Le canal du fleuve Reno coule à ciel ouvert entouré de maisons, aux fenêtres le linge sèche. C'est une ouverture romantique sur le passé qui nous ramène à la Bologne des canaux qui, comme une nouvelle Venise, attire encore l'attention des bolonais.
C'est dans la proche Via delle Moline que ce même canal poursuit son cours à découvert, et nous restitue le souvenir d'un lieu, lié depuis ses origines, à l'utilisation de l'énergie hydraulique. Le nom même nous suggère que c'est sur cette partie du canal du Reno que se trouvaient les premiers moulins à farine.
Du XIIIe au XVe siècle, les moulins restèrent la propriété de la commune, et puisqu'ils garantissaient à la ville pain et farine, ils avaient droit à l'eau avant quiconque. Les moulins à la production de la soie étaient les plus fréquents sur le canal ; c'est pour cette raison que l'entretien de tout le canal du Reno était confié à l'Art du moulinage.
Rue Piella
et ses environs constituent une partie très suggestive de Bologne. Ces lieux montrent encore aujourd’hui ce que la ville a considéré fondamental pendant des siècles, soit son réseau hydrique. C'est justement dans cette petite rue du centre, sous le portique, en se penchant au-dessus d'une caractéristique petite fenêtre, que l'on aperçoit ce qui semble appartenir à un autre univers.
Autour de Rue Piella, l'ancienne organisation urbaine a survécu. Entre la Via Bertiera et la Via delle oche, dans un dédale de ruelles et de sombres portiques ; parmi les auberges et les boutiques d'artisanat existaient autrefois les maisons closes et les pensions pour les moins riches.