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La guerre d'Algérie

1954-1962
Source Encyclopédie Wikipédia


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Sommaire

     Contexte
     Divergences de qualification juridique et enjeux politiques
         Remarque historiographique
         Terminologie
         Problème juridique de la qualification de « guerre »
         Conséquences du statut
         Reconnaissance des crimes
         Conflit nationaliste et relations franco-algériennes
             La nation algérienne
             « La guerre des mémoires »
                 Histoires nationales
                 Commémoration du 19 mars
                 Crimes contre l'humanité
                 Crimes colonialistes français
             Qualification subjective des combattants
     Contexte socio-économique
         Société algérienne
             Évolution démographique
             Droit commun et droit coranique
         Économie algérienne
     Contexte politique
         Côté français
             L’évolution vers un engagement européen, contradictoire avec le maintien de l’ancien Empire
             La fin de la guerre d'Indochine et la décolonisation de l'Union française
             L’impossibilité des réformes sous la IV République
             Les combattants européens d'Algérie dans l'armée française
             Les combattants musulmans d'Algérie dans l'Armée française
         Côté algérien
             Mouvement national algérien pour la revendication au droit
             Le massacre du 8 mai 1945
             De 1945 à 1954
             Le Front de libération nationale
             L’appel au peuple algérien
             Les combattants Européens d'Algérie dans le FLN
             Les soutiens étrangers au FLN
     Les faits importants de la guerre
     Chronologie
         La IV République et la conduite des affaires algériennes (1954-1958)
             Attentats et État d'urgence (novembre 1954-juillet 1955)
             Massacres du Constantinois (20-26 août 1955)
             Journée des tomates (février 1956)
             Opération Oiseau bleu (1956)
             L'aspirant Maillot, Palestro (avril-mai 1956)
             Le Congrès de la Soummam (août 1956)
             Affaire égyptienne (1956)
             Détournement de l'avion de Ben Bella (octobre 1956)
             L'appel au contingent (1956-1957)
             Massacre de Melouza (1957)
         Intensification des hostilités (1957-1958)
             La bataille d'Alger (7 janvier - 24 septembre 1957)
             Affaire tunisienne (1957-1958)
             Bleuite (1957-1958)
             Putsch d'Alger et Comité de salut public (mai 1958)
         De Gaulle et la conduite des affaires algériennes (1958-1962)
             Retour aux affaires et V République (septembre 1958-1959)
             Semaine des barricades (janvier 1960)
             Affaire Si Salah (juin 1960)
             Manifestation et émeutes de décembre 1960
             Putsch des généraux (avril 1961)
             La partition de l'Algérie en question (1961)
             Nouvelle affaire tunisienne (juillet 1961)
             Organisation armée secrète (1961-1962)
             Cessez-le-feu et référendum en métropole (mars 1962)
             Bataille de Bab El-Oued (mars 1962)
             Fusillade de la rue d'Isly (mars 1962)
             Attentat du port d'Alger (2 mai 1962)
             Exode des Pieds-Noirs (été 1962)
             Accords secrets OAS-FLN (juin 1962)
             Résolution de l'affaire algérienne (juillet 1962)
             Massacre d'Oran (juillet 1962)
         Guerre vécue par les communautés d'Algérie (1954-1962)
             Communauté musulmane durant la guerre
             Communauté européenne durant la guerre
             Communauté juive durant la guerre
         Guerre vécue de la métropole (1954-1962)
             Contrôle de l'information par l'État (1954-1962)
             Camps d'assignation à résidence (1957-1962)
             Manifestations en soutien de l'armée française en Algérie (1957, 1958)
             Manifestations pacifistes (1960-1962)
             Réseau Jeanson (1960)
             Assassinat de Camille Blanc, maire d'Évian (1961)
             Attentats du FLN contre la police (1958-1961)
             Manifestations en soutien du FLN (1961)
             Attentats de l'OAS (1962)
             Affaire de la station de métro Charonne (février 1962)
             Affaire Bastien-Thiry (août 1962)
     Bilan
         Bilan humain
             Les pertes françaises
             Les pertes de la population musulmane algérienne
         Amnisties françaises
             Durant la guerre
             Après la guerre
         Amnisties algériennes
             À l'indépendance
     La guerre d'Algérie au niveau international
         Aux Nations unies
         Aux États-Unis
         En Suisse
         En Italie
         En Espagne
         En Union soviétique
         En Chine populaire
     Aspects militaires de la guerre d'Algérie
         Formations et unités : Nomenclature
             Forces françaises
             Forces supplétives de l'armée française
             ALN-FLN
         Unités engagées
         Armements utilisé
     Controverses

 

La guerre d’Algérie est un conflit qui s'est déroulé principalement sur le territoire des départements français d'Algérie, mais avec également des répercussions en France métropolitaine, de 1954 à 1962. Il a opposé les autorités et l'armée françaises à des indépendantistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN).

La guerre d'Algérie, qui est aussi une double guerre civile, entre les communautés d'une part et à l'intérieur des communautés d'autre part, entraîne de graves crises politiques jusqu'en France métropolitaine, avec pour conséquences le retour au pouvoir de Charles de Gaulle et la chute de la Quatrième République, remplacée par la Cinquième République. Après avoir donné du temps à l'armée pour qu'elle utilise tous les moyens à sa disposition pour écraser définitivement l'insurrection, De Gaulle penche finalement pour l'indépendance en tant que seule issue possible au conflit, ce qui conduit une fraction de l'armée française à se rebeller et entrer en opposition ouverte avec le pouvoir. Le conflit débouche, après les Accords d'Évian du 18 mars 1962, sur l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet de la même année, et entraîne l'exode de la population des Européens d'Algérie, dit Pieds-Noirs ainsi que le massacre de plusieurs dizaines de milliers de musulmans pro-français.

Le terme officiellement employé à l'époque par la France était « évènements d'Algérie », bien que l'expression « guerre d'Algérie » ait eu cours dans le langage courant. Le terme de « guerre d'Algérie » a été officiellement adopté en France le 18 octobre 1999. Cette période de combats armés et d'échanges diplomatiques est désignée en Algérie, et à l'époque par les partisans de l'indépendance, sous le terme de « Révolution algérienne ». L'expression de révolution algérienne peut cependant également englober, dans le vocabulaire du pouvoir algérien, les réformes appliquées dans le pays après l'indépendance de 1962.

Contexte

La guerre d'Algérie prend place dans le mouvement de décolonisation qui affecta les empires occidentaux après la Seconde Guerre mondiale. Elle s'inscrit dans le cadre du combat anti-impérialiste.

Elle oppose l'armée française, faisant cohabiter commandos de troupes d'élite (parachutistes, légionnaires), goums marocains (jusqu'à leur dissolution en avril 1956), forces de maintien de l'ordre (gardes mobiles, Compagnie républicaine de sécurité (CRS)), appelés du contingent et supplétifs indigènes (harkis, moghaznis) aux groupes armés indépendantistes de l'Armée de libération nationale (ALN), branche armée du Front de libération nationale (FLN) d'encadrement politico-administratif (Conseil national de la révolution).

Le conflit se double d'une guerre civile et idéologique à l'intérieur des deux communautés, donnant lieu à des vagues successives d'attentats, assassinats et massacres sur les deux rives de la Méditerranée. Côté indépendantiste, elle se traduit par une lutte de pouvoir qui voit poindre la victoire du FLN sur les partis algériens rivaux, notamment le Mouvement national algérien (MNA) et par une campagne de répression contre les musulmans pro-français loyalistes soutenant le statu quo du rattachement de l'Algérie à la République française. Par ailleurs, elle suscite côté français l'affrontement entre une minorité active hostile à sa poursuite (mouvement pacifiste), une seconde favorable à la révolution (les « porteurs de valises » du Réseau Jeanson, le Parti communiste algérien), et une troisième ralliée au slogan de l'« Algérie française » (Front Algérie française, Jeune Nation, Organisation armée secrète (OAS)).

Selon Guy Pervillé, le nombre des Algériens musulmans engagés, dans l'un et l'autre camp (partisans de la présence française et FLN), a été du même ordre de grandeur.

Cette guerre s'achève à la fois sur la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5/juillet/1962 lors d'une allocution télévisée du général de Gaulle, suite au référendum d'autodétermination du 1er juillet prévu par les accords d'Évian du 18/mars/1962, sur la naissance de la République algérienne démocratique et populaire (appellation officielle) le 25 septembre, sur l'exode des Pieds-Noirs (au nombre d'un million)

Divergences de qualification juridique et enjeux politiques

Remarque historiographique

Les archives officielles de la guerre d'Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs en France, et inaccessibles en Algérie. La loi française du 15 juillet 2008 relative aux archives a raccourci les délais de communication des archives publiques, y compris pour certaines archives classifiées « secret défense » communicables après un délai de 50 ans. En 2008, au cours de la discussion de ce texte au Parlement, un amendement adopté par le Sénat français visait à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée ». Cette disposition, vivement critiquée par des historiens car elle aurait accru les délais de communicabilité des archives relatives à la guerre d'Algérie, a finalement été retirée du texte au cours de son examen à l'Assemblée nationale.

Terminologie

En Algérie, cette guerre est appelée également « révolution algérienne » (appellation initiale) par analogie avec les révolutions américaine, française et russe. Elle se nommera très peu de temps après son déclenchement « guerre de libération nationale » ou « guerre d'indépendance ».
Le terme « révolution » est massivement adopté par le FLN à partir de 1956, année de son congrès dit de la « Soummam », en Kabylie. Le terme prendra des connotations résolument socialistes dans les premières années d'indépendance. Pour les populations algériennes dans leur ensemble, ce fut « la Guerre ».

Pour des raisons assez complexes, la France n'a reconnu qu'il ne s'agissait d'une « guerre » qu'en 1999, sous la présidence de Jacques Chirac. Toutefois, dans les textes législatifs notamment, l'expression officielle consacrée continue d'être les événements d'Algérie. Ce fait demeure unique dans l'histoire contemporaine et constitue une exception française.

Problème juridique de la qualification de « guerre »

Le territoire de la régence d Alger (protectorat de l Empire ottoman), entité précédant l invasion française de 1830, est un peu différent de celui de l Algérie de 1962. La moitié la plus méridionale du Sahara, en particulier, n en fait pas partie en totalité.
Le territoire de la régence d'Alger (protectorat de l'Empire ottoman), entité précédant l'invasion française de 1830, est un peu différent de celui de l'Algérie de 1962. La moitié la plus méridionale du Sahara, en particulier, n'en fait pas partie en totalité.

En droit, seuls peuvent faire la guerre ceux qui ont la personnalité juridique de droit international (en partie parce qu'une déclaration de guerre est un traité et qu'il faut avoir la capacité juridique pour le signer). De fait il n'existe pas de déclaration de guerre de l'Algérie à la France en 1954, et pour cause, un tel État n'existe pas. Refuser de qualifier juridiquement les événements d'Algérie de guerre revient donc à refuser de reconnaître le caractère d'État à l'Algérie antérieurement à 1962. De 1848 à 1962, l'Algérie française est constituée des départements d'Algérie (auxquels s'ajoutent les départements du Sahara). L'entité qui la précède se nomme la Régence d'Alger, état ottoman, quasi-indépendant de la Sublime Porte, placé sous l'autorité d'un dey turc, qui reconnut toujours la souveraineté des sultans. Sa carte n'est pas tout à fait la même que celle de l'Algérie indépendante, et elle reprend par ailleurs les frontières avec la Régence de Tunis et l'empire du Maroc, alors que dans sa partie la plus méridionale, la population, nomade et organisée en tribus et en confédérations religieuses, ne permettait pas une pénétration militaire par le Dey d'Alger. C'est l'administration française qui nomme, en français, « Algérie » l'ex-Régence d'Alger en 1839. L'État algérien moderne n'apparaît qu'avec la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne, en Égypte, en septembre 1958. Le 13 décembre 1958 l'ONU ne reconnaît pas le droit de l'Algérie à l'indépendance.

La qualification des accords d'Évian relève de la même problématique. Ces accords sont considérés comme un instrument juridique bilatéral de première importance dans les relations entre les deux pays.

À partir de cette réalité juridique, deux positions s'opposent :
 la position française a longtemps été celle de refuser la qualification de guerre et même d'évoquer le moindre souvenir lié à cet épisode historique (amnésie). Le terme de guerre ne fut donc employé par les autorités françaises que très tardivement. L'adoption par le Parlement de la loi du 18 octobre 1999 consacre la reconnaissance légale de la guerre d'Algérie. Auparavant, l'expression consacrée dans le discours politique français était « les événements d'Algérie » ;
 la position algérienne, au contraire, estime que les l'Algérie était une ancienne entité politique sous occupation militaire française.

Le droit ne devant être que l'expression du politique, il doit donc s'y soumettre ; ainsi, la « guerre d'indépendance » n'aurait pas permis de trouver la souveraineté de l'État algérien, mais de la retrouver.

Avec la reconnaissance officielle de la guerre par la représentation nationale française, la première position est en passe de disparaître, d'autant plus que l'expression « guerre d'Algérie » était déjà utilisée par les historiens et les journalistes français et étrangers depuis le déclenchement du conflit et que le grand public reconnaît également cette expression.

Conséquences du statut

À l'époque même des faits, la France considérait qu'il ne s'agissait pas d'une guerre mais de troubles à l'ordre public et plus substantiellement des troubles contre l'ordre établi. Ces mots avaient des conséquences pratiques importantes : les insurgés ne pouvaient bénéficier du statut de prisonnier de guerre, et ce n'est que bien après la guerre que les pensions versées aux soldats français ou leurs veuves furent alignées sur celles versées dans le cas de guerres officielles.

Reconnaissance des crimes

Si la France a reconnu la guerre, seuls ont été également reconnus officiellement des actes individuels commis par les militaires sans pour autant les condamner. Le caractère organisé, systématique, massif et scientifique de la répression des Algériens suspectés d'appartenance ou de sympathie vis-à vis du FLN (tortures, exécutions sommaires, massacres, etc.) par les militaires au nom de l'État français n'a, lui, jamais été reconnu, tout comme celui de l'abandon d'un certain nombre de harkis par la France, lors des derniers jours de la guerre.

Côté algérien, le 20 août 2006, à l'occasion du cinquantième anniversaire du congrès de la Soummam et des massacres de Philippeville (actuellement Skikda), le président Abdelaziz Bouteflika a reconnu dans un message que « Notre guerre de libération nationale a été menée par des hommes et des femmes, que l'élan libérateur portait le plus souvent à un haut niveau d'élévation morale, mais elle comporte des zones d'ombre à l'instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociétés humaines ». C'était la première fois que l'État algérien reconnaissait publiquement l'existence de faits jusque-là tabous et occultés par l'histoire officielle : massacres des harkis, exactions contre les populations civiles de toutes confessions, etc., mais d'autres déclarations ont à nouveau nié ces faits, dont une en 2009 affirmant que la Révolution a respecté les « Conventions internationales, dont celles de Genève ».

Conflit nationaliste et relations franco-algériennes

La nation algérienne

L'issue de la guerre qui débouche à la fois sur l'indépendance de l'Algérie et sur l'exode de sa population de souche européenne voit poindre l'avènement de l'Algérie moderne comme État-nation. L'entité (Régence ottomane d'Alger) qui précède l'invasion française de 1830 est un territoire dont les frontières sont un peu différentes de celles de l'Algérie de 1962 (ajout d'une partie du Sahara qui représente aujourd'hui 2/3 de la superficie totale), dont la population est hétérogène (et divisée en tribus, ce que les éthnographes français nomment « les types algériens ») et où l'autorité politique est détenue par des Ottomans, à l'image de l'Hussein Dey dernier des 26 Deys, gouverneur en chef de la régence d'Alger né à Smyrne dans l'actuelle Turquie.

Dès lors que cette république démocratique et populaire n'existe que depuis 1962, consécutivement à l'indépendance, perçue par les algériens comme un recouvrement de la souveraineté autrefois représentée par le sceau officiel du Dey (restitué par la France à l'Algérie en 1999), elle devient un argument servant au FLN à renforcer a posteriori et a légitimer la lutte pour l'indépendance entreprise en novembre 1954 par une minorité de musulmans du courant nationaliste. Ces derniers sont qualifiés de « rebelles » et de « fellagas », voire de « hors-la-loi » par l'autorité coloniale française d'alors. On a ainsi une vision partielle et partiale, celle d'une guerre de l'opprimé contre l'oppresseur ou du colonisé au colonisateur et dans une certaine mesure, une guerre des sans possession contre les possédants ou du spolié contre le spoliateur. En réalité, la guerre d'Algérie est un conflit complexe, en partie fort méconnue en raison des passions qu'il ne cesse d'entretenir, lié au contexte international de la guerre froide comme le rappelle la Crise de Suez, le recours à l'ONU, et les déclarations anticommunistes des responsables du putsch des généraux, et incluant un volet franco-français, celui de la guerre civile des insurrections d'Alger en 1958 et 1960 et de la guerre secrète se jouant entre l'OAS et les barbouzes du MPC, ces derniers s'étant alliés avec les nationalistes algériens. Dans le même temps, ce prétendu nationalisme algérien, qui serait en fait un « nationalisme arabe » comme n'hésite pas à le qualifier le commentateur Ed Herlihy dans les journaux télévisés américains de l'époque est rendu moins spontané ou évident par la lutte interne algérienne qui oppose le FLN au MNA pour la légitimité de la lutte et le leadership, comme en témoigne le massacre de Melouza, mais également la répression qu'exercent les musulmans indépendantistes contre les musulmans loyalistes (le caïd Hadj Saddok est ainsi la première victime autochtone de la guerre d'Algérie en 1954 avec l'instituteur Monnerot, juste arrivé de métropole) durant le conflit et l'épuration politique du massacre des Harkis en Algérie à l'indépendance, ces musulmans algériens qui ont combattu aux côtés des Français, contre l'indépendance. La vision nationaliste, idéalisée et simplifiée, passe sous silence le phénomène des « Marsiens », la masse des indécis algériens musulmans, ni pro-Français, ni pro-FLN et qui ne se sont ralliés à la cause indépendantiste qu'en mars 1962, avec le cessez-le feu et l'imminence de l'indépendance.

L'affirmation de l'existence d'une nation algérienne durant l'administration « coloniale » française revient à nier 120 ans d'annexion (vision française) ou d'« occupation » (vision algérienne), ainsi qu'une partie de la population algérienne présente depuis plusieurs générations, les Européens et juifs d'Algérie, et sa place dans l'Histoire commune de l'Algérie française de 1830 à 1962. L'argument nationaliste algérien est employé, par exemple, par l'ancien dirigeant FLN et instigateur historique de la Toussaint Rouge, Hocine Aït Ahmed, auquel le journaliste français Raymond Tortora oppose la fameuse citation du « nationaliste algérien modéré » Ferhat Abbas : « j'ai beau scruter, interroger les cimetières algériens, nulle part je ne trouve trace de la nation algérienne. »

Cependant, avant, pendant et bien après la guerre d'Algérie, la majorité des populations musulmanes, y compris celles qui ont adhéré à la vision du FLN, considère les Pieds-Noirs comme des Algériens à part entière, que les vicissitudes de l'histoire ont lancés sur le chemin de l'exil. La similitude des façons de penser, de voir le monde, teintés par l'extrémisme et l'ardeur, voire la passion portée à son paroxysme sans parler du langage, unit les deux communautés bien plus qu'on a tendance à le penser et ce, en dépit du déni des uns et des autres et de leur entêtement à voir les choses selon un prisme idéologique.

« La guerre des mémoires »

Histoires nationales

La guerre d'Algérie devient alors l'enjeu d'une bataille mémorielle entre la France et l'Algérie, chaque nation essayant d'imposer à l'autre sa version nationale/nationaliste des faits, versions qui s'opposent une décennie plus tard comme en atteste la prétendue rencontre de « réconciliation » entre anciens dirigeants du FLN et de l'OAS entreprise dans l'optique du reportage télévisé Plein Cadre du 23/juin/1972 et durant laquelle chacun des belligérants dit à son homologue « je ne suis pas du tout d'accord avec votre interprétation des faits » et livre sa propre analyse historique qui se trouve diamétralement opposée. De cette « guerre des mémoires » naît, côté français, en 2005 une polémique concernant ce que les médias locaux ont appelé, le projet de loi sur « le rôle positif de la colonisation ».

Côté algérien, outre la réplique politique de 2010, cette lutte mémorielle se manifeste, entre autres, par la production d'une série de films dénonçant la « sale guerre » menée par l'Armée française et visant à l'assimiler à une « guerre injuste » en lui opposant la lutte nationaliste algérienne, assimilable, elle, à une « guerre juste », qualifiée officiellement par l'État algérien de « Glorieuse Révolution ». Cette production spécifique adopte le regard de l'Algérien musulman avec une galerie de personnages principaux interprétés par des acteurs franco-algériens. L'usage de la torture par l'Armée française contre le FLN et les communistes y est dénoncé dans le film produit par Yacef Saâdi, membre du FLN (La Bataille d'Alger en 1966), la discrimination et l'inégalité dont sont victimes les appelés du contingent français musulmans d'Algérie de la Seconde guerre mondiale, présentés comme « héros que l'Histoire a oubliés » (Indigènes, 2006). A l'attention des enseignants français, des projections « pour les classes » sont organisées et un « dossier d'accompagnement pédagogique » est proposé sur le site officiel de la fiction de Rachid Bouchareb, cette dernière a même une influence politique.

Ces films dénoncent également les massacres d'Algérie commis par des Européens contre des indépendantistes musulmans (Hors-la-loi, 2010). En revanche, aucun film n'a été réalisé à propos des massacres perpétrés par le FLN contre des Européens (massacres du Constantinois), ou des musulmans (massacre de Melouza), pas plus qu'un réalisateur ne s'est intéressé au massacre des manifestants anti-indépendantistes Européens, israélites et musulmans par des tirailleurs « arabes » de l'Armée française lors de la fusillade de la rue d'Isly.

Dans son ouvrage Requiem pour un massacre, Ahmed Kaberseli (Français Musulmans Rapatriés) soulève une critique contre les historiens ou intellectuels français engagés, tels Pierre Vidal-Naquet (Manifeste des 121) secrétaire du « Comité Maurice Audin » (Parti communiste algérien) qui se détachant de « faits historiques » préfèrent porter « des considérations <...> philosophiques excusant tous les massacres commis par le FLN et faisant porter la responsabilité de tous les crimes commis pendant cette guerre sur le seul colonialisme français... » notant que « c'est facile et malhonnête » et que « l'historien <...> Vidal-Naquet n'a pour le massacre des harkis pas la même réaction que <...> devant la torture ou l'exécution des militants FLN ».

Le 29/septembre/2005, la République algérienne démocratique et populaire adopte par référendum la Charte pour la paix et la réconciliation nationale dont le préambule établit l'Histoire officielle de l'Algérie en ces termes:
- « Refusant de se soumettre à l'oppression, a su, avec patience et détermination, organiser sa résistance, malgré les terribles tentatives de déculturation et d'extermination dont il a été victime, durant plus d'un siècle d'occupation coloniale. La glorieuse révolution du 1er novembre 1954 est venue, telle une lumière dans une nuit de ténèbres, cristalliser les aspirations du Peuple algérien et le guider dans la voie du combat pour la reconquête de son indépendance et de sa liberté. »

La charte en question se conclue sur le rôle que confie le peuple algérien aux institutions de l'État pour valoriser l'Histoire nationale afin de promouvoir l'identité nationale: « Convaincu de l’importance de cette œuvre qui mettra les générations futures à l’abri des dangers d’un éloignement de leurs racines et de leur culture, charge les Institutions de l’État de prendre toutes les mesures de nature à préserver et à promouvoir la personnalité et l’identité nationale, à travers la valorisation de l’Histoire nationale ainsi que dans les domaines religieux, culturel et linguistique. »

Commémoration du 19 mars

En France, une bataille mémorielle et politique divise en deux camps les Anciens Combattants d'Algérie, l'enjeu en est la commémoration - ou pas - de la date du 19/mars/1962 qui est celle du cessez-le feu bilatéral en Algérie et donc de la fin formelle de la guerre d'Algérie. Ceux qui dénoncent cette date, dont le CRI (Collectif des Rapatriés Internautes) soutenu par l'ADIMAD et le collectif Harkis Infos, arguent du fait qu'il s'agit en réalité d'un arrêt formel des hostilités mais pas de la guerre d'Algérie, puisque l'OAS a poursuivi sa lutte anti-indépendantiste (bataille de Bab el Oued) en ignorant le cessez-le feu entre la France et le FLN (termes des accords d'Évian le 18 mars 1962) et que les massacres ont continué après cette date (fusillade de la rue d'Isly le 26 mars 1962, puis massacre d'Oran le 5 juillet 1962). Le sénateur Paul Girod (UMP), en quête d'un « consensus », estime à 155000 le nombre des morts de l'après cessez-le feu dans la Question écrite n°35405 publiée dans le journal officiel du Sénat le 4 octobre 2001.

Les partisans de la commémoration du 19 mars soutiennent la proposition depuis une décennie sans en avoir obtenu l'adoption par les deux chambres, comme en atteste le dossier de 2005 portant sur la « journée nationale du souvenir de la guerre d'Algérie ». Initialement, le 9 février 2000 Bernard Charles (Radical-citoyen-vert) dépose une proposition de loi « tendant à instituer une journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. » fixée par l'Article 2 au 19 mars, entre 2000 et 2001. Cette proposition est redéposée par Jean-Pierre Soisson (UMP), Alain Bocquet (Parti communiste français), Jean-Pierre Michel (Radical-citoyen-vert), Alain Néri (Parti Socialiste) et Didier Julia (UMP). Le texte n°762 dit « petite loi » est adopté par l'Assemblée nationale en première lecture le 22 janvier 2002.

Dernièrement, la FNACA fait valoir que la date du 5 décembre, retenue par le président de la République Jacques Chirac en 2003 en référence à l'inauguration d'un mémorial national d'AFN quai Branly en 2002, n'a aucune valeur historique. Au-delà de cette querelle de dates, il s'agit de célébrer — ou pas — une victoire ou une défaite. L'absence de qualification de « guerre » par « les évènements d'Algérie » a permis, un temps, d'éviter ce débat idéologique, prouvant ainsi le véritable enjeu de la sémantique.

En 2003, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (Parti socialiste), commémore le cessez-le feu en baptisant une voie « place du Dix-Neuf-Mars-1962 ». De même, il existe des « rue du 19-Mars-1962 » et « avenue du 19-Mars-1962 » en France.

Crimes contre l'humanité

Cette querelle franco-française liée à la date 19 mars se prolonge, le 29 avril 2010, avec la proposition de loi de Thierry Mariani (UMP) « visant à établir la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, victimes de crimes contre l'humanité du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique ».

Crimes colonialistes français

La question de la repentance est une des constantes des relations franco algériennes. Dès 1964, des voix se sont élevées pour condamner l'amnistie totale et générale accordée à tous les criminels de guerre et auteurs de crimes contre l'humanité durant le conflit.

Du côté officiel algérien, on observe le mutisme absolu et le gouvernement élude systématiquement et invariablement toute accusation de génocide envers l'armée française. Au niveau des manuels scolaires en usage en Algérie, les crimes colonialistes français en Algérie sont qualifiés de génocide et de crimes contre l'humanité depuis 1979. Un manuel d'histoire datant de 1985, retiré depuis une dizaine d'années, va encore plus loin en qualifiant la colonisation de vaste processus de destruction de la vie et de la culture de l'homme sur terre.

En 1999, 2004 et en 2007, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a, en différentes occasions, qualifié la colonisation française de génocide culturel et a appelé la France à assumer son histoire en présentant des excuses formelles.

Le 13 janvier 2010, le député FLN Moussa Abdi, l'un des 200 députés de la chambre basse du parlement algérien dans une proposition de loi au parlement algérien déclare « nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux ».

Qualification subjective des combattants

Les termes « terroriste » et « terrorisme » sont inscrits à six reprises dans la charte algérienne et servent à désigner les attentats perpétrés par le Groupe islamique armé (GIA) (1991-2002). En revanche, les attentats commis par le FLN durant la guerre d'Algérie, et en particulier les assassinats de civils le 1er novembre 1954, sont décrits comme une « Glorieuse Révolution ». Les agents du FLN se définissent comme des « résistants », alors que les autorités politiques françaises les qualifient de « rebelles ». Dans les manuels d'histoire et la presse algérienne, on se montre indulgents envers l'armée française mais pas à l'égard de l'OAS, qualifié d'organisation terroriste derrière l'exil de la composante Européenne de la population algérienne.

Parallèlement, en France, les manifestations d'hommage aux anti-indépendantistes, désignés dans la presse de l'époque comme des « activistes » mais qualifiés par l'ADIMAD (association proche de l'OAS) de « partisans patriotes de l’Algérie française », créés une controverse soulevée par l'association de gauche LDH et le quotidien algérien El Watan en 2005 (affaire de la stèle de Marignane) et 2006 (affaire de la flamme du soldat inconnu).

Contexte socio-économique

Société algérienne

Évolution démographique

Contrairement à des colonies de peuplement telles les États-Unis (Amérindiens) ou l'Australie (Aborigènes d'Australie), la population indigène, diminue sensiblement entre 1830 et 1868 puis croît fortement durant la colonisation française de l'Algérie entre 1880 et 1954.

Droit commun et droit coranique


En 1954, la population des départements d'Algérie est composée de deux catégories distinctes de Français au statut civil inégal (Sénatus-consulte du 14 juillet 1865). D'une part, un million de « citoyens français de statut civil de droit commun » (les « Européens », surnommés « Pieds-Noirs ») qui étaient installés en Algérie souvent depuis plusieurs générations (l'arrivée des premières familles européennes datant de 1830) et auxquels étaient associés les indigènes juifs (excepté pour la période du statut des Juifs de 1940 à 1943 avec l'abrogation du Décret Crémieux).

D'autre part, près de neuf millions de « citoyens français de statut civil de droit coranique » (les « musulmans » ou « indigènes »). Les deux catégories de citoyens cohabitaient sans apartheid comme en Afrique du Sud, ni ségrégation raciale comme aux États-Unis.

Cependant, si les citoyens français de statut civil de droit commun jouissaient exactement des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes métropolitains, les citoyens français de statut civil de droit coranique qui avaient les mêmes devoirs (étant de nationalité française ils étaient mobilisables par le contingent), étaient privés d'une partie de leurs droits civiques (ils votaient au Second collège électoral où leur voix exprimée avait moins de valeur que celle des votants au Premier collège, citoyens de statut civil et notables musulmans).

L'arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958 uniformise le statut des citoyens français d'Algérie par l'adoption (en 1962) du collège unique qui aboutit à l'indépendance de l'Algérie suite à sa mise au vote par référendum. Par ailleurs, la coexistence de deux statuts civils, de droit commun et de droit coranique, existe à Mayotte, particularité notable, alors que ce n'est pas le cas sur le territoire métropolitain à Mayotte, collectivité d'outre-mer où l'islam est pratiqué par 98 % de la population locale.

Économie algérienne

En Algérie, depuis les années 1930, près d'un million de Pieds-Noirs y vivent dont quelques milliers possèdent les meilleures terres agricoles.
Population et répartition de la propriété en Algérie Musulmans Pieds-Noirs Total
Surface (ha) 9196 000 1136 000 10332 000
% des terres agricoles 75 25 100
% de la population totale 89 11 100
% de la population agricole 98 2 100
Source : R. Aron et al., Les Origines de la guerre d'Algérie, Paris, Fayard, 1962

Contexte politique

Côté français

L’évolution vers un engagement européen, contradictoire avec le maintien de l’ancien Empire

Le 18 avril 1951, la France signe le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Le 27 mai 1952, le traité instituant la Communauté européenne de défense (CED) est adopté par le gouvernement français (mais ne sera pas ratifié par le Parlement). Le 1er juin 1955 se tient la conférence de Messine préparant le traité de Rome du 25 mars 1957 qui institue la Communauté économique européenne, prélude à l’Union européenne d’aujourd’hui, née le 7 février 1992.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la France s'engage résolument dans une politique européenne qui dessine l'avenir de la nation. Au début de la guerre d'Algérie, des forces politiques encore puissantes essayent de maintenir ce qui reste de l'Empire colonial français, mais les conséquences du choix du général de Gaulle pour la France sont inexorables. Le général de Gaulle se prononce pour l'autodétermination de l'Algérie le 16 septembre 1959.

La fin de la guerre d'Indochine et la décolonisation de l'Union française

Le conflit s'inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres les colonies françaises d'Indochine (guerre d'Indochine de 1946-1954), la Guinée, Madagascar (insurrection malgache de 1947), l'Afrique équatoriale française et l'Afrique-Occidentale française. Le Maroc et la Tunisie ne sont pas des colonies mais des protectorats, celui du Maroc étant un protectorat franco-espagnol.

L'Algérie est un cas spécifique n'étant ni une colonie à partir de 1848 (création des provinces françaises de l'Oranie, Algérois et Constantinois qui deviennent des départements jusqu'en 1962), ni un protectorat depuis la prise d'Alger par les français en 1830. Avant la conquête française, « la Régence d'Alger est en droit une province de l'Empire ottoman ; en fait c'est, selon l'historien Charles-André Julien, “une colonie d'exploitation dirigée par une minorité de Turcs avec le concours de notables indigènes”. Et le dey d'Alger sait qu'il lui faut s'incliner devant la volonté de la Sublime Porte ». L'Algérie, comme le Sahara, ce dernier étant un territoire sous l'autorité de la confédération touarègue Kel Ahaggar jusqu'à la conquête française de 1902, appartiennent au territoire national français en tant que départements d'Algérie et départements du Sahara ; à ce titre une allégorie de l'Algérie figure parmi les peintures rupestres de l'historique Hôtel de ville de Paris depuis sa reconstruction alors que l'Alsace et la Lorraine sont absentes. Le Sahara qui ne faisait pas partie de la Régence d'Alger n'est annexé à l'Algérie que depuis l'indépendance, il est l'enjeu d'une guerre franco-marocaine en 1963, la guerre des sables. De 1954 à 1962, l'Algérie comptait: trois départements en 1954, quatre fin 1955, douze en juin 1956 et quinze départements à partir de 1958 (cf. Liste des départements français d'Algérie).

Prémices de cette guerre, les massacres de Sétif et Guelma, le 8/mai/1945, alors qu'est fêtée en Europe la victoire des Alliés contre le nazisme, font entre 10000 et 20000 morts selon les divers travaux historiques — les nationalistes algériens ayant parlé sur l'heure de 45000 victimes, et les États-Unis eux-mêmes de 40000 morts à la suite de manifestations. L'Armée française qui doit rétablir l'ordre le fait sans ménagement pour la population civile. La marine et l'aviation sont ainsi engagées pour bombarder les populations civiles.

Dans son rapport, le général Duval, maître d'œuvre de la répression, se montra prophétique. Et neuf ans plus tard, l'insurrection de la Toussaint 1954 dans les Aurès, appelée Toussaint rouge, marquera le début de la guerre d'Algérie.

L’impossibilité des réformes sous la IV République

La principale cause du déclenchement de cette guerre réside dans le blocage de toutes les réformes, dû au fragile équilibre du pouvoir sous la IV République, et à l'opposition obstinée de la masse des Pieds-Noirs et de leurs représentants hostiles à toute réforme en faveur des musulmans.

Alors que des dizaines de milliers d’habitants de l'Algérie française, estimés à 68000 combattants, ont participé à la libération de la France et que plusieurs intellectuels revendiquent l’égalité des droits, les habitants musulmans de l'Algérie française sont à l'époque considérés comme des citoyens de seconde zone, alors même que le régime de l'indigénat est abrogé en théorie en 1945.

En 1947, l'application du nouveau statut de l'Algérie française fut presque ouvertement faussée par l'administration, qui fit arrêter les « mauvais » candidats et truqua les résultats en faveur des intransigeants, au point que certains furent élus ça et là par plus de 100 % des inscrits.

Pendant les douze mois qui précédèrent le déclenchement du 1er novembre, ce ne sont pas moins de 53 attentats (« anti français ») qui furent commis.

Les combattants européens d'Algérie dans l'armée française

Les combattants musulmans d'Algérie dans l'Armée française

En 1960, 85000 musulmans (appelés, engagés, militaires d'active, appelés aussi FSNA ou Français de souche nord-africaine) servaient dans l'Armée régulière plus environ 150000 supplétifs (60000 harkis, 62000 GAD, 8600 GMS et 19000 Mokhaznis) soit au total près de 235000 musulmans combattant aux cotés des soldats français.

Au total, un peu plus de 110000 FSNA furent incorporés dans l'armée régulière de 1956 à 1961.

Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à l'ONU du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, on dénombrait en Algérie, 263000 musulmans engagés du côté français (60000 militaires (FSNA), 153000 supplétifs dont 60000 harkis et 50000 notables francophiles) représentant, familles comprises, plus de 1 million de personnes menacées sur 8 millions de musulmans algériens.

L'Armée française recruta également environ 3000 anciens éléments du FLN et de l'ALN dont certains formèrent le célèbre Commando Georges du lieutenant Georges Grillot. La plupart d'entre eux furent victimes de représailles à partir de 1962.

Selon Maurice Faivre, on comptait ainsi quatre fois plus de combattants musulmans dans le camp français que dans celui du FLN.

Côté algérien

Mouvement national algérien pour la revendication au droit




Au début du XXe siècle, plusieurs leaders algériens exigent de la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance .
Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les algériens. Plusieurs penseurs algériens vont villipender les plus importantes personnalités du régime colonial français.
La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l' a été l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Malek Bennabi, Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Messali Hadj, Ben Badis, Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens: Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, association de l' Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien, etc.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall prévoit une aide économique à la France et l'Algérie.

Le massacre du 8 mai 1945

Général de Gaulle, Président du gouvernement provisoire jusqu en octobre 1945
Général de Gaulle, Président du gouvernement provisoire jusqu'en octobre 1945

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : 27 Européens sont assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants). La répression de l’Armée française est brutale.

Officiellement, elle fait 1500 morts parmi les musulmans, chiffre sous-estimé et probablement plus proche des 20000 à 30000 selon l’historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45000 morts. De par la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie.

De 1945 à 1954

Suite à la mort suspecte de Ben Badis en 1940, à l'emprisonnement de Messali Hadj et à l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique après le statut de l'égalité l'indépendance de l'Algérie en 1948. L 'Association des oulémas musulmans algériens est alors interdite. L'Organisation spéciale apparait et a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Hocine Aït Ahmed prend ensuite la tête de l'Organisation et continue à œuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran est attaquée par les membres de l'OS.

Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une chaîne d'arrestations est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques nie tout relation avec l'Organisation spéciale afin d'éviter les arrestations.

Le CRUA,fondé en mars 1954, organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes. Par la suite, le Front de libération nationale (Algérie) est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien rivalisent non seulement pour prendre le contrôle de la révolution mais surtout pour la représentation du futur Etat. Messali Hadj sera libéré de prison en 1958 et sera assigné à résidence surveillée en France.

Le Front de libération nationale

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M Hidi à droite.
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.

En 1954, l’Algérie compte approximativement huit millions d'autochtones et un peu plus d'un million de « Français d'Algérie » (Pieds-Noirs et Juifs d'Algérie naturalisés).

La lutte pour l'égalité des droits est engagée depuis longtemps par des intellectuels, et en particulier par le mouvement des oulémas. Le recours au combat est initié par le « Front de libération nationale » (FLN), une organisation nationaliste algérienne basée en Algérie et à l'extérieur. Le FLN commence ses actions en 1954, seulement deux ans avant que la Tunisie et le Maroc obtiennent leur totale indépendance par la négociation (la Tunisie et le Maroc n'étaient pas des colonies mais des protectorats). Quelques hommes politiques français d'extrême gauche, appelés les « porteurs de valises », soutinrent ce mouvement (envoi d'armes et d'argent).

Dès 1954, le combat armé pour l'indépendance de l'Algérie par le FLN se traduit par des exactions contre les populations civiles d'origine européenne et autochtone ainsi que par une guérilla, des maquis et des affrontements avec l'Armée française, qui comprend également des unités de supplétifs musulmans appelés « harkis » (cf. Harkis pendant la guerre d'Algérie).
Le 1er novembre 1954 des civils européens et musulmans sont assassinés par le FLN, dont l'instituteur Monnerot. Cet assassinat marquera profondément les consciences des Algériens et Européens d'Algérie.

Minoritaire au début, voire totalement ignoré des populations musulmanes, le FLN utilise la terreur, la torture, les mutilations (menaces de mort pour les « traîtres ») pour contrôler les populations civiles, qui sont ainsi très tôt prises pour cibles dans des attentats ou des massacres comme à El Halia, petit village minier près de Philippeville en août 1955, et pour susciter chez les Européens une répression . Ceci provoqua un début d'internationalisation des évènements d'Algérie et un début de scission entre communautés, créé par la répression aveugle et l'usage disproportionné de la violence. Ce sera le véritable tournant de ce que l'on appellera la guerre d'Algérie.

L'historien Omar Carlier note que « de 1955 à 1958, plusieurs milliers d'hommes sont tombés, et davantage encore ont été blessés, en France et en Algérie, dans l'affrontement entre le Mouvement national algérien (MNA) et le FLN », cependant que d'autres encore sont morts dans les brefs combats qui ont opposé le Parti communiste algérien (PCA) et le FLN ».

L’appel au peuple algérien

Le 1er novembre 1954, le Secrétariat général du Front de libération nationale diffuse la Déclaration du 1er novembre 1954 grâce un appel radiophonique destiné et écrit afin d'. Il décrit son action comme . Le FLN exige donc que les sans quoi il annonce Le FLN appelle l'ensemble des communautés d'Algérie, quelles que soient leurs confessions, à rejoindre sa cause.

Les combattants Européens d'Algérie dans le FLN

 Daniel Timsit, est un étudiant en médecine et militant du Parti communiste algérien, qui, en désaccord avec ce dernier rejoint clandestinement le FLN afin d'y constituer « une « branche européenne » regroupant des militants pieds-noirs, chrétiens et juifs ». Les membres du réseau Timsit prennent part à la mise en place de laboratoires d'explosifs (élaboration de bombes à retardement) et à la lutte armée. Timsit est incarcéré en 1956.



Les soutiens étrangers au FLN

Le FLN bénéficie de plusieurs soutiens étrangers, d'abord de la part des « pays frères », le royaume du Maroc et la république de Tunisie, qui échappant au statut de protectorats français en 1956 et dont les territoires de leurs confins frontaliers respectifs avec l'Algérie jouent le rôle de sanctuaires et de bases arrières. Cette complicité conduira à la bataille des frontières, qui amènera les français à édifier sur la frontière algéro-tunisienne la fameuse Ligne Morice ainsi que la Ligne Challe. Autres conséquences, l'arraisonnement de l'avion de Ben Bella et l'affaire de Sakiet qui, elle, débouche sur le coup du 13 mai 1958 à Alger et la chute de la Quatrième République.

La Libye joue un rôle clé dans l'organisation des convois d'armes à destination des maquis algériens.

Le soutien au FLN vient d'un autre pays arabe, l'Égypte, où le lieutenant-colonel Nasser prône une politique de panarabisme (nassérisme), et, bénéficiant de l'appui soviétique, fournit des armes au FLN. Les services secrets français (SDECE) qui surveillent le raïs, parviennent à démontrer l'aide militaire fournie au FLN par l'Egypte. Ainsi est arraisonné le cargo Athos transportant plus de 70 tonnes d'armes tchèques le 24 octobre 1956. Faisant valoir le soutien apporté par l'Égypte au FLN, la France planifie avec ses alliés israéliens et britanniques la campagne de Suez.

Globalement, la plupart des pays membres de la Ligue arabe, ceux du bloc afro-asiatique et les pays d'Europe de l'est ont soutenu l'indépendance de l'Algérie.

Des pays d'Europe de l'est comme la Yougoslavie (le maréchal Tito soutient dès le début l'insurrection algérienne), la Tchécoslovaquie et la Hongrie soutiendront activement le FLN de 1957 à 1962 en fournissant la plupart des armes à destination des maquis internes de l'ALN

Il faut souligner également le rôle assez important assumé par les forces de la gauche italienne, toutes tendances confondues, dans leur soutien moral à la cause algérienne.

L'appel aux puissances étrangères, c'est enfin le recours aux instances de l'ONU, où le FLN parvient à faire inscrire « la question algérienne » à l'ordre du jour de la commission politique des Nations Unies. Les Américains proposent une médiation, ce sont « les bons offices », qui sont par ailleurs rejetés par la France. Les principaux soutiens diplomatiques du FLN puis du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) sont L'union soviétique, la république populaire de Chine, l'Inde, l'Indonésie et le Viet-Nâm.

Les faits importants de la guerre

Un vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans. L'Algérien sujet, sans droit politique, de la France devient citoyen français par la loi du 20 septembre 1947 et peut désormais circuler librement entre l'Algérie et la métropole. Selon le journaliste et écrivain Yves Courrière : . La majorité des Algériens vivaient dans les campagnes. Avec l'aide américaine du plan Marshall, 403503 élèves sont scolarisés dans l'enseignement primaire en 1951 - 1952 à travers tout le territoire de l'Algérie. Cependant le programme pour agrandir les villes et diminuer la proportion de gens des campagnes n'a été réalisé que partiellement par le gouvernement français. En 1954, l'élimination des nationalistes algériens lors des élections de l'Assemblée algérienne marque le point de rupture politique et l'échec des nationalistes. Lors de la réunion des 22, le vote se prononce en faveur de la lutte armée. L'action armée va venir du CRUA. Le déclenchement de la révolution algérienne a été décidé à Alger lors de la réunion des 6 chefs du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA). Le CRUA se transformera en Front de libération nationale (FLN). Les six chefs du FLN qui ont fait le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954 sont Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Mohamed Boudiaf, Krim Belkacem et Larbi Ben M'Hidi. La Déclaration du 1er novembre 1954 est émise par radio depuis Tunis. Dans la nuit du 1/novembre/1954, la caserne de la ville de Batna est attaquée par les moudjahidines. Cette nuit sera appelée par les historiens français "Toussaint rouge". Un caïd et deux enseignants français vont être abattus sur la route de Biskra et Arris. Il y aura deux versions différentes des faits. Des attentats sont enregistrés dans les trois districts de Batna, Biskra et Khenchela et le reste du pays.

Au cours d'un voyage en Algérie, François Mitterrand déclare . Les opérations sont déclenchées dans les Aurès. L'Armée de libération nationale (ALN) ne dispose alors que de 500 hommes qui seront, après quelques mois, plus de 15 000 à défier l'autorité française. 100000 soldats français sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de 400000 en Algérie. Le général Cherrière donne l'ordre de faire le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais va subir une grosse défaite.

Ensuite, il y eut le massacre de Skikda (ex-Philippeville ou Skikda), la mort d'une centaine de manifestants algériens, du 20 au 26 aout 1955.La même année,l'affaire algérienne est inscrite à l'ordre du jour à l'Assemblée générale de l'ONU . A noter aussi la mort de Mostefa Ben Boulaïd, de Zighoud Youcef, etc. Plusieurs chefs sont emprisonnés.

Des intellectuels français vont aider le FLN. Maurice Audin fut torturé et tué par les services français. Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957. Albert Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits algériens, dans les années 1940, avant de refuser de prendre position pour l'indépendance avec cette phrase célèbre prononcée à Stockholm en 1957 : . Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture, revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène, produit du colonialisme. En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se déclare « porteur de valise » du FLN. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement sera plastiqué deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.

Après la condamnation de Larbi Ben M'Hidi et après le déroulement du Congrès de La Soummam, le FLN intègre les dirigeants du Mouvement national algérien (MNA). Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN. La guerre éclate entre les chefs kabyles (Krim Belkacem, Ouamrane, etc) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha. Abdelhai et Abbès Leghrour seront condamnés à mort par les partisans du Congrès de la Soummam et le Comité de coordination et d'exécution (CCE). Il y a aura aussi un conflit entre les hommes du Sud algérien et les dirigeants kabyles. La Tunisie va être le théâtre d'affrontement entre les différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de l'Algérie, la Kabylie, seront les zones les plus stratégiques de la révolution . Le Maroc aussi va jouer un rôle important , notamment pour faire transiter les armes, organiser des réunions du FLN et héberger des troupes militaires algériennes. Le Maroc et la Tunisie, sous protectorat français jusqu'en 1956, hébergeront néammoins les deux armées de l'ALN aux frontières ainsi que plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas

L'armée française fait construire le barrage de la mort, 320 km de long, 7000volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mine terrestre, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN (Armée de libération nationale) vont déjouer toute la stratégie militaire française. Les villes (population algérienne) seront sous le contrôle de l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est porté jusqu'à L'ONU. Aussi, il y aura plusieurs grèves et manifestations dans les villes. Les protestations ont été organisées par le FLN.

Le colonel Amirouche Aït Hamouda fera un massacre dans les Aurès en voulant intervenir pour unifier des zones des Aurès et faire passer les armes en Kabylie . L'Aurès fut le lieu de passage des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït Hamouda réussira à faire passer les armes qui provenaient d'Égypte en passant par la frontière de Tunisie et de l'Algérie. Il franchira les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont être du voyage, mais à la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Krim Belkacem voulait contrôler la région des Aurès pour établir l'union des forces.Les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf désiraient aussi avoir un pied dans les Aurès. Au même moment, la France connaitra sa crise interne jusqu'à l'arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle à cause de la situation en Algérie. Les ultras européens veulent garder l'Algérie française. L'Armée française décide de créer les zones interdites sous contrôle des S.A.S (sections administratives spécialisées) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires sensibles au FLN . Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les actes de crime ont été employés dans cette guerre. Plusieurs attentats seront organisés par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des Aurès. Le CCE (Comité de coordination et d'exécution) s'est agrandi et décide de garder le cap sur les objectifs militaires et ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport à l'extérieur. Une grave crise apparaît entre les membres du Comité de coordination et d'exécution.

Selon Yves Courrière, Abane Ramdane s'opposera sévèrement aux militaires. Il choisira de prendre le maquis et désignera Hadj Ali, un homme de l'Aurès, pour renverser le CCE à Tunis mais sera condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tué au Maroc, mais les souces de FLN diront qu'il aurait été tué lors d'un accrochage avec l'Armée française. Le général Charles de Gaulle chef de l'Etat français engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale algérienne et il apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits aux Algériens. L'Armée française élimine presque tous les réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie et dans quelques régions sensibles dans l'Opération jumelles. Les colonels Amirouche Aït Hamouda et Si el haouès sont tués lors d'un accrochage avec les éléments de l'Armée française. Le FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout.

Portrait d Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1957.
Portrait d'Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1957.

Jean-Paul Sartre.
Jean-Paul Sartre.

La Délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) est arrêtée ,suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

En 1959, Messali Hadj sort de prison, et est assigné à résidence surveillée en France. Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du FLN.

1960, la semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de prisonniers. Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Les Algériens sont tenus à se prononcer. Certains généraux français se rebellent contre l'autorité du général de Gaulle ( le Putsch d'Alger (1958) et putsch des Généraux). Le général de Gaulle reprend en main le destin de la France. Il annonce la tenue de référendum et invite le FLN à faire la paix des braves. Au même moment, le Gouvernement provisoire de la République algérienne est proclamé. Ferhat Abbas décline l'invitation française. Le colonel Houari Boumédiène est alors le chef de Armée de libération nationale.

En 1960, l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien. Le côté français organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Plusieurs réunions à l'extérieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian. Le colonel Houari Boumédiène refuse que les pieds-noirs restent en Algérie.

Le 17 octobre 1961, lors de la nuit noire à Paris, appelée aussi la bataille de Paris (Massacre du 17 octobre 1961), plusieurs Algériens sont tués en métropole lors d'une manifestation du FLN. Il y aura aussi des milliers d'arrestations au sein des Algériens pendant cette nuit. Ce fait survient à la suite de l'instauration du couvre-feu à Paris pour les Algériens suite à l'assassinat de 21 policiers français par le FLN. À Alger. Le peuple algérien sort dans les rues pour manifester sa joie à l'indépendance. Il y aura plusieurs morts et blessés par la police française.

L'Organisation armée secrète (OAS) organise des attentats contre les Algériens malgré l'accord de cesser le feu et les résultats du référendum pour l'indépendance pour sanctionner les gens qui étaient pour. L'indépendance de l'Algérie est proclamée après les résultats. La plus grande bibliothèque d'Alger a été complètement détruite par l'OAS (Organisation armée secrète.

Des éléments de l'armée française restent en Algérie pour évacuer un million de Français (pieds-noirs, les Harkis, les Juifs, etc.). Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.

Chronologie

La IV République et la conduite des affaires algériennes (1954-1958)

Le 16/août/1956, le FLN pratique la politique de la terre brûlée en employant l incendie comme arme de guerre. Dans la forêt de Baïnem, 300 acres de pins et plusieurs maisons de la banlieue d Alger (Bab el Oued) sont brûlés avant que le sinistre ne soit maîtrisé, au bout de plusieurs heures, par les pompiers secondés par l armée. Cette dernière doit ainsi y consacrer une partie de ses ressources normalement affectées à la pacification et même faire appel à des renforts afin de pouvoir faire face à une nouvelle forme de terrorisme.
Le 16/août/1956, le FLN pratique la politique de la terre brûlée en employant l'incendie comme arme de guerre. Dans la forêt de Baïnem, 300 acres de pins et plusieurs maisons de la banlieue d'Alger (Bab el Oued) sont brûlés avant que le sinistre ne soit maîtrisé, au bout de plusieurs heures, par les pompiers secondés par l'armée. Cette dernière doit ainsi y consacrer une partie de ses ressources normalement affectées à la pacification et même faire appel à des renforts afin de pouvoir faire face à une nouvelle forme de terrorisme.

Massacres du Constantinois (20-26 août 1955)

Du 20 au 26 août 1955, la guerre change radicalement de visage avec les évènements sanglants qui secouent le Nord du département de Constantine et plus particulièrement la ville de Philippeville où surviennent de terribles massacres de civils de part et d'autres suivis par une répression aveugle de l'armée française réduisant à néant tout espoir de paix. De plus en plus d'historiens estiment que c'est suite à ces massacres et non pas à ceux de Sétif (mai 1945) que se radicalise l'insurrection en optant pour la guerre à outrance comme unique moyen de parvenir à se faire écouter des autorités coloniales françaises.

Journée des tomates (février 1956)

Le 29 janvier 1956 , suite aux élections législatives, l'Assemblée nationale investit le gouvernement Guy Mollet qui entre en fonction le 1 février 1956. Le 30 janvier 1956, le général Georges Catroux est nommé Résidant Général en Algérie en remplacement de Jacques Soustelle, le départ de ce dernier provoque une forte mobilisation de soutien à Alger : la foule le suit jusqu'au quai d'embarquement et déborde le service d'ordre; monsieur Soustelle est obligé d'emprunter une échelle volante pour se rendre à bord du bateau le ramenant en métropole.

Le 6 février 1956, le voyage à Alger de Guy Mollet (Front Républicain), selon ses termes « pour étudier sur place la situation », résulte sur un incident passé à la postérité sous le nom de « journée des tomates ». Lorsque le cortège officiel se rend au Monument aux Morts d'Alger, il est conspué et accueilli par une foule hostile menée par le Comité d'Entente des Anciens Combattants qui lui lance, entre autres, tomates et quolibets en signe de mécontentement face à la nomination du général Catroux. La voix des maires d'Alger est relayée dans la presse locale, c'est la célèbre formule de L'Écho d'Alger: « le maintien du général Catroux signifierait l'effondrement de l'Algérie », ce à quoi le journal socialiste Le Populaire répond que « les pressions des ultras, les démonstrations de force et de violence seront sans efficacité ». Suite à la journée des tomates, Georges Catroux présente sa démission à René Coty pour éviter d'« entrer en conflit de conception et d'action sur un problème national capital avec ses anciens compagnons d'arme »; le général Catroux est substitué par Robert Lacoste.

Affaire égyptienne (1956)

En 1956, la France qui soupçonne le colonel Nasser de soutenir le FLN en moyens et en armes s'engage dans la « campagne d'Égypte » ce qui gèle ses relations avec les pays arabes et l'URSS.

Avec l'aide d'Israël et du Royaume-Uni, les parachutistes français battent les Égyptiens et reprennent le contrôle du canal de Suez mais le président de l'URSS Nikita Khrouchtchev menace de faire usage de l'arme nucléaire contre Londres et Paris si le corps expéditionnaire anglo-français ne se retire pas d'Égypte. Les États-Unis font alors pression sur le premier ministre britannique Anthony Eden en le menaçant de dévaluer la monnaie de son pays si ses troupes ne se retirent pas d'Égypte, ce qu'elles feront ainsi que leurs alliés français (la flotte du corps expéditionnaire est placée sous haut commandement britannique ).

Détournement de l'avion de Ben Bella (octobre 1956)

Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l Armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'Armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

Le 22 octobre 1956, le SDECE qui a appris le déplacement de responsables indépendantistes en informe les membres du cabinet de Robert Lacoste ministre de l'Algérie. Ceux-ci organisent le détournement vers Alger du DC-3, de la compagnie civile marocaine Air Atlas, faisant la liaison Rabat-Tunis. L'équipage est français et le commandant Gaston Grellier reçoit ses instructions en vol. À bord, l'hôtesse Claudine Lambert tente de ne pas éveiller les soupçons des passagers qui sont armés, il s'agit de cinq chefs historiques du FLN, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed et Mohamed Boudiaf. Une fois l'avion posé, les troupes françaises donnent l'assaut et interpellent Ben Bella et ses compagnons. L'audace de l'opération provoque des crispations diplomatiques entre Paris et Rabat et une polémique naît à la suite de l'affirmation dans les médias, selon laquelle les Forces Armées en Algérie auraient opéré ce coup de force sans en prévenir les autorités civiles, c'est-à-dire Robert Lacoste. Cependant l'armée française, par la voix du général Massu, réfute cette version et nie toute implication dans l'affaire qui serait en réalité l'œuvre du cabinet Lacoste.

L'appel au contingent (1956-1957)

Contrairement à la guerre d Indochine (1946-1954), la France a recours aux Appelés du contingent en Algérie.
Contrairement à la guerre d'Indochine (1946-1954), la France a recours aux Appelés du contingent en Algérie.

La même année, Guy Mollet décide de faire appel au contingent pour ce que l'on appelle la pacification en Algérie. Désormais ce seront plus de 470000 hommes qui seront déployés en permanence dans le pays. Le Général Salan prend le commandement de la région militaire que constitue l'Algérie. Les attentats se multiplient dans tout le territoire et la guérilla commence à se signaler dans les montagnes, les légionnaires et les parachutistes doivent intervenir régulièrement dans les Aurès, en Kabylie et ailleurs. L'armée française est sur la défensive. Chaque mois, des milliers d'attentats ont lieu, augmentant la violence de la répression ; Ainsi, rien que durant le mois de janvier 1957, le FLN a conduit plus de 100 attentats à Alger et près de 4000 dans le reste du pays.

Conscient que la guérilla en milieu rural ne lui permettra jamais d'avoir une audience internationale, Le FLN tente par divers moyens d'infiltrer Alger pour y mener une campagne terroriste, ce qui conduira à la bataille d'Alger.

Massacre de Melouza (1957)

En 1957, la rivalité entre le Front de libération nationale et le Mouvement national algérien donne lieu au massacre de Melouza dont le bilan officiel est de 315 morts.

Intensification des hostilités (1957-1958)

L'année 1957 voit le déroulement de la bataille d'Alger. Sous les ordres du général Massu, la 10 division parachutiste fait du maintien de l'ordre dans la capitale. Les parachutistes (8000 hommes) parviennent à anéantir les poseurs de bombes. Le FLN perd la bataille et sa structure dans la capitale est détruite.

Dans le même temps, le général Salan organise la contre-guerrilla grâce à des techniques de quadrillage. Moins entrainés, les hommes du contingent ainsi que nombre de réservistes plus âgés sont le plus souvent cantonnés dans des casernes ou à établir des missions de surveillance tandis que les troupes mobiles organisent, sur le terrain, l'éradication des maquis. Des ratissages et des opérations de recherche-destruction sont menés en permanence à l'aide d'hélicoptères. Des centaines de hameaux sont investis par les forces spéciales à la recherche de caches d'armes de la guérilla indépendantistes donnant lieu à un nombre élevé de dérapages.

La bataille d'Alger (7 janvier - 24 septembre 1957)

Le 7 janvier 1957, le gouvernement général donne les pleins pouvoirs de police au général Jacques Massu et ses 6000 parachutistes de la 10 division parachutiste sur le grand Alger. Leur mission est de démanteler les cellules du FLN à Alger. Afin d'atteindre cet objectif, les parachutistes auront massivement recours à la torture systématique selon le concept torture contre terreur. En neuf mois, les cellules Algéroises du FLN sont démantelées une à une mais au prix de 3024 disparitions de suspects. La torture est tolérée par l'ensemble des pouvoirs publics d'autant plus qu'elle permet la prévention d'attentats à la bombe. Les techniques de la torture se perfectionnent : torture à l'électricité ou « gégène », pendaison par les membres, « baignoire », ...) L'usage des exécutions sommaires de suspects est banalisé.

Affaire tunisienne (1957-1958)

Du 12 septembre 1957 au 7 février 1958, près de vingt incidents de frontière sont signalés dans la région du village tunisien de Sakiet Sidi Youssef. le 8 février 1957, jour de marché hebdomadaire dans la petite localité frontalière de Sakiet Sidi Youssef, des bombardiers de l'armée de l'air française effectuent des raids meurtriers sur la principale place du village, entrainant la mort de presque 80 personnes, sans compter des dizaines de blessés, en majorité des civils tunisiens et des réfugiés algériens.

 

Putsch d'Alger et Comité de salut public (mai 1958)

Suite au départ de Félix Gaillard qui laisse vacant le poste de chef du gouvernement, une grave crise ministérielle s'installe le 15 avril. L'armée prend alors le pouvoir le 13 mai 1958, à Alger.

À 18 heures dans la capitale de l'Algérie française - deuxième ville de France - Pierre Lagaillarde, leader étudiant de la rébellion contre la république française et commandant de réserve, lance ses miliciens du Groupe des 7 à l'assaut de l'immeuble du Gouvernement Général d'Alger, symbole de l'autorité nationale et de la République française. À 18 h 30 le « GG » présidé par le gouverneur Lacoste (SFIO) tombe aux mains des rebelles. À Paris, en réaction au « putsch d'Alger », le Gouvernement Pierre Pflimlin (MRP) est créé, il durera jusqu'au 28 mai 1958. L'image de la France dans le monde, et plus particulièrement en Europe occidentale en est fortement dégradée.

Pendant ce temps à Alger, le général Massu, commandant la 10 division parachutiste de la bataille d'Alger, prend la tête du comité de Salut Public et fait savoir au président René Coty de l'Union républicaine (UR) qu'il attend la formation d'un « gouvernement de Salut Public ».

Le 16 mai, des manifestations de « fraternisation » entre européens et musulmans ont lieu sur la place du Forum à Alger. A propos de ces événements, le Président du Conseil de Gaulle déclare lors de son premier voyage en Algérie, le 6 juin 1958 à Mostaganem, département d'Oran : "Il est parti de cette terre magnifique d'Algérie un mouvement exemplaire de rénovation et de fraternité. Il s'est élevé de cette terre éprouvée et meurtrie un souffle admirable qui, par-dessus la mer, est venu passer sur la France entière pour lui rappeler quelle était sa vocation ici et ailleurs... Il n'y a plus ici, je le proclame en son nom et je vous en donne ma parole, que des Français à part entière, des compatriotes, des concitoyens, des frères qui marchent désormais dans la vie en se tenant par la main".

Le 1er juin, suite à l'Opération Résurrection en Corse qui annonce l'imminence d'un putsch à Paris, le président annonce qu'il délègue ses pouvoirs au « plus illustre des Français », le général de Gaulle. Celui-ci forme un gouvernement de salut public et dans la foulée annonce la création d'une nouvelle constitution. C'est la fin de la quatrième république.

De Gaulle et la conduite des affaires algériennes (1958-1962)

Retour aux affaires et V République (septembre 1958-1959)

Proposé sous la présidence de la République de René Coty et du gouvernement dirigé par Charles de Gaulle, le Référendum du 28 septembre 1958 demandait aux Français de ratifier le texte de la nouvelle constitution qui posait les fondements de la Cinquième République. Confortée par plus des quatre cinquièmes des voix, la constitution fut promulguée le 4 octobre 1958 et la V République proclamée le jour suivant. Dans les colonies françaises le référendum vise également à la création de la Communauté française.

Concernant la signification du référendum en l'Algérie, le général de Gaulle déclare le 30 août 1958:

Par leur vote, les habitants de l’Algérie vont fournir une réponse à la question de leur propre destin. Les bulletins qu’ils mettront dans l’urne auront, sur un point capital, une claire signification. Pour chacun, répondre « oui » dans les circonstances présentes, cela voudra dire, tout au moins, que l’on veut se comporter comme un Français à part entière et que l’on croit que l’évolution nécessaire de l’Algérie doit s’accomplir dans le cadre français 96 % des Algériens, Européens et musulmans, soit 75 % des 4 412 171 électeurs inscrits, disent « oui » à la nouvelle Constitution malgré les appels en faveur du boycottage lancé par le FLN. Il s'agit du premier scrutin auquel les femmes algériennes participent. Après les résultats du référendum en Algérie, de Gaulle déclare le 3 octobre à Constantine.

Trois millions et demi d'hommes et de femmes d'Algérie, sans distinction de communauté et dans l'égalité totale, sont venus des villages de toutes les régions et des quartiers de toutes les villes apporter à la France et à moi-même le bulletin de leur confiance. Ils l'ont fait tout simplement sans que nul ne les y contraignent et en dépit des menaces que des fanatiques font peser sur eux, sur leurs familles et sur leurs biens. Il y a là un fait aussi clair que l'éclatante lumière du ciel. Et ce fait est capital ... pour cette raison qu'il engage l'une envers l'autre et pour toujours l'Algérie et la France. Il annonce également un vaste plan d'investissement en Algérie, laissant entendre un engagement durable de la France en Algérie. Cependant la toute nouvelle constitution prévoit dans son article 53 qu'une partie du territoire français puisse être cédée avec l'accord des populations concernées en vertu d'une simple loi.

Le 16 septembre 1959, De Gaulle ouvre dans un discours la voie à l'autodétermination. Il annonce que l'ensemble des Algériens auront à se prononcer sur leur avenir. Trois options se dessinent :
 ou bien la sécession conduisant de fait à l'indépendance.
 ou bien la francisation conduisant, en raison de l'égalité des droits, à un unique Etat de Dunkerque à Tamanrasset.
 ou bien un gouvernement autonome en Algérie, en association avec la France qui garderait ses prérogatives sur l'économie, l'enseignement, la défense et les affaires étrangères.
De Gaulle ne cache pas son hostilité aux deux premières solutions. Selon lui, la première risque de conduire à la misère et à une dictature communiste. En ce qui concerne la seconde, il avait expliqué à Alain Peyrefitte, en mars 1959 :

La possibilité d'une sécession, ouverte par ce discours du 16 septembre et l'utilisation du suffrage universel, inquiète les partisans de l'Algérie Française.

La partition de l'Algérie en question (1961)

Le 28 juin 1961, le Premier ministre Michel Debré fait officiellement part d'un ultime recours, la partition de l'Algérie, en s'appuyant sur l'expérience d'une même sécession dans plusieurs autres pays à cette époque (Afrique du Sud, Allemagne, Corée, Vietnam). L'idée est étudiée par le député Alain Peyrefitte à la demande de de Gaulle, le député gaulliste propose de regrouper entre Alger et Oran tous les Français de souche et les musulmans pro-français, de transférer dans le reste de l'Algérie tous les musulmans préférant vivre dans une Algérie dirigée par le FLN et de mettre en place une ligne de démarcation dans Alger, à l'instar de Berlin et Jérusalem, qui séparerait le quartier européen du quartier musulman. La proposition est rejetée par de Gaulle en novembre 1961. Pour Maurice Allais, si la solution de la partition, dont on a souvent dressé des , a rencontré peu de faveur c'est pour la seule raison qu'elle a été farouchement rejétée par les extrémistes des deux camps.

Nouvelle affaire tunisienne (juillet 1961)

En juillet, suite à de nouvelles tensions entre la Tunisie indépendante et Paris à propos de la base navale stratégique française de Bizerte, une guerre brève mais meurtrière (1000 à 2000 morts) éclate entre la France et la Tunisie, alliée du FLN, dont le territoire sert de sanctuaire à l'ALN.

Cessez-le-feu et référendum en métropole (mars 1962)

Au 18 mars 1962, suite aux accords d'Évian, Charles de Gaulle annonce à l'ORTF (alors l'autorité en matière de radio et télévision) le cessez-le-feu et la tenue prochaine d'un référendum en métropole concernant l'autodétermination de l'Algérie. Ce referendum eut lieu le 8 avril 1962 et recueillit 90% de oui. Il sera suivi d'un second référendum portant sur le collège unique en Algérie.

Bataille de Bab El-Oued (mars 1962)

Rejetant le cessez-le feu proclamé le 13 mars par de Gaulle, les activistes de l'OAS se retranchent dans son bastion de Bab El-Oued, dit « quartier européen » d'Alger. La bataille qui s'en suit donne lieu à une lutte entre les extrémistes du commando Delta et les gardes mobiles français. Bientôt l'aviation de l'aéronavale pilonne les bâtiments occupés par l'OAS, tandis que les chars de l'armée française prennent position dans le quartier en état de siège.

Attentat du port d'Alger (2 mai 1962)

le 2 mai 1962, un attentat terroriste à la voiture piégée commis par des membres de l'OAS au port d'Alger fait 110 morts et 150 blessés, en majorité des dockers et des demandeurs d'emploi. Au vaste élan de solidarité déclenché à partir des différents quartiers de la capitale par toute la population, européens et musulmans confondus, répondaient les tirs des ultras de l’OAS à partir d' immeubles avoisinants, lesquels ont pris pour cibles les blessés, les ambulances et les personnes venues nombreuses participer aux opérations de secours, provoquant ainsi un véritable carnage.

Exode des Pieds-Noirs (été 1962)

Après la répression d'Isly et l'anarchie crée par les attentats conjugués et croisés de l'OAS et du FLN, une fraction de la population européenne d'Algérie qui a adhéré aux visions de l'OAS refuse de vivre dans un territoire non-français et débute un exode massif. Ce n'est que plus tard et dans la hâte que se décideront les autres Français d'Algérie (Européens et israélites)-d'abord indécis- à se faire rapatrier en métropole, sous la pression, tandis qu'une infime partie d'entre eux (les plus extrémistes), se sentant trahis par le gouvernement français, nourrissant depuis toujours un profond sentiment anti-français, émigre à l'étranger, en particulier à Alicante sur la côte espagnole (foyer historique de nombreuses familles du département d'Oran) ou en Argentine.
Les pieds-noirs du département de Constantine, plus loyalistes que ceux de l'Oranie vis à vis de la mère patrie, rentreront presque tous en France où malgré les mauvaises conditions d'accueil, continueront à y vivre.

Accords secrets OAS-FLN (juin 1962)

En juin 1962, Jean-Jacques Susini, théoricien de l'OAS, prend l'initiative de contacts secrets avec le FLN en vue de négocier le maintien en Algérie de la population de souche européenne. Après être parvenu à un accord de principe avec un représentant du FLN, Susini annonce le cessez-le feu des combattants de l'OAS. Cependant les accords sont dénoncés par des dirigeants du FLN, tandis que parallèlement des chefs de l'OAS refusent les principes d'un tel accord, accusant Susini de haute trahison. Il est menacé de mort par ses pairs. Finalement, l'opération de réconciliation entre les deux communautés d'Algérie tourne court et l'OAS les anciens départements français avant leur dissolution; non sans pratiquer la politique de la terre brulée (sabotage du port d'Oran, incendie de la bibliothèque d'Alger, plastiquages, assassinats, etc.).

Résolution de l'affaire algérienne (juillet 1962)

Le 3 juillet 1962, trois mois après les accords d'Évian et deux jours après le référendum d'autodétermination du 1er juillet en Algérie, le président de Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l'indépendance de l'Algérie, par la voie d'une lettre adressée au président de l'Exécutif Provisoire . L'Exécutif Provisoire était un organisme mis en place par les accords d'Évian et chargé d'assurer la direction du pays pendant la période de transition entre le cessez-le-feu et le transfert de souveraineté puis jusqu'à l'élection d'une assemblée constituante en Algérie.

Guerre vécue par les communautés d'Algérie (1954-1962)

Durant la période de la guerre d'Algérie, trois communautés principales cohabitent dans les départements français d'Algérie. La communauté majoritaire est celle dite « musulmane » formée d'Arabes (dont les descendants des Maures d'Espagne), de Kabyles, d'autres Berbères et des descendants des Ottomans. Elle cohabite avec deux minorités. La plus nombreuse des deux est la communauté dite de l'ensemble des populations d'origine « européenne » ( principalement Alsace-Lorraine, Languedoc, Suisse) et « méditerranéenne » (Corse, Malte, les Pouilles, la Sardaigne, les Baléares, l'Andalousie) dénommés Pieds-Noirs (désignation à l'origine incertaine), tandis que la plus ancienne est celle dite des « israélites », autochtones au pays (la présence juive en Algérie est très ancienne et remonte à 3000 ans) et qui n'a cessé de recevoir des apports au fil des siècles, notamment d'Espagne après la reconquista et de Livourne et dont les origines précèdent la débarquement français de 1830.

La diversité individuelle de chaque communauté se retrouve aussi dans la diversité et la contradiction des engagements politiques au sein de chacune d'elles; en ce sens cette guerre, du moins telle qu'elle est vécue en Algérie, peut être perçue comme une guerre civile. Chaque communauté devient l'enjeu des différents belligérants qui tentent de susciter l'intérêt pour sa lutte et le ralliement de la population à sa cause.

Communauté musulmane durant la guerre

Pour empêcher les populations d'aider le FLN, l'armée concentre, selon le rapport Rocard de 1959, un million de civils (dont la moitié d'enfants) des zones rurales dans des « camps de regroupement ». En février 1959, Michel Rocard, élève à l'ENA et en stage en Algérie, adresse un rapport sur les camps de regroupement à un proche de Paul Delouvrier, délégué général en Algérie. Le 31 mars, ce dernier donne l'ordre aux autorités militaires de suspendre les regroupements, et de concentrer les moyens sur l'amélioration des camps existants. Cet ordre sera assez mollement suivi. L'existence des camps de regroupement et leur état est en général ignoré de la population métropolitaine, jusqu'au 22 juillet 1959, où Le Figaro fait la une avec un reportage de Pierre Macaigne qui scandalise les lecteurs. Une campagne d'opinion se lance. La comparaison avec les camps de concentration est évoquée.

L'armée bombarde massivement au napalm et aux bombes incendiaires des villages et des hameaux dans les Aurès afin de mater la rébellion Chaouis. De son côté, le FLN a recours aux attentats ciblés, aux assassinats et aux massacres de rivaux notamment du MNA.

Après l'indépendance, l'Armée française refuse d'intervenir pour assurer la sécurité de ses supplétifs musulmans, comme le 5 juillet 1962 à Oran pour protéger les Européens.

Entre 15000 et 150000 harkis auraient été massacrés par le FLN et 30000 harkis se réfugient en France où ils sont parqués dans des camps d'internement sur ordre du gouvernement. En suivant les travaux d'autres historiens, le chiffre varie entre 15000 et 50000 sans toutefois parvenir à une estimation réelle, vu que le problème a pris une tournure idéologique partisane marquée par les passions, notamment en France.

Communauté juive durant la guerre

Pendant la guerre d'Algérie, la communauté juive, profondément algérienne s'est orientée d'une manière générale vers une attitude neutraliste. Les organisations communautaires font preuve d'une extrême modération et refusent de prendre politiquement position, car elles considèrent que ce n'est pas de leur ressort, pourtant - malgré les nombreux attentats - certains embrassent la cause du FLN et d'autres, s'engagent dans l'OAS.

Certains intellectuels juifs, comme Henri Alleg, ont pris fait et cause pour les nationalistes algériens du FLN (Front de libération nationale). A l'inverse, des Juifs sympathisent avec l'OAS, à Alger et à Oran essentiellement (ils sont particulièrement actifs à Oran). Regroupés au sein des « Commandos Colline » Ces groupes sont liés aux réseaux « France Insurrection » et conduits par Elie Azoulai et Ben Attar, tuent certains élus musulmans, essaient de mettre le feu à une prison où sont détenus des hommes du FLN et abattent des officiers français (dont le lieutenant-colonel Rançon).

Les attentats du FLN touchent les synagogues et les rabbins (en janvier 1962, le FLN commet des attentats dans le quartier juif de Mostaganem, une grenade est lancée sur un marché du quartier juif de Constantine en mai...). Auparavant, le chanteur Raymond Leyris était abattu au pistolet en avril 1961, à Constantine.

Des Juifs d'Algérie furent également victimes de l'OAS (en novembre 1961 à Alger : William Lévy, en décembre 1961 : Moïse Choukroun...).

Guerre vécue de la métropole (1954-1962)

Contrôle de l'information par l'État (1954-1962)

La Radiodiffusion-télévision française (RTF), unique organisme audiovisuel français, est composée de cinq chaînes de radio et deux chaînes de télévision. Elle est placée sous le contrôle direct de l'État, conformément à l'ordonnance de 1945 sur le monopole d'État sur les ondes nationales. En conséquence l'Élysée contrôle entièrement l'information et s'arroge le droit de censure, la métropole ne perçoit les évènements d'Algérie que par le prisme de l'État.

En Algérie, la presse écrite, aux mains du capital des grands propriétaires terriens, publie chaque jour tout le long du conflit des unes dans lesquelles l'information s'apparente plus aux communiqués de la victoire en usage dans les dictatures totalitaires et où les victimes civiles musulmanes étaient systématiquement assimilées, d'abord, à des hors-la-loi, puis à des combattants rebelles. Les bilans des tués parmi ces derniers, fournis par les services du renseignement étaient toujours importants.

Camps d'assignation à résidence (1957-1962)

Durant la guerre d'Algérie, le Ministère de l'Intérieur français obtint en 1957 la possibilité de recourir à nouveau à l'internement administratif collectif. Plusieurs centres d'assignation à résidence surveillée furent créés en métropole sur des sites militaires : Larzac (Aveyron), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard), Thol (Ain), Vadenay (Marne). Près de 14000 Algériens suspectés d'être membres du Front de libération nationale (FLN) y furent internés.

Manifestations en soutien de l'armée française en Algérie (1957, 1958)

En réaction à un article de L'Express condamnant la pratique de la torture par l'armée française en Algérie, une manifestation accusant la torture pratiquée par le FLN est organisée. Le 22 juillet 1956, le capitaine Moureau, chargé des affaires indigènes, est enlevé à Bouizakarne, Maroc et remis au FLN qui le torture pendant un an. Un commando français le retrouve, mutilé, et abrège ses souffrances à sa demande. La manifestation en hommage au capitaine Moureau, captif du FLN, a lieu à la Place de l'Etoile le 3 avril 1957 et dégénère en affrontement avec la police parisienne sur les Champs-Elysées.

Le 13 mai 1958 a lieu aux Champs-Élysées une manifestation en mémoire des trois militaires français faits prisonniers par le FLN qui les a exécutés le 9 mai.

Manifestations pacifistes (1960-1962)

Les Trente ou Action civique non violente (ACNV) est un groupe hétéroclite, composé de déserteurs refusant de remplir leur obligation de servir en Algérie, d'hommes d'église et de musulmans, qui s'est livré à des manifestations pacifistes en métropole.

Réseau Jeanson (1960)

Suite au procès des « porteurs de valises » du réseau Jeanson, des intellectuels et artistes lance le manifeste des 121 le 6 septembre 1960. En réaction, le maréchal Alphonse Juin lance le « contre-manifeste des 340 ».

Assassinat de Camille Blanc, maire d'Évian (1961)

Le maire d'Évian, est assassiné par l'OAS le 31 mars 1961 pour avoir officiellement accueilli dans sa ville des délégués du FLN venus négocier avec une délégation française.

Attentats du FLN contre la police (1958-1961)

Le couvre-feu est établi à Paris en 1961 pour les Français musulmans d'Algérie suite à l'assassinat de 21 policiers français par le FLN. De 1958 à 1961 les attentats du FLN font 191 victimes dans les rangs de la police; soit 54 morts et 137 blessés.

Attentats de l'OAS (1962)

Au début de l'année 1962, sous l'impulsion d'André Canal, la Mission III (branche métropolitaine de l'OAS) multiplie les attentats en région parisienne. Le 4 janvier, un commando en voiture mitraille l'immeuble du Parti communiste, place Kossuth, blessant grièvement un militant au balcon du 2 étage.

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, c'est le domicile de Jean-Paul Sartre qui est l'objet d'un plasticage. Le 24 janvier, on compte 21 explosions dans le département de la Seine, visant des personnalités ou des organisations supposées hostiles à l'idéologie de l'OAS .

Un quadrillage policier est mis en place dans Paris, ce qui n'empêche que, dans l'après-midi du 7 février, dix charges plastiques explosent au domicile de diverses personnalités : deux professeurs de droit, Roger Pinto et Georges Vedel, deux journalistes, Pierre Bromberger, du Figaro, et Vladimir Pozner, blessé grièvement, deux officiers, le sénateur communiste Raymond Guyot dont la femme est blessée. Un dernier attentat qui vise André Malraux rend aveugle une fillette de 4 ans, Delphine Renard.

Bilan

Bilan humain

Mémorial national de la guerre d Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, érigé quai Branly, à Paris.
Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, érigé quai Branly, à Paris.

Le bilan humain a longtemps été difficile à établir étant données les divergences de l'histoire officielle reconnue par les deux pays.

Les pertes françaises

Les chiffres concernant les Français de métropole et d’Algérie, les « Français musulmans » et les légionnaires sont les mieux connus (JO des 4 et 7 août 1986) : 24614 militaires décédés dont 371 marins, 1047 de l'Armée de l'air et 487 gendarmes. Après le cessez le feu, 360 autres militaires sont morts, sans compter les disparus. Sur ces près de 25000 militaires décédés, on dénombre environ 5000 « Français musulmans » tués dont les deux tiers étaient des appelés. En outre, on compte 65000 blessés militaires.

Pour les civils français, le total est de 2788 tués. Il faut y ajouter, après le cessez le feu, 3018 enlèvements dont 1282 retrouvés (déclaration de Broglie du 24 novembre 1964, confirmée par lettre Santini du 9 novembre 1994), chiffres proches de ceux de Pervillé qui évoque 2000 tués sur 3000 enlevés.

Après le 2 juillet 1962, il est à déplorer plus de 500 militaires « morts pour la France » en Algérie, dont plus de la moitié ont été tués ou enlevés par l'ALN.

D'après le Service historique du ministère de la Défense, il est constaté :

 En 1962 : 1039 militaires morts (540 appelés et 209 engagés).
 En 1963 : 122 militaires morts (74 appelés et 18 engagés).
 En 1964 : 46 militaires morts (15 appelés et 17 engagés).

Les pertes de la population musulmane algérienne

Les pertes humaines algériennes sont très difficiles sinon impossibles à évaluer, car les sources sont non seulement divergentes mais passent sous silence les victimes des zones rurales reculées.

Le général de Gaulle parlait de 78000 victimes en octobre 1958, et de 145000 en novembre 1959. Selon Djamila Amrane (archives algériennes), sur un total cumulé de 336 748 moudjahidines (132290 maquisards du FLN et 204458 civils du FLN) 152863 ont été tués, valeur qui correspond sensiblement à l'évaluation du 2 Bureau.

Cependant, cette thèse, non dénuée d'arrières pensées idéologiques, tendant à faire penser à un ralliement massif de la population musulmane au FLN a été maintes fois battue en brêche. Certaines sources affirment que le nombre de combattants de l'ALN n'aurait jamais franchi le chiffre de combattants tandis que d'autres sources avancent que le FLN n'a jamais réussi à mobiliser plus de 10000 combattants dans les maquis.

Les civils forment la majeure partie des pertes humaines des populations musulmanes. Le nombre de combattants de l'ALN tués demeure inconnu à ce jour.

Du côté algérien, le FLN compte en 1964 près de 1500000 victimes de cette guerre. Ce chiffre deviendra officiel en 1965. Quant au chiffre constitutionnel de 1 million de martyrs (préambule de la constitution de 1963), il n'est pas repris par les constitutions de 1976 et 1996.

Des historiens et des démographes se sont penchés sur la question : selon Guy Pervillé . Xavier Yacono, dans un article paru en 1983, estime toujours à partir des recensements les pertes algériennes à 250000 morts environ.

Les officiels algériens font valoir de leur côté que les données démographiques ne rendent aucunement compte des massacres dans les douars et les hameaux (8000 rasés de la carte durant la guerre) et que ces chiffres correspondent peut être davantage au nombre de morts dans les villes où les Algériens étaient en effet recensés et inscrits à l'état civil depuis 1881. On peut toutefois observer que des tableaux statistiques recensant toutes les populations d'Algérie, jusque dans le moindre douar, existaient depuis au moins 1884, et que l'état-civil existait pour les musulmans, dans les communes de plein exercice et dans les communes mixtes, c'est-à-dire sur le territoire entier de l'Algérie bien avant 1881.

La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4300 tués et 9000 blessés en France et environ 6000 tués et 4000 blessés en Algérie.

Le FLN a été responsable, entre 1954 et le 19 mars 1962, de la mort de 16378 civils algériens et de 13296 disparus, selon Guy Pervillé .

Quant au nombre de harkis massacrés après le cessez-le-feu, les estimations varient entre 15000 et 100000 personnes. Les chiffres des morts sont encore contestés car basés sur des témoignages locaux et supposés étendus à l’ensemble du pays; ce qui est peu probable. Toutefois selon Jean-Charles Jauffret : . Les massacres de supplétifs ont commencé dès mars 1962 et ont culminé à l’automne. Ils sont dus à des règlements de compte entre clans rivaux, des vengeances mais aussi au zèle des « marsiens », ralliés FLN de la 25 heure, voulant montrer leur patriotisme de façade.

Par ailleurs, la torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiquée aussi bien par l'armée française que par les insurgés algériens, à la différence notable que celle pratiquée par les services spéciaux de l'armée française et les légionnaires relevait de la méthode scientifique et avait clairement un caractère industriel tandis que celle pratiquée par le FLN demeurait artisanale et primitive. Le nombre de torturés n'est pas connu mais il devrait concerner des centaines de milliers d'indigènes et des centaines de prisonniers français.

Le nombre de disparus n'a jamais été connu. Certains ayant été exécutés et ensevelis dans des fosses communes clandestines ou dans des stades municipaux.

Amnisties françaises

Des lois d'amnisties ont été promulguées durant et après la guerre.

Durant la guerre

La première loi d'amnistie a concerné les membres du FLN et a été instaurée en Conseil des Ministres, le 13/janvier/1959, par le premier président de la Ve République prenant fonction, Charles de Gaulle, dans le cadre de la paix des braves ; il s'agit du premier conseil des Ministre du président de Gaulle.

Après la guerre

Les Accords d'Évian ont stipulé la garantie de non poursuite pour tous les actes commis par les parties en conflit en Algérie avant le 19 mars 1962. Cette politique a perduré après la guerre (lois ou décrets de 1962, 1966, de 1968, de 1974, de 1982 et de 1987). Une loi spécifique est votée pour amnistier les responsables de l'affaire Audin. Après les doubles lois de 1962, les seuls actes pouvant être poursuivis sont ceux de torture commis par les forces françaises contre des membres de l'OAS.

Dans son arrêt du 17 juin 2003, la Cour de cassation considère qu'il n'y a pas eu de crime contre l'humanité pendant la guerre d'Algérie. Elle écarte ainsi la possibilité de poursuites contre le général Paul Aussaresses. Sans nier les faits de torture, ni leur qualification de crime contre l'humanité au sens du code pénal actuel (entré en vigueur le 1er mars 1994), la jurisprudence actuelle écarte la qualification de crime contre l'humanité au sens du code pénal de l'époque : dès lors que les événements sont antérieurs au 1er mars 1994, seuls les faits commis par les puissances de l'Axe sont susceptibles de revêtir la qualification de crime contre l'humanité.

Des associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH demandent un revirement.

En 1982, sous le gouvernement Mauroy, dans la continuité des amnisties antérieures, intervient l’« ultime normalisation administrative », la « révision de carrière » et la réhabilitation des généraux putschistes.

La loi du 23 février 2005 (dont seul l'article 4 a été retiré) accorde une « indemnité forfaitaire » et non imposable aux « personnes (…) ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie (…), de condamnations ou de sanctions amnistiées » (art.13) , et ne figurant pas parmi les bénéficiaires mentionnés dans la loi (n° 82-1021 ) du 3 décembre 1982. Athanase Georgopoulos, ancien de l'OAS réfugié en Espagne avant de revenir en France, a été nommé à la Commission chargée d'implémenter ces indemnisations (arrêté du 29 décembre 2005) .

Le général de Bollardière, sanctionné de soixante jours d'arrêts de forteresse pour avoir dénoncé la torture, n'a pas été réhabilité. Il fut à l'époque le seul officier supérieur français à condamner la torture.

Amnisties algériennes

À l'indépendance

Les Accords d'Évian 19 mars 1961 contenaient une clause dans laquelle le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), garant de l'autorité dans l'Algérie indépendante, s'engageait à observer une amnistie générale garantissant formellement la non poursuite des militaires français ayant commis des crimes de sang.

La visée de cet accord était, pour le président de Gaulle, d'obtenir des garanties concernant l'Armée française et certains segments de la population européenne qui, en théorie, devait choisir de rester ou non en Algérie ainsi que la fraction de la partie musulmane ayant combattu avec l'armée française pour le maintien de l'Algérie au sein du territorial national français. Ainsi, les dispositions communes du Chapitre II De l'indépendance et de la coopération / A) DE L'INDÉPENDANCE DE L'ALGÉRIE / II - Des droits et libertés des personnes et de leurs garanties stipulent que:
« Nul ne pourra faire l'objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d'une discrimination quelconque en raison:
- d'opinions émises à l'occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d'autodétermination;
- d'actes commis à l'occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
- Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir. » (accords d'Évian)


Des violations de cette amnistie générale ont débouché, d'une part, sur des incidents isolés tel le massacre d'Oran (communauté européenne) consécutif à la proclamation d'indépendance le 5/juillet/1962 et, d'autre part, au début des représailles et règlements de comptes contre des Harkis ainsi que ces derniers entre eux. (communauté musulmane). Mais globalement, aucun criminel de guerre, appartenant à l'un ou l'autre des belligérants n'a été poursuivi après la guerre.

La guerre d'Algérie au niveau international

Aux Nations unies

 Le 13 juin 1956, les 13 pays afro-asiatiques ont demandé la tenue d'une session extraordinaire consacrée à la situation en Algérie. Cependant, l'Alliance Atlantique dont les pays membres soutenaient la position de la France avait poussé le Conseil de sécurité à rejeter la demande.

 Le 1er octobre 1956, les délégations des pays africains, arabes et asiatiques ont introduit une nouvelle demande pour inscrire la question algérienne à l'ordre du jour des travaux de la 11 session de l'ONU.

 Le 16 juillet 1957, lors de la tenue de la 12ème session, le groupe de pays afro-asiatiques présenta de nouveau une demande d'inscription de la question algérienne à l'ordre du jour.

 Au cours de la session tenue en 1958, le principe du droit du peuple algérien à l'autodétermination fut évoqué. Cet évènement a coïncidé avec la constitution, le 19 septembre 1959, du Gouvernement provisoire Algérien.

 Le 16 juin 1959, le comité d'orientation des Nations unies a recommandé l'inscription officielle de la question algérienne à l'ordre du jour des travaux de l'assemblée générale et ce en dépit de l'opposition du délégué de la France, .

 Le 22 août 1960, le Gouvernement provisoire algérien a demandé à l'ONU l'organisation d'un référendum populaire sous son contrôle.

 le 20 décembre 1961, l'Assemblée générale des Nations Unies a rendu public un communiqué demandant aux deux parties de poursuivre les négociations. La résolution fut adoptée par 62 voix contre 32.

Aux États-Unis

Dans un rapport de mission en Afrique remis au président Eisenhower au début de l'année 1957, Richard Nixon émettra de très sérieuses critiques à l'égard de la politique de la France en Algérie et se montrera favorable à l'indépendance de l'Algérie.

Le 2 juillet 1957, le sénateur John Fitzgerald Kennedy prononce un discours à la chambre haute (Sénat) des États-Unis d'Amérique sur le thème de la guerre d'Algérie dans lequel il souligne que cette guerre atroce a cessé de représenter un problème interne purement français et que les Américains sont directement concernés par ce conflit lequel a « dépouillé jusqu'à l'os les forces continentales de l'OTAN ».

A l'issue de ce discours, le sénateur Kennedy exhorte son pays à s'engager en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Un projet de résolution est adressé à cet effet à l'administration US du président Dwight Eisenhower mais n'aboutira pas pour cause de procédures.

Sur le plan stratégique, le Pentagone s'inquiétait de voir les moyens de l'OTAN de plus en plus détournés au profit du soutien logistique des armées françaises en Algérie au détriment de l'équilibre des forces en Europe face au bloc de l'est.

En Suisse

Depuis mai 1958, le Comité International de la Croix Rouge sollicite le GPRA d'adhérer à l'article 3 des quatre conventions de Genève, possibilité offerte aux acteurs non internationaux d'un conflit armé de s'engager à respecter un minimum d'obligations humanitaires. Le GPRA dépose finalement le 20 juin 1960 ses instruments d'adhésion auprès du gouvernement suisse qui est dépositaire de ces accords, en exploitant habilement l'enregistrement de sa candidature par la Suisse comme reconnaissant internationalement un Etat algérien. La Suisse doit rappeler par une note du 20 juillet, que cette adhésion est sans portée juridique pour les Etats qui n'ont pas reconnu le GPRA, qu'elle comporte tout au plus un engagement pris par le GPRA de respecter les Conventions de Genève. Toutefois, succédant au GPRA, l'Etat algérien est réputé aujourd'hui avoir adhéré aux Conventions de Genève le 20 juin 1960.

En Italie

La guerre d'Algérie offre une occasion inespérée à l'Italie de reprendre son rôle en Méditerranée sur fond d'anciennes rivalités avec la France. Tandis que la France s'oppose totalement à toute tentative d'internationalisation du conflit, l'Italie oscille, en fonction d'intérêts géopolitiques et de politique interne, entre une bienveillance manifeste à l'égard des indépendantistes algériens et une solidarité envers la France.

Cependant, c'est la gauche italienne qui se montre la plus intransigeante contre ce qu'elle appelle l’« impérialisme français » en Afrique du nord. De nombreux activistes italiens soutiendront les réseaux du FLN en Europe.

Dès 1957 alors qu'il était à la tête de la compagnie pétrolière ENI, l'industriel italien Enrico Mattei tente de transformer l'Italie en base arrière du FLN en lui fournissant secrètement des financements et des facilités avant de disparaître dans un accident aérien suspect en octobre 1962.

 

Aspects militaires de la guerre d'Algérie

Formations et unités : Nomenclature

Forces françaises

 SLNA : Service des liaisons nord-africaines
 DST - Direction de surveillance du territoire)

Forces supplétives de l'armée française

 GMPR (groupes mobiles de la police rurale), unité supplétive crée en janvier 1955.

 Les Moghazni, unités supplétives crées en 1955

 Les Harkis, constitués en avril 1956

 Les unités territoriales, crées en mai 1956 et devenues Unités de réserve (UR) en 1960

 Les groupes d'autodéfense ou GAD: 287 groupes en 1957; 2030 groupes en 1960.

 Les forces K (Kobus): forces musulmanes spéciales constituées de 1400 hommes crées en 1957 par Djilali Belhadj en vue d'imiter un maquis de l'ALN dans le but de combattre cette dernière.

 Commandos sud-algériens, comptabilisés plus tard dans les effectifs des Harkis.

 FAFM (Force auxiliaire franco-musulmane) ou Djich Sidi Chérif, force encadrée par des officiers français.

ALN-FLN

D'après les statistiques du 2 Bureau (renseignements militaires), le nombre de combattants de l'ALN-FLN en 1960 était de l'ordre de 28000 répartis en petits groupes de 10 ou 12 hommes pouvant parfois se regrouper en des unités de 200 hommes.

 Les fidaïyines ou fidaïs (commandos affectés à des tâches spéciales)

 Les djounouds(éléments réguliers formant les Katibas)

Unités engagées

Armements utilisé

Les armes utilisées autant par les militaires français que par les guérilleros algériens étaient principalement de fabrication française, allemande et américaine. Cette guerre fut l'occasion pour l'armée française d'utiliser à grande échelle des hélicoptères dans le cadre de la lutte anti-insurrectionnelle et des armes dites de troisième dimension dans l'un des engagements militaires les plus intensifs de l'histoire militaire de la France.

Lexique :
MAB=Manufacture d'armes de Bayonne

MAC=Manufacture d'Armes de Châtellerault

MAS= Manufacture d'Armes de Saint Etienne

MP=Maschinenpistole (pistolet mitrailleur allemand)

MAT=Manufacture d’Armes de Tulle

AA=Arme Automatique

BAR= Browning Automatic Rifle

CAL 30=Calibre 30 (30 inchs=7,62 mm)

- Armes de poing:
MAB D (cal 7.65), France

PA 35 A (cal 7.65 long) de la SECAM, France

PA 35 S – S M1 (Cal 7.65 long), France

Luger P08, Allemagne

Walther P38, Allemagne

MAC 50, France

COLT 45 1911 et 1911 A1, USA

- Pistolets mitrailleurs:
MAS 38 (cal 7,65 long), France

MP 40, Allemagne

MAT 49, France

THOMPSON, USA

M3A1 Grease gun, USA

- Fusils et carabines:
Carabine US M1, M1A1, M2, USA

MAS 36, MAS 36/51, MAS 36 LG 48, MAS 36 CR 39, France

- Fusils semi automatiques:
MAS 49, MAS 49/56, France

M1 Garand, USA

- Fusils mitrailleurs:
Browning-FM BAR 1918, 1918 A1, 1918 A2, USA
FM 24/29, France

- Mitrailleuses:
AA52, France (Manufacture d’Armes de St. Etienne)

REIBEL MAC 31 A1, 31 A2, 31 C, 31 E, Manufacture d'Armes de Châtellerault

Browning CAL 30 1917 A1, 1919 A4, 1919 A6, USA

Browning CAL 50 M2 HB, (la fameuse 12,7) USA

Controverses

 Des deux côtés:
- Réduction de la guerre d'Algérie au débat sur l'usage de la torture
- Amnésie collective
- Assimilation des victimes civiles algériennes à des rebelles ou à des combattants
- Assimilation des musulmans d'Algérie à des indépendantistes
- Assimilation des européens d'Algérie à des anti-indépendantistes
- Assimilation de la guerre d'Algérie à la seconde guerre mondiale
- Fermeture des archives relatives à la guerre d'Algérie
- Usage du napalm et d'incendiaires
- Accusations de génocide et révisionnisme
- Allégations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité
- Violations des conventions de Genève
- Bataille des chiffres
- Enseignement de la guerre d'Algérie par des ex-belligérants
- Propagande et révisionnisme dans les oeuvres cinématographiques relatives à la guerre d'Algérie

 Côté français:
- Censure des oeuvres littéraires et cinématographiques relatives à la guerre d'Algérie.
- Contrôle du média audiovisuel ORTF durant la guerre d'Algérie.
- Mauvais accueil des pieds noirs et la difficulté de leur adaptation.
- Enlèvement de personnes et viol massif de femmes européennes dans les villes
- L'usage massif et systématique de la torture et des exécutions sommaires et extra-judiciaires
- Exécution systématique des prisonniers de guerre français par le FLN
- Laissez-faire de l'Etat français et de l'armée française après le cessez-le-feu
- Enlèvements, viols et exécutions sommaires collectifs après le cessez-le-feu
- Rôle des communistes durant la guerre

 Côté algérien:
- Viols collectifs des femmes rurales dans les hameaux
- Massacres des harkis entre mythe et réalité: le négationnisme algérien
- Culte des martyrs de la révolution
- Violations des Accords d'Évian
- Fosses communes
- Les essais nucléaires français au Sahara
- Spoliation, enlèvements, viols et exécutions sommaires collectifs du cessez-le-feu jusqu'à l'indépendance


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