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Dossier(s) : Epoques > Epoque contemporaine > La colonisation > 

Les empires coloniaux


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Sommaire

 L'Empire portugais
 L'Empire espagnol
 L'Empire néerlandais
 Les empires français
 L'Empire britannique
 Les autres empires

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Les pays colonisateurs en 1914
Carte Alain Houot

Les grandes découvertes, manifestation de l'hégémonie technique de l'Europe occidentale, eurent notamment pour conséquence la constitution relativement rapide de vastes empires coloniaux de peuplement ou d'exploitation. Puis, du XVIIe au XIXe siècle, les différentes puissances expansionnistes, tout en continuant leurs conquêtes, se disputèrent certains territoires et s'affrontèrent en de durs conflits, dont plusieurs revêtirent un caractère mondial. Dès la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, maintes colonies de peuplement rompirent avec leur métropole et devinrent indépendantes (Etats-Unis, républiques d'Amérique latine). Diverses provinces ottomanes emboîtèrent le pas: Grèce, Serbie, Bulgarie, Moldavie. À la fin du XIXe siècle, les grands États européens se partagèrent pratiquement le reste du monde, particulièrement l'Afrique (conférence de Berlin, 1884-1885).

 

Cependant, la lutte sans merci des puissances colonisatrices au cours de la Première et surtout de la Seconde Guerre mondiale aboutit à un effondrement de leur prestige et de leur puissance. Saignées à blanc, elles ne furent plus en mesure de fournir à leurs territoires d'outre-mer les capitaux et les cadres dont l'abondance font d'un Etat puissant une métropole. Entre-temps, les idées proclamées par les fondateurs des Etats-Unis et les protagonistes de la Révolution française avaient d'ailleurs fait leur chemin. L'hostilité des populations indigènes, qui n'avait jamais complètement cessé, connut un réveil spectaculaire : en une trentaine d'années, il amena la fin des empires coloniaux.


L'Empire portugais

L'Empire portugais présenta tout d'abord le caractère d'une chaîne de comptoirs ou d'établissements situés dans des îles ou sur des côtes où l'on pouvait s'approvisionner en épices, en bois précieux, en esclaves ou en produits divers ; il apparaît aussi comme une chaîne d'escales. Ainsi furent créées les bases de Guinée, de Goa, de Ceylan, de Macao, etc.

 

Puis les Portugais pénétrèrent à l'intérieur de l'Afrique et de l'Amérique et s'assurèrent la domination de vastes territoires (Brésil, Angola, Mozambique) dans lesquels ils aménagèrent de nombreuses plantations.

 

Le Brésil devint indépendant en 1822, mais l'Empire portugais n'a pris fin, avec l'indépendance des territoires africains, qu'en 1975.


L'Empire espagnol

L'Empire espagnol présenta, d'emblée, un caractère très différent : il eut, sur la carte, une certaine consistance territoriale. Les Espagnols s'assurèrent la domination de toute l'Amérique du Sud (à l'exception du Brésil), de presque toute l'Amérique centrale, de la majorité des Antilles, ainsi que de certaines parties de l'Amérique du Nord (Californie, Floride).

 

Dès le XVIe siècle, ils avaient conquis les îles Philippines. Dans leur quasi-totalité, les colonies espagnoles d'Amérique acquirent leur indépendance à la suite de la guerre de 1810 à 1826, au lendemain de la Révolution française et de l'occupation de la métropole par les armées de Napoléon. Cuba et les Philippines ne furent détachées de celle-ci qu'en 1898, et le Maroc espagnol, le Rio de Oro et la Guinée espagnole ne le furent qu'après le second conflit mondial.


L'Empire néerlandais

L'Empire néerlandais exprima, au XVIIe siècle, la puissance commerciale et maritime de la république des Provinces-Unies. Il présentait à ses débuts, comme l'Empire portugais, l'aspect d'une chaîne de comptoirs et d'escales, tels le cap de Bonne-Espérance et Ceylan. Dès 1595, les Hollandais avaient touché l'Insulinde, mais ils étaient plus soucieux de commerce que de colonisation. En 1619, ils fondèrent Batavia et réussirent à étendre leur domination, aux dépens des Portugais, sur l'Insulinde et sur la Malaisie péninsulaire. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, ces établissements furent gouvernés par la Compagnie générale des Indes orientales, dont l'administration cupide suscita des révoltes d'indigènes et les récriminations des colons. Après avoir fait banqueroute, elle dut céder tous ses droits au gouvernement néerlandais.

 

Au XIXe siècle, après avoir réprimé une révolte des princes indigènes de Java, le gouverneur général Van den Bosch établit le système des «cultures forcées», en vertu duquel un cinquième du sol devait être cultivé exclusivement en produits réclamés par le marché européen: café, tabac, sucre, cannelle, thé, poivre, indigo. Ce système constitue sans doute l'exemple le plus caractéristique d'une économie coloniale de plantation, fondée sur l'autorité du colonisateur. Enrichissant la Hollande, mais réduisant les indigènes à la famine et à la servitude, il dut être abandonné.

 

La mise en valeur du pays fut d'ailleurs inégalement poursuivie selon les régions: très poussée à Java, elle était à peine commencée à Sumatra et à Bornéo - sauf en ce qui concerne l'exploitation du sous-sol, en particulier des hydrocarbures - lorsque commença la Seconde Guerre mondiale. La conquête japonaise (1942) ouvrit la voie à l'indépendance, qui fut acquise pour l'Indonésie en fait dès 1945, en droit en 1949 et en 1954. La Nouvelle-Guinée fut remise à l'Indonésie en 1963. La Guyane hollandaise devint indépendante sous le nom de Surinam en 1975.


Les empires français

Il y eut successivement deux empires coloniaux français. Le premier, constitué à partir de la découverte du Canada (1535), sans l'appui de l'opinion publique, comprit au XVIIe siècle, au moins nominalement, une large part de l'Amérique du Nord, depuis la vallée du Saint-Laurent jusqu'à la Louisiane, ainsi que plusieurs îles à sucre (Saint-Domingue, l'île Bourbon, puis l'île de France) et, au XVIIIe siècle, d'importantes positions commerciales et politiques dans l'Inde. La majeure partie de cet empire fut perdue au XVIIIe siècle, à la suite d'un long duel avec la Grande-Bretagne. La victoire de cette dernière fut consacrée par le traité de Paris (1763).

 

Un second empire fut peu à peu constitué à partir de la prise d'Alger (1830). Tous les régimes contribuèrent à son édification et à sa mise en valeur. Il comprit, à titres divers, les trois pays du Maghreb, la majeure partie du Sahara, une large part de l'Afrique noire, la Somalie française, les Comores, Madagascar, la Réunion, les cinq comptoirs de l'Inde, les cinq pays de l'Indochine, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie. Il fut encore accru, en 1919, de plusieurs territoires accordés à titre de mandats par la SDN: la majeure partie du Togo et du Cameroun, le Liban, la Syrie.

 

En dépit de l'existence de divers groupements nationalistes, surtout en Afrique du Nord et en Indochine, l'Empire présentait en 1939 un ensemble solide. De fait, ses populations demeurèrent fidèles à la France au cours des heures les plus difficiles de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut en 1945 qu'éclatèrent de graves mouvements insurrectionnels (à Sétif en Algérie, en Indochine). Le domaine d'outre-mer ne put résister au mouvement général de décolonisation. Il n'en subsiste plus aujourd'hui que des vestiges: Saint-Pierre-et-Miquelon, l'île de la Réunion, les Antilles (la Martinique et la Guadeloupe), la Guyane (DOM), l'île de Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie (TOM).


L'Empire britannique

L'Empire britannique fut constitué, comme le premier Empire français, avec quelque retard par rapport à ceux du Portugal et de l'Espagne. Aussi fit-il, en ses débuts, figure moins brillante. Il ne comprit d'abord que quelques établissements d'agriculteurs, de chasseurs et de pêcheurs sur les côtes de l'Amérique du Nord, qui devinrent les «treize colonies»; plusieurs Antilles, dont la Jamaïque ; quelques points de la côte africaine. Comme l'Espagne et le Portugal - et à la différence de la France - la Grande-Bretagne, plus à l'étroit dans son archipel et heureuse de se débarrasser de ses minorités confessionnelles ou délinquantes, sut en peupler fortement ses territoires d'outre-mer. Alors qu'il n'y avait que 70’000 colons dans les colonies françaises d'Amérique du Nord en 1763, les «treize colonies» anglaises en comptaient plus de 1 million, ce qui contribue à expliquer la victoire de Wolfe sur Montcalm. La mer et l'Empire constituaient d'ailleurs pour la Grande-Bretagne le principal théâtre d'opérations. Après 1763, la Grande-Bretagne possédait la plus grande partie de l'Amérique du Nord: le Canada et les «treize colonies». Mais des maladresses gouvernementales provoquèrent la révolte de celles-ci, et, après la guerre de l'Indépendance, la reconnaissance des «États-Unis» par l'ancienne métropole (1783).

 

La Grande-Bretagne trouva des compensations en Inde. Elle enleva aux Hollandais le cap de Bonne-Espérance (1806), Ceylan (1815), puis elle acquit la Malaisie (1824), Aden (1839), la Nouvelle-Zélande (1840), Hongkong (1841) et développa la colonisation de l'Australie. Rendue prudente par le précédent américain, la Grande-Bretagne accorda l'indépendance de fait au Canada, à prédominance anglo-saxonne ; il fut transformé en un dominion (1867), rattaché à la Couronne par un lien d'union personnelle. La même politique fut plus tard poursuivie à l'égard d'autres territoires à fort peuplement européen.

 

Le XIXe siècle fut par ailleurs, pour la Grande-Bretagne, l'époque de la grande expansion africaine. Elle développa ses colonies de la côte occidentale: Gambie, Sierra Leone, Ghana (Gold Coast), Nigeria. Surtout, ayant occupé l'Égypte (1882), puis le Soudan, elle entreprit, à l'appel de Cecil Rhodes, de relier ces territoires à ses établissements du Cap. Cette politique suscita des épisodes dramatiques: une crise grave avec la France, lorsque Kitchener et la mission Marchand se rencontrèrent à Fachoda (1898) ; la guerre des Boers, qui aboutit à l'incorporation des républiques du Transvaal et de l'Orange dans un nouveau dominion, l'Union sud-africaine (1909).

 

Ce ne fut qu'en 1919, avec le mandat sur le Tanganyika, que le rêve de Cecil Rhodes put être, pour un temps, réalisé. La Première Guerre mondiale valut à l'Empire britannique l'acquisition de plusieurs autres territoires (le Sud-Ouest africain, une partie du Togo et du Cameroun, la Palestine, l'Iraq). Mais la Seconde Guerre mondiale démontra l'impossibilité pour la Grande-Bretagne de conserver l'Inde sous sa domination. Elle lui accorda l'indépendance (1947) et pratiqua ensuite, systématiquement, la même politique dans d'autres colonies, ne conservant que certaines bases commerciales ou stratégiques, tandis que d'autres territoires (Afrique du Sud, Rhodésie) quittaient l'Empire (devenu Commonwealth) de leur propre initiative.


Les autres empires

L'Empire belge

Grâce au génie financier et diplomatique de son roi Léopold II, l'Empire colonial belge comporta un territoire très vaste et très riche, le Congo, de 1908 à 1960, et, à partir de 1919, à titre de mandat de la SDN, le Rwanda-Urundi.

 

L'Empire allemand

Lors de la conquête européenne des territoires d'outre-mer, l'Allemagne et l'Italie, tard venues à l'unité politique, durent limiter leurs ambitions: Bismarck, d'ailleurs, ne s'y intéressa guère. L'Empire colonial allemand comprit le Sud-Ouest africain, le Tanganyika, le Rwanda-Urundi, le Cameroun, le Togo, et une partie de la Nouvelle-Guinée. Il fut partagé entre les vainqueurs en 1919.

 

L'Empire italien

L'Empire italien comprenait la Somalie (1889-1924), l'Erythrée (1890) et la Libye (1912). Mussolini lui adjoignit l'Éthiopie (1935-1936). Ce fut la dernière conquête coloniale d'un pays européen. Elle fut perdue avec tout l'Empire italien, après 1945.

 

L'Empire russe,

Au XIXe siècle, conquit en Asie centrale d'immenses territoires peuplés en majorité de musulmans ; le nouveau régime réussit à les conserver par la force et les érigea en républiques jouissant d'une certaine autonomie.

 

L’Empire japonais

Le Japon conquit la Corée, la Mandchourie, Formose, différentes îles du Pacifique, territoires perdus en 1945.

 

L’empire américain

L'expansion des Etats-Unis vers l'ouest présenta un caractère colonial évident, sans compter la mainmise sur Cuba (1898-1901) et sur les Philippines (1898-1946), l'achat et l'annexion de l'Alaska (1867), des îles Hawaii (1898), devenus États de l'Union, et de Porto Rico (1898), devenu Etat associé.


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