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L'Empire colonial britannique


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L'Empire britannique (délimité en rose) en 1897

L'Empire britannique fut constitué, comme le premier Empire français, avec quelque retard par rapport à ceux du Portugal et de l'Espagne. Aussi fit-il, en ses débuts, figure moins brillante. Il ne comprit d'abord que quelques établissements d'agriculteurs, de chasseurs et de pêcheurs sur les côtes de l'Amérique du Nord, qui devinrent les «treize colonies»; plusieurs Antilles, dont la Jamaïque ; quelques points de la côte africaine.

 

Comme l'Espagne et le Portugal - et à la différence de la France - la Grande-Bretagne, plus à l'étroit dans son archipel et heureuse de se débarrasser de ses minorités confessionnelles ou délinquantes, sut en peupler fortement ses territoires d'outre-mer.

 

Alors qu'il n'y avait que 70’000 colons dans les colonies françaises d'Amérique du Nord en 1763, les «treize colonies» anglaises en comptaient plus de 1 million, ce qui contribue à expliquer la victoire de Wolfe sur Montcalm. La mer et l'Empire constituaient d'ailleurs pour la Grande-Bretagne le principal théâtre d'opérations. Après 1763, la Grande-Bretagne possédait la plus grande partie de l'Amérique du Nord : le Canada et les «treize colonies». Mais des maladresses gouvernementales provoquèrent la révolte de celles-ci, et, après la guerre de l'Indépendance, la reconnaissance des «États-Unis» par l'ancienne métropole (1783).

 

La Grande-Bretagne trouva des compensations en Inde. Elle enleva aux Hollandais le cap de Bonne-Espérance (1806), Ceylan (1815), puis elle acquit la Malaisie (1824), Aden (1839), la Nouvelle-Zélande (1840), Hongkong (1841) et développa la colonisation de l'Australie. Rendue prudente par le précédent américain, la Grande-Bretagne accorda l'indépendance de fait au Canada, à prédominance anglo-saxonne ; il fut transformé en un dominion (1867), rattaché à la Couronne par un lien d'union personnelle. La même politique fut plus tard poursuivie à l'égard d'autres territoires à fort peuplement européen.

 

Le XIXe siècle fut par ailleurs, pour la Grande-Bretagne, l'époque de la grande expansion africaine. Elle développa ses colonies de la côte occidentale : Gambie, Sierra Leone, Ghana (Gold Coast), Nigeria. Surtout, ayant occupé l'Égypte (1882), puis le Soudan, elle entreprit, à l'appel de Cecil Rhodes, de relier ces territoires à ses établissements du Cap. Cette politique suscita des épisodes dramatiques : une crise grave avec la France, lorsque Kitchener et la mission Marchand se rencontrèrent à Fachoda (1898) ; la guerre des Boers, qui aboutit à l'incorporation des républiques du Transvaal et de l'Orange dans un nouveau dominion, l'Union sud-africaine (1909).

 

Ce ne fut qu'en 1919, avec le mandat sur le Tanganyika, que le rêve de Cecil Rhodes put être, pour un temps, réalisé. La Première Guerre mondiale valut à l'Empire britannique l'acquisition de plusieurs autres territoires (le Sud-Ouest africain, une partie du Togo et du Cameroun, la Palestine, l'Iraq). Mais la Seconde Guerre mondiale démontra l'impossibilité pour la Grande-Bretagne de conserver l'Inde sous sa domination.

 

Elle lui accorda l'indépendance (1947) et pratiqua ensuite, systématiquement, la même politique dans d'autres colonies, ne conservant que certaines bases commerciales ou stratégiques, tandis que d'autres territoires (Afrique du Sud, Rhodésie) quittaient l'Empire (devenu Commonwealth) de leur propre initiative.


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