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Les étapes de la décolonisation


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Sommaire

 Les causes de la décolonisation
 Les étapes de la décolonisation
 Les deux conflits mondiaux, germes des indépendances
 L'influence américaine
 La sphère soviétique

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L'émancipation des peuples coloniaux en Afrique
Carte Alain Houot
Les causes de la décolonisation

A partir de 1945 s'engage le processus de décolonisation, qui ne sera achevé qu'en 1975. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :

·         La Seconde Guerre mondiale a démontré que les pays colonisateurs n'étaient pas invincibles.

·         Les pays colonisés bénéficient du soutien des États-Unis et de l'URSS.

·         L'ONU, formée en 1945, proclame l'égalité et la liberté des peuples.

·         Des mouvements nationalistes se constituent chez les peuples colonisés. Ils réclament leur indépendance.


Les étapes de la décolonisation

La décolonisation débute en Asie. En 1947, la Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance de l'Inde. Mais elle ne parvient pas à éviter sa partition en deux États : l'Union indienne à majorité hindouiste et le Pakistan à majorité musulmane.

 

En 1954, aux accords de Genève, la France reconnaît l'indépendance du Laos, du Cambodge et du Viêt-nam, qui est partagé provisoirement de part et d'autre du 17e parallèle.

 

La décolonisation touche ensuite l'Afrique du Nord. Le Maroc et la Tunisie qui sont des protectorats français accèdent à l'indépendance en 1956. En Algérie, française depuis 1830, la rébellion armée est déclenchée le 1er novembre 1954 par le Front de libération nationale (FLN). L'Algérie obtient son indépendance aux accords d'Evian (1962) après sept années de guerre.

 

Les colonies françaises d'Afrique noire sont décolonisées dans les années 1960, sans trop de heurts. Dans les territoires britanniques, les colonies accèdent elles aussi à l'indépendance, mais le processus est entravé par des conflits raciaux.


Les deux conflits mondiaux, germes des indépendances La Première et la Seconde Guerre mondiale ont joué un rôle dans l'aspiration des peuples colonisés à l'indépendance. Dès la Première Guerre mondiale, les combattants non européens ont touché du doigt les différences entre leur pays et l'Europe. Ces anciens combattants, auréolés de prestige, ont contribué à leur retour à semer les premières graines de nationalisme.

La Seconde Guerre mondiale a produit, en les amplifiant considérablement, des effets comparables. La défaite de la France en 1940 a été ressentie, après celle des Russes confrontés aux Japonais en 1905, comme une preuve de la non-invincibilité du colonisateur; aux actes de révolte, toujours présents, s'est ajoutée une réflexion profonde sur les moyens d'obtenir le retour à l'indépendance des pays colonisés.

En 1945, le congrès de Manchester a, pour la première fois, proclamé le droit à l'indépendance. Le choc est brutal pour certains pays colonisateurs qui, en 1945, ne mesurent pas encore qu'ils ont perdu le contrôle économique et politique du monde au profit de deux énormes puissances, qui ont tiré parti de la Seconde Guerre mondiale pour imposer leur domination.  


L'influence américaine

Même s'ils ont annexé sans vergogne, à la fin du XIXe siècle, des restes de l'Empire espagnol, aux Philippines ou à Porto Rico, même si leurs relations avec leurs communautés noire et surtout indienne demeurent tout à fait inégalitaires et ambiguës, les Etats-Unis n'ont cessé, au nom du passé des treize colonies fondatrices, de proclamer leur anticolonialisme doctrinal et d'appuyer plus ou moins concrètement les efforts de libération des pays colonisés.

En pleine guerre, en août 1941, ils imposent à leurs alliés la signature d'une Charte de l'Atlantique, dont le chapitre 3 fixe au nombre des buts de guerre le rétablissement des «droits souverains et du gouvernement autonome de ceux qui en ont été dépossédés par la force».

Très influencée par l'idéologie de l'époque, la charte de l'ONU, en 1945, proclame l'égalité des peuples; même si à Yalta, quelques mois plus tôt, Américains et Soviétiques, sous le regard de Winston Churchill, ont divisé le monde en zones d'influence, comme jadis à Tordesillas.


La sphère soviétique

De son côté, bien qu'ayant absorbé, sous des formes subtiles de colonisation, les pays baltes, des morceaux du territoire finlandais à l'occasion de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi les «démocraties populaires» - Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie - où jusqu'après 1980 les interventions militaires soviétiques ont été particulièrement violentes -, l'URSS n'a cessé d'associer, après le congrès de Bakou en 1917, les prolétaires du monde industrialisé et les populations tombées sous le «joug colonial».

L'action idéologique soviétique a été particulièrement profonde et a conduit à quelques formes spectaculaires de «libération» dans le monde: celle de la Chine en 1949, par exemple. Pour Nikita Khrouchtchev, toute forme de lutte pour l'indépendance est révolutionnaire et l'URSS l'appuie, même s'il faut courir le risque, comme à Cuba, d'un affrontement direct avec les Etats-Unis; elle doit mobiliser, dans le monde entier, les «forces progressistes» qui vont répéter pendant des décennies que l'impérialisme est, selon la formule de Lénine, le stade suprême du capitalisme, et, plus tard, que le néocolonialisme est le dernier stade, le dernier soubresaut de l'impérialisme. Ainsi va-t-on penser qu'il suffit de «vaincre le capitalisme» pour que le développement des «pays exploités» s'ensuive.


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