L’idée essentielle qui gouverne la construction du Palais Lascaris est de ménager une progression “dramatique” dans l’architecture. La façade s’incurve, invite le visiteur. Le franchissement du portail marque l’entrée dans un espace aristocratique, éloigné et protégé du monde extérieur. L’escalier impose ensuite un déplacement fait de multiples stations. Il génère des surprises, des points de vue, prépare le visiteur à la rencontre avec le maître des lieux. La chambre de parade est le point “culminant ” du dispositif. Elle est le lieu de la rencontre. L’espace s’est progressivement resserré autour du visiteur afin de l’extraire de la foule, pour mieux le confronter à la magnificence du maître du palais. L’insertion d’un tel bâtiment dans un tissu urbain médiéval, dense et irrégulier, au cœur de la vieille ville, met en évidence certaines caractéristiques du style Baroque.
L’architecture respecte le tracé ancien de la rue. La façade s’incurve, s’inscrivant ainsi dans la continuité des autres demeures. Cette ligne courbe, immédiatement lisible à l’approche de l’édifice, développe un trait de “mise en scène ” baroque : la concavité fonctionne comme une invite à entrer ; la ligne courbe adoucit une trop forte solennité.
La vision rasante, que l’on peut avoir depuis l’amorce de la rue, permet une lecture claire du parti pris architectural. La façade du palais a un développement longitudinal faible qui doit être compensé par une nette insistance sur la verticalité. Les fenêtres et les balcons animent donc le mur, créant, par le jeu des saillies, des ombres denses qui augmentent la sensation de relief, la présence du bâtiment.
Trois niveaux d’élévation se distinguent nettement, annonçant en cela une filiation claire avec l’organisation des palais florentins de la Renaissance.
© Conseil Général des Alpes Maritimes
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