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Masque d'or Masques d'or de tombes royales de Mycènes © Jean-Pierre Dalbéra
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Situation géographique
Ville du Péloponnèse juchée sur une acropole rocheuse dominant la plaine de l'Argolide, Mycènes a donné son nom à la brillante civilisation qu'a connue la Grèce à l'âge du bronze.
Les Mycéniens appelés «Achéens» par Homère dans l'Iliade sont, à l'origine, des tribus indo-européennes qui envahissent la péninsule des Balkans vers 2000 av. J.-C. Peuple guerrier et féodal, ils s'installent à Argos, Mycènes, et Tirynthe où ils construisent des enceintes fortifiées.
Par l'intermédiaire des Cyclades, les Mycéniens découvrent vers 1600 av. J.-C. la culture minoenne, comme en témoignent les objets trouvés dans les sépultures dites «tombes du cercle B», creusées dans le rocher à l'extérieur des murailles de Mycènes. Les Mycéniens ne tardent pas à lancer des expéditions maritimes contre les Crétois et c'est à eux qu'on attribue vers 1400/1450 la disparition de la civilisation minoenne. Néanmoins, il est probable que la grande éruption volcanique qui dévaste à la même époque l'île de Santorin a dû également contribuer à ce déclin. Avec la ruine de la civilisation crétoise et l'essor des Mycéniens, le centre d'activités de la mer Egée se déplace vers les palais de la Grèce continentale.
Une organisation palatiale
A
l'époque mycénienne, la
Grèce est formée de plusieurs royaumes indépendants.
A Tirynthe, non loin de Mycènes, s'élève un
palais fortifié et doté de casemates. D'autres
édifices semblables se dressent à Pylos (sur la côte
ouest du Péloponnèse), à Athènes sur
l'Acropole, à Thèbes et dans le nord jusqu'à
Iolcos (en Thessalie). Ces constructions luxueuses sont
occupées par les classes dirigeantes, tandis que les
agriculteurs et les artisans vivent dans les villages avoisinants.
Rien ne prouve que de véritables villes existaient alors en
Grèce continentale.
L'écriture
Pour établir leurs inventaires et tenir leur
comptabilité, les rois mycéniens se servent d
'une
écriture syllabique appelée «linéaire
B». De nombreuses tablettes en argile utilisant ce langage ont
été retrouvées dans un magasin du palais de Pylos,
juste avant la Première Guerre mondiale; d'autres ont
été mises au jour à Cnossos, Mycènes, Tirynthe
et Thèbes. Cette écriture, déchiffrée
en 1953 par le Britannique Michael Ventris, est en fait une
forme ancienne du grec.
Une cité prospère
Mycènes, «surtout riche en
or» selon Homère, est un centre économique et
artistique très actif. Heinrich Schliemann mit au jour,
en 1876, dans un ensemble de tombes dites «à
fosse» («tombes du cercle A»), construites par les
seigneurs mycéniens à l'intérieur des murailles,
un trésor archéologique composé de bracelets et de
masques en or, de tables de jeu en ivoire, d'épées
incrustées et d'autres objets précieux; jamais dans
l'ère égéenne on n'avait découvert
autant de richesses.
Un artisanat actif
La richesse de Mycènes provient également du
travail de ses agriculteurs et de ses artisans, comme en
témoigne l'abondance de leurs productions. Les
archéologues ont trouvé des poteries mycéniennes en
Egypte, dans de
nombreuses localités de la côte
syrienne, dans le
sud de l'Italie, en Sicile, et des objets en métal dans
des lieux aussi éloignés de la Grèce que le Wessex,
en Angleterre. Les tombes mycéniennes ont, pour leur part,
livré d'importantes quantités d'ambre, qui
était acheminé, à travers l'Europe centrale, du
littoral de la Baltique jusqu'à l'Adriatique.
Un peuple de guerriers
La prospérité de la Grèce
mycénienne repose aussi sans doute sur les razzias
qu'effectuent les guerriers mycéniens à
l'étranger. Une de ces expéditions, dirigée
contre la forteresse de Troie, va constituer la trame des
poèmes homériques. Il est difficile de se fier aux
récits - rapportés des siècles plus tard
- des héros de l'époque troyenne pour obtenir
des renseignements précis sur l'époque
mycénienne, mais les données archéologiques montrent
que les guerriers mycéniens étaient bien
équipés en armes, en armures et en chars. Selon certaines
chroniques hittites d'Asie Mineure, les Egéens seraient
souvent venus perturber la vie des régions côtières.
Des réalisations architecturales brillantes
Après 1440, les deux grands
types de réalisations architecturales de la civilisation
mycénienne sont les palais et les tholoï, tombes à
coupole construites en pierres équarries et auxquelles on
accède par un couloir. La plus célèbre d'entre
elles, dite «trésor d'Atrée», se trouve
à Mycènes. Les palais grecs, quant à eux, sont
organisés - contrairement aux édifices crétois
- autour d'un «mégaron», grande pièce
à foyer central comportant un porche à colonnade. Cette
disposition est sans doute à l'origine du plan du temple
grec.
La fin de la civilisation mycénienne
Après 1300, la puissance
mycénienne connaît un certain déclin. Le palais de
Pylos, détruit avant l'an 1200, ne sera jamais
reconstruit. Les seigneurs de Mycènes, d'Athènes et
d'autres villes consolident en hâte leurs enceintes et
construisent des passages secrets pour accéder aux sources
d'eau potable. On tente même de fortifier l'isthme de
Corinthe, mais cette défense se révèle vaine, car
Mycènes tombe vers 1150. L'écriture et les arts
complexes qui s'étaient développés dans
l'orbite des palais mycéniens disparaissent. La Grèce
se dépeuple: les hommes se cachent dans les villages de
montagne ou se nomadisent; seules quelques bourgades restent
habitées.
Selon l'hypothèse la plus
vraisemblable, cet effondrement s'expliquerait par une suite
d'incursions et d'expéditions menées par les
peuples barbares hellénophones qui vivaient sur la frange
balkanique du monde mycénien. Ces envahisseurs, que l'on
appellera plus tard les Doriens, repoussent une partie des
Mycéniens vers les côtes de l'Asie Mineure et
jusqu'à Chypre. Ils occupent ensuite une grande partie
de
la Crète et
des îles voisines, gagnant même Rhodes et le sud-est de
l'Asie Mineure.
L'héritage mycénien
Avec la fin du monde mycénien, la Grèce retombe
dans un état de barbarie proche de celui qu'elle avait
connu vers l'an 2000 av. J.-C. Mais, elle ne
perd pas pour autant tout l'acquis de cette civilisation. La
céramique, par exemple, après une période de
décadence, évolue du style mycénien vers le
proto-géométrique qui annonce l'art grec classique.
Les tablettes en linéaire B nous apprennent que
l'époque mycénienne vouait déjà un culte
aux principaux dieux qui formeront le panthéon grec:
Poséidon, Dionysos ou Athéna. Elles mentionnent
également des esclaves du nom d'Hector, comme le
personnage de l'Iliade, mais la tradition épique
n'en est probablement encore qu'à ses premiers
balbutiements.
Ainsi, les bouleversements qui
interviennent à la fin du bronze récent font
disparaître de Grèce les formes d'expression
artistique les plus élaborées, mais il subsiste une base
sur laquelle les Grecs vont édifier leur culture: sans la
civilisation mycénienne, le monde grec classique n'aurait
probablement jamais vu le jour.
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