Histoire

Voyage

Espace ludique  
Accueil
 
 



 

Histoire

Dossier(s) : Epoques > Epoque contemporaine > La nouvelle carte de l'Europe > 

Le Congrès de Vienne (1814)


© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 L'Europe à l'automne 1814
 La volonté d'isoler la France
 Le cas de la Pologne

article précédent article suivant

 



L'Europe au Congrès de Vienne (1815)
Carte Alain Houot
L'Europe à l'automne 1814
Ainsi, dès avant la tenue du congrès, les coalisés avaient déclaré non avenus certains des objectifs les plus importants de la stratégie extérieure de la France révolutionnaire, comme celui des frontières naturelles, qui avait permis l'intégration directe au territoire français de la Belgique - les anciens Pays-Bas autrichiens - en 1795 et de la rive gauche du Rhin (1800). Ainsi, il reste principalement au Congrès de Vienne à fixer le devenir des éphémères Etats réorganisés par Napoléon, principalement allemands (Confédération du Rhin, royaumes de Westphalie et du Wurtemberg) et polonais (Grand-Duché de Varsovie).

La volonté d'isoler la France
Les représentants de l'Autriche, de la Russie, du Royaume-Uni et de la Prusse entendent réaffirmer que les maisons régnantes installées avant les guerres révolutionnaires et impériales ont un droit légitime sur les territoires et les populations dont la Providence leur a octroyé le gouvernement. Pareilles résolutions sont, en théorie, en opposition complète avec les principes exportés par la Révolution française, comme avec celui de la souveraineté nationale, qui est la source du «droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

Il apparaît pourtant que les puissances coalisées rassemblées à Vienne ne souhaitent pas toutes tirer un trait sur cet héritage, même si, idéologiquement, elles le rejettent. Ainsi, l'Autriche ne manifestera jamais l'intention de remettre la main sur la partie des Pays-Bas qu'elle administrait avant 1792: les guerres révolutionnaires ont montré l'extrême difficulté à contrôler ces Etats, éloignés de Vienne et peu fidèles. En outre, l'impératif stratégique primordial étant d'isoler la France, il est préférable d'intégrer cette petite province, qui apparaît comme un maillon trop faible, à un Etat plus solide, en l'occurrence aux anciennes Provinces-Unies.  

Le Royaume-Uni, entré en guerre en 1793 pour s'opposer à toute présence française sur les côtes de la mer du Nord, et en particulier à Anvers, son débouché naturel sur le continent, voit les choses de la même façon. De même, en Italie, où Metternich compte compenser l'abandon des Pays-Bas, l'Autriche préfère laisser le royaume de Naples à Murat, placé sur le trône par Napoléon mais qui a pris les armes contre lui en 1814, que le restituer aux Bourbons d'Espagne, qui contrebalanceraient son influence dans le sud de la péninsule. La question des duchés de l'Italie centrale, dont les souverains avaient été chassés par leurs propres sujets à l'époque de la présence française et avaient perdu une grande part de leur légitimité, pose également problème. Bien des libertés sont donc prises, dès l'abord, avec le principe de légitimité, et les revendications personnelles des princes se mêlent aux rivalités dynastiques et aux ambitions territoriales pour rendre la répartition des dépouilles difficile.  

Le cas de la Pologne
Le cas épineux de la Pologne bloquera les travaux du congrès au moins jusqu'en janvier 1815: la Russie souhaite annexer la plus grande partie de l'ex-Grand-Duché, bien au-delà donc de ce qui lui a été attribué lors du partage de 1796, et le ministre du tsar, Nesselrode, a obtenu sur ce point l'accord des représentants du roi de Prusse. Avec ses ministres Hardenberg et Humboldt, Frédéric-Guillaume espère en effet réorienter l'influence prussienne vers l'Allemagne centrale; il est prêt à abandonner ses quelques millions de sujets polonais en échange du droit d'asseoir son autorité sur la Saxe, dont le souverain a soutenu Napoléon, et veut être dédommagé avec les anciennes principautés ecclésiastiques rhénanes.

L'Autriche et le Royaume-Uni s'opposeront violemment à ces projets, au point que la rupture paraîtra proche entre les Alliés au cours de l'automne: des menaces de guerre seront même agitées par Alexandre. Les Habsbourgs ne veulent en effet ni d'une mainmise de la Russie sur leur morceau de Pologne (Cracovie et la Galicie) ni d'un retournement de la puissance prussienne vers les Etats allemands - zone qu'ils dominaient encore au XVIII e  siècle par l'entremise de la couronne du Saint Empire. L'Angleterre, avec Castlereagh au Foreign Office, est vite heurtée par les prétentions de l'autocratie tsariste, et elle juge également plus opportun que la Prusse vienne s'installer directement sur la rive gauche du Rhin, et contienne ainsi la France sur ses frontières orientales.

article précédent article suivant
 
Pour en savoir plus
La nouvelle carte de l'Europe




 
Lieux à visiter

Espagne
La route du Baroque


 

 

 
Thèmes liés

Politique


 

 
Accueil   |   Copyright   |   Contact   |   Réalisation Media Welcome