 La France au Maroc oriental El Merada. Marocains morts au combat (16 mars 1912)
La formation des empires coloniaux (1881-1898)
La période qui commence en 1881-1898, et qui va se poursuivre jusqu'en 1914, est marquée par l'expansion coloniale des grandes puissances européennes, qui va aboutir à une sorte "d'européanisation" du monde. Après avoir achevé, durant la première moitié du XIX e siècle, de soumettre l'Inde à sa domination, la Grande-Bretagne a pris possession de vastes territoires en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique. Cette expansion va se tourner désormais vers l'Egypte, l'Afrique australe et l'Afrique orientale.
La France, qui a commencé à reconstituer son empire colonial en conquérant l' Algérie, soumet maintenant à son protectorat la Tunisie, puis, après s'être emparée des pays de la côte occidentale de l'Afrique et du golfe de Guinée, se tourne vers Madagascar et l'Indochine.
Cette période est également marquée par l'entrée en lice de nouvelles puissances coloniales : l'Allemagne, dont l'activité s'étend en Océanie (Nouvelle-Guinée, Samoa, îles Marshall) et en Afrique (Togo, Cameroun, Afrique orientale) ; la Belgique, dont le souverain, Léopold II, crée l'Etat du Congo, sa possession personnelle ; l'Italie, dont l'activité coloniale se manifeste d'abord en Somalie et en Erythrée, avant de se tourner vers la Libye.
La décolonisation (1945-1962)
La décolonisation opérée après la Seconde Guerre mondiale a revêtu le plus souvent les aspects d'un affrontement entre les nationalismes indigènes et les impérialismes blancs. Elle a emprunté plusieurs formes. Tantôt elle s'est faite par la voie de négociations (émancipation des Indes britanniques en 1947, et des colonies françaises d'Afrique noire à partir de 1958), tantôt elle a été le résultat de guerres de libération nationale (Indochine, Algérie, Angola, Mozambique).
Dans la plupart des cas, elle a entraîné le départ massif des nationaux de l'ancienne métropole et la confiscation de leurs biens. Certains pays indépendants ont conservé des liens avec leurs anciennes métropoles et ont cherché à s'intégrer dans l'économie de marché ; d'autres se sont orientés vers une économie dirigée et la nationalisation des moyens de production agricoles et industriels.
Le tiers-monde
Entré dans le vocabulaire courant, le terme «tiers-monde», désignant l'ensemble des pays pauvres, à l'exclusion de tout élément de l'ancien bloc soviétique, s'est banalisé sous forme d'une image aux contours flous. Il s'accompagne de diverses notions – pays «sous-développés» ou «en voie de développement», «pays du Sud» –, souvent considérées comme synonymes.
Un débat sur le «tiers-mondisme», très vif en France à la fin des années 1980, portait sur l'existence même du tiers-monde, alors que nul ne niait qu'il existât des inégalités de développement.
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