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Etat fédéré
d'Océanie de 7'692'300 km
2
. Capitale fédérale : Canberra.
Jeune nation née à l'aube du XX
e
siècle, l'Australie a pour
seule frontière les rivages d'un continent pratiquement
vide, en partie désertique, mais doté d'immenses
richesses naturelles.
Préhistoire
Lors de la remontée des eaux
consécutive à la dernière période
interglaciaire de
Würm (il y a
environ 9000 ans), l'Australie se sépara de la
Nouvelle-Guinée et vit s'agrandir les distances qui la
séparaient de l'Asie. Le peuple aborigène, ainsi que
l'ensemble du monde vivant, évolua dès lors en vase
clos.
Lorsque, à partir de 1606, les
découvertes
des premiers
navigateurs espagnols et hollandais permirent de
reconnaître les côtes de l'Australie, cela faisait
sans doute des siècles que des explorateurs et des
négociants asiatiques et océaniens étaient
déjà en contact avec les indigènes.
A l'arrivée des Européens,
à la fin du XVIII
e
siècle, les Aborigènes
étaient, selon différentes sources, quelque
300'000, dispersés en une multitude de petits groupes
nomadisant sur de vastes territoires. Qu'ils connussent ou
non le principe de l'agriculture, ils ne la pratiquaient pas
et restaient fidèles à un genre de vie fondé sur
la chasse et la cueillette, dont les produits suffisaient à
leurs besoins réduits.
Mais l'extrême simplicité de
leur mode de vie, à la limite apparente de la survie,
n'empêcha pas le développement d'une vie
culturelle et spirituelle très riche. Le peuple aborigène
a créé dans sa solitude une
civilisation
très originale. Les hordes errantes, qui se retrouvaient dans
des lieux fixes à certaines périodes de l'année,
célèbraient par des rituels complexes et des
échanges leur unité sociale et le «temps du
rêve» de leur origine, c'est-à-dire
l'univers mythique d'où ont surgi les héros
ancestraux qui ont construit le monde et façonné le
paysage australien.
Les débuts de l'Australie
coloniale
En 1642, le navigateur hollandais
Abel Tasman dressa la carte d'une partie de la côte
tasmanienne. L'Anglais William Dampier explora la côte
occidentale en 1688, puis à nouveau en 1699, mais ce ne fut
qu'en 1770 que son compatriote, le capitaine James Cook,
s'aventura avec l'Endeavour dans le Pacifique Sud pour
tracer la carte de la côte orientale de cet immense
territoire, qui était alors appelé la
Nouvelle-Hollande.
Au nom de la couronne
britannique,
Cook, prit possession de la moitié orientale du continent.
L'administration britannique, qui venait de perdre ses
colonies de l'Amérique du Nord devenues
indépendantes, cherchait alors un lieu où établir
de grands pénitenciers pour vider les geôles
londoniennes surpeuplées. Elle choisit la nouvelle colonie
des antipodes signalée par Cook et son naturaliste, Sir
Joseph Banks, comme une terre hospitalière.
Le 26 janvier 1788, le
capitaine Arthur Phillip, commandant la «Première
Flotte», débarqua à Botany Bay avec
732 «convicts», et 450 marins ou soldats
accompagnés de leurs familles, afin d'établir une
colonie pénale. Le pénitencier ne tarda pas à
être transféré dans le site plus favorable de Port
Jackson, qui deviendra Sydney.
En 1802-1803, le capitaine Matthew
Flinders effectua le tour complet du continent. D'autres
colonies furent ensuite établies à Norfolk, dans la
terre de Van Diemen (Tasmanie), puis dans l'ouest du pays.
Redoutant la présence française dans la région,
les Britanniques occupèrent l'ensemble du continent et y
proclamèrent leur souveraineté.
En quatre-vingts ans, jusqu'à l'arrêt
officiel de la déportation, les colonies australiennes
reçurent 160'000 bagnards, pour la plupart des
condamnés de droit commun, à l'exception des
Irlandais, déportés politiques pour rébellion
envers la Couronne. Après des débuts très
difficiles (disette), la colonie pénale put enfin subvenir
à ses besoins, lorsque les premières récoltes de
blé et de pommes de terre furent faites à partir
de 1794. C'est en 1814 que le navigateur britannique
Matthew Flinders qui, au terme de son périple avait
cartographié la quasi totalité des côtes du
continent, proposa de lui donner le nom «Australie».
La colonie de la Nouvelle-Galles du Sud
de la Couronne britannique, site de l'installation des
premiers colons, comprenait alors les terres de ce qui constitue
aujourd'hui les Etats de Tasmanie (alors appelée Terre
de Van Diemen), du Queensland et du Victoria, soit les deux-tiers
de l'ensemble du territoire. L'Australie-Occidentale, qui
resta le plus longtemps une colonie pénitentiaire, et
l'Australie-Méridionale, qui n'accueillit jamais de
forçats britanniques, furent fondées par la suite en
tant que colonies totalement séparées.
L'introduction des moutons
mérinos et la découverte des pâturages des grandes
plaines de l'Ouest - au-delà de la barrière
des hautes terres - ouvrirent à l'Australie les
voies d'une autre destinée. Grâce à des
gouverneurs clairvoyants, les forçats libérés
purent recevoir des terres, créant ainsi un premier tissu de
colonisation, tandis que des colons libres et des militaires en
fin de service fondèrent des domaines, parfois très
vastes, en employant la main-d'œuvre pénale. John
MacArthur, ancien officier de la «Première
flotte», devenu commerçant et gentleman-farmer, fut le
premier à parier sur la laine comme produit
d'exportation, et à y faire fortune, à la fin du
XVIII
e
siècle. Mais en dehors des
colonies pénitentiaires, qui s'étendaient sur les
côtes en créant les embryons des futurs Etats
australiens, l'intérieur du continent restait
méconnu.
L'exploration de
l'intérieur commença en 1840 et dura près
de soixante ans. Cette saga est illustrée par Robert
O'Hara Burke, John Edward Eyre ou encore John Forrest, qui
découvrirent avec déception une nature aride,
inhospitalière et menaçante. La division de
l'Australie en six colonies séparées fut
officialisée en 1850, quand le gouvernement britannique
décida de leur accorder une autonomie limitée.
La découverte de l'or
en 1851 à Bathurst provoqua une ruée et sonna
véritablement la fin de l'ère du bagne. De
nouvelles villes furent fondées, comme Bendigo et Ballarat.
L'Australie devint une terre prospère et la population
remuante des mineurs se fondit dans le flot des premiers
arrivés: un peuple et une identité nationale
commencèrent à s'affirmer.
Mais des conflits
éclatèrent entre les gouvernements coloniaux et la
population, jeune et volontiers turbulente, qui réclamait une
plus grande autonomie. En 1859, l'Australian Colonies
Government Act confèra le pouvoir aux diverses colonies
australiennes: la Nouvelle-Galles du Sud, la Tasmanie, le Victoria,
l'Australie du Sud et le Queensland
(l'Australie-Occidentale suivant un peu plus tard). La
prospérité économique des colonies fut réelle
jusqu'au début des années 1890, lorsque la
sécheresse prolongée, conjuguée à la faillite
de plusieurs banques et à l'effondrement des cours
mondiaux de la laine, mit fin à un demi-siècle de
prodigalité en hommes et en argent. La prospérité ne
revint que très lentement après 1895.
La fédération australienne
La prise de possession de la
Nouvelle-Calédonie par les Français en 1853
inquièta les colons australiens. Cette crainte, que
renforçaient les problèmes causés par la division du
pays en colonies, conduisit les Australiens à rechercher le
chemin d'une union politique.
A partir de 1880, le mouvement en faveur
d'une fédération et d'un «grand
gouvernement national pour toute l'Australie» prit de
l'ampleur, avec Sir Henry Parkes (1815-1896), cinq fois
Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, qui en était
l'un des plus ardents défenseurs. En fin de compte,
après plusieurs conventions nationales et après que
toutes les colonies eurent adopté par référendum
l'approbation de la constitution nationale, le Parlement
Britannique vota la loi instituant la Fédération
d'Australie le 5 juillet 1900. En 1901, les six colonies
australiennes se fédérèrent pour créer le
Commonwealth d'Australie. Le Territoire du Nord, nouvellement
créé, fut inclus dans la fédération
en 1911.
Le nouveau Commonwealth, avec
d'abord Melbourne pour capitale, puis Canberra à partir
de 1927, laissait aux anciennes colonies une autonomie
politique et législative relativement importante. Il
accentua le protectionnisme économique, adopta
officiellement la politique de l'Australie
«blanche» amorcée dès le début du
XX
e
siècle, pratiqua une
politique de protection sociale et de hauts salaires et
développa l'instruction. Bénéficiant d'une
conjoncture favorable, l'Australie atteignit rapidement
l'un des niveaux de vie les plus élevés du monde.
Mais les effets de la récession de 1929-1930 se firent
durement sentir dans le pays, dont l'attitude protectionniste
était déjà très affirmée; au niveau
national, ils renforcèrent les tendances centralisatrices de
la jeune fédération.
Durant
la Première
Guerre mondiale, l'Australie apporta d'emblée son
soutien au Royaume-Uni et envoya près de 300'000 hommes
participer aux campagnes de France et d'Orient. L'attaque
sanglante et désespérée des ANZAC (Australian and
New Zealand Army Corps) sur les plages de Gallipoli dans les
Dardanelles est restée célèbre. L'Australie
sortit meurtrie de la guerre, alors que s'intensifiait le
sentiment nationaliste. Politiquement, l'Etat fédéral
renforça ses pouvoirs sur les Etats. Devenue membre de la
Société des Nations, l'Australie obtint un mandat sur
les anciennes colonies allemandes de la Nouvelle-Guinée et de
Nauru. Elle inaugura ainsi une politique extérieure active
dans le Pacifique Sud.
Le déclenchement de la
Seconde Guerre
mondiale vit à nouveau l'Australie se ranger
derrière le Royaume-Uni. Le Premier ministre travailliste John
Curtin dirigea l'Australie pendant le conflit avec
habileté et détermination. L'attaque japonaise et la
chute de la base britannique de Singapour, le
15 février 1942, réduisirent 22'000 hommes
de troupe australiens à la captivité; le pays apparut
sans défense face à l'assaut ennemi. Curtin
décida alors le retour des troupes australiennes engagées
en Orient, malgré l'opposition de
Churchill.
L'Australie menacée évita finalement l'invasion,
grâce aux victoires américaines dans le Pacifique.
Thèmes associés
L'Australie contemporaine
De 1949 à 1972,
l'Australie fut gouvernée par une coalition des partis
conservateurs et libéraux, que Robert Gordon Menzies dirigea
jusqu'à sa retraite politique en 1966. L'ère
Menzies se caractérisa par une politique résolue en
faveur de l'immigration d'Européens non britanniques
(de l'est et du sud de l'Ancien Monde) et, au niveau
économique, par l'aménagement hydroélectrique
des Snowy Mountains, en Nouvelle-Galles du Sud. On découvrit
de nouvelles richesses minières en fer et en nickel
(Australie-Occidentale), ainsi qu'en bauxite dans le nord du
Queensland. Cette période de l'après-guerre est celle
de la grande prospérité australienne.
La politique intérieure est depuis
marquée par l'alternance entre l'alliance
conservatrice (libéraux et parti national) et le parti
travailliste. Ce dernier revint au pouvoir en 1972 avec
Edward Gough Whitlam, qui rompit avec l'alignement
traditionnel de la politique extérieure sur celle des
Etats-Unis et du Royaume-Uni. L'Australie reconnut
officiellement la Chine populaire et le
Viêt-nam du
Nord et inaugura une politique de relations beaucoup plus
affirmées avec les nations asiatiques riveraines, quelle que
soit la nature de leur régime politique. Elle
s'efforça également de mettre un terme à
l'afflux massif des capitaux étrangers. En dépit
des problèmes économiques, de sa chute en 1975 et
du retour des libéraux avec Malcolm Fraser, Whitlam laisse
le souvenir d'un homme d'Etat prophétique et
nationaliste.
C'est d'ailleurs cette image
qu'utilisèrent les travaillistes pour revenir au pouvoir
avec Robert (dit Bob) Hawke en 1983. Le gouvernement
poursuivit avec modération la politique extérieure de
Whitlam, mais se révéla beaucoup plus libéral en
matière de politique économique. Cette tendance, qui se
concrétisa par une vague de privatisations, visant en
particulier à annihiler les vieux démons
protectionnistes, s'accentua avec le remplacement, en
décembre 1991, de Bob Hawke par Paul Keating, qui fut
réélu en mars 1993. Mais, en 1996, le
libéral John Howard triompha aux élections
législatives. A la tête d'un gouvernement de
coalition entre les partis libéral et national, ce dernier
remporta les élections législatives organisées en
octobre 1998.
L'année 1999 vit la position du
gouvernement de John Howard renforcée, notamment grâce
à une prospérité économique
générale (plus forte hausse des bénéfices des
entreprises), mais aussi en raison de son engagement politique et
militaire au Timor-Oriental, largement soutenu par l'opinion.
Par ailleurs, les électeurs cautionnèrent une nouvelle
fois sa stratégie politique face à celle défendue
par les travaillistes, en se prononçant massivement contre
la transformation de la monarchie constitutionnelle en une
république et contre l'ajout à la Constitution
d'un préambule sur le peuple australien.
Les Aborigènes, qui ont dû
attendre 1967 pour obtenir le droit de vote, revendiquent,
avec le mouvement du «land right», les terres perdues.
La loi sur le titre de propriété foncière
indigène («native title bill») votée
en 1993 leur reconnaît un droit sur les terres non
privées, annulant ainsi deux siècles de jurisprudence
britannique.
Hormis le cadre du Commonwealth, l'Australie a
rompu ses liens institutionnels avec le Royaume-Uni et conclu un
accord militaire de défense avec les Etats-Unis et la
Nouvelle-Zélande (ANZUS). Elle a signé également,
en 1986, un traité visant à créer une zone
dénucléarisée dans le Pacifique Sud, de façon
à isoler la France à qui elle a vigoureusement
reproché ses expériences atomiques souterraines à
Mururoa et sa politique, qualifiée de coloniale, dans le
Pacifique. En janvier 1988, l'Australie a
célébré le bicentenaire de sa fondation.
Les années 1990-1995 ont
été marquées par une croissance plus
modérée qu'au cours de la décennie
précédente. En 2000, alors que les jeux Olympiques se
déroulent à Sydney, l'Australie se tourne de plus en
plus vers la zone Asie-Pacifique, notamment dans le cadre de la
Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). En 2001,
l'Australie célèbrera le centième anniversaire
de sa fondation comme nation démocratique unifiée.
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