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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Moderne > Erasme, Didier Rotterdam, vers 1469 - Bâle, 1536 © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Didier Erasme
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Humaniste hollandais
En latin Desiderius Erasmus Roterodamus. Le récit traditionnel (mais controversé) veut que Didier Erasme de Rotterdam soit le fils naturel de Gérard de Praët, prêtre itinérant (?), et de Marguerite, fille d'un médecin de Zevenbergen. L'enfant s'appelle alors Geert Geertsz (fils de Gérard). Plus tard, il adopte le nom gréco-latin de Didier Erasme (de desiderius, désiré, et erasmus, aimé). Il commence ses études à Gouda, à l'école de Peter Winckel, puis il les poursuit à Deventer, dans la célèbre école des Frères de la Vie commune. A la mort de sa mère (1483) et de son père (1484), il est confié à trois tuteurs, qui le destinent à la vie monacale et l'envoient à Bois-le-Duc, dans une école médiocre et désuète.
En 1487, Erasme prononce ses vœux et entre au cloître de Steyn. Il passe son temps à lire les classiques et recueille la matière de son traité De contemptu mundi, satire de la vie des moines. Il est ordonné prêtre le 25 avril 1492. L'évêque de Cambrai, Henri de Bergen, lui offre le poste de secrétaire.
De nombreux voyages
En 1495, il se rend à Paris pour
suivre les cours de l'Université. Après de nombreux
voyages, il découvre l'Angleterre (1499); au cours de ce
séjour, il rencontre Thomas More, voit à la Royal Nursery
le futur Henri VIII (alors âgé de huit ans) et
fréquente le théologien John Colet, qui exerce sur ses
conceptions théologiques une influence déterminante.
Après la publication, à Paris,
des 800 proverbes des Adages, commentaires de proverbes latins,
en 1500, il devient l'hôte, à Saint-Omer, du
prieur de Saint-Bertin, chez qui il rencontre Jean Vitrier,
théologien énergique qui influence de façon
décisive ses conceptions chrétiennes ainsi que la
thématique de son Manuel du soldat chrétien (1504).
Erasme découvre à Louvain un manuscrit de Lorenzo Valla,
qui suggère des corrections à apporter à la Vulgate
par un collationnement avec le texte grec. Dès lors, il est
véritablement hanté par le désir de réconcilier
les «bonnes lettres» et la théologie dans la
perspective de Valla. Les déplacements se succèdent:
à Londres, à Paris, à Turin, où
l'université lui confère le bonnet de docteur en
théologie, à Venise et à Rome, où il passe de
longues heures dans les bibliothèques, mais il est sujet
à des crises de mélancolie et médite sur le sens de
la vie et de la mort: Carmen de senectute.
Une activité intellectuelle intense
Son activité intellectuelle est intense. Il achève l'édition des Adages, «arsenal de Minerve», élargie de 4 151 proverbes et sentences. Il traduit Plutarque, Platon, Pindare et s'initie à l'hébreu. En traversant les Alpes, il compose, «à cheval», l'Eloge de la folie (1509), qu'il dédie à Thomas More.
Ayant conçu de bonne heure une profonde répulsion à l'égard de la théologie scolastique, Erasme veut compléter humanisme et christianisme en conciliant les études religieuses et l'étude des lettres classiques. Il approuve les premières prises de position luthériennes, mais il souhaite aussi sauvegarder l'unité du monde chrétien, et se prononce bientôt contre Luther en défendant, contre lui, le libre arbitre et la tolérance. Cette position de conciliateur lui vaut un rayonnement européen, mais aussi les attaques de tous les esprits partisans, réformés comme catholiques. Il quitte définitivement les Pays-Bas et s'installe à Bâle, où il publie en 1524 son Essai sur le libre arbitre, auquel Luther répond par le De servo arbitrio («Du serf arbitre»). L'humaniste réplique par l'Hyperaspistes (1527). Correspondant avec toute l'Europe, il compose en 1534 un Traité sur la concorde de l'Eglise et assure le pape de son entier dévouement à la cause de l'unité de l'Eglise.
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