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Dossier(s) : Pays > Afrique > Bénin anciennement Dahomey © Hachette Livre et/ou Hachette
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Etat côtier du golfe de Guinée,
en Afrique de l'Ouest, bordé à l'est par le
Nigeria, au nord par le Niger, au nord-ouest par le Burkina Faso,
à l'ouest par le Togo, et baigné au sud par
l'océan Atlantique. 112 620 km
2
.
Des premiers royaumes à la
colonisation
Les premiers écrits concernant le
territoire actuel du Bénin datent des explorations
portugaises, au XV
e
et surtout au XVI
e
siècle. A la fin du XVI
e
siècle, plusieurs royaumes
émergèrent dans la région habitée par les Adja:
le royaume d'Allada, le royaume d'Ajase ou Ajatché
(ville nommée plus tard Porto-Novo) et le Dahomey (ou royaume
d'Abomey). Ce dernier aurait été fondé vers 1625
par Ouegbadja (un Fon) qui étendit son territoire par la
conquête et participa activement au commerce avec les
Européens.
Au XVII
e
siècle, cette expansion territoriale
et économique se poursuivit sous les règnes d'Agadja
et de Tegbesou. Le Dahomey annexa l'Allada et le royaume de
Ouidah. Le roi, établi à Abomey, la capitale, imposa un
monopole royal sur la traite négrière atlantique; le
littoral, dénommé côte des Esclaves, en devint un
haut lieu aux XVII
e
et XVIII
e
siècles, avec les comptoirs
fortifiés français et anglais à Ouidah, portugais
à Porto-Novo, Godomey et Sémé. A la fin du
XVII
e
siècle, le Dahomey entra en
rivalité avec le puissant empire yorouba d'Oyo, à
l'est : les deux Etats s'affrontèrent à trois
reprises (1680, 1726-1730 et 1739-1748). Vainqueur à chaque
fois, Oyo intégra le territoire dahoméen à son
empire.
Ces guerres ainsi que les razzias
négrières et des querelles internes affaiblirent
considérablement Oyo et, au XVIII
e
siècle, le Dahomey se
libéra. Il connut un nouvel essor politique et commercial
sous les règnes de Ghezo (1818-1858) et de Gléglé
(1858-1889).
Très vigilant, le pouvoir royal
empêchait que l'installation des maisons de commerce
étrangères ne prît un caractère
définitif. De leur côté,
les Britanniques
et
les
Français rivalisaient dans l'espoir de
contrôler les échanges avec la boucle du Niger, qui
à cette époque s'amplifiaient.
Les Français gagnèrent du
terrain en 1851, en faisant signer à Ghezo un traité
d'amitié et de commerce. En 1861, des missionnaires
français reçurent l'autorisation de s'installer
à Ouidah. En 1863, les Français tentèrent
d'imposer leur protectorat sur Ouidah, mais Gléglé
fit valoir ses droits sur la région. L'année
suivante, cependant, il dut céder Cotonou à la France.
La pression des Français devint plus forte au début du
règne de Béhanzin (1889-1894). En 1890, la France
établit son protectorat sur le royaume de Porto-Novo. Deux
ans plus tard, prenant prétexte d'un incident, les
troupes du colonel Dodds attaquèrent le Dahomey, et
malgré une âpre résistance, en 1894, les
Français capturèrent Béhanzin, qui fut
déporté.
Ils prirent alors le contrôle du
Dahomey, qui devint une colonie française. Les royaumes de
Porto-Novo et d'Allada disparurent dans les années 1910.
Les Français commencèrent à exploiter directement
les richesses du Bénin, en particulier les plantations
d'huile de palme.
Les missionnaires accentuèrent le
travail de conversion et contribuèrent à la scolarisation
de la colonie: au XX
e
siècle, celle-ci fournit à
l'A-OF un grand nombre de cadres administratifs et privés,
ce qui lui valut le surnom de « Quartier latin » de
l'Afrique occidentale. Les recrutements de soldats et la
pression économique pendant
la Première
Guerre mondiale provoquèrent des troubles dans le nord du
pays. La tension monta à nouveau à l'issue de la
Seconde Guerre
mondiale, qui réveilla les sentiments nationalistes et les
espoirs d'indépendance.
Ceux-ci se manifestèrent par la
création de nombreux journaux puis de partis politiques. En
1945, la colonie put envoyer au Parlement français un premier
député, Marcellin S.M. Apithy, rejoint en 1951 par Hubert
Maga. En 1956, la loi-cadre accorda une plus grande autonomie au
Dahomey qui, en 1958, vota favorablement, à 97,8 %, au
référendum sur le projet de Communauté
française. Il accéda alors à
l'indépendance, le 1
er
août 1960.
Du Dahomey indépendant au
Bénin contemporain
Les années qui suivirent
l'indépendance furent marquées par une grande
instabilité politique, par une série de coups d'Etat
et par une succession de régimes: Hubert Maga (1960-1963);
gouvernement militaire du colonel Christophe Soglo (1963-1964);
présidence de S.M. Apithy (1964-1965); retour au gouvernement
militaire du général Christophe Soglo (1965-1967);
gouvernement militaire du lieutenant-colonel Alphonse Alley
(1967-1968); présidence du docteur Emile Derlin Zinsou
(1968-1969); gouvernement d'union nationale du chef
d'état-major Maurice Kouandété (1969-1970);
triumvirat civil de S. M. Apithy, H. Maga et Ahomadegbé
(1970-1972).
En octobre 1972, le colonel Mathieu
Kérékou renversa le régime civil et prit le
pouvoir. A partir de 1974, il mit en place une politique
d'inspiration
marxiste-léniniste
et, en 1975, proclama la République populaire du Bénin.
Une nouvelle Constitution institua un régime à parti
unique (le PRPB, Parti de la révolution populaire du
Bénin). Dans les années 1980, le régime adopta une
politique économique plus libérale.
En 1989, la contestation prit soudain de
l'ampleur. Mathieu Kérékou annonça que le
Bénin renonçait au marxisme-léninisme et dut
accepter la tenue d'une Conférence nationale des forces
vives de la nation, la première du genre en Afrique.
Réunie à Cotonou en février 1990, celle-ci mit en
place des organes de transition et élabora une Constitution
qui fut approuvée par référendum le 2
décembre. Nicéphore Soglo remporta les élections
présidentielles de 1991. Mais, en 1994, la dévaluation
du franc CFA aggrava la crise économique.
Le 18 mars 1996, Mathieu
Kérékou remporta l'élection présidentielle.
A la suite de la la démission d'Adrien Hougnbédji en
mai 1998, il cumula ses fonctions de chef de l'Etat avec celles
de Premier ministre. La participation importante aux
différents scrutins, l'adoption du pluralisme politique et
l'acceptation de l'alternance au pouvoir montrèrent
qu'il était possible d'organiser pacifiquement la
transition démocratique. En ce sens, le Bénin aurait pu
servir de modèle de référence à bon nombre de
pays en Afrique de l'Ouest.
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