La Première Guerre mondiale porte à leur paroxysme la mondialisation des ambitions, les tensions pour l'aménagement de la carte de l'Europe, et la concurrence militaire et idéologique entre les Etats, qui ont déjà fortement marqué l'histoire européenne après 1870.
Mais, pour la génération de 1914-1918, la Grande Guerre signe un changement d'époque, la disparition de l'ordre ancien, la véritable fin du XIXe siècle.
Dans bien des domaines, la guerre apporte brutalement son lot d'innovations - technologie militaire, place des femmes et des ouvriers dans la société, intervention étendue de l'Etat - et de bouleversements, avec la révolution prolétarienne, en Russie. La nouveauté tient aussi au fait qu'elle est, tout entière, la guerre des nations, ces nations que le XIXe siècle a consolidées et qui ont investi dans ce conflit leur identité et leur honneur.
Elle fut tout autant la guerre des patriotes, comme l'atteste l'ampleur des effectifs et des pertes subies, dans laquelle les peuples sont entrés résignés mais sûrs de leur bon droit, et parfois aussi enthousiastes, les familles accompagnant en chantant pères, fils et frères qui partaient.