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Dossier(s) : Pays > Afrique > Algérie © Hachette Livre et/ou Hachette
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Pays très vaste
(2'381'741 km
2
), l'Algérie présente, sur
1800 km du nord au sud, une succession de zones
contrastées. La partie septentrionale forme une lisière,
large seulement de 200 km, en bordure de la
Méditerranée.
C'est l'Algérie
«utile», fortement marquée par la présence
humaine depuis la plus haute Antiquité.
L'Algérie antique
Au long de la préhistoire, une lente
suite de migrations forme le complexe ethnique berbère
d'où dérive, pour une part essentielle, le peuplement
actuel.
Au VI
e
siècle av. J.-C.,
des
Phéniciens, venus d'Orient, installent des comptoirs
sur la côte nord-africaine, parmi lesquels Carthage, qui
bâtit un empire commercial et militaire et étend son
influence sur le littoral oriental. Pendant ce temps, de grandes
confédérations berbères se forment: le Numide
Massinissa parvient à unifier le pays au II
e
siècle av. J.-C.
Puis Rome, victorieuse de
Carthage, fait
des rois numides ses vassaux, malgré la farouche
résistance d'un Jugurtha (118-105 av. J.-C.).
En 40 apr. J.-C.,
l'ensemble du territoire devient province
romaine.
L'émpire occupe systématiquement l'espace, le
couvre de routes, de villes, telles Timgad, Tipasa, Cirta
(actuelle Constantine), Hippone (Annaba).
A partir du III
e
siècle, la Numidie devient un
foyer actif du
christianisme,
dominé au siècle suivant par la figure de saint Augustin,
évêque d'Hippone, père de l'église.
L'impeccable organisation romaine, ébranlée à la
fin du IV
e
siècle par la crise religieuse
et sociale du donatisme, s'écroule en 429 sous les
coups
des Vandales; elle
est péniblement restaurée, en 533, par Byzance.
De la conquête arabe à la
tutelle ottomane
En 647, quinze ans après la
prédication de
Mahomet,
apparaissent les premiers cavaliers arabes, qui battent les troupes
byzantines. Ils
reviennent en 666, avec à leur tête Oqba ibn Nafi
qui chevauche jusqu'à l'Atlantique (en 683),
soumettant et convertissant les Berbères. Les rébellions
sont nombreuses, comme celle, légendaire, de la Kahina, reine
des Aurès. La conquête à peine achevée, au
début du VIII
e
siècle, le kharidjisme,
mouvement schismatique de l'islam, se répand dans le pays
et suscite la formation de royaumes indépendants de fait du
califat
omeyyade, comme
celui des Rustémides de Tahert (Tiaret). Mais l'islam
n'est pas remis en question; rien ne subsistera du
christianisme.
Au début du XI
e
siècle, les Berbères
hammadides établissent leur domination sur le
Maghreb central
à partir de Qala des Banu Hammad, leur riche capitale
jusqu'en 1091. Cependant, en 1049 commencent à
déferler sur la région les tribus arabes des Banu
Hilal, qui provoquent désordre et morcellement du pays. Au
XIII
e
siècle, les Berbères
Abdalwadides de Tlemcen fondent un royaume qui étend son
pouvoir sur les deux tiers occidentaux du pays et se maintient
jusqu'au milieu du XVI
e
siècle.
En
Espagne, pendant
ce temps, s'accentue la pression chrétienne qui repousse
vers l'Afrique du Nord les Andalous musulmans et juifs.
Après la chute de Grenade, en 1492, les rois espagnols
s'attaquent aux villes nord-africaines. Rapidement
débordées, celles-ci font appel à des aventuriers,
des corsaires turcs à peine convertis à l'islam, qui
les placent sous la protection de l'
Empire ottoman.
Les frères Barberousse fondent ainsi la régence
d'Alger, qui étend, à partir de 1587, son
empire, souvent théorique, sur tout le pays. Grâce à
la course - la guerre menée par les corsaires -, la
régence connaît deux siècles de relative opulence,
dont Alger garde aujourd'hui encore la trace architecturale.
L'établissement des
Français
La conquête
française de
l'Algérie, déclenchée fortuitement en 1830
par un coup d'éventail donné par le dey d'Alger
au consul de France, est systématiquement organisée par
la suite. L'occupation du pays est cependant enrayée par
la résistance - le djihad ou «guerre sainte»
- de l'armée d'Abd el-Kader. Avec la
défaite de l'émir, en 1847, la colonisation peut
vraiment commencer: routes et voies ferrées tracées,
villes et villages édifiés, mais aussi terres
spoliées, populations refoulées vers les montagnes,
inégalité institutionnalisée par le régime de
l'indigénat (instauré en 1881).
A mesure que le pays devient plus
prospère, le mécontentement s'accroît parmi
les Algériens musulmans. Tous ne revendiquent pas
l'indépendance, mais tous veulent la liberté et
l'égalité. Trois tendances organisées se
dessinent à partir des années 1920: les oulémas,
qui se réclament de l'islam et de la langue arabe; les
élites francophones, qui souhaitent une démocratie
libérale; le mouvement populiste enfin, d'où
sortiront les cadres du FLN.
La Seconde Guerre
mondiale accélère la prise de conscience; mais les
gouvernements français successifs ne parviennent pas à
imposer les réformes nécessaires.
Le 1
er
novembre 1954, la rébellion
armée est déclenchée par le FLN. L'Algérie
entre pour sept années dans la spirale d'une terrible
violence dont elle sortira, certes, indépendante le
5 juillet 1962, mais avec des blessures difficiles à
cicatriser.
Thèmes associés
L'Algérie indépendante
En 1962, après le départ de
plus d'un million de pieds-noirs, le pays est à
réorganiser. Au sein du FLN, les personnalités et les
orientations politiques s'opposent. Finalement, en
septembre 1963, Ahmed Ben Bella est placé à la
tête de l'état. La situation politique reste
très instable.
Le 19 juin 1965,
l'armée, dirigée par le colonel Houari Boumediene,
prend le pouvoir et assure la remise en ordre du pays. Boumediene
nationalise les hydrocarbures et promulgue la «révolution
agraire» en 1971, puis il lance, en 1976, un large
débat public sur les orientations socialistes du pays, qui
aboutit à l'approbation de la Charte nationale.
Fin 1978, ses obsèques, suivies par une foule immense,
marquent l'attachement des Algériens au nationalisme
populiste qu'il incarnait. Le colonel Chadli le remplace, le
1
er
février 1979.
Pendant quelques années, le prix
élevé du pétrole masque l'échec des
réformes économiques d'inspiration libérale
entreprises par le président. Sur le plan politique, le
régime, soutenu surtout par une classe de
privilégiés, apparaît incapable de se
réformer. Mais le peuple descendu dans la rue lui arrache,
lors des sanglantes journées d'octobre 1988, des
mesures de démocratisation: reconnaissance des partis
politiques et des libertés d'opinion et
d'expression, premières élections municipales
pluralistes (juin 1990). Celles-ci sont gagnées par les
intégristes du Front islamique du salut (FIS), portés
par le mécontentement social.
Un an plus tard, le FIS engage une
épreuve de force avec le pouvoir. L'état de
siège est proclamé le 5 juin 1991, et les
élections législatives repoussées à la fin de
l'année. Le premier tour de ces élections, le
26 décembre 1991, donne 188 sièges sur
430 au FIS, tandis que le FLN n'en obtient que 15. Le
second tour n'aura pas lieu: l'armée oblige le
président Chadli à démissionner et met en place,
le 14 janvier 1992, un Haut Comité d'état
qui proclame l'état d'urgence et prononce la
dissolution du FIS, dont les chefs sont arrêtés. Le
Haut Comité se donne pour président Mohammed Boudiaf,
qui est assassiné en juin 1992 et remplacé par Ali
Kafi.
Alors que se multiplient les attentats
suscités par le Groupe islamique armé (GIA), le
général Liamine Zeroual est désigné par le
nouveau Haut Comité de Sécurité, en
janvier 1994, comme «président de
l'état», pour une période de trois ans. Il
fait cependant organiser un scrutin présidentiel (1995),
qu'il remporte dans un climat de violence politique
exacerbée. La fin de l'année 1996 est marquée
par le vote d'une réforme constitutionnelle qui renforce
les pouvoir du président Zeroual tout en réduisant les
prérogatives du Parlement et qui interdit les partis
religieux.
En juin 1997, le chef de l'état
voit sa position confortée par la victoire de son parti, le
Rassemblement national démocratique (RND) et celle de son
allié, le Front de libération nationale (FLN), lors des
premières élections législatives pluralistes.
én reconduisant, A. Ouyahia à la tête de son
gouvernement, le président Zeroual réaffirme alors sa
volonté de maintenir la politique gouvernementale
déjà engagée, notamment le plan
d'austérité, mal perçu par les classes les
plus défavorisées, mais soutenu par le FMI. La visite,
en février 1998, d'une délégation de
parlementaires européens ne fait que confirmer le blocage de
la situation dans un climat de guerre civile. A la surprise
générale, le 11 septembre, le président
Zeroual annonce l'organisation d'élections
présidentielles anticipées avant fin février 1999,
et déclare qu'il ne sera pas candidat à sa propre
succession.
En décembre, le Premier ministre,
Ahmed Ouyahia, suspecté par l'opposition de fraude
électorale lors des législatives de 1997, présente
sa démission, tandis que Smaïl Hamdani assure
l'intérim au gouvernement. Les élections
anticipées d'avril 1999 se déroulent dans un climat
de méfiance exacerbée par le retrait collectif des
candidatures des six adversaires d'Abdelaziz Bouteflika, seul
candidat en lice et favori des militaires.
Alors que l'opposition émet
officiellement des doutes sur la validité du taux de
participation, Abdelaziz Bouteflika recueille une large
majorité (73,79 %) des suffrages exprimés et
succède à Liamine Zeroual. Le nouveau président,
rapidement confronté à la crise économique,
décide, dans un premier temps, de maintenir le gouvernement
de Smaïl Hamdani dans ses fonctions et tente de sortir le
pays de l'impasse de la violence (libération de
plusieurs milliers de détenus islamistes condamnés pour
des délits mineurs, annonce d'un projet de loi sur la
«concorde civile»).
En décembre, Ahmed Benitour est
appelé à succéder à Smaïl Hamdani. Loin de
ramener le calme dans les esprits, ce changement et l'annonce
officielle, le 11 janvier 2000, de la dissolution de l'AIS
par Madani Mezrag, provoquent de nouvelles dissensions au sein de
l'ex-FIS, ainsi qu'une nouvelle vague d'attentats et de
massacres dans le pays - près de deux cents
Algériens sont ainsi assassinés lors du dernier ramadan.
Le 26 août, le Premier ministre, Ahmed Benitour,
considérant qu'il ne bénéficie pas suffisamment
du soutien du chef de l'état, remet sa démission. Ali
Benflis, ancien directeur de cabinet du président Bouteflika
est immédiatement désigné pour lui succéder
à la direction du gouvernement.
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