C’est dans la partie Sud de la promenade aménagée dans le voisinage du mausolée paléochrétien que le visiteur trouvera le musée Csontváry (11 rue Janus Pannonius).
Le musée ouvrit ces portes à l’occasion du cent vingtième anniversaire de la naissance de l’artiste.
A cette époque, seulement huit peintures et quelques esquisses de jeunesse exécutées au fusain ou au crayon représentaient la totalité de la collection. Malgré la modestie de celle-ci, le spectacle simultané offert par ces quelques oeuvres constituaient une expérience inoubliable. Les oeuvres principales de Csontváry qui témoignent toutes d’une puissance extrême font par ailleurs intervenir des symboles ancestraux, elles ont encore en commun d’être caractérisées par leur taille imposante. Tout ceci est vrai de «Baalbek» recouvrant entièrement le mur sur lequel elle se trouve, ou de «La Fontaine de Marie à Nazareth» accrochée en face ou bien de «Le Grand Tarpatak dans les Tatras» ou encore de «A l’entrée du mur des Lamentations» et de «Le sauveur en prières».
Dix ans plus tard, la collection s’agrandit des toiles peintes en Dalmatie, en Italie du sud, dans la région hongroise de l’Hortobágy ainsi qu’à Selmecbánya (ancienne ville de la monarchie austro-hongroise faisant partie aujourd’hui de la Slovaquie). C’est que, entre-temps, l’Etat hongrois ayant racheté les tableaux du propriétaire Gerlóczy, ceux-ci, à l’exception de quatre, avaient été transférés au musée de Pécs. La collection présentée dans les locaux réaménagés s’étendit à tout l’étage. On peut encore y admirer l’un des chefs d’oeuvre les plus marquants de la carrière de l’artiste, celui qu’il considère lui-même comme un autoportrait symbolique : le merveilleux «Cèdre solitaire».
A la mort de l’artiste, ses tableaux restèrent entreposés dans son atelier budapestois. En octobre 1919, ses héritiers, pensant que ces toiles d’excellente qualité feraient de bonnes bâches, ils les mirent en vente pour le compte de quelques charretiers du quartier. Gedeon Gerlóczy, jeune architecte venant tout juste de terminer ses études, était, à cette époque, à la recherche d’un local où s’installer et, remarquant l’annonce affichée sur le portail, il demanda à visiter l’ancien atelier de Csontváry.
A l’intérieur, l’une des toiles posées contre le mur se déroula par accident aux pieds de Gerlóczy, se révéla devant ses yeux émerveillés «Le Cèdre solitaire» qui, comme il le raconta plus tard produisit sur lui une impression des plus vives. A la vente aux enchères organisée le lendemain, c’est lui qui, malgré la détermination des charretiers à s’approprier l’héritage, réussit non sans mal à s’en rendre acquéreur. Mais l’heure de gloire des peintures n’avait pas encore sonné et pendant plusieurs années elles attendirent stockées dans une caisse.
Par la suite, Gerlóczy transporta les plus grandes des toiles dans quelques salles de l’Ecole des Beaux-arts où il était enseignant. Après les expositions qui se tinrent respectivement à Paris et à Bruxelles en 1949, les tableaux furent entreposés au sous-sol du Musée des Beaux-arts de la capitale et une partie d’entre eux ne fut restituée à leur propriétaire que six ans plus tard. Pendant la période qui suivit, les oeuvres principales qui, entre-temps, avaient été acheminées vers la Galerie Nationale, furent dispersées dans différents bureaux des chercheurs, l’un des tableaux de grande taille fut posé dans un couloir, face au mur. Lorsqu’un historien de l’art pécsois contacta au début des années 70 Gerlóczy pour lui proposer d’exposer les toiles de manière permanente, celui-ci fut tout de suite favorable au projet. C’est donc par la signature d’un contrat de dépôt reconductible tous les dix ans que le Musée Csontváry de Pécs fut créé.