement, puis ceux de la Guerre et de
l'Air (1918-1921).
Avec la déconfiture du parti
libéral, en 1922, Churchill perd son siège de
député. Il réintègre alors le parti
conservateur, qui l'accueille sans rancune; en 1924, il
est à nouveau député et il est nommé chancelier
de l'Echiquier dans le gouvernement Baldwyn.
Jusqu'en 1929, il va pratiquer une politique
monétaire rigide: l'industrie et l'expansion
économique sont sacrifiées à la
réévaluation de la livre sterling, au rétablissement
de sa parité d'avant-guerre et de sa convertibilité
en or. Le prix à payer est celui d'un chômage
considérable; la crise de 1929 emporte la livre,
massivement dévaluée, la convertibilité est
supprimée, et les travaillistes gagnent les élections.
Churchill, très critiqué, ne figurera plus dans les
gouvernements conservateurs jusqu'en 1939. Il écrit des
ouvrages historiques, voyage et, comprenant très tôt que
le conflit avec Hitler est inévitable, il condamne fermement
les accords de Munich.
Une grande ténacité
En septembre 1939, après la
déclaration de guerre, Chamberlain rappelle Churchill à
son ancien poste de Premier lord de l'Amirauté. La
défaite militaire alliée, en juin 1940, contraint
Chamberlain à quitter le gouvernement. Churchill lui
succède et devient Premier ministre le 10 mai 1940.
Dès lors et jusqu'à la victoire, il animera avec une
volonté inflexible la résistance du peuple britannique
à qui il proclame sa détermination à combattre :
«Je n'ai à vous offrir que du sang, de la sueur et
des larmes». Par sa puissance de travail, son obstination, sa
faculté d'inspirer l'espoir - alors que les
échecs se succèdent au début de la guerre - il va
devenir sans conteste un des principaux artisans de la victoire
alliée.
A la fin de la guerre, Churchill tente
d'amener Roosevelt à une attitude plus ferme envers
l'URSS, mais il ne peut empêcher, à la
conférence de Yalta, le partage de l'Europe entre
Soviétiques et Américains. En 1945, le parti
travailliste l'emporte aux élections. Churchill, qui
anime l'opposition au gouvernement d'Attlee, n'en
demeure pas moins une personnalité internationale de premier
plan. A Fulton, aux Etats-Unis, il relance l'idée
d'une association des pays anglo-saxons qui sera à la
base du futur pacte de l'Atlantique nord. Dans son fameux
discours de Zurich, il propose à l'Europe continentale
de s'unir. Mais, dans son esprit, la Grande-Bretagne doit
rester à l'écart, avec des responsabilités
spéciales dans le monde: Churchill insiste sur
l'importance du Commonwealth et des relations
privilégiées avec les Etats-Unis. De retour au poste de
Premier ministre en 1951, il va s'efforcer de
réaliser ce plan avant de se retirer définitivement de
la vie publique en 1955.
Prix Nobel de littérature en 1953,
Sir Winston Churchill est l'auteur de nombreux ouvrages, en
particulier d'une Vie de Lord Randolph Churchill (1906),
d'un essai sur la Crise mondiale (1923-1929) et, surtout, de
Mémoires de guerre (1948-1954), précieux témoignage
sur son extraordinaire ténacité dans une des
périodes les plus sombres de la Grande-Bretagne et du monde
libre.
Méconnue, son œuvre picturale
compte une centaine de toiles réalisées entre 1915 et
1965 (année de sa mort) ayant pour sujets de prédilection
des paysages provençaux, marocains ou égyptiens et des
natures mortes.
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