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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Rossi, Pellegrino Carrare, 1787 - Rome, 1848 © Jean-Jacques BOUQUET, historien
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Pellegrino Rossi
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Economiste et homme politique italien.
Contraint à l'exil en 1815, il vécut d'abord
à Genève, où il prit part aux affaires publiques et
présenta en 1832 un projet de réforme de la Constitution
suisse. Il vint en France en 1833, se fit naturaliser français
et fut nommé ambassadeur à Rome (1845). Privé de son
poste à la suite de la révolution de février 1848,
il redevint italien et présida un gouvernement constitutionnel
pontifical. Il périt peu après, assassiné par un
républicain.
Genève
Il se réfugia à Genève,
dont il acquit la bourgeoisie en 1820 ; l'année
précédente, il était devenu le premier professeur
catholique à l'Académie. Il y enseigna le droit
civil, le droit constitutionnel et l'économie politique
; il donna aussi un cours d'histoire romaine et (1831)
d'histoire suisse. Membre du Conseil représentatif
dès 1820 - le premier dont le français
n'était pas la langue maternelle -, il fut
désigné en 1832 comme l'un des deux
députés du canton à la Diète fédérale
; il fit partie de la Commission chargée de la révision
du Pacte fédéral ; nommé rapporteur le 22 novembre,
il déposa son rapport, qui fut d'emblée appelé
le pacte Rossi, le 15 décembre déjà. Son auteur le
défendit devant la Diète de Zurich au printemps 1833 ;
lors de la discussion, le projet se heurta à une opposition
provenant de tous les azimuts : trop centralisateur pour les uns
(les ultra-conservateurs, soit Neuchâtel, Bâle-Ville et
les Waldstätten), trop timide pour les radicaux, qualifié
d' « œuvre des doctrinaires des cantons romands
» ou de tremplin pour les ambitions personnelles de Rossi, il
succomba définitivement en juillet après le vote
négatif du canton directeur de Lucerne.
Paris
Envoyé à Paris pour une mission
diplomatique, Rossi quitte alors le territoire et le service de la
Suisse pour une nouvelle carrière en France : professeur
d'économie politique au Collège de France (1833),
titulaire de la nouvelle chaire de droit constitutionnel en 1834
- son cours connaît des débuts tumultueux et se
voit suspendu au bout de trois jours -, membre de l'Institut
en 1836, il reçoit la nationalité française en 1838
; l'année suivante, le roi Louis-Philippe le nomme Pair
de France - il sera même comte en 1846 ; il devient
ambassadeur auprès du Saint-Siège. Privé de sa
chaire et de son poste par la révolution de février 1848,
il reste dans la Ville éternelle et, après un premier
refus en juillet, accepte le 15 septembre de constituer le
gouvernement de Pie IX, où il dirige les ministères de
l'Intérieur et des Finances. Deux mois plus tard
très exactement, il est assassiné d'un coup de
poignard ; sa mort ouvre la voie à l'émeute, à
la fuite du pape, à la proclamation de la République
romaine.
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