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Dossier(s) : Pays > Moyen-Orient > Arabie Saoudite © Hachette Livre et/ou Hachette
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L'Arabie Saoudite
(2'240'000 km
2
), bordée au nord par
la Jordanie,
l'Irak et le
Koweït, au sud par
le Yémen et
Oman, à l'ouest par la mer Rouge, à l'est par les
Emirats arabes unis et Qatar, dispose d'un large
débouché sur le golfe Persique.
La formation du royaume d'Arabie
Saoudite est l'œuvre de Muhammad ibn Saoud (milieu du
XVIII
e
siècle), fondateur de la dynastie
régnante, laquelle unifia les royaumes du Nadjd et du Hedjaz
en 1926, avant que la Grande-Bretagne ne reconnaisse le nouvel
Etat en 1932.
Les origines
La naissance de
Mahomet à La
Mecque vers 570 marque le début d'une nouvelle
ère. S'il commence à prêcher dans sa ville
natale, Mahomet est contraint, devant l'hostilité des
Mecquois, de se rendre à Yathrib (qui deviendra Médine)
en 622, date de l'hégire et première année
du calendrier
musulman. En 630,
il revient conquérir La Mecque. A sa mort, en 632, ses
disciples, par leurs conquêtes, répandent sa parole
à travers le Moyen-Orient et au-delà. Les souverains
omeyyades font de
Damas la capitale du monde musulman, et l'Arabie, qui perd
en 692 son importance politique, est reléguée pour
longtemps à la périphérie de l'Islam.
A partir du XVI
e
siècle,
l'Empire
ottoman étend sa domination sur une grande partie de la
péninsule. Le Nadjd est alors constitué d'une
mosaïque de cités rivales, gouvernées par des
seigneurs. C'est pourtant de là que surgit une voie
nouvelle, lorsque, en 1745, la tribu des Saoud, guidée
par Muhammad ibn Saoud, signe un pacte avec un théologien
réformateur, puritain et très orthodoxe, Muhammad ibn
Abd al-Wahhab, qui comporte l'engagement de combattre pour la
défense de l'islam et la stricte application, dans la
société, de la charia islamique.
Cette alliance permet à la doctrine
rigoriste du wahhabisme d'être diffusée dans
presque toute l'Arabie à mesure que s'étend un
premier Etat saoudien, de 1803 à 1814. Sa
destruction par Méhémet-Ali, vice-roi d'
Egypte,
n'empêche cependant pas la tribu des Saoud de poursuivre
la lutte pour l'unification de la péninsule.
Au début du XX
e
siècle, les Saoud fondent le
royaume, après avoir conquis Riyad, le Hedjaz (1926) et La
Mecque.
Naissance du royaume
Les deux royaumes du Hedjaz et du Nadjd
fusionnent le 22 septembre 1932 au sein d'un
«royaume d'Arabie Saoudite». Depuis le règne
d'Abd al-Aziz III ibn Saoud (1932-1953), artisan de la
formation du royaume, cinq rois se sont succédé sur le
trône. Le règne de son successeur, son fils Saoud
(1953-1964), est désastreux du point de vue financier:
après avoir conduit le pays à la faillite, il est
déposé le 1
er
novembre 1964 par le conseil de
famille et celui des ulémas (docteurs de la loi
musulmane).
C'est son demi-frère Faysal,
déjà associé au pouvoir depuis 1958 en
qualité de président du Conseil, qui est
désigné comme successeur. Faysal I
er
met en œuvre le développement
planifié du pays, auquel il consacre une part importante des
ressources pétrolières. Il inaugure un style de
gouvernement, imité par ses successeurs, qui allie le
développement économique à une politique de
redistribution des richesses (on lui doit la gratuité de
services tels que la médecine, l'éducation et les
transports) et de maintien d'une stricte observance des
principes de l'islam par l'ensemble de la
société.
Faysal autorise la publication d'un
Code du travail (qui ne reconnaît cependant ni les syndicats
ni le droit de grève), la mise en place d'un système
de sécurité sociale, l'abolition de l'esclavage
(en 1962), la création - malgré les fortes
réticences des théologiens consultés -
d'un réseau de télévision.
Faysal s'oppose très radicalement à
l'Egyptien Gamal Abdel Nasser dans les années 1960,
et le royaume combat, depuis toujours, l'influence communiste
dans la région. Lors de la guerre civile au Yémen
(1962-1970), l'Arabie Saoudite apporte son aide aux royalistes
en lutte contre les républicains alliés aux Egyptiens.
L'influence internationale
Depuis les années 1970,
l'Arabie Saoudite renforce son rôle sur la scène
internationale grâce à sa puissance financière et au
recul des idéologies socialistes dans le monde arabe. Elle
cherche, en effet, à devenir l'un des axes fondamentaux,
sinon le centre, de l'ensemble musulman; c'est ainsi que
Faysal se fait l'un des plus actifs artisans de la
création, en 1972, de l'Organisation de la
conférence islamique (OCI), qui institutionnalise la
solidarité et la coopération entre les Etats musulmans
dans les domaines économique, social et culturel.
Après l'anti-marxisme et
l'islamisme, le troisième fondement de la politique
extérieure du royaume est la lutte contre le sionisme, qui
passe par la revendication constante de l'évacuation de
Jérusalem (où se trouve le troisième lieu saint de
l'islam, la mosquée d'al-Aqsa) par
Israël,
ainsi que par un soutien financier aux adversaires de l'Etat
hébreu, dont l'OLP (Organisation de libération de
la
Palestine).
Faysal I
er
est assassiné, le
25 mars 1975, par un de ses neveux. Son fils Khaled lui
succède, mais le véritable acteur de la vie politique et
diplomatique du royaume est, dès cette époque,
l'émir Fahd bin Abdul-Aziz al-Saoud, lui-même
successeur désigné de Khaled, et à ce titre
vice-Premier ministre. Fahd succède à Khaled en juin 1982
et poursuit l'œuvre de Faysal sur les plans intérieur
(respect strict des valeurs de l'islam et développement
économique du pays) et extérieur.
Sous son gouvernement,
l'Arabie Saoudite consacre une part importante de son budget
à l'armement et accède au rang de puissance
militaire. Forte de ses pétrodollars, l'Arabie Saoudite
tient en effet un rôle majeur dans la région du Golfe,
et même au-delà: les Saoudiens ont, par exemple,
soutenu financièrement les moudjahidin afghans contre
l'Armée rouge. Craignant les tentations
hégémoniques du pouvoir islamique de Téhéran
- plus encore que celles de l'
Irak sur le
Koweït -, les Saoudiens accusent des chiites iraniens
d'être à l'origine des très graves
incidents qui ont ensanglanté le pèlerinage à La
Mecque le 31 juillet 1987 (402 victimes) et soutiennent
Bagdad lors du conflit irano-irakien (1979-1988).
Mais après l'invasion du
Koweït par l'Irak, le 2 août 1990,
l'Arabie Saoudite, se sentant elle-même menacée,
prend le parti de l'ONU et accueille sur son territoire les
forces de la coalition alliée. Son armée, forte de
118'000 hommes, 550 chars et 180 avions de combat,
s'engage dans la guerre du Golfe, qui s'ouvre le
17 janvier 1991 et durera quarante-trois jours.
En 1993, le roi amorce la
libéralisation du régime par la création d'un
Comité consultatif, première institution politique du
pays. Mais les violations des droits de l'Homme, les
difficultés internes du régime (problème de
légitimité politique de la famille royale, demande de
participation politique de la part des élites, contestation
religieuse et sociale) et une santé économique moins
solide qu'auparavant, mettent ce sûr allié de
l'Occident dans une position moins confortable avec ses
partenaires.
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